Qui ne risque rien n'est rien… sur le chemin de Damas, alors que les opinions ont cédé face aux certitudes…
on ne le dit assez : un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi, ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances.

lundi 23 janvier 2017

Pèlerinage à Palmyre, avec la Communauté Syrienne de France…



Pourquoi ne pas laisser courir le diable si vous pouvez en profiter ?
(12 décembre 2016)
"… Une surprenante 'distraction' des aviations alliées qui a permis à l’État islamique de réinvestir Palmyre en traversant le désert…"
Washington fait occuper à nouveau Palmyre par Daesh
Daesh a repris Palmyre à l’issue d’une attaque surprise, entre le 9 et le 12 décembre 2016.
5 000 jihadistes sont arrivés de manière coordonnée à la fois de Rakka et de Mossoul pour prendre en étau le millier de soldats syriens défendant la ville. L’Armée arabe syrienne a eu juste le temps de faire évacuer des civils et de détruire son arsenal avant de se replier.
Les États-Unis ont poussé Daesh à envahir la partie sunnite de l’Irak, en juin 2014, afin de couper les communications terrestres entre Téhéran et Damas, ultime étape de la « route de la soie ». Une fois pris Mossoul (Irak), Daesh s’était étendu à Palmyre (Syrie) en mai 2015. Ses troupes avaient alors franchi la frontière sous les yeux des forces états-uniennes qui n’étaient pas intervenues et n’avaient pas même donné l’alerte. Cependant, la ville avait été libérée en mars 2016.
Pour que Daesh puisse occuper à nouveau Palmyre, les forces états-uniennes ont à la fois ouvert une route vers le désert syrien depuis Mossoul —qu’elles sont censées encercler—, et ont cessé leurs bombardements de la province de Rakka.
Massée à Alep, l’Armée arabe syrienne n’a pas eu le temps d’envoyer des renforts à Palmyre qui est rapidement tombée face à des assaillants, cinq fois supérieurs en nombre.

Daesh à Palmyre : la coalition occidentale a-t-elle laissé courir le diable ?


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Pèlerinage à Palmyre, avec la Communauté Syrienne de France


Pour accéder à la carte inter-active présentant la situation en Syrie le 2 novembre 2016  cliquez sur le lien : Agathocle de Syracuse

Départ tôt de Damas… Toujours avec notre chauffeur, Abo Seliman, engagé à Tartous… Les autorités de Sécurité de Syrie ont été informées de notre désir de nous rendre à Palmyre. Nous avons obtenu leur accord et avons reçu l'assurance d'être escortés tout au long du trajet ; un relai sera pris à la limite de chaque secteur. Effectivement à chaque relai nous étions déjà attendus et pris en charge avec sympathie et bonne humeur… Cela malgré les dangers potentiels…


Impératifs de sécurité : au départ de Damas emprunter la route direction Nord, vers Homs


Daesh est jamais très loin : au plus proche 9 km, au plus loin 23 km.
Tout près compte tenu de la rapidité de leurs engins de déplacement.

Palmyre est située à 220 km au Nord-Est de Damas. Or cette route entre Damas et Palmyre, la plus directe, traçant vers le Nord-Est et passant par Ed-Dumayr, El-Basiri, Khunayfis, n'étant pas sécurisée nous avons dû remonter vers Homs au Nord puis, là, bifurquer vers l'Est. Après Homs nous nous sommes ainsi engagés dans un couloir (voir la carte) dans lequel les troupes de Daesh n'étaient jamais très loin, tant au Nord qu'au Sud, puis à l'Est une fois arrivés à Palmyre. Une présence estimée pour la plus proche à 9 km et jamais plus éloignée de 23 km : tout près compte tenu de la rapidité de leurs engins de déplacement.




Une escorte vigilante et déterminée… mais aussi pleine de bonne humeur !




Nous étions alors entrés dans la steppe de Syrie… Une steppe qui couvre près des deux tiers de la superficie du pays ; c’est le prolongement-Nord du terrible désert d’Arabie, un désert de roche où les températures avoisinent les 38° en été, où les précipitations ne dépassent guère 15 cm. La région n’est pourtant pas aussi désertique qu’on l'imaginerait : maigre végétation, de l’herbe borde la route, nourrissant, nous dit-on, les gazelles de la steppe. C’est cette végétation qui a permis aux Bédouins d’élever depuis des millénaires leurs troupeaux de moutons, de chèvres, de chameaux. Un mode de vie longtemps rythmé par les changements de saison. Un désert toujours habité par des tribus nomades, progressivement sédentarisées. Rares villages dispersés tout au long de la route. Plus ou moins abandonnés.


Soudain, une citadelle… Le château arabe, Qala'at ibn Maan. Il annonce Palmyre…

Soudain, une citadelle juchée au sommet d'une colline apparaît… le château arabe, Qala'at ibn Maan. Il annonce Palmyre…

Surgit du désert tel un mirage, Palmyre, entourée de l’oasis de Tadmor, les longues palmes vertes de ses dattiers s'étalent telles un rempart contre l'immensité du désert, à perte de vue l'écrin foisonnant de dizaines de milliers de palmiers, oliviers, grenadiers…

Habitée dès le paléolithique, Palmyre connut son âge d’or aux IIe et IIIe siècles après J.-C., grâce à son rôle d’étape carava­nière. Au cœur de la steppe, Palmyre, reine du désert, exhale un parfum de légende. Parfum d'aventures et de mystères, évocation des caravanes chargées d'épices et de soie ; parfum de femme aussi, celui de la fière Zénobie, souveraine arabe qui osa défier l'Empire romain.




Le château arabe, Qala'at ibn Maan, domine toute l’oasis de Tadmor

Plus personnel, nous envahit une pensée pour tous ces héros liés à l'histoire récente de Palmyre et dont le souvenir habitent ces lieux… C'est presque religieusement que nous nous aventurons alors sur le site… Un pèlerinage… Nous entrons en des lieux sanctifiés où notre présence insouciante serait presque sacrilège. Nous pensons d'autant plus fort à ce jeune soldat russe Aleksander Prokhorenko, à tous ces autres martyrs syriens… Ahmad Ali Al-Kousa, 18 ans, originaire de Homs… Shaheed Abbas, 17 ans, combattant du Hezbollah… et tous les autres martyrs, inconnus de nous, qui ont donné leur vie à Palmyre, et sans le sacrifice desquels nous ne serions là aujourd'hui…


Et comment ne pas avoir une pensée tout particulière pour Khalid al-Asaad, ancien directeur du site archéologique décapité le mardi 18 août par les voyous de l’État islamique. Ces islamistes qui ont ensuite suspendu le corps ensanglanté de Khalid al-Asaad à une colonne romaine sur une des principales places du site antique et diffusé les photos sur les réseaux sociaux. Nous ne savons où… Laquelle ? Nous n'osons le demander… Khalid al-Asaad est partout présent à Palmyre.

Temple de Football


Inscription de Daesh sur le temple de Bêl : "Restera"
Le logo de l'État islamique étant : "Restera et Élargira" - "باقية وتتمدد"




Théâtre


Sur la scène du théâtre, là où ont été commis et exhibés certains des crimes les plus odieux de l'État islamique


Du théâtre, vue sur la Grande Colonnade et le château arabe Qala'at ibn Maan


En ville… L'un des hôtels annonçait une réouverture en mars 2017, pour notre prochain voyage !


On remarquera l'inscription figurant systématiquement sur chaque immeuble : "мин нет". Les Russes savent faire du bon boulot.

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Le musée archéologique présentait une belle sélection de bustes funéraires, de sarcophages et de momies, retrouvés dans la vallée des Tombeaux. On pouvait aussi y voir des pièces de monnaie frappées à l’effigie de Zénobie et deux belles mosaïques provenant des villas proches du temple de Bêl. Devant l'entrée siègeait un lion monumental (fin du 1er siècle avant JC) provenant du temple de la déesse Allat, qui se trouvait à l'entrée de la colonnade transversale.Le musée ethnographique se trouvait près du temple de Bêl. Il était consacré au mode de vie bédouin à travers des costumes, des exemples d’artisanats et la reconstitution d’un intérieur. Ces deux musées ont été saccagés, pillés, leurs plus belles pièces ont été vendues à l'étranger via la Turquie…






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Au carrefour, face à l'entrée de la base russe



Signalisation de la base russe







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Cartes :




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Palmyre libérée : une reconquête symbolique et stratégique (1/2) #DébatF24 du 29 mars 2016



Palmyre libérée : une reconquête symbolique et stratégique (2/2) #DébatF24 du 29 mars 2016



Le groupe État islamique a repris la ville antique de Palmyre, le dimanche 11 décembre 2016

La ville antique syrienne de Palmyre a été reprise par l'État islamique, a reconnu dimanche 11 décembre 2016 le gouverneur de la province de Homs à la télévision d'État. L'armée syrienne s'est redéployée autour de la ville… Le vendredi 20 janvier 2017, le Professeur Maamoun Abdulkarim, directeur général des Antiquités et Musées de Syrie (DGAM) a révélé que selon des images satellite deux nouveaux sites avaient été détruits par les djihadistes de l'État islamique, le Tétrapyle et la façade du Théâtre romain, daté du premier siècle de notre ère, qui lors de la première occupation de la ville de mai 2015 à mars 2016 avait été utilisé pour des exécutions publiques.

Le Tétrapyle, l'un des plus célèbres monuments de Palmyre, a été érigé à l’époque de Dioclétien à la fin du IIIe siècle. C’est un soubassement carré soutenant quatre ensembles de quatre colonnes à chaque coin. Sur les 16 colonnes, une seulement était d'origine tandis que les autres avaient été reconstruites par le service des Antiquités syriennes en 1963. Les colonnes originales étaient en granit rose venu d’Égypte.











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Entretien avec le Professeur Maamoun Abdulkarim, directeur général des Antiquités et des Musées de Syrie (DGAM) - (juin 2015)



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Triade palmyrénienne : le dieu lunaire Aglibôl et le dieu du soleil Malakbêl entourant le dieu suprême Beelshamên
[Ier siècle ap. J.-C., trouvée près de Bir Ouereb, dans le Ouadi Miyah, Syrie, acquise en 1945 par le musée du Louvre]




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