Qui ne risque rien n'est rien… sur le chemin de Damas, alors que les opinions ont cédé face aux faits…
on ne le dit assez : un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi, ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances.

vendredi 18 juin 2021

18 juin : journée nationale des Psittacidés en France…



Aux résidus gaullistes : « … la bêtise est une force indomptable. »
Albert Paraz
R…Appel pour un 18 juin !
En ce 18 juin, de volières en volières se répercutent des appels de Psittacidés… Se répète et se rabâche ce que l'histoire officielle enseigne dans les écoles de la République en France… Une France qui n'a certes pas le monopole des falsifications historiques, quasi universellement répandues…

Au petit matin de ce 18 juin, désagréable réveil par le chœur des Psittacidés anonymes, cacophonie à laquelle répond depuis sa gloriette le gloussement de notre dinde nationale… Une bien affligeante journée…



Bien d'autres dates auraient pu être choisies pour cette commémoration… Dates s'inspirant des péripéties de la Révolution en France et sa Grande Terreur… Celle-là, d'un 18 juin, présente l'avantage d'être plus proche des générations actuelles… Date liée à la grande honte de la défaite de 1940 imputable à l'incurie des politiciens de la République d'alors et à l'impuissance de l'État-major de ses armées… Le gros du danger passé, réaction bien humaine, le bon peuple de France en viendra à haïr ceux qui dans les moments les plus difficiles auront été témoins de sa honte mais seront restés près de lui s'efforçant de le conduire vers un honneur retrouvé… Ce bon peuple libéré, ingrat et toujours honteux portera alors son dévolu sur un imposteur bonimenteur… Un général micro… Micro aux deux sens du terme… Par son arme de prédilection la démagogie mensongère du discours et aussi parce que ce prétendu valeureux soldat n'avait jamais connu de champ de bataille hormis cabinets ministériels et studios d'enregistrement… Parmi les actes de bravoure de ce bonimenteur les historiographes officiels en charge de l'éducation du peuple promulgueront l'enregistrement au micro d'un studio à l'étranger le 18 juin comme date fondatrice du mythe…

Ces falsificateurs devaient être d'autant mieux servis par un don sinon une tare du personnage… son histrionisme, cette attitude théâtralisante que d'autres qualifieraient d'hystérie…

Le général Spears et sa «recrue», DeGaulle
Les Anglais qui avaient besoin d'un képi à opposer au prestige et l'action du Maréchal,
envoyèrent le général Spears de l'Intelligence service, débaucher
le vaniteux DeGaulle ulcéré de ne pas avoir été pris dans le gouvernement Pétain.

Ainsi avait grandi un mythe porteur qui devait permettre au général-micro exploitant le désarroi des populations d'Algérie de revenir au pouvoir en 1958, recevant comme lors de l'Épuration de 1944 l'appui des communistes…

Gaullistes et communistes encore complices dans les mois les plus sombres de l'Algérie de 1962…

Complices des massacres mais aussi complices des mêmes objectifs mondialistes… En juin 1940, le déserteur DeGaulle ne s'était emparé d'un micro que parce qu'ulcéré dans sa vanité de n'avoir pas été retenu dans le gouvernement du Maréchal Pétain… C'est le général Spears de l'Intelligence service, que les Anglais envoyèrent en émissaire saisir l'opportunité d'opposer un képi au prestige et à l'action du Maréchal… Débaucher et recruter l'histrion DeGaulle ne présenta alors pas grande difficulté…

Pour les communistes le contexte a aujourd'hui changé avec l'effondrement de l'Union soviétique… Jadis moteurs privilégiés du mondialisme et du sionisme ils ont été supplantés par l'islamisme… Communistes et islamistes ont bien parmi leurs promoteurs des hommes de même origine, juifs déclarés ou directement d'origine juive pour les communistes, Dönmeh pour les islamistes, Frères musulmans et Wahhabites… À la volonté mondialiste du slogan « prolétaires de tous pays, unissez-vous ! » a succédé l'arme de la propagation de la charia… manipulée au bénéfice des mêmes puissances occultes… Et voilà nos communistes cocus du mondialisme qui voudraient donner le change… se muant en "nationalistes" et "antisionistes"… L'Histoire a de beaux retournements !… Si les gaullistes, eux, ne renient pas leur sionisme, ils voudraient comme les communistes inclure le nationalisme - d'un traître à la Patrie - dans leur image mythique… Encore et toujours des falsifications… Que cette journée des psittacidés soit aussi l'occasion de faire un inventaire de toutes les autres falsifications et de les dénoncer !…






Rémy Porte vient de prendre sa retraite après une carrière complète d’officier, qu’il a terminée comme officier référent « Histoire » pour l’armée de Terre. Il dirige aujourd’hui le site http://guerres-et-conflits.over-blog.com/, site d’actualité de la presse et de l’édition en histoire.

Après une première partie de carrière dans les transmissions et la guerre électronique, il a fait le choix du statut des officiers experts avec une double spécialité de relations internationales et d’histoire. Il est titulaire d’un diplôme de Sciences Po., d’un DEA de droit international, d’un doctorat en histoire et habilité à diriger des recherches. Ses travaux portent essentiellement sur les guerres des XIXe au XXIe et l’histoire de l’armée française au cours des deux derniers siècles (avec trois axes principaux de recherche : l’organisation du commandement, les questions de renseignement, le soutien logistique) et il a publié une vingtaine de livres dont le dernier, 1940, aux éditions Perrin.

Breizh-Info l'a interrogé à ce sujet.


Rémy Porte : 1940, Vérités et légendes

Breizh-info.com : Qu’est-ce qui vous a amené à écrire cet ouvrage sur 1940 ?

Rémy Porte : J’étais un peu fatigué par l’ineptie des discours mémoriels, qui déforment régulièrement l’histoire pour la faire correspondre aux attentes des autorités. Paradoxalement, les évènements de 1939-1940 sont à la fois régulièrement commémorés mais mal connus et coincés entre deux mémoires aussi irréalistes l’une que l’autre : les pauvres manœuvres des rescapés de la 7ème compagnie pour échapper aux Allemands tout en fuyant les combats d’une part, et le récit inutilement héroïque d’une exceptionnelle résistance de l’armée française d’autre part. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit bien d’une des plus graves défaites militaires de notre histoire et l’on ne peut donc exonérer l’armée de l’époque de toute responsabilité. Mais il ne peut pas y avoir, pour un effondrement d’une telle ampleur, de cause unique et les autorités politiques, les partis, les industriels comme les journalistes faiseurs d’opinion par exemple doivent assumer les leurs. Enfin, je suis lassé par le poids des idéologies dans la présentation des évènements historiques et l’instrumentalisation de notre histoire militaire.

Breizh-info.com : Parmi les interrogations auxquelles vous avez répondu, quels sont les principaux mythes qui ont la tête dure ?

Rémy Porte : La question des blindés français reste une source inépuisable de bêtises répétées à l’envi par les grands médias au fil des différentes commémorations. Non, la France n’avait pas moins de chars que l’Allemagne et c’est bien un problème de doctrine d’emploi des unités qu’il faut prendre en compte. On peut également citer le mythe de l’abandon des Français par les Britanniques à Dunkerque. Les Anglais ont sacrifié 250 navires de tous types et 180 avions pour sauver (légitimement) leur corps expéditionnaire, mais aussi, il ne faut pas l’oublier, près de 125 000 soldats français. Enfin, comment ne pas évoquer les ambiguïtés qui entourent les récits sur la ligne Maginot, trop chère et inutile pour les uns, quasiment victorieuse pour les autres.

Breizh-info.com : Vous expliquez notamment que l’armée allemande n’était pas aussi puissante qu’il a été raconté durant des décennies. Quid ?

Rémy Porte : L’armée allemande de 1940 est encore en voie de montée en puissance. Il ne faut pas oublier que la reconstitution d’une puissance militaire au sein du Reich commence en 1934, mais passer de 100 000 hommes à 4,7 millions en cinq ans exige énormément de moyens matériels pour équiper, armer, former, entretenir de tels effectifs. En outre, les pertes supportées pendant la campagne de Pologne aggravent encore les déficits. La Wehrmacht est en fait écartelée entre modernité et tradition, entre unités à la capacité opérationnelle élevée et unités de valeur très moyenne.

Contrairement à une idée reçue, elle reste majoritairement hippomobile, ses Panzer I et II sont surclassés par les chars français et les divisions de formation récente manque encore d’entraînement. Finalement, la capacité du commandement de contact à saisir les opportunités favorables et à manœuvrer dans un environnement interarmes et interarmées permettra de compenser ces faiblesses.

Breizh-info.com : Vous relativisez également l’appel du 18 juin ou plutôt son impact au moment où il a été fait. Racontez-nous ?

Rémy Porte : À la mi-juin 1940, des millions de Français sont sur les routes de l’exode et pour les autres, ils ont dans leur très grande majorité d’autres préoccupations que d’écouter la radio de Londres, surtout pour entendre un général inconnu. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que Pétain, chef du gouvernement à partir du 16 juin à la demande du président de la République, est extrêmement populaire. Il a prononcé un discours à la radio le 17, dans lequel il annonce rechercher l’ouverture de conversations avec l’Allemagne pour mettre fin aux combats, ce qui est compris par beaucoup comme l’annonce de l’arrêt des hostilités.

Dans ce contexte, l’appel du 18 juin au soir sur les ondes de la BBC, même renouvelé les jours suivants, n’avait objectivement que peu de chances d’être largement entendu. Il marque en fait surtout une rupture et l’annonce que quelques uns, progressivement rassemblés autour de DeGaulle, refusent la défaite.

Breizh-info.com : N’y-a-t-il pas aujourd’hui une méconnaissance des évènements militaires de la Seconde Guerre mondiale notamment chez la jeunesse ? L’étude « thématique » et politique (plutôt que chronologique) de cette guerre n’y est-elle pas pour quelque chose ?

Rémy Porte : La question déborde largement le cadre des évènements de mai-juin 1940. L’oubli de la chronologie est une erreur absolue en histoire puisque aucun évènement n’apparaît soudainement. Il peut par ailleurs conduire au péché d’anachronisme : on n’apprécie pas une situation passée à l’aune des idées et des principes d’aujourd’hui. Il faut toujours pouvoir prendre en compte l’environnement du moment et comprendre les formes, la densité, la vitesse des évolutions qui conduisent à tel ou tel fait marquant. L’approche thématique peut être passionnante, mais elle exige en amont d’avoir une solide connaissance d’ensemble. Avant de rédiger des poèmes, il faut savoir écrire correctement et acquérir un riche vocabulaire. Avant de composer une symphonie, il faut connaître les capacités des différents instruments. Avant d’étudier une thématique en histoire, il faut avoir étudié les évènements dans leur globalité. Enfin, lorsqu’il s’agit d’histoire militaire, on ne peut faire l’impasse sur une connaissance fine des armées en présence. L’approche politique est tout aussi réductrice, avec en outre le grave défaut d’être souvent handicapée par un biais idéologique qui conduit à déformer les faits pour les faire « coller » à un parti pris.

Breizh-info.com : Est-ce que des nouveautés historiques vont être apprises prochainement grâce à de nouvelles ouvertures d’archives ?

Rémy Porte : Il est peu probable que de nouvelles archives publiques viennent bouleverser notre connaissance des évènements de l’époque. Elles sont bien connues et accessibles. Par contre, il peut surgir à tout moment des fonds privés, des archives familiales qui n’ont pas encore été portées à la connaissance des chercheurs et du public et qui permettent d’affiner les analyses, de préciser certains points. Ces documents familiaux nous aident par exemple à comprendre les processus souvent complexes de prise de décision en prenant en compte le facteur humain. Enfin, sur des sujets d’histoire militaire qui, par nature, concernent plusieurs nations, plusieurs peuples, on ne peut pas se limiter aux seules archives françaises (ou britanniques, ou américaines, ou allemandes, etc.). Il faut croiser les archives officielles et privées de différentes origines et les différentes sources (témoignages oraux et écrits sur le vif ou ultérieurs, presse de l’époque, etc.) pour approcher la réalité des situations.

Breizh-info.com : Y a-t-il pour vous des films, des livres, indispensables pour bien comprendre la Seconde Guerre mondiale ?

Rémy Porte : Question bien difficile au regard des milliers de livres publiés et des centaines de films tournés sur la Seconde Guerre mondiale ! Parle-t-on des opérations à l’ouest ? Du front de l’est ? De la guerre du Pacifique ? Des combats en Afrique du Nord ? De la guerre terrestre, navale ou aérienne ? Des productions françaises, allemandes, britanniques, américaines, soviétiques (pour ne citer que les principales) ? Pour les livres, je ne peux que conseiller de commencer par les grandes études classiques qui donnent une compréhension d’ensemble du conflit avant d’aborder les études sectorielles sur telle ou telle campagne. Pour les films, je crois qu’il ne faut pas chercher dans une œuvre de fiction et de divertissement une quelconque « vérité historique ». Il me semble préférable de les considérer comme un loisir et à ce titre prendre simplement plaisir à une reconstitution ou à un jeu d’acteur.

Propos recueillis par Yann Vallerie



*   *   *

Proposons ici à titre d'illustration la relation d'un des crimes les plus graves de DeGaulle, un crime qu'une histoire mythifiée voudrait aussi faire oublier… Un choix très personnel… De nombreux autres crimes tout aussi graves sinon plus auraient pu être retenus… Un choix justifié surtout parce que de ce crime-là j'en ai personnellement vécu toutes  les péripéties, avant, pendant et après…


Jeudi 5 juillet 1962. Cinq heures du matin. Le jour commence à se lever sur Oran. Il devrait faire très chaud. Un souffle de sirocco vient de franchir la barrière des hauts plateaux et se laisse glisser vers la mer. Comme le reste du pays, la ville a voté l’indépendance le dimanche 1er juillet. Celle-ci est effective depuis le 3.

Les festivités populaires sont pour la journée du 5. C’est une rumeur insistante qui l’annonce, de rue en rue, de quartier en quartier. Sur les 200 000 Oranais français d’origine européenne et 30 000 de religion juive, sont encore là environ 40 000 personnes, hommes, femmes et enfants mêlés. Peut-être moins. Dans des conditions matérielles inimaginables, les autres ont déjà pris le terrible et définitif chemin de l’exil…

Oran, le 5 juillet 1962… Mentez, mentez salauds !…
Arabes, Berbères, Européens… nous tous Français d'Algérie, nous n'oublierons jamais…

Quarante mille vivants, mais dont deux tiers sont pris au piège du manque de moyens de transport. Et pour cause : le gouvernement gaulliste n’a pas ajouté la moindre rotation — de navire ou d’avion — pour répondre à l’immense et prévisible torrent des départs : les Pieds-noirs ne sont pas les bienvenus. Mais l’ont-ils jamais été hors en 1914 - 1918 et 1944 - 1945 ? Les abords de l’aéroport de La Sénia et la zone portuaire sont ainsi devenus des lieux d’entassement, de désordre indescriptible et de désespoir. Le chaos humanitaire s’ajoute au chaos militaire. Paris a choisi de l’ignorer.

Restent donc quelques milliers d’Oranais pieds-noirs qui, volontairement, n’ont pas encore quitté leur terre natale. Eux ont choisi d’attendre et voir (« Tout va peut-être rapidement s’améliorer… »), ou par opportunisme personnel, ou craignant pour leur entreprise, leur commerce ou leurs biens. Des vieillards isolés aussi, qui n’ont plus la force de partir vers une terre que pour la plupart ils ne connaissent pas.

Ou plus volontairement encore pour quelques centaines d’entre eux. Ces derniers sont logiques avec eux-mêmes et le choix politique qui les a conduits à soutenir plus ou moins activement le FLN. Pour eux, bientôt, le mirage d’une carte d’identité algérienne. Ceux que l’on appellera plus tard les « pieds-verts ». Un pour cent des Français d’Algérie.

Officiellement, la guerre est stoppée

5 juillet 1962. Depuis plus de trois mois, et contre toute évidence, la guerre est officiellement terminée. L’armée française qui a stoppé unilatéralement toute action militaire depuis le 19 mars à midi, ne protège plus la population civile européenne. Encore plus qu’avant, les Pieds-noirs sont ainsi livrés depuis ce jour de défaite et de deuil, aux innombrables attentats aveugles du FLN et aux enlèvements qui augmentent en flèche. Désormais seule, face aux tueurs FLN et l’inflexibilité du parjure, l’OAS fondée à la mi-1961. Ses commandos ont poursuivi le combat contre l’inéluctable. À un contre dix. Contre le FLN et les forces françaises devenus désormais alliés contre nature.

Le gigantesque incendie du port pétrolier est le point final de cette guerre dans la guerre. Collines et Autonomes ont quitté Oran pour l’Espagne dès le 26 juin. L’Organisation armée secrète n’est plus, et avec elle son rêve de conserver l’Algérie à la France. Il ne reste plus un seul de ses quelques centaines de jeunes hommes survivants d’une année d’ultra-violence, et durant laquelle —vcomme à Alger — ils se sont battus contre le sanglant terrorisme FLN, et l’impitoyable répression d’une armée française dirigée contre un million de civils français désarmés. Français dits « d’Algérie »… De ces commandos oranais, la moitié d’entre eux est tombée les armes à la main en moins de douze mois. Et majoritairement face aux balles de l’armée française et la terrible et tortionnaire gendarmerie mobile.

Impitoyable et aveugle répression dirigée contre ces petits blancs coupables d’avoir cru jusqu’au bout au « Vive l’Algérie française » crié devant 100 000 personnes le 4 juin 1958 à Mostaganem à 90 km à l’est d’Oran, et par DeGaulle lui-même. Le Général-parjure.

Le chaos a tout dévoré. Entre un monde qui vient de mourir et celui qui ne lui a pas encore succédé, vient de s’ouvrir une béance d’apocalypse où le pire et l’impossible deviennent ordinaires. Malgré l’apparence, plus aucune structure officielle ne fonctionne. Bien à l’abri dans ses cantonnements urbains, l’armée française observe et ne bouge plus. Pour la seule ville, 16 000 hommes en armes et leurs officiers, réduits sur ordre au déshonneur. Oran-la-Française, Oran-la-Rebelle finit de mourir.

Sept heures. Le soleil est déjà haut. Santa-Cruz, son fort et sa basilique vont tenter une dernière fois de veiller sur les survivants. La nuit n’a pas été calme malgré les rues désertées. Pas de fusillades, pas d’explosions, et pourtant peu nombreux sont ceux qui ont pu dormir. Les bruits les plus contradictoires se font entendre partout. Une tension de plus en plus palpable a précédé le progressif envahissement des avenues et des boulevards par une foule déchaînée. Même les murs ont peur.

Cette tension qui monte, peu à peu se fait tintamarre. Tandis que le centre-ville tarde à s’ouvrir au présent, les faubourgs surpeuplés se répandent dans les rues étroites. Direction le centre. Depuis deux jours le bled a investi Oran pour y célébrer l’indépendance et matérialiser la victoire sur la France.

La ville entre en ébullition

La couronne de quartiers périphériques entre progressivement en ébullition. Ébullition de joies et de triomphe politique, modérée d’incertitudes soigneusement provoquées et entretenues par des meneurs du FLN. Comme l’annonce l’une de leurs banderoles : « L’indépendance n’est qu’une étape »…

Mais pour qui œuvrent-ils ? Pour le clan Ben Bella ou celui du seul Boumediene et son armée des frontières ? Pour l’un des multiples courants d’un Gouvernement provisoire de la République algérienne déjà dépassé ? Pour l’un ou l’autre des nombreux clans avides de pouvoir ? Nul ne le sait. Et cela n’a pas d’importance ; le peuple algérien triomphe pour quelques jours encore tandis que chaque faction veut démontrer l’incompétence de l’autre et confisquer à son bénéfice les rênes du pouvoir naissant.

Le Maroc n’est pas loin, et « Radio Trottoir » assure que l’armée des frontières fonce depuis cette nuit dans la direction de cette capitale de l’Ouest algérien… Capitale dont le contrôle lui ouvrira ensuite la route d’Alger et d’un pouvoir à prendre.

Huit heures. Une chaleur qui s’annonce étouffante et lourde va s’infiltrer partout. Le soleil déjà écrase la ville. Les faubourgs commencent leur lente descente vers le centre-ville. Médioni, Lamur, Victor-Hugo, Ville-Nouvelle, le Village-Nègre, le sanguinaire quartier des Planteurs, Eckmühl… Des dizaines de milliers d’Algériens, ivres de joie et de vengeance, déferlent vers le centre. Dans toutes les bouches, les cris, les slogans révolutionnaires et les chants de mort se mêlent en un charivari de violence et de transe. Cette marée humaine se retrouve progressivement aux portes des quartiers à dominante européenne.

Entre neuf heures et dix heures, trois points névralgiques sont investis : par la rue d’Oudjda, la rue de Tlemcen et le boulevard du 2ème Zouaves, dix mille manifestants surexcités convergent vers la place Karguentah. Le lieu est devenu politiquement symbolique même si les Pieds-noirs l’ignorent : la vaste place ovale est dominée par l’étrange bâtiment nommé « Maison du colon ». En Algérie, jusqu’en 1962, « colon » est le titre de noblesse de celui qui travaille une terre difficile. Après 1962, ce sera autre chose… C’est donc l’équivalent d’une Maison des agriculteurs… Dans "Le Minotaure ou la halte d’Oran", Albert Camus a longuement brocardé ce bâtiment très original et de belle taille, mais à l’architecture inclassable et surprenante.

Son faîte en forme de coupe renversée domine la cohue vociférante. À quelques centaines de mètres, au terme du boulevard de Mascara et du boulevard Joffre, la place d’Armes — vaste espace arboré bordé de bâtiments officiels — est maintenant noyée elle aussi d’une masse humaine maintenant déchaînée, hurlant et gesticulant. De rares meneurs en civil — commissaires politiques — s’y sont infiltrés, et tentent là aussi d’amplifier et diriger cette puissance que plus rien ne pourra bientôt contenir.

Là aussi, deux ou trois dizaines de milliers d’hommes jeunes surtout, excités par les you-you stridents des femmes. Cette mer humaine se répartit entre la mairie et sa façade de mini-Versailles, le remarquable et gracieux théâtre municipal construit au début du siècle, et enfin le Cercle militaire, mess des officiers où des centaines de soldats français sont retranchés sur ordre. Ils savent qu’ils ne bougeront pas. « Quoi qu’il arrive », comme cela a été décidé à l’Élysée.

Et puis, dernier lieu symbolique un peu plus bas vers cette avenue du Général-Leclerc qui mène vers le cœur urbain de la place des Victoires, le square Jeanne d’Arc au pied des escaliers de la cathédrale, à la façade de style néo-mauresque. Là aussi enfin, une foule gigantesque occupe tout ce qui peut l’être et entoure la statue équestre de la Pucelle. Celle-ci, toute dorée des sabots jusqu’à l’épée inclinée vers le sol, élève depuis trente et un ans son visage vers le ciel. Encore quelques instants, puis escaladée par les plus agiles, elle va se retrouver porteuse d’un immense drapeau vert et blanc.

Le triangle de la mort prend forme

Le triangle de la mort est ainsi tracé et scellé. Le décor est en place. Il ne manque plus que les trois coups d’une prévisible et inévitable tragédie… Trois coups bientôt frappés à la porte du malheur… Le rideau va se lever sur le plus grand massacre de civils de toute la guerre d’Algérie. Et dont pourtant celle-ci ne fut pas avare.

Aussi étrange que cela puisse paraître aujourd’hui, de nombreux Pieds-noirs marchent sans crainte au milieu de cette foule. Oran la populaire se maintient fidèle à sa vieille tradition cosmopolite. Depuis toujours, dans l’Oran populaire, on cohabitait, on était voisin, la pauvreté partagée était le meilleur lien…

Les derniers Oranais français observent, certains se réjouissent, d’autres tentent de rejoindre leur lieu de travail par volonté ou habitude. Avec le temps, ils se sont habitués aux attentats aveugles, aux grenades, aux brusques fusillades, aux bombes du FLN, aux attaques brutales des groupes OAS, aux mitrailleuses 12,7 et aux canons de 37 de l’armée française. La guerre et la mort n’ont pas réussi à empêcher ce peuple d’âme espagnole à continuer de vivre.

Et puis, cette guerre qui n’a jamais dit son nom, n’est-elle pas finie depuis plus de trois mois ? L’armée française l’a placardé partout ; ce doit donc être vrai puisqu’elle l’affirme. Et puis, et puis elle est bien toujours là ; c’est donc bien que tout va rentrer dans l’ordre. L’Oranais n’est pas avare de contradictions…

Une détonation et la ville s’embrase

Onze heures. Ou quelques minutes avant. Place Karguentah. Soudain un coup de feu, parti d’on ne sait où ; suivi de plusieurs autres. Quelqu’un est tombé. La panique. Des cris, des hurlements ; des doigts se tendent selon un automatisme parfait. « La Maison du colon ! C’est là ! C’est là ! L’OAS ! C’est l’OAS ! »

Presque à la même seconde, devant la cathédrale, même tir, mêmes doigts qui se tendent, eux, vers les balcons des immeubles proches, mêmes cris : « C’est l’OAS ! C’est l’OAS ! » Le massacre peut enfin commencer.

En quelques secondes, c’est la chasse à l’homme blanc. D’abord vont mourir ces Européens présents parmi la foule. Les couteaux jaillissent des poches, des pistolets, des cordes, des haches, des ongles de femmes, de lourdes et tranchantes pierres toutes bien préparées… Le double abattoir qui vient simultanément de s’ouvrir va engloutir en quelques minutes les premières dizaines de victimes. L’horreur ne peut se décrire… Place de la Cathédrale, place Karguentah, on tue. On tue comme on chante ; on tue comme on respire…

Malheur au blanc et à tout ce qui s’en rapproche

Place d’Armes, les manifestants, après de multiples égorgements, font maintenant des prisonniers. Tout ce qui montre allure européenne, vêtements, visages, langage, tout est capturé, dépouillé, roué de coups, blessé. Malheur au blanc et à tout ce qui s’en rapproche. Là aussi, des dizaines et des dizaines d’hommes de femmes ou d’enfants touchent à leur dernier jour. La ville n’est plus qu’une clameur multiple de cris de mourants, de pogroms et de haine brutale.

La contagion est instantanée : en moins d’une heure le massacre pousse ses métastases partout et s’organise selon d’épouvantables modes. Ici, on tue à la chaîne. Là, c’est à l’unité, à la famille. En quelques lieux, le sang a envahi les caniveaux. Ailleurs, on assassine, on démembre, on violente, on blesse pour faire plus longtemps souffrir ; le parent meurt devant le parent provisoirement épargné.

Douze heures trente. La place d’Armes est devenue maintenant un lieu de détention et de transit. Tandis qu’à cinquante mètres, à l’abri du Cercle militaire et des arbres qui le dissimulent, les soldats français ne peuvent pas ne pas entendre l’affreux concert de mort qui va durer jusqu’à dix-sept heures.

Plus connu sous le nom de « Boucher d’Oran », le général Katz nommé à cette fonction par un autre général-président, effectuera même à cette heure-là un rapide survol en hélicoptère. Sans rien repérer de particulier certifiera t-il, sinon quelques attroupements et défilés de manifestants joyeux. « Ne craignez rien, mon Général, aucun imprévu notable dans cette ville où vous avez prononcé l’un de vos meilleurs discours, et qui vous a tant acclamé… »

« Mort aux Roumis ! », « Mort aux Youdis ! »

Treize heures. Place d’Armes toujours. Des camions militaires se présentent et s’alignent. Dans les premiers, on entasse ceux des prisonniers qui tiennent encore debout. Les autres sont chargés de cadavres. De dizaines et de dizaines de cadavres jetés les uns sur les autres. Ces camions proviennent des Établissements du Matériel de l’armée française. Camions que celle-ci a remis depuis le 19 mars au FLN pour la logistique de la force locale chargée d’effectuer la transition et le maintien de l’ordre.

Tous se dirigent vers le sinistre quartier du Petit Lac. Où les vivants sont atrocement massacrés, et tous les corps enfouis dans d’innommables charniers rapidement ouverts à la pelleteuse, ou au fond de ces marigots d’eau salée et putride qui lui ont donné son nom.

Treize heures. L’horreur couvre maintenant toute la ville. Partout des chasses à l’homme menées aux cris de « Mort aux Roumis ! », « Mort aux Youdis ! » Les tueurs sont innombrables. Ici, on égorge une famille. Un peu plus loin, une autre est fusillée contre un mur déjà balafré de sang. Là, on arrête les voitures ; les occupants blancs meurent ou prennent la direction du Petit Lac tandis que la voiture est volée ou incendiée. Ailleurs, des groupes déchaînés pénètrent dans les immeubles, éventrent les portes et tuent tout ce qui est pied-noir. Ailleurs encore, un vieil homme est jeté du haut de son balcon. Plus loin une femme court et tente inutilement d’échapper à ses poursuivants.

Des groupes indistincts d’hommes et de femmes, les mains en l’air, sont conduits à pied vers le commissariat central, ou un autre lieu de détention qui deviendra vite lieu de mort. Peu de coups de feu. Beaucoup de cris d’agonie. Des hurlements, des ordres encore. Des poursuites.

Des hangars, des gymnases, des dépôts commerciaux deviennent lieux de détention. Détention très provisoire. Et durant ces heures maudites, les mêmes camions poursuivent leur lent travail de noria et d’effacement des traces. C’est ainsi qu’au quartier de la Marine proche de la Calère, plus d’une centaine de « suspects » sont regroupés dans un vaste local duquel ils seront libérés, leur a-t-on dit, après vérification de leur identité. Il n’y aura pas un survivant. Tous disparaissent à jamais.

Quinze heures. Un bref accrochage a lieu sur l’esplanade de la gare, tandis que finit de se consumer à même le sol le corps d’un homme jeune qui a longtemps hurlé. L’accrochage est le fait d’une section de soldats français menée par un jeune officier qui sans le savoir va tenter à lui seul de sauver l’honneur d’une armée déshonorée. Sa section reprend ainsi un petit groupe de prisonniers conduit à pied vers leur destin. De la même façon, plus bas vers le centre, un lieutenant courageux va ravir plus d’une dizaine d’otages européens en passe de disparaître dans les sous-sols du commissariat central.

Une bouteille à la mer

Quinze heures encore. Place de la Bastille. Dans le bâtiment de la Grande Poste, plus précisément dans la partie occupé par le central téléphonique relié à la métropole, se trouvent encore des téléphonistes — dont une majorité de jeunes femmes. Celles-ci ont lancé un appel au secours sur les fréquences internationales. Comme on lance une dernière bouteille à la mer. Cet appel aurait été capté par un navire anglais qui l’aurait amplifié et transmis vers le Nord-Méditerranée. Mais cet appel a aussi été capté par les radios de l’armée FLN des frontières. Ses hommes viennent d’encercler le bâtiment et l’investissent. La plupart des occupants sont tués sur place. Les survivants chargés sur leurs véhicules pour disparaître à jamais. Là aussi, nul ne sera jamais retrouvé.

Même le dieu des chrétiens abandonne les siens ; les églises n’ont su protéger les quelques fuyards éperdus qui espéraient y trouver refuge. La grande synagogue du boulevard Joffre n’a pu faire mieux. « Mort aux Youdis ! »,« Mort aux Roumis ! »

Ça et là, cependant, de très rares prisonniers échappent au massacre. Le hasard, autre nom du destin, fait passer un Algérien musulman près d’un groupe de vivants provisoires. Celui-ci y reconnaît un voisin, un ami, un employeur, une femme ; quelqu’un qu’il connaît peut-être depuis l’enfance. Si l’homme a réussi à convaincre exécuteurs ou garde-chiourmes, un homme est épargné, une femme revit. Ces retours de l’enfer restent hélas rarissimes.

Dix sept heures. Ou un peu avant. Les rumeurs internationales commencent à se faire trop insistantes. Les questions des capitales affluent vers Paris. « Que se passe-t-il à Oran ? » Est-ce là la seule cause du changement d’attitude ? Soudain, de plusieurs casernes simultanément, surgissent des patrouilles armées et quelques blindés. Un corps militaire FLN se joint à elles. Le secret politique ne livrera rien des rapides accrochages, des rares échanges de feu. Le calme est rétabli dans l’heure qui suit. Même les bourreaux ont besoin de repos.

Mais si cette réaction reste bien timide, elle suffit pourtant à stopper les massacres et ses tragédies. L’ALN publie aussitôt un communiqué affirmant que l’ordre est rétabli dans Oran, et que les ennemis de la révolution algérienne ne sont pas parvenus à leurs fins. « Des meneurs, disent-ils, ont été arrêtés et seront jugés et punis par les tribunaux de la République algérienne démocratique et populaire. »

Le couvre-feu est instauré à partir du coucher du soleil à 19h55. Mais pas pour tout le monde. Pendant la nuit, les mêmes camions nettoient la ville de ces derniers cadavres et effacent les traces et les preuves du carnage. La gendarmerie mobile française prend quelques photos des derniers entassements de cadavres. Ces photos sont introuvables.

Le 6 juillet, rien n’y paraît plus

Le 6 juillet, la ville est propre. Même si ça et là, quelques tueurs sont encore à l’œuvre. Les journalistes français présents sortent des bâtiments militaires où la France a assuré leur protection. Mais il n’y a plus rien à voir, ils peuvent circuler…

Dans les jours qui suivent, des hélicoptères français ramèneront d’indiscutables clichés, pris au-dessus du Petit Lac, et montrant de multiples et longues fosses parallèles en passe d’être refermées.

L’Algérie nouvelle vient de naître. Son acte de naissance est paraphé des sept cents noms des victimes françaises, sacrifiées sur l’autel du vent de l’Histoire et celui de l’anticolonialisme.

Cinquante quatre ans après, un bilan plus précis reste difficile à établir. Sans doute entre sept cents et mille deux cents morts. L’administration française, la civile aussi bien que la militaire, a tout fait pour que la vérité ne puisse sortir du puits qu’elle a contribué à fermer avec l’aide active des différents pouvoirs algériens.

Le pouvoir gaulliste ne peut être coupable. Le pouvoir algérien non plus. L’amitié franco-algérienne est intouchable. Cette perversion du silence fonctionne toujours aujourd’hui, ardemment soutenue par la gauche française.

D’abord, il fut question de 25 morts (général Katz). Puis d’une petite centaine, un an plus tard et dans la presse parisienne. Ce nombre a plafonné ensuite à 325, pendant quarante ans, de 1970 à 2010. Sans listes nominatives précises ni recherches réelles. Il a fallu la volonté et l’obstination d’un chercheur historien pour pouvoir rompre « à titre exceptionnel » le secret des archives officielles françaises, et découvrir dans l’épouvante et l’horreur, la réalité de la tragédie du 5 juillet 1962 à Oran.

Raison d’État…

Sept cents morts… Au minimum. À 95%, les corps n’ont jamais été retrouvés. C’est à dire qu’ils n’ont jamais été recherchés. La France et son allié l’Algérie ne pouvant être soupçonnées d’assassinats collectifs et de complicité. Cela se nomme « raison d’État ».

Aujourd’hui encore et pour le nombre, rien n’est sûr, rien n’est prouvé. Seuls savent les pieds-noirs d’Oran et les vieux Algériens qui se souviennent et en parlent discrètement encore entre eux. Le sujet est devenu une bombe à retardement politique qui finira inéluctablement par exploser.

Mais les sept cents morts du 5 juillet 1962 ne sont qu’une partie d’un bilan encore plus lourd. Après la signature des accords dits d’Évian, et ne pouvant poursuivre les assassinats de Pieds-noirs avec la même liberté qu’auparavant, le FLN a développé une terrible politique d’enlèvements. Pour briser, chez ce peuple, la volonté de se maintenir. Et lui imposer la seule alternative, celle de « la valise ou du cercueil… »

De ce funeste mois de mars 1962 jusqu’à mars 1963, il y a eu plus de 2 000 enlèvements effectués sur cette part de la population française. Des blédards surtout, des petits blancs qui refusaient de perdre cette terre qu’ils aimaient et qui avait été leur patrie. Parmi eux, quelques centaines ont été libérés vivants, quelques dizaines de corps retrouvés. Les autres, avec ceux du 5 juillet 1962, ont désormais leurs noms gravés sur le Mur des Disparus à Perpignan. Tel qu’il est écrit à l’entrée du monument : « C’est ici leur premier et ultime tombeau »…

Combien de temps va t-il encore falloir attendre pour que ce jour affreux trouve enfin la page toujours blanche qui l’attend dans les livres d’histoire ? Combien de temps va t-il encore falloir attendre pour que soient sondés les charniers du Petit Lac ? Combien de temps va t-il encore falloir attendre pour que s’ouvrent toutes les archives, et que la France ait la grandeur de reconnaître sa complicité dans ce crime d’abandon de son propre peuple ? Et, comme pour ceux d’Oradour-sur-Glane, recevoir en son sein la mémoire de ces Disparus qui n’avaient cessé de croire en elle. Oui, combien de temps encore ?

Réveille-toi Antigone, Créon est toujours de ce monde. À nouveau Polynice a besoin de toi…


Oran, 5 juillet 1962, ces Européens s'étaient réfugiés dans l'église du Saint-Esprit, place de la Bastille…
les hordes du FLN sont venues les enlever sous les yeux du prêtre impuissant…


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Gaullistes et communistes dans leurs œuvres : femmes françaises accusées de collaboration et tondues (Paris, été 1944)

L'Épuration… on remarquera de trop nombreuses et troublantes similitudes entre certaines scènes de cette période sombre de l'Épuration gaullo-communiste des années 1944-45 et les massacres d'Oran du 5 juillet 1962, mauvais sang ne saurait mentir !



Nouvelles de Saintonge - La période de l’Épuration à Jonzac en 1944/1945 : établir des listes de traîtres et de suspects…

Jean-Paul Perrin : L’Épuration en région montluçonnaise (1944-1949)

Max Lagarrigue : Épuration sauvage, légale : vengeance ou soif de justice de la Résistance ?

José Castaño : Les crimes de l’Épuration




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Le Gaullisme maladie sénile de la droite

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Statut de DeGaulle après sa désertion…


Journal officiel du 24 juin 1940
MINISTÈRES DE LA DÉFENSE NATIONALE ET DE LA GUERRE

ÉTAT-MAJOR GÉNÉRAL
Par décision ministérielle du 22 juin 1940, la promotion au grade de général de brigade à titre temporaire de M. le colonel d'infanterie breveté de Gaulle (Charles-André-Joseph- Marie) est annulée.

ADMISSION À LA RETRAITE
Armée active
Par décret en date du 23 juin 1940 M. le colonel d'infanterie breveté d'état-major de Gaulle (Charles-André-Joseph-Marie) est admis d'office à la retraite, par mesure de discipline.


- Par décision ministérielle du 22 juin 1940, la promotion au grade de général de brigade à titre temporaire
de M. le colonel d'infanterie breveté de Gaulle (Charles-André-Joseph- Marie) est annulée.

- Par décret en date du 23 juin 1940 M. le colonel d'infanterie breveté d état-major de Gaulle (Charles-André-Joseph-Marie)
est admis d'office à la retraite, par mesure de discipline.
Après ce 23 juin 1940, DeGaulle Charles mis à la retraite d'office par mesure disciplinaire et avec le grade de colonel d'infanterie n'a plus jamais exercé de fonction militaire. DeGaulle est bien retraité avec le grade de colonel. Il a reçu une pension de colonel. Si, en tant que politicien, il s'est ensuite affublé d'un uniforme de général c'est en toute illégalité… Encore une de ses falsifications, et pas la moindre !





Constatation du statut de déserteur
8 décembre 1940 : déchéance de la nationalité française pour De Gaulle :
par décret du 8 décembre 1940, publié au Journal officiel du 10 décembre 1940, page 6044,
Charles De Gaulle est déchu de la nationalité française, à effet du 2 août 1940,
sur le fondement de la loi du 23 juillet 1940.






Première page de l’expédition du jugement du tribunal militaire permanent de la 13e Région,
séant à Clermont-Ferrand et jugeant :
le colonel d'Infanterie breveté d'État-major en retraite DeGaulle Charles, né le 22 novembre 1890 à Lille

Les questions, le tribunal devait répondre à six questions :
- Entretien d'intelligence avec une puissance étrangère, l'Angleterre ;
- Allocutions radiodiffusées de nature à provoquer, de la part de l'Angleterre, des agissements nuisibles à la France ;
- Provocation de militaires et de marins à passer au service de l'Angleterre ;
- Risque provoqué contre les Français, en affirmant que les clauses de l'armistice ne seraient pas respectées ;
- Désertion ;
- Désertion ayant eu lieu sur un territoire en état de guerre.

Les réponses

La sentence


Les signatures des juges (les généraux Frère, Noël, de La Laurencie, de La Porte du Theil, Langlois, Etcheberrigaray et Bérard),
suivies de celle du greffier (Moissenet)



Le Figaro, édition de Clermont-Ferrand le samedi 3 août 1940
Un simple entrefilet révélant la maigre importance donnée alors au procès et au condamné


Lettre du Maréchal Pétain rendant non exécutoire la condamnation à mort de DeGaulle



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jeudi 17 juin 2021

R…Appel pour un 18 juin !



Général Weygand à propos de DeGaulle :
« Un militaire mais pas un soldat…
Un catholique mais pas un chrétien…
mais avant tout : un imbécile ! »


Pour un "Gang des basculeurs de légendes"
Tout 18-juin impose un r…Appel des mensonges et falsifications dont se nourrit le mythe degaulliste… Dans cette forêt de falsifications, il en est une à ne jamais négliger : une qui doit, impérativement, systématiquement, s'imposer dans nos choix orthotypographiques. Une marque distinctive, très heureusement et de plus en plus respectée en connaissance de cause…

"De Gaulle" est affublé d'un patronyme étranger trafiqué dénonçant l'empreinte d'une immigration flamande ou germanique, plus ou moins lointaine certes. Là a priori rien de gênant, si ce n'était le "in the closet" manipulateur aggravé du patronymé ! … "Figaro", "FrançoisdeSouche", "FrançaisdeFrance", "identitaires" à l'indigénat improbable,  allez vous faire voir avec vos degaulloteries… Vous vous faites magistralement bluffer par un allogène usurpateur ! Allogène usurpateur dont le nom serait une altération francisée d'un « Der Wall » ou « Die Walle », du germanique ancien. Un nom aussi puant qu'un "mur" éclipsé sur lequel les poivrots du coin s'arrêteraient soulager leur vessie, un nom qui n'intègre manifestement aucune particule nobiliaire. Il inclut un article*, comme de nombreux braves patronymes roturiers flamands, belges, germains et également bretons. Dans ce cas, le bon usage orthotypographique français veut que l’article s’écrive systématiquement avec une majuscule. On doit donc écrire "De Gaulle" et non "de Gaulle". Les Américains écriraient "DeGaulle", sans espace [comme pour Greg LeMond]. Adoptons leur graphie ! Par cette écriture altérée, l'infâme DeGaulle nous gratifie d’une falsification maligne. De toutes, pas la plus anodine. À sa décharge, soulignons que l'Infâme n’a pas osé aller jusqu'à supprimer l’un des deux "l" de son patronyme. Que l’Histoire écrive "de Gaule", n’en a-t-il pas dans sa paranoïa fantasmé ? Il n’en reste pas moins que cette bascule dans une minuscule falsificatrice résume dans son éclat la nature profonde d'un personnage en réalité dérisoire : minuscule !



Ce jour un r…Appel, c'est pas tout à fait inutile… Les hyènes immondes sortent alors de leur tanière. Occasion privilégiée de repérer journaux, télés, sites de la Toile, politiques, journaleux, gogos blogueurs, bref gogos degaullistes de toute pestilence… Ceux-là contre lesquels d'une impitoyable degaullophobie éclairée nous avons pour devoir de témoigner…

Tout degaulliste, plus ou moins atteint**, n'est pas seulement un adversaire politique, il est et demeurera d'abord et à tout jamais un ennemi de sang, et pas seulement pour les Harkis et Français d'Algérie… Souvenons-nous de ces dizaines de milliers d'exécutés sans jugement par l'Épuration… et tous ceux prétendument jugés, tout comme Robert Brasillach…


Albert Paraz, le Bônois :
Pour un "Gang des basculeurs de légendes"

* N.B. - L'article précédant le nom est indissociable de ce nom, il en est partie intégrale. Ainsi la dénomination appropriée pour désigner la bande à un dénommé "DeGaulle" serait bien "degaulliste" et non pas "gaulliste" comme un mauvais usage en a été pris. Avis des grammairiens ? Et qu'ils n'invoquent surtout pas l'usage, alibi des falsificateurs… Il s'agit ici de se joindre à ce "Gang des basculeurs de légendes" d'Albert Paraz… Albert Paraz, ce célinien de choc,  concitoyen d'Alphonse Juin à Constantine, Niçois d'adoption…  Que son combat nous éclaire en ce 18 juin 2020 alors que se commettent chaque jour de nouvelles agressions délibérées à l'égard des victimes de l'Infâme… agressions à présent relayées et amplifiées par ces rats qui ont investi le parti de Jean-Marie Le Pen, le Front National…

Degaulliste "inconditionnel" :
meurtrier… et juge !

** N.B. - Le degaullisme a bien été reconnu comme maladie mentale, et ce dès le 19 janvier 1962. C'est à la tombée de la nuit ce 19 janvier 1962, que le procureur de la République, Gilbert Palvadeau, alors sous-lieutenant attaché au Parquet militaire de Bône, tirant deux fois avec son arme de service, a froidement abattu le jeune Noël Mei, 14 ans, qui collait des affiches. Des affiches qui ne plaisaient pas à Gilbert Palvadeau. Gilbert Palvadeau portait l'uniforme de sous-lieutenant de l'armée française et les insignes de la justice militaire. Il n'était pas ivre non plus. Personne ne le connaissait pour s'adonner aux stupéfiants, et sa situation même supposait un certain équilibre moral et nerveux. Pour sa défense Gilbert Palvadeau a tout simplement déclaré : "Je suis un gaulliste inconditionnel". Argument déterminant ? Si les autorités appréhendaient discrètement le sous-lieutenant meurtrier, promettant face à l'indignation générale qu'on le jugerait, jamais il ne fut ni inculpé ni condamné. Irresponsable ! Malgré cette démence, sans que rien n'atteste qu'il se fût soigné, on l'envoya ensuite juger les autres à Djibouti. Puis, l'oubli venu pensait-on, dès 1966, le garde des Sceaux Jean Foyer le récompensa en le nommant substitut du procureur de la République au tribunal de grande instance de Troyes. Gilbert Palvadeau, un nom à inscrire très haut au Tableau d'horreur du degaullisme !


Obsèques de Noël Mei : la montée de la basilique Saint-Augustin (La Seybouse n°138, avril 2014)




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 Sources :
Dr Jean-Claude Perez : "DeGaulle, l'accélérateur majeur de la décadence occidentale"

18 juin : journée nationale des Psittacidés en France…

Réquisitoire de Jean-Marie Bastien-Thiry contre DeGaulle, le 2 février 1963… et pas seulement contre DeGaulle !… Un document d'une extraordinaire actualité !…

J'avais un camarade… Robert Boissières

Oran, 5 juillet 1962: requiem pour un massacre oublié (1/2)

Oran, 5 juillet 1962: requiem pour un massacre oublié (2/2)

Guy Pervillé : "Oran, 5 juillet 1962. Leçon d’histoire sur un massacre"

Oran, le 5 juillet 1962… le "Mur des Disparus", Perpignan

Guillaume Zeller : "Oran 5 juillet 1962, un massacre oublié"… une nouvelle Saint-Barthélémy

Une gifle, 55 ans après, à la figure de tous les acteurs et complices de l’abandon de l’Algérie
 Oran 5 juillet 1962… les barbouzes et DeGaulle, parrain de gangs terroristes
Les disparus d'Algérie : Histoire d’un silence d’État
Témoignage d'un soldat métropolitain enlevé par le FLN en juillet 1962
 Le gaullisme, maladie sénile de la droite

Gérard Bedel : Le Gaullisme, maladie sénile de la droite. Éditions de Chiré, 2018, 310 pages, 23 euros

À Colombey… ou à Pathein ? C'est au paya Settayaw que DeGaulle expie pour l'Éternité…

Réaction tardive d'un cocu de l'Algérie française contre Marine Le Pen et son mentor

Dans son délire criminel, DeGaulle avait ourdi l'assassinat du général Raoul Salan

18 juin 2011 à Vitrolles : DeGaulle déserte à nouveau

Christian Estrosi et ses amis…
La trahison de Marine Le Pen, dernier rempart contre l'effondrement de l'ordre établi…

Bécassine s’emmourache de DeGaulle… À son bien aimé un "Ruban Bleu Marine" (RBM)

La crise institutionnelle est-elle enfin ouverte en France ?…

Marine Le Pen va rendre hommage à DeGaulle ce 18 juin 2020

Quand Manuel Gomez se fond dans la ligne éditoriale de L'Aurore : "J'accuse De Gaulle"…

Sous l'éclairage de Saint Thomas d’Aquin : "Jean Bastien-Thiry, De Gaulle et le tyrannicide"

Flanby frappé grave d'amnésie… ou infantilisé par un Alzheimer précoce ?…

Médiapart : Pathétique provocation, une valise verte pour Jean-Claude Paupert, traître du Réseau Jeanson

Manuel Gomez : Mort de Jean-Louis Hurst, journaliste à Libération et traître à son pays

Jean-Louis Hurst, le déserteur éternel
Oasisfle.com : Les traîtres à jamais inscrits sur les tablettes de l'infamie

Mémoire d'Algérie : Portail

Mars, mois des tueries franco-françaises de 1962, prolongées en 1963…

Rémy Porte : 1940, Vérités et légendes

Quand le Figaro se mord la queue !

L'OAS vaincra : une édition spéciale de l'Écho d'Oran

Quand Cohen assassine le Chevalier Bayard… avec l'outrecuidance des Quillards du 19-Mars1962

Les disparus d'Algérie : Histoire d’un silence d’État
Jean-Jacques Jordi : "Un silence d'État, les disparus civils européens de la guerre d'Algérie"

Une commémoration occultée : les décès causés par les prélèvements sanguins forcés à la fin de la guerre d’Algérie

Les collabos de ces égorgeurs du FLN : plus lâches que les lâches fellaghas…

Un soldat témoigne : "Au siècle dernier en Algérie française"… La lâcheté récurrente des égorgeurs du FLN, fellaghas dits "moudjahidine"…

Oran, le 5 juillet 1962… le "Mur des Disparus", Perpignan : "Le vrai tombeau des morts c'est le cœur des vivants"

Témoignage d'un soldat métropolitain enlevé par le FLN en juillet 1962
1962"L'ami du FLN" squattant l'Élysée ajoute à l'ignominie de son discours d'Alger : notre dévoué président de l'ADIMAD, Jean-François Collin déchu de la Légion d'honneur !

Toulon rend hommage au Général Raoul Salan, notre chef, commandant suprême de l'OAS
Pierre Descaves vient de nous quitter…

Rappel (partiel) des crimes de DeGaulle envers ceux qui servent la France

 

mercredi 16 juin 2021

L'OAS vaincra : une édition spéciale de l'Écho d'Oran

Belle surprise… J'ai découvert récemment parmi mes papiers d’une autre vie un exemplaire d’une édition pirate de l’Écho d’Oran. Édition diligentée par le Commandement supérieur de l’OAS en Oranie et signée du général d’armée aérienne Edmond Jouhaud. Malgré toute la confiance manifestée par le général Jouhaud, les coquilles dans le texte, ce pavé imprimé à l’envers, oubli de la date témoignent de la hâte dans laquelle a été réalisée cette édition. Opération sous la menace d’une irruption d’agents ennemis à la solde du pouvoir central gaulliste… Terreur imposée par le pouvoir officiel, ses barbouzes, ses troufions étoilés, galonnés… Même à Oran, ville populaire, unanime dans sa Résistance aux collabos gaullistes loufiats du FLN… En réponse à la haine de l'infâme pouvoir gaulliste désormais valet zélé du FLN dans sa traque des Français de toutes origines voulant toujours vivre en Algérie terre française, on notera la sérénité du projet de paix et d’union de toutes les communautés développé par l’OAS, ici représentée par Edmond Jouhaud, enfant d’Oranie… Sérénité qui prolonge ces journées de bonheur intense vécues par tout un peuple en avril 1961, les espoirs et les serments réciproques d’alors…


L'Écho d'Oran : édition spéciale de l'OAS

Proclamation du Général d'Armée aérienne Edmond Jouhaud,
Commandement Suppérieur de l'OAS en Oranie


Commandement Supérieur de l'OAS en Oranie
Le Général d'Armée Aérienne
Edmond JOUHAUD
« VIVE ORAN, VILLE QUE J’AIME ET QUE JE SALUE. BONNE TERRE FRANÇAISE. »
CHARLES DE GAULLE – 6 juin 1958
À l’heure où j’écris ces lignes, M. De Gaulle a dû, une fois encore, prendre la parole. Je ne sais pas ce qu’il a pu dire, affirmer. Je n’y attache aucune importance. Cet homme ne peut plus être cru, même si d’aventure il disait la vérité. Telle est, a dit le Talmud, la punition du Menteur, punition bien douce pour l’instant, car un jour prochain la Justice passera.
Le Nouveau Testament enseigne qu’à la voix de celui qui crie dans le désert, tout ce qui est tortueux devient droit. Charles De Gaulle parle aussi dans le désert, mais avec lui tout ce qui est droit devient tortueux.
Charles De Gaulle a dû, dans son allocution, donner de nouvelles concessions au G.P.R.A., selon une ligne de conduite traduite par André Tardieu de « politique du chien crevé au fil de l’eau ». Il a dû manifester son autosatisfaction par un optimisme de bon aloi. Mais il y a longtemps que l’asile d’aliénés, où l’on trouve beaucoup de paranoïaques, est l’endroit où fleurit le plus d’optimisme. Si une politique se jugeait à ses résultats, nous pourrions penser que le père Ubu a ressuscité. Mais lui au moins était drôle.
Si une politique se jugeait à ses résultats : isolement diplomatique de la France, Paris en état d’alerte, l’Algérie en révolte, il y a longtemps que le peuple français se serait débarrassé du tyran qui le mène au désastre. Nous en avons assez de l’homme providentiel, servi en fait beaucoup plus par le hasard, « sobriquet de la providence ».
Nous en avons assez des mensonges et des sophismes. Nous sommes lassés par cette politique décadente. Devant cette veulerie, cette lâcheté, un homme auquel l’Algérie n’arrivera jamais à manifester assez son immense gratitude s’est élevé : le Général SALAN. Toute une province unanime et unie s’est mise aux ordres de l’homme qui a pris en main les destinées du pays. Lui seul a autorité en Algérie. Car que représentent les olibrius qui plastronnent au camp d’internement administratif du Rocher Noir et leurs factotums locaux…
Ave Raoul SALAN, dans l’Ordre et l’Honneur, nous ferons cette Algérie fraternelle que nous souhaitons toujours avec une foi aussi intacte dans l’avenir.
Cette Algérie, nous la construirons sur 3 principes :
- UN PRINCIPE POLITIQUE
La Paix, c’est la tranquillité dans l’ordre. Qui peut assurer l’ordre, sinon un pouvoir politique non dominé par la haine, c’est-à-dire celui de la République française.
La SOUVERAINETÉ DE LA FRANCE, avec son Armée maintenant la sécurité et son drapeau flottant sur toute l’Algérie, est une exigence fondamentale.
- UN PRINCIPE SOCIAL
L’ordre politique ne saurait être durable en l’absence d’une prospérité économique, facteur de progrès social.
Quel pays, à part la France, pourrait assurer le développement de l’économie algérienne d’ores et déjà liée à l’économie française.
- UN PRINCIPE MORAL
Tout racisme est générateur de guerre. Nous condamnons tout racisme et tout incident opposant les communautés.
Nous souhaitons, exigeons une promotion sociale accélérée des Musulmans et une égalité totale des droits et des devoirs. Et puis nous acceptons toute décentralisation régionale permettant l’adaptation de la législation aux particularismes locaux.
Cette Algérie nous la bâtirons, car nous vaincrons. Sur notre route se dressent encore de nombreux obstacles que nous surmonterons. Au travers des nuages hier si denses et si noirs, commence à filtrer la lumière. Le pilote commence à cheminer avec sécurité et certitude, sa route devient claire. Il maintiendra le cap et connaîtra bientôt l’ivresse du devoir accompli.
Ce devoir c’est :
L’ALGÉRIE FRATERNELLE ET FRANÇAISE.
Courage, On les aura.
Signé : Edmond Jouhaud

mardi 15 juin 2021

Dr Jean-Claude Perez : "DeGaulle, l'accélérateur majeur de la décadence occidentale"


Chaque début de mois, très ponctuellement, Jean-Pierre Bartolini nous fait parvenir sa lettre de la Seybouse… Une lettre fruit de très longues journées de recherches… Une lettre riche de la diversité de ses contributions, des sujets traités, une lettre accompagnée de photos toujours nouvelles du pays, dénichées on ne sait d’où… Un immense merci à Jean-Pierre Bartolini pour le plaisir qu’il nous donne à encore mieux connaître et savourer le souvenir d'une époque vécue intensément et toujours vivante… Dans sa lettre datée de ce 1er mai, un superbe cadeau : un article signé Jean-Claude Perez… Un article parfaitement documenté, Jean-Claude Perez ayant été du temps de l’OAS responsable national de l’ORO, l’Organisation du renseignement opérationnel… Un article bienvenu dont le personnage central, "frappé d’histrionisme", est DeGaulle… Un article particulièrement opportun en ce 1er mai, DeGaulle étant devenu l’une des références d’ambitieux démagogues qui ont fait main basse sur un mouvement auquel nous adhérions il y a encore peu… Un article qui établit magistralement la vérité sur un personnage passé maître dans l'enfumage… Une réalité tout à l'opposé du mythe établi…

Une démythification sans faille… Une magistrale réponse aux naïfs ou manipulateurs qui osent encore prétendre qu'il y a deux DeGaulle, celui de 1940, puis celui de 1958… DeGaulle a toujours été un seul et même personnage… À double visage, en 1940 comme en 1958. Malade mental. Mais toujours le même… DeGaulle réunifié !


Le général Spears et sa «recrue», DeGaulle
Les Anglais qui avaient besoin d'un képi à opposer au prestige et l'action du Maréchal,
envoyèrent le général Spears de l'Intelligence service, débaucher
le vaniteux DeGaulle ulcéré de ne pas avoir été pris dans le gouvernement Pétain.


"Les faits parlent d'eux-mêmes"
Jacques Bainville in "Bismarck et la France", Paris 1911
"Histrionisme : attitude théâtraliste en relation avec une pathologie profonde, durable et invalidante du cerveau et de la conscience", définition médicale. Depuis 20 ans au moins, en médecine on refuse d'employer le terme d'hystérie. Ce terme a été remplacé par histrionisme. La définition  proposée est une définition d'un aspect majeur de l'hystérie.



Il serait d'une imprudence majeure de s'entêter dans la négation d'une évidence : notre pays, la France, a vu son identité et sa sécurité profondément altérées depuis le 19 mars 1962. Date officielle de la défaite historique d'une grande nation d'Occident. Défaite subie devant l'arabo-islamisme fondamentaliste et conquérant que je ne confonds pas avec l'islam.
"Mais", comme l'écrit Bainville "d'où viennent nos défaillances ? Qui a créé les puissances dont nous sommes entourés et menacés ?".
Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes est évoqué aujourd'hui encore, à la manière d'une incantation un peu rengaine. Par ceux qui ont mis la main à l'agression dont la France fut victime le 1er novembre 1954, jour de la Toussaint Rouge.
"Vous voulez la France de Dunkerque à Tamanrasset, je vous prédis, moi, que vous aurez l'Algérie de Tamanrasset à Dunkerque" a déclaré le chef FLN Ben M'Hidi, peu de temps avant sa mort en 1957.
"La France de Dunkerque à Tamanrasset" exprimait à l'évidence une espérance raisonnable, une ambition logique, une perspective intelligente. Il n'est pas inutile, cependant, de rappeler que cette formulation était à porter au crédit des plus hautes autorités de la IVème République en novembre 1954. Mitterrand, ministre de l'Intérieur, avait précisé avec vigueur et conviction qu'il fallait que "la force de la nation l'emporte quelles que soient les cruautés de la tâche".
En disant cela, il ne faisait qu'appuyer les propos enthousiastes du président du conseil, Pierre Mendès France. Quand celui-ci soutenait, au même moment, que "l'Algérie c'est la France !"
C'était avant que lui-même, Pierre Mendès-France, ne devînt mendésiste !
Car le mendésisme, si on veut recourir à cette terminologie conventionnelle, fut dans la réalité des faits une création de Jacques Chevallier.
En 1954, celui-ci occupait les fonctions de maire du Grand Alger et de secrétaire d'État à la Guerre, avant d'accéder au ministère de la Guerre, pendant peu de temps, au début de l'année 1955. À propos de la guerre d'Algérie qui commençait, il agissait et s'exprimait, dès le mois de novembre 1954, en tant que représentant très secret des services spéciaux américains.
En 1943, alors qu'il résidait à Alger, il fut mobilisé dans l'armée américaine. Ce fut son choix, car il jouissait d'une double nationalité, sa mère étant texane. "Il fit la guerre" dans les services secrets américains, aux USA.
En 1954, tout logiquement, il influença le président du Conseil Mendès France et obtint que celui-ci se soumît, comme plus tard Mitterrand, aux exigences du capitalisme financier. Celui-ci s'exprimait à travers la thèse révolutionnaire du "délestage économique du débouché algérien".
C'était cela le mendésisme.
Ce n'était que cela : tuer la France en Algérie, dans la perspective d'une recherche de valeur ajoutée augmentée. De la valeur ajoutée produite par les investissements effectués par ceux qui, cependant, avaient éveillé à la vie des territoires en attente… d'un éveil à la vie justement.
Cette recherche d'une plus forte valeur ajoutée exigeait, soutenait-on, que l'on se débarrassât de la charge sanitaire et sociale du peuple algérien d'abord, des peuples africains de l'Union Française ensuite.
Nos investissements en Algérie étaient rentables certes. Mais d'après les comptables du grand argent, ils étaient insuffisants parce qu'ils étaient "routiniers". Ils ajoutaient que leur rendement était médiocre pour une raison majeure : ces investissements étaient protégés, conventionnés, ont-ils écrit.
À partir de cette conviction, exclusivement économique, fut montée une conjuration dans laquelle s'était inscrit à un poste décisif, Jacques Chevallier, le fondateur réel du mendésisme.
Il s'agissait de la conjuration permanente contre l'Algérie française, contre la France en Algérie, dont Jacques Chevallier de 1954 à juillet 1962, fut un animateur fondamental, avec des collaborateurs de toutes origines : de Blachette à un transfuge de l'OAS à partir d'octobre 1961, grâce auquel il obtint le cessez-le-feu de l'OAS d'Alger.

Cette conjuration avait été amorcée, en réalité, à partir de 1920. C'est l'année de la création des Cénacles d'Études à l'initiative du religieux berbère, Omar Smaïl. Celui-ci commanda, en riposte à la loi du 4 février 1919 qui offrait aux Musulmans d'Algérie une possibilité simplifiée d'accéder à la citoyenneté française, de lutter, écrivait-il, contre "la francisation, l'assimilation et l'évangélisation". Dans cette lutte, il imposa que les Musulmans d'Algérie fissent un usage constant et surtout exclusif de l'arme majeure que constituait la langue arabe littérale, soutenait-il.
Par cette décision, il se pliait aux exigences formulées en 651 par le troisième calife Ousman, d'une part. Il entreprenait de cette manière, d'autre part, d'arabiser à outrance l'Algérie, comme l'avaient fait quelques siècles avant lui les Berbères almoravides arabophones par choix volontariste. Par cette exigence, Omar Smaïl donna vie à la phénoménologie arabo-islamiste qui se manifesta, dès lors, comme une donnée scientifique et politique dépourvue de tout fondement ethnique exigible.
À partir de cette année 1920, s'est élaboré et manifesté en Algérie, un dynamisme anti-français et anti-occidental, structuré à partir d'une volonté révolutionnaire arabo-islamiste arabophone et conquérante dont la perspective stratégique lointaine fut illustrée historiquement par la formulation de Ben M'Hidi, en 1957 : "vous aurez l'Algérie de Dunkerque à Tamanrasset…"
Avant de mourir, ce combattant courageux formula ainsi un avertissement dont il serait à la fois ridicule et criminel de ne pas tenir compte. À Dunkerque, à Paris, à Madrid, à Moscou et aujourd'hui à Kiev, à Kharkov, en Crimée…

Conseillé et guidé en permanence par le rothschildien Pompidou, De Gaulle fut propulsé en Algérie dans un but prioritaire, proclamé ou plutôt allégué, dont il s'est fait lui-même l'annonceur : protéger la France contre "des populations dont le destin est d'être miséreuses". Ces termes, colorés d'une indiscutable nuance de mépris, ont enrichi son célèbre discours du 16 septembre 1959.

Il est venu dans un premier temps en Algérie, en 1958, à la recherche des moyens de prendre le pouvoir en France. Tout en organisant secrètement la naissance de la République algérienne dont il était devenu un concepteur depuis 1943. À cette date, avec l'appui de Catroux, il avait apporté son soutien et sa caution personnelle à Ferhat Abbas. Celui-ci, fort de cet avantage, créa l'AML. C'est-à-dire l'association des Amis du Manifeste de la Liberté.
À partir de l'AML, naquit le MTLD en 1946 puis le FLN en juin 1954 qui dès le premier jour officiel de la guerre d'Algérie, déclara par l'intermédiaire d'Ibrahim Bachir, que le combat était engagé contre la France "pour le triomphe de l'arabisme et de l'islam". C'était à partir du Caire que le président de l'association des ouléma inonda le monde de cette déclaration.

Depuis lors, une pression idéologique et religieuse constante s'exerce en France sur notre territoire national. Sa vigueur révolutionnaire s'exprime tout naturellement par des attaques contre le christianisme, plus sélectivement contre le catholicisme apostolique et romain. À un point tel que certains hommes politiques charognards du gaullisme tueur de la France en Algérie, envisagent avec une sérénité, déconcertante pour les naïfs seulement, un retour sur la loi de "séparation des églises et de l'État du 9 décembre 1905 ". Loi dont ils prétendent supprimer l'observance, avant de l'abroger purement et simplement.
Cette loi, qui prétendait protéger la laïcité contre l'influence des églises, a vu sa signification évoluer.
De loi contraignante telle que l'avaient conçue ses promoteurs, cette loi est devenue aujourd'hui, à l'encontre de ce que recherchaient ces mêmes promoteurs, l'expression administrative et légale d'une garantie. La garantie de la liberté religieuse dans notre pays.
Cette loi, en effet, permet aux différents courants religieux de s'exprimer en France, dans la mesure où ces mêmes courants religieux ne prétendent pas contrevenir aux lois votées chez lui, par le peuple français souverain.
Certains notables musulmans ont manifesté, à maintes reprises, la volonté de faire abroger cette loi dans un avenir non précisé, car d'après eux, elle ne tient pas compte du message religieux musulman.
Il ne s'agit ni plus ni moins, que d'une volonté révolutionnaire, qui prétend remettre en question le code de la laïcité, telle que celle-ci est vécue en France.

De Gaulle se situe à l'origine de l'agression qui, de nos jours, menace la France. Il est seul responsable, "les faits parlent d'eux-mêmes", de la soumission aux exigences dogmatiques et institutionnelles de l'islamisme fondamentaliste et conquérant, envisagée par les ennemis de notre pays.
Dans cette étude, la dernière que je consacre à l'histrionisme gaulliste, je tiens à vous soumettre quelques réflexions et analyses que j'avais déjà exprimées dans mon livre "Vérités tentaculaires sur l'OAS et la guerre d'Algérie".
J'ai donc recouru à ce livre, qu'avec timidité je vous recommande de lire, pour toucher du doigt, au mieux possible, le rôle actif et décisionnaire joué par De Gaulle dans la défaite de la France du 19 mars 1962.

De Gaulle, l'accélérateur majeur de la décadence occidentale

En 1942, quelques jours avant le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord, l'amiral Darlan était venu rendre visite à son fils malade. Celui-ci était soigné à l'hôpital militaire Maillot. Informé de l'imminence d'un débarquement allié sur nos territoires d'Afrique du Nord, l'amiral fit une déclaration que je me souviens avoir lue dans la presse algéroise, que j'évoque souvent et que d'autres ont repris fort à propos :
"L'empire sans la France ce n'est rien,
La France sans l'empire ce n'est rien".
L'amiral exprimait une profonde angoisse pour le destin de la France. Curieusement, cette angoisse trouva un écho 15 ans plus tard, dans les propos d'un homme politique français. Il s'agit de Chaban-Delmas. En 1957, celui-ci occupait le poste de ministre des Armées dans un gouvernement de la IVème République, dont le président du Conseil était Félix Gaillard. Cette année-là, ce ministre installa à Alger une antenne célèbre, qui joua un rôle majeur dans la préparation et le déroulement des évènements du 13 mai 1958. C'était l'Antenne de la Défense Nationale composée secrètement d'hommes très actifs comme Guy Ribaud, le commandant Pouget, Delbecque, Nouvion, Lhostis et mon camarade Jacques Laquière qui mit son cabinet d'avocat à la disposition de cette antenne.
Dans l'exercice de ses fonctions, Chaban-Delmas rendit visite au général Salan, commandant en chef des Forces armées françaises en Algérie. Il inaugura, à Philippeville, une nouvelle école de guerre révolutionnaire. En réalité, une école de contre-guérilla. Cette école était installée au casino Beau-Rivage, tout près de cette belle ville du littoral constantinois, au pied du djebel Filfila. Il était accompagné du général Gilles, commandant du Corps d'armée de Constantine.
S'adressant aux 90 capitaines stagiaires qui allaient entamer le cursus de cette école, le ministre des armées leur tint ces propos, en substance :
"Sachez bien qu'il n'y aura plus d'armée française, parce qu'il n'y aura plus de France si par malheur nous manquons notre coup, ici, en Algérie".
Il est donc logique d'affirmer que pour des hommes politiques et des hommes d'État de très haute responsabilité, il était banal et surtout logique d'affirmer, en 1957, que le sort de la Nation française était intimement lié au destin que l'on s'apprêtait à élaborer pour ce qui était encore l'Algérie française. Il n'est pas inutile de rappeler que Chaban-Delmas avait un "maître à penser" : le général De Gaulle. L'esprit de la trahison gaulliste n'avait pas encore perfusé à travers toutes les consciences de ses partisans.

L'année précédente, trois évènements graves étaient venus animer l'actualité algérienne et, plus généralement, nord-africaine.

Le 22 octobre 1956, un avion affrété par le sultan du Maroc fut intercepté par les services spéciaux français et obligé de se poser à l'aéroport de Maison Blanche à Alger. Officiellement, sur décision de Robert Lacoste qui représentait le gouvernement français en Algérie. À l'initiative secrète d'un spécialiste des services spéciaux ? Quoi qu'il en soit, six membres importants du FLN furent capturés ce jour-là. Ben Bella se trouvait parmi eux. J'ai connu personnellement un officier de gendarmerie qui a participé à cette opération et à l'arrestation de ces six responsables ennemis. Il m'a déclaré en substance : "Tu ne peux pas imaginer à quel point ils ont été heureusement surpris de ne pas être fusillés sur le champ !".
Un peu plus tard, Ben Bella s'est permis le luxe d'écrire à propos de cet évènement du 22 octobre 1956 : "Je n'aurais jamais cru les Français capables d'un coup pareil !".
Ben Bella manifestait indiscutablement une agressivité méprisante à l'égard de notre pays. Peut-être était-il conforté dans ses convictions par un chèque dont il était en possession ce jour-là et qui émanait de l'ARAMCO. Ainsi, Ben Bella qui manifestait verbalement des convictions socialistes presque idéalistes, était en réalité subventionné pour mener la guerre contre la France, par une énorme société pétrolière dont les principaux actionnaires étaient des potentats très connus du capitalisme financier, américains en particulier.
Ces notables FLN seront incarcérés à la Santé où ils bénéficieront de conditions de détention très confortables, des conditions de détention "bourgeoises". Je l'affirme d'autant plus que quatre ans plus tard, après les Barricades d'Alger, je fus de ceux qui bénéficièrent de ce confort bourgeois lors de mon séjour à la prison de la Santé, à partir du début février 1960, avec mes camarades d'infortune que nous connaissons tous.

Quelques jours plus tard, le 6 novembre 1956, se déroule la spectaculaire expédition de Suez. Les parachutistes anglo-français prennent le contrôle du canal de Suez et s'apprêtent à donner une leçon à Nasser. Mais dans des délais extrêmement rapides un cessez-le-feu est imposé aux forces anglo-françaises, conjointement par les USA et l'URSS. Cette opération, si elle avait été menée jusqu'au bout, aurait été peut-être l'occasion de mettre fin à la guerre d'Algérie en neutralisant l'appui militaire et politique que le FLN recevait à partir de cette base arrière. Il ne faut pas oublier que c'est à partir du Caire que, le 1er novembre 1954, le président en fonction de l'association des ouléma d'Algérie, Ibrahim Bachir avait déclaré que le combat était engagé "pour le triomphe de l'arabisme et de l'islam". Mais il était contraire aux projets du capitalisme financier international que la France gagnât la guerre d'Algérie.

En réalité, ces deux opérations avaient été atténuées dans leur impact émotionnel, national et international, par le drame de Budapest. Le 23 octobre 1956, ce fut en effet l'insurrection hongroise contre le pouvoir communiste qui fut écrasée dans le sang par les blindés soviétiques et qui prit fin le 10 novembre 1956.

À cette époque, De Gaulle vivait à Colombey-Les-Deux-Églises. Au printemps de cette même année 1956, il est opéré de la cataracte. Il se déplace très souvent dans les bureaux de l'ancien RPF (Rassemblement du Peuple Français). Il suit de très près, "l'affaire d'Algérie". Il veut surtout entamer un dialogue avec Ferhat Abbas. Même s'il lui est arrivé à maintes reprises de traiter Ferhat Abbas de "jean-foutre", à cette époque, son interlocuteur privilégié, celui qu'il a choisi, c'est Ferhat Abbas. De même que lui, De Gaulle, a été choisi par Ferhat Abbas et cela, depuis 1943. Nous nous sommes exprimés à maintes reprises sur le soutien que De Gaule avait apporté à Ferhat Abbas pour contrer le général Giraud en 1943, à Alger, lors de la création de l'AML.
En 1956, il faut au général De Gaulle des moyens d'action bien structurés pour conduire des négociations secrètes vers le meilleur résultat possible : convaincre le FLN que lui, De Gaulle, est le seul interlocuteur valable de la République française pour aboutir à un cessez-le-feu favorable au FLN.
En tout premier lieu, il lui faut un cabinet privé. Animé par un personnel adéquat, trié sur le volet. Olivier Guichard, un fidèle du général, se charge d'organiser ce cabinet.
Mais surtout, il lui faut une équipe de transmissions qui satisfasse à toutes les garanties exigées : efficacité et surtout une discrétion totale, car le secret le plus absolu est nécessaire pour la conduite de ces négociations.
En effet, ces opérations de contact sont clandestines, illégales. De Gaulle est susceptible de tomber sous le coup d'une inculpation de complicité avec le FLN. C'est-à-dire, d'atteinte à la sûreté intérieure de l'État, si la justice est saisie. Voire même, d'intelligence avec l'ennemi. À cette époque-là, De Gaulle n'est pas un homme d'État. C'est un particulier. Donc une impitoyable rigueur va commander au choix de ces "officiers de liaison" dont le général De Gaulle, dont le citoyen De Gaulle, a un besoin urgent en 1956.
Quatre officiers de liaison vont retenir notre attention.

Tout d'abord, maître Boumendjel. C'est un avocat, de brillante culture. Avant 1954, il fait partie du MTLD. Ce qui est parfaitement envisageable car jusqu'au 31 octobre 1954, ce mouvement est légal. Il a été fondé en 1946. Ses statuts sont déposés en préfecture. Après le 1er novembre 1954, la Toussaint Rouge, ce mouvement est dissout par le ministre de l'Intérieur, François Mitterrand. Messali Hadj, fondateur du MTLD crée alors le MNA, Mouvement National Algérien qui, bien évidemment, est clandestin. Maître Boudmendjel est condamné à mort, nous dit-on, par des tueurs messalistes du MNA. Devant cette menace, Boumendjel se jette dans les bras du FLN. Celui-ci est tout heureux d'assurer la protection de ce célèbre avocat. Boumendjel connaît très bien Ferhat Abbas et ses intentions ne sont pas encore bien tranchées en ce qui concerne le destin de l'Algérie. Mais sa disponibilité, ses relations amicales avec le pharmacien de Sétif, son intelligence et sa culture, en font un officier de liaison de tout premier ordre. C'est la raison de son recrutement par le cabinet privé du général De Gaulle en 1956. Nous pouvons préciser que ce choix reçoit l'agrément de Ferhat Abbas. Agrément confirmé plus tard par le CNRA,  Conseil National de la Révolution Algérienne qui siège à l'extérieur de l'Algérie et qui naît au mois d'août 1956 lors du Congrès de la Soummam. Précisons que Ferhat Abbas ne fait pas partie du CNRA. Il remplit une fonction importante au sein du CCE, le Comité de Coordination et d'Exécution qui a été créé lui aussi au mois d'août 1956, lors de ce célèbre Congrès. Ce qui signifie que Ferhat Abbas n'est pas encore un personnage des plus représentatifs du FLN. Mais il dispose d'un atout décisif : il est l'interlocuteur privilégié du général De Gaulle, "le plus prestigieux des Français", précise-t-il.
Boumendjel remplit donc, dans le secret le plus absolu, des missions de contact à Berne, avec Ferhat Abbas. Il sera reçu à maintes reprises par le général dans son bureau de la rue Solferino. Il se verra offrir l'indépendance de l'Algérie par son célèbre interlocuteur. En 1956. Je le rappelle avec insistance. "Car l'Algérie sera indépendante", déclare en substance l'ancien chef de la France libre à Boumendjel et à d'autres interlocuteurs.

Le deuxième officier de liaison mis en action par le cabinet privé du général De Gaulle, est un journaliste autrichien, écrivain de talent, décédé depuis les années 1960. Il s'agit d'Arthur Rosenberg qui jouit au plus haut point, d'un statut de persona grata auprès du FLN. Celui-ci en a fait un attaché de presse privilégié, chargé de moduler l'information internationale pour le bénéfice exclusif des rebelles anti-français.

Le troisième de ces officiers de liaison est un brillant diplomate français de la IVème République. Gaston Palewski est ambassadeur de France au Saint-Siège, auprès de sa sainteté Pie XII. Une valise diplomatique est ainsi utilisée pour nouer des contacts fructueux avec des représentants du FLN qui séjournent occasionnellement ou de façon permanente dans la capitale italienne. On évolue, ainsi, en pleine forfaiture. Car voilà un diplomate en fonction qui met la valise diplomatique française au service du FLN, parce que son maître De Gaulle le lui a ordonné et tout cela, permettez-moi de le souligner, encore et encore, en 1956.

Le quatrième officier de liaison recruté par le cabinet du général De Gaulle est Mohamed Masmoudi, l'ambassadeur de Tunisie à Paris. Un diplomate officiel, subordonné direct de Bourguiba, se met au service du FLN par l'intermédiaire de De Gaulle, à Paris, en 1956.
Ce diplomate passe son temps à déclarer que le plus célèbre des Français représente "la conscience de la France en Algérie". Il est inutile de préciser que son excellence, monsieur l'ambassadeur de Tunisie à Paris, ne peut agir ainsi sans l'accord préalable de son président Bourguiba. Celui que l'on appelle le "Combattant Suprême". Mégalomane avant tout, Bourguiba veut tirer profit de la situation précaire de l'Algérie. Il prétend devenir, lui, le promoteur d'une naissance : la naissance d'un état fédéral algéro-tunisien dont il serait le chef évidemment. Il veut faire apparaître ainsi une patrie nouvelle, avec une zone occupée par l'ennemi l'Algérie, une zone libre où siège le gouvernement du nouvel état, la Tunisie. Hostile à ce projet, Nasser essaiera de faire tuer Bourguiba. Donc, lorsque Masmoudi se met au service du général De Gaulle il le fait en obéissance intégrale aux exigences de Bourguiba. La Tunisie prend position dans l'histoire et Bourguiba va se compromettre d'une façon décisive dans l'accession au pouvoir du général De Gaulle.

Au début de l'année 1958, Bourguiba accorde un entretien à un journaliste français. Il est publié dans la Revue des Deux Mondes peu de temps avant le 13 mai 1958. Peut-être au mois de février ou mars de cette même année. Une fois de plus, cher lecteur, j'implore votre pardon car ma mémoire est exceptionnellement défaillante sur ce détail. En revanche, je me souviens très bien d'avoir lu le contenu de cet entretien donné par le "combattant suprême" à un journaliste appelé Guignoux. Bourguiba divisait les Français en deux catégories. Il ne disait pas "Français de gauche" ou "Français de droite". Car ne l'oublions pas, Bourguiba tenait à atténuer sa réputation d'homme de droite, voire d'extrême droite, qu'il était fondamentalement. Il ne disait pas "Français partisans de l'indépendance de l'Algérie" ou "Français partisans de l'Algérie française". Non, pour lui, les Français se scindaient en deux fractions. Les Sudistes et les Nordistes.
Les Nordistes acceptent la mort de l'Algérie française.
Les Sudistes ne l'accepteront jamais.
Chose curieuse à cette époque, le gouverneur général Lacoste, socialiste, se trouve inclus par Bourguiba, dans le clan des Sudistes.
Pourtant, nous avions combattu Robert Lacoste lorsqu'il avait présenté son projet de "loi-cadre" en 1957. Parce que cette loi se proposait de faire des Musulmans d'Algérie des Français à part entière certes, mais en leur accordant cependant, sur le plan civil, le privilège de n'être soumis qu'à la seule législation du droit coranique. Nous considérions, quant à nous, que s'il fallait et il le fallait sous peine de mort pour l'Algérie française, accorder aux Musulmans les droits inhérents à la citoyenneté française, il fallait aussi de la façon la plus impérative, affilier les Musulmans d'Algérie aux mêmes règles et aux mêmes devoirs que ceux auxquels étaient soumis la majorité des autres citoyens français. À la même juridiction civile. Il n'était pas envisageable en effet, d'accorder aux Musulmans d'être régis par une juridiction civile différente de la nôtre car la France est une république laïque. Laïcité régie en particulier par la loi du 9 décembre 1905, dite loi de séparation des Églises et de l'État.
Nous entendons par "laïque" une administration et un gouvernement qui exercent le pouvoir en toute indépendance à l'égard des grands courants religieux.
Nous refusons de nous inscrire dans ce courant d'idées pervers qui prétend conférer au terme "laïque" un sens qui n'est pas le sien : celui de stigmatiser exclusivement le christianisme et tout particulièrement le catholicisme apostolique et romain, comme ennemi exclusif de la laïcité.
Donc, la France étant une république laïque, il était exclu, et aujourd'hui il est encore exclu, d'accepter ou de promouvoir une partition cléricalo-juridique de notre pays, c'est-à-dire une partition motivée par un impératif confessionnel.
Ce que proposait Robert Lacoste se situait à l'opposé de l'intégration. Car celle-ci, parce qu'elle s'appelait "intégration", parce qu'elle s'appelle encore "intégration", exigeait et exige au préalable, une sécularisation de tous les comportements religieux retardataires.
Les Juifs, pour être Français, avaient renoncé en 1870, aux exigences du code mosaïque. Ils restent néanmoins fidèles à leur foi.
Nous, Chrétiens, avons accepté un grand nombre d'aggiornamentos à l'échelon de la planète. Nous n'avons pas renié notre foi pour autant.
Les Musulmans devaient, et doivent, eux aussi, satisfaire à cette exigence pour accéder à la citoyenneté française.
Pour nous c'était et c'est toujours une condition sine qua non.
Dans cet article de la Revue des Deux Mondes de 1958, du premier trimestre 1958, Bourguiba détecte néanmoins chez Robert Lacoste une indiscutable conviction "Algérie française". Il le range donc dans le camp des Sudistes. Et il ajoute, je ne fais que citer ses propos de mémoire :
"Les Sudistes sont prêts à tout, y compris à un coup de force militaire".
Puis il précise, toujours en traduisant ses propos :
"Seul le général De Gaulle sera capable de les mâter en les contrôlant, d'autant plus facilement que ce sont ces mêmes Sudistes qui feront appel à lui et qui l'installeront au pouvoir".
Quand Bourguiba disait "en les contrôlant", il voulait dire sans aucun doute : en les circonvenant, en les roulant, en les cocufiant.
Mais comment mettre la machine gaulliste en marche ? Comment va-t-il opérer, lui Bourguiba ?

Pour répondre à cette question, nous allons aborder ce que j'appelle un chapitre "pourri" de notre histoire. Le chapitre de Sakiet-Sidi-Youcef de février 1958.



"Le bombardement de Sakiet Sidi Youssef est une opération menée par l'armée française, dans le cadre de la guerre d'Algérie, sur le village tunisien de Sakiet Sidi Youssef le 8 février 1958. Depuis, chaque 8 février, la Tunisie et l'Algérie commémorent conjointement cet événement.
Le 8 février, l'armée française indique qu'un avion, touché par une mitrailleuse postée à Sakiet Sidi Youssef, a dû se poser en catastrophe à Tébessa. En représailles, le général Edmond Jouhaud, commandant de la cinquième région aérienne, planifie un raid aérien sur Sakiet Sidi Youssef et le soumet au général Paul Ély qui, ayant obtenu l'accord oral du ministre de la Défense Jacques Chaban-Delmas, autorise l'utilisation de bombardiers lourds. Malgré les incertitudes sur la réalité de l'autorisation par le ministre, il reste cependant que l'armée française était autorisée, au moins dans l'esprit si ce n'est dans la lettre, à prendre des mesures vigoureuses, le choix des armes et de l'échelle étant laissé aux militaires. En revanche, il semble clair que le président du Conseil français, Félix Gaillard, n'avait pas été informé."

Voici la succession des évènements, que je vous propose schématiquement.
Le capitaine Allard commande un quartier tout près de la frontière tunisienne. Pas loin d'un cantonnement de fellagas, implanté en territoire tunisien, près de Sakiet-Sidi-Youcef.
Dans la nuit du 10 au 11 janvier 1958, il est instruit par ses supérieurs, d'une tentative de passage de la frontière par un détachement rebelle. Il reçoit l'ordre de monter une embuscade et d'intercepter ce détachement. Pour cet officier, ce n'est pas un problème.
C'est un militaire aguerri qui dispose d'un effectif de soldats français du contingent, entraînés et expérimentés. Il réunit une troupe sélectionnée de 43 hommes. Pour ces combattants courageux et bien préparés, c'est un effectif suffisant pour monter une embuscade. Mais surprise ! Notre troupe tombe sur une force de 300 fellouzes. Pratiquement trois compagnies fortement armées. En réalité, le traquenard existe bien : mais ce sont nos soldats qui tombent dedans, car le renseignement qu'on leur a transmis, camoufle un piège. Un piège tendu par le FLN et la Tunisie. Dans quel but ?
Dans le but exclusif de faire du bilan, c'est-à-dire de provoquer des pertes parmi nos soldats.
Ces 300 fellouzes qui ont passé la frontière, jouissent d'une logistique digne d'une armée conventionnelle : liaisons radio et renseignements fournis par l'armée tunisienne. 300 hommes véhiculés par des camions de la garde nationale tunisienne jusqu'à la frontière. L'accrochage est dur. Des renforts sont demandés d'urgence par le commandement français. Ils parviennent sur place. Les "fells" sont repoussés avec de lourdes pertes mais ils sont protégés dans leur fuite vers la Tunisie par des tirs de mitrailleuses et de mortiers qui partent des crêtes tunisiennes. 14 de nos soldats sont tués et retrouvés horriblement mutilés.
Mais un élément anormal est enregistré : quatre hommes ont été emportés, prisonniers par le FLN. Citons trois noms : Richomme, Decourtreix, Feuillebois.
Retenons les noms de ces trois fils de France. Insistons sur cette anomalie opérationnelle : pourquoi ramener des prisonniers en Tunisie ? L'accrochage a été dur. Les "fells" ont eu le temps de massacrer, d'émasculer et d'éventrer 14 soldats français. Pourquoi s'encombrer de prisonniers ? Nous verrons l'usage tactique majeur qui sera fait de trois de ces quatre malheureux soldats.
À la suite de ce drame, le colonel Duval, commandant l'aviation du corps d'armée de Constantine, ordonne un renforcement des opérations de reconnaissance sur la Tunisie. Il faut à tout prix préciser d'où viennent les assassins de nos soldats. Il faut si possible découvrir le lieu de détention de ces infortunés prisonniers. Précisons que durant ce mois de janvier 1958, les forces armées tunisiennes ont manifesté une agressivité anormale contre nos avions. Le 13 janvier, un de nos appareils est abattu par un tir de DCA. Il faut préciser que ces tirs de DCA constituent une véritable provocation. Car en cas de survol d'un territoire national par des appareils étrangers, les tirs de défense aérienne devaient obéir à toute une procédure prévue par les Nations Unies. Or, les avions français n'étaient pas agressifs : ils relevaient les informations pour mettre nos soldats à l'abri d'embuscades.
Le général Jouhaud, commandant l'aviation en Algérie, demande à son supérieur, le général Salan, de solliciter du chef d'état-major général de l'armée, le général Ély, l'autorisation de déclencher un raid de riposte. Le général Ély ne peut transmettre un tel ordre sans l'accord préalable de son gouvernement. Il donne néanmoins et rapidement son feu vert pour un raid de représailles. Ce qui signifie que le gouvernement de la IVème République est d'accord.
Le raid contre la base ennemie de Sakiet-Sidi-Youcef, se déroule le 8 février 1958. Il est mené par une escadrille française composée de onze B25, six Corvair, huit Mistral. La base est détruite.
D'après le général Jouhaud, plusieurs dizaines de fellagas sont tués.
D'après le service d'information de Bourguiba ne sont tués que des femmes, des enfants, et des combattants FLN blessés.
J'ai tendance à accorder plus de crédit à la relation de Radio-Tunis. En effet, ce raid étant le résultat d'une provocation montée de toutes pièces par une collusion FLN-Bourguiba, il paraît impensable de concevoir qu'un effectif de combattants valides ait été volontairement exposé aux bombardements et au mitraillage de nos avions. Ce que recherchaient nos ennemis, c'était exhiber des victimes innocentes. Des victimes sacrifiées par Bourguiba pour les besoins de cette conjuration. Cette opération connaîtra d'ailleurs de la part de Bourguiba, une exploitation démentielle. "Un crime contre l'humanité !", "un crime contre l'honneur !". La France est mise en accusation ! Bourguiba appelle à la haine contre la France. Il réclame des sanctions contre cette agression impérialiste.
Cette opération de Bourguiba est immédiatement couronnée du succès espéré : les Anglo-saxons osent proposer leurs "bons offices !".
Colère à Paris !
Colère en Algérie !
Cette intervention de l'étranger dans nos affaires est intolérable !
L'ambiance est telle qu'à Alger des manifestations s'organisent. Pour aboutir finalement au gentil défilé du 26 avril 1958. Un défilé qui regroupe les associations d'anciens combattants et des mouvements nationaux. Alger gronde. Alger gueule. Mais Alger "ne se déclenche pas". Tout se déroule "dans le calme et la dignité". Cette dernière expression connaîtra une fortune littéraire. Elle signifiera désormais qu'une manifestation se déclenche pour n'aboutir à rien. Elle évoque surtout une notion d'incapacité, d'impuissance, de ridicule.
Mais le plus déçu de tous, c'est le commandement FLN ! Il lui faut donner un coup d'accélérateur. Ces Algérois sont vraiment trop mous ! Quand vont-ils se décider à faire la révolution ? Car il faut absolument qu'un coup de force se déclenche à Alger. Le coup de force qui va permettre à la prévision de Bourguiba de s'accomplir : un coup de force déclenché pour De Gaulle qui, lui, se chargera de soumettre l'Algérie à la volonté du FLN.
Tout s'accomplit le 9 mai 1958. Le FLN publie à grand renfort de communiqués, la nouvelle de "l'exécution" de trois soldats français : René Decourtreix, Robert Richomme, Jacques Feuillebois. L'exécution s'est déroulée le 30 avril 1958. Quatre jours après la manifestation jugée trop molle du 26 avril. Quatre soldats, qui avaient été faits prisonniers lors de l'accrochage du 11 janvier 1958, avaient été jugés par un tribunal militaire FLN. Celui-ci acquitta le quatrième prisonnier français. Ce qui permet au FLN, le plus sérieusement du monde, de démontrer son objectivité dans le jugement de ces "criminels de guerre".
À Alger, un sentiment d'horreur nous étreint furieusement. Une douleur qui se transforme en bouffée de haine. Nous réclamons justice. Nous réclamons vengeance. Nous fonçons dans la rue. Alger explose. Alger se mobilise en masse pour venger nos soldats assassinés. Pour mettre à bas un gouvernement qui "baisse culotte" devant les terroristes !

Il ne m'appartient pas, dans le cadre de cette étude, de revenir sur les évènements du 13 mai 1958. Mais ce qu'il faut souligner, c'est le potentiel de réaction en Algérie et en France, que va éveiller l'assassinat de trois soldats français.
En 1958 il existait encore en France et en Algérie, une volonté de ne pas subir. Une volonté de faire payer les assassins de notre peuple. Une volonté de ne jamais accepter que des soldats prisonniers de guerre, fussent tués par nos ennemis FLN.
Mais tout évoluera très vite. Sous De Gaulle on verra comment fut accepté le lynchage des Pieds-Noirs à Oran, le 5 juillet 1962. Comment fut accepté l'assassinat de dizaines de milliers de harkis. Comment fut accepté, en toute bassesse l'assassinat de centaines de militaires français prisonniers de guerre qui ne furent jamais rendus par le FLN… après le cessez-le-feu.
En deux ans de gaullisme, la combativité de la France et la réactivité des hommes de France ont été mises sous l'éteignoir pour satisfaire, sans la gêner, à une honteuse politique d'abandon.

"Le délestage économique du débouché algérien".

Après le passage de De Gaulle à Alger, où il avait été appelé par la naïveté algéroise, le général peut donc reprendre ses anciens contacts à partir de l'hôtel Matignon, tout d'abord.
À l'Élysée, silence radio. Le président Coty n'a rien à dire.
En réalité, ce que je viens d'écrire n'est pas exact. Ce ne sont pas "des contacts" que l'on remet en route. Il s'agit cette fois "de négociations" que l'on entame. Au nom du gouvernement français, dont le président du Conseil est De Gaulle.
Des négociations dans le but d'aboutir à un cessez-le-feu en Algérie. On s'emploie à "baisser culotte" devant le FLN. À hisser le drapeau blanc. En effet, comme l'a souligné Ferhat Abbas, c'est celui qui sollicite sans cesse l'arrêt des combats qui doit hisser le drapeau blanc.
Voici le modus operandi. De Gaulle contrôle un gouvernement. À partir de celui-ci des manœuvres silencieuses, clandestines, vont être planifiées dans un premier temps, puis mises en route. Le nouveau chef du gouvernement de la IVème République dispose de la compétence d'un excellent chef de cabinet. Georges Pompidou. Ancien fondé de pouvoir de la banque Rothschild. Pompidou, je le répète, en accord avec le secrétaire d'État aux affaires algériennes René Brouillet, dont l'adjoint est Bernard Tricot, "prépare l'exploitation d'un document rédigé depuis le mois de juin 1958".
Il s'agit du "document Pompidou". Sont précisées toutes les étapes des négociations à entreprendre pour un cessez-le-feu. Un lieu géographique est prévu pour le déroulement de ces négociations. Il s'agit de Barcelone.
Rappelons que De Gaulle a été installé au pouvoir pour sauver l'Algérie française ! Nous sommes au début de l'été 1958. L'acte de décès de l'Algérie française est cependant tout prêt.
En Algérie, c'est toujours un gigantesque délire hallucinatoire. L'Algérie française est chantée partout. Les maquis FLN se tiennent cois. Les généraux Salan et Allard, obtiennent des ralliements spectaculaires.
J'essaie, à titre personnel, d'informer mes confrères, mes amis, mes patients de la réalité du piège mortel que les gaullistes sont en train de mettre en place. Je souffre de voir cette élite algéroise accepter son lynchage collectif avec la candeur idiote d'arriérés mentaux. C'est la force de l'amour qui me fait rester en Algérie. De l'amour de cette terre. L'amour que je porte à ce peuple pied-noir. Malgré la trahison que je ressens, que je vis dans la plus profonde intimité de ma personne, j'ai la prescience qu'un nouveau destin merveilleux peut s'élaborer encore pour la France à partir de l'Algérie française !
Et je ne peux rien faire d'autre que ce constat : trois outils majeurs sont en train d'être forgés ou mis en œuvre, pour rendre exécutoire l'assassinat de la France sud-méditerranéenne, voulu et programmé par De Gaulle.

Le premier outil : c'est le document Pompidou qui veut atteindre un seul but : le cessez-le-feu. J'insiste, il s'agit ni plus ni moins que d'un acte de décès de la France en Algérie qui, dès le printemps 1958, mettra De Gaulle en action.

Le deuxième outil : il s'agit de l'interlocuteur avec lequel on va discuter. Le partenaire de l'abandon. De qui s'agit-il ? De l'ennemi en exil : le FLN.
Depuis le mois d'août 1956, celui-ci est représenté par un commandement bicéphale :
- Le CNRA : Conseil National de la Révolution Algérienne,
- Le CCE : Comité de Coordination et d'Exécution.
Cela fait un peu brouillon ! De Gaulle réclame de l'ordre : "s'il-vous-plaît messieurs ! Devenez un gouvernement !" C'est ainsi que le GPRA, Gouvernement Provisoire de la République Algérienne, voit le jour le 18 septembre 1958. Dix jours avant le referendum mortel du 28 septembre de la même année. En effet, comment ne pas relever la coïncidence historique, à quelques jours près, de la naissance de la Vème République d'une part, avec la naissance du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne d'autre part !
Le GPRA est présenté officiellement à la presse internationale, au Caire, le 19 septembre 1958. Le général De Gaulle se fait représenter officieusement à cette cérémonie. Deux émissaires français sont présents effectivement : Jean Amrouche, écrivain et Abderrahman Farès. Tout semble en ordre. On peut négocier enfin avec un véritable gouvernement et surtout avec le chef de ce nouvel exécutif : le pharmacien de Sétif, Ferhat Abbas, qui s'exhibe devant le monde diplomatique, comme l'interlocuteur choisi par la totalité des protagonistes.
De toute évidence, tout cela n'est pas suffisant. Il faut, d'urgence, forger un troisième outil. Un officier de liaison, chargé du contact étroit entre le GPRA et le dernier gouvernement de la IVème République dont le président du Conseil est encore le général De Gaulle. Cet officier de liaison doit être compétent, discret, fiable et surtout, convaincu de l'indépendance de l'Algérie. Un agent qui soit en même temps un partisan inconditionnel du FLN et soumis à l'allié majeur de celui-ci : le général De Gaulle.
"Mais ne cherchez plus mon général ! Cet homme vous l'avez ici à Paris. Il habite Porte de Vincennes, avenue Daumesnil, au n° 269. Il s'agit d'Abderrahman Farès !".
Farès, ancien notaire de Koléa, petite ville située tout près d'Alger, ancien président de l'Assemblée Algérienne, vit à Paris. Il veut se mettre au service du général De Gaulle. On occulte généralement, qu'il faillit faire partie du dernier gouvernement de la IVème République, au moment même où De Gaulle fut appelé à la présidence du Conseil par René Coty, sous la pression des Algérois décérébrés et des militaires chloroformés. En effet, Guy Mollet, que De Gaulle a nommé ministre d'État sans portefeuille, propose au nouveau chef du gouvernement de nommer aussi Farès ministre d'État sans portefeuille.
Mais Farès est discipliné. Il demande des instructions au FLN qui lui intime l'ordre de ne pas accepter. Farès obéit à ses chefs du FLN. De Gaulle ne lui en tient pas rigueur. Il en fait un chargé de mission officieux. Clandestin même. Le troisième outil donc, dont la fonction unique mais capitale est d'assurer les pré-négociations entre De Gaulle, Pompidou et René Brouillet d'une part, Ferhat Abbas et le GPRA d'autre part, après la naissance de ce dernier, le 18 septembre 1958.
Ferhat Abbas, au début de l'été 1958, et le 18 septembre 1958, n'est pas encore chef du gouvernement algérien puisque celui-ci n'existe pas à cette date. Mais tout le monde sait qu'il est l'interlocuteur choisi par De Gaulle qui lui-même est l'interlocuteur choisi par le FLN. Donc celui-ci intronise tout logiquement Ferhat Abbas, certainement de mauvais gré, dans le but de mener ces négociations au meilleur résultat possible. Mais alors qu'en 1956 Ferhat Abbas rencontrait Boumendjel à Berne, durant l'été 1958 il rencontre Farès à Montreux, en Suisse. Farès, le troisième outil, va porter le titre dès cette période, du "pèlerin de Montreux".
Farès fait partie de ces notables algériens qui ont su faire du double jeu un trait majeur de leur personnalité politique.
Nous savons cependant d'une source irréfutable et officielle puisque c'est lui-même qui l'écrit, que dès le début de la guerre d'Algérie il entretient des relations suivies avec les chefs terroristes. Je n'évoque pas ici des leaders de la révolution algérienne. Je fais référence à ceux qui commandent de tuer.
Il rencontre Ouamrane, le colonel Ouamrane, le chef de la Willaya 3. Il obtient un contact avec Sadek, le futur colonel Sadek qui tient un rôle important au sein de la Willaya 4. Il s'agit d'un cadre FLN qui dénonça l'implantation du maquis de Laban et de Maillot aux hommes du Bachaga Boualem et par voie de conséquence, aux forces de l'ordre. C'était au mois de juin 1956.
Il est en contact fréquent et répété avec Ibrahim Bachir de l'association des ouléma, ennemi mythique de la France. C'est lui qui, le 1er novembre 1954, rappelons-le, déclare au Caire que la lutte est déclenchée "pour le triomphe de l'arabisme et de l'islam".
Il obtient une entrevue avec Larbi Ben M'Hidi, le chef de la ZAA. Celui qui déclara avant sa mort : "Vous voulez la France de Dunkerque à Tamanrasset, je vous prédis, moi, que vous aurez l'Algérie de Tamanrasset à Dunkerque". Nous voilà donc prévenus. Je sais que je rappelle cette phrase depuis des milliers de fois ! Mais il n'est pas inutile de s'en imprégner.
Farès tient à rencontrer personnellement, en pleine casbah, Yacef Saadi et Ali la Pointe, responsables d'attentats meurtriers dans la ville d'Alger.
Qu'on ne s'y trompe pas : ces contacts sont mis en route à la demande de Farès. Car il lui faut donner des gages à ceux qui sont capables de tuer ou de faire tuer.
Il leur explique qu'il se situe dans leur combat. Qu'il est aux ordres du FLN. Il leur démontre qu'il est en train de trahir la France. Il tient à s'assurer de leur appui. Pour cela, il fait allégeance à la terreur anti-française.
À Alger, il était très proche de Jacques Chevallier, le maire FLN d'Alger. Il était très près de celui-ci qui avait organisé, dans les locaux de la mairie d'Alger, un véritable bureau d'appui de la ZAA. Il était très près de cet autre qui, de la mairie d'Alger, alimentait en fausses cartes d'identité les tueurs du FLN. Il s'agit de Lebjaoui. Celui-ci, chef de service à la mairie d'Alger, sous les ordres du maire renégat, utilisait un appariteur, Rabah Adjaoui. Ce dernier transmettait de faux papiers parfaitement valables à Ben M'hidi et à ses agents. Sous la pression des évènements, Lebjaoui est obligé de plonger dans la clandestinité. Il quitte Alger. Le FLN lui commande alors d'organiser la Fédération de France du FLN. Curieux cursus professionnel de cet homme qui le conduira de la Mairie d'Alger à la Fédération de France du FLN !
Il rencontre Farès à Paris, dans le 17ème arrondissement, rue Legendre, tout près du parc Monceau. Il est arrêté le lendemain de cette rencontre ainsi que tout le réseau qu'il venait de monter. Donc, "le bon Farès" ne reste pas les bras croisés. Il a choisi son camp.
Arrive le 13 mai 1958. Le général De Gaulle prend le pouvoir. Farès, à plusieurs reprises, va bénéficier de l'incroyable privilège d'entrer en contact personnel avec le général De Gaulle. Celui-ci, nous l'avons dit, l'utilisera comme son troisième outil, "le pèlerin de Montreux" chargé de maintenir des relations suivies avec Ferhat Abbas. Il se lance dans une recherche permanente de nouveaux contacts avec les leaders du FLN qui séjournent en Europe. Car, comme il le faisait à Alger en 1956, il lui faut donner des gages de sa fidélité au combat FLN. C'est ainsi qu'il rencontre Ben Tobal, un des co-responsables du massacre du 20 août 1955 à El Halia et aux mines d'Aïn Abid, dans le nord-est constantinois.
Pourquoi cette débauche de rencontres de la part d'un homme qui, plus tard, assumera les fonctions de président de l'Exécutif Provisoire en Algérie ?
Parce que Farès, le troisième outil de De Gaulle, éprouve le besoin de prendre des garanties. Il craint que ne lui arrive la mésaventure tragique que connut Benabylès, au lendemain du discours du 16 septembre 1959, prononcé par De Gaulle. Benabylès, ami de Farès et de Ferhat Abbas, a compris après ce discours que De Gaulle va irrémédiablement abandonner l'Algérie à l'ennemi FLN. Jusqu'à ce jour, Benaylès était un élu "Algérie française". Convaincu de la volonté irrévocable de De Gaulle de tuer la France en Algérie, il sollicite de Ferhat Abbas, un poste dans le gouvernement en exil. Il s'apprête à remplir ses nouvelles fonctions et s'acheminer vers l'étranger pour rejoindre Ferhat Abbas. Il est tué dans l'Allier.
Par qui ?
On a voulu imputer cette exécution aux services secrets français, qui l'auraient puni ainsi de sa volte-face. Mais le général Jacquin est formel. Il précise en substance :
"C'est faux ! C'est Ben Tobal qui l'a fait flinguer par un tueur qui, après l'opération, reste caché en France". Caché ? Mais où donc ?
À Lyon, chez le Primat des Gaules, tout près de l'archevêché, au Prado.
Mais pourquoi l'exécution d'un homme d'une telle valeur qui, par-dessus le marché, s'est rallié aux ennemis de la France ?
Parce que le colonel Ben Tobal a pris ombrage de ces fonctions importantes qui commencent à être attribuées à des transfuges de l'Algérie française. Les places, c'est pour les combattants des premiers jours ! Et Farès… redoute pour lui, une tragédie identique.

Parmi les promoteurs gaullistes de la nouvelle carrière de Farès, on redoute un drame :
"ils ne vont tout de même pas nous le tuer, celui-là aussi !".
Comment assurer 24 heures sur 24 une protection efficace de Farès contre un tueur ?
Mais c'est facile ! On va le foutre en taule !
On arrête Farès à son domicile, durant le premier trimestre 1962. On lui signifie, en s'efforçant de ne pas rire, une inculpation "d'atteinte à la sûreté intérieure de l'État". On l'incarcère à Fresnes.
On le libère quelques jours plus tard, après le cessez-le-feu du 19 mars 1962. Après la défaite consacrée historiquement et officiellement par la capitulation d'Évian.
Il est reçu par De Gaulle :
"Alors mon cher président, bien reposé ?" lui demande en riant le général De Gaulle en évoquant le séjour à Fresnes de celui qui est déjà nommé Président de l'Exécutif Provisoire en Algérie. Voilà comment Farès réussit à survivre au danger dont il se croyait menacé. Il pourra venir encore une fois exercer ses talents en Algérie. Talents faits de duplicité et de roublardise.

Évidemment, on aura noté que le général De Gaulle était passé de Matignon à l'Élysée. Entre temps, le projet Pompidou tel qu'il apparaissait dans le fameux document Pompidou de juin 1958, était tombé dans l'oubli car le FLN n'a pas accepté de se rendre à Barcelone, à cette date, pour amorcer une étude sérieuse des conditions d'un cessez-le-feu déjà sollicité par De Gaulle.
Farès apparut quelques fois découragé devant les difficultés que rencontrait apparemment De Gaulle pour perdre la guerre. Celui-ci, alors qu'il était encore président du Conseil, se chargea de lui remonter le moral. Il lui aurait dit :
"Ne vous en faites pas Farès, bientôt je chanterai leur chanson". À propos de cette anecdote, de cette "citation" on relève des disparités dans son évocation. J'ai lu qu'effectivement De Gaulle a déclaré à Farès ce que je viens d'écrire. D'après Farès lui-même, le président de la République aurait déclaré à l'écrivain Jean Amrouche : "alors, vous voulez que je la chante votre chanson ?".
Il semble que le terme de "chanson" soit utilisé à maintes reprises quand De Gaulle évoque le destin qu'il réserve à l'Algérie française. Ce qui aujourd'hui reste indiscutable, c'est qu'il n'a jamais cessé de chanter la même chanson que le FLN. Il va la chanter avec conviction, avec enthousiasme, à la manière d'une action de grâce, d'un alléluia. Ce qui ne l'empêcha pas de déclarer pendant cette même année, au cours d'une émission télévisée : "quelle hécatombe connaîtrait l'Algérie si nous étions assez stupides et assez lâches pour l'abandonner !"

Le 4 novembre 1960, De Gaulle n'hésite pas à prononcer les termes de République Algérienne.
Ce 4 novembre 1960 est un vendredi. Je précise même que c'est le week-end qui précède l'ouverture du procès des Barricades d'Alger. J'ai donc l'honneur d'écouter ce discours de l'intérieur de la prison de la Santé, avec mes autres camarades détenus, bien évidemment.
La surprise est très forte dans les sphères gouvernementales. Un véritable ébranlement.
Paul Delouvrier, délégué général du gouvernement en Algérie, convoque d'urgence ses quatre principaux collaborateurs, pour le lendemain 5 novembre à Alger. Qui sont les collaborateurs convoqués par Paul Delouvrier ce jour-là ?

- Tout d'abord Coup de Fréjac : il est directeur de l'information. Une brillante personnalité de la Vème République. Héros des opérations clandestines de la Résistance. Coup de Fréjac est aux ordres de son idole, il est un inconditionnel du général De Gaulle. Quelles sont ses fonctions réelles ? Museler l'information en Algérie, organiser la censure. Interdire aux Français d'Algérie de s'exprimer.

- La deuxième personnalité convoquée est Jean Vaujour : c'est le chef de cabinet du délégué général du gouvernement. En 1954, il avait assumé les responsabilités de directeur de la sûreté nationale en Algérie. Il avait reçu des offres de services de la part d'un rebelle anti-français. Celui-ci, contre la somme d'un million de francs de l'époque, s'était proposé de lui livrer toute l'implantation FLN dans les Aurès. Mitterrand, ministre de l'Intérieur, fut le destinataire principal du "rapport Vaujour du 23 octobre 1954". Document célèbre que les historiens évoquent avec fréquence. Ce rapport, dont Mitterrand ne tint pas compte, démontre que l'on s'est employé, avant tout, à ne pas interdire le déclenchement de la guerre d'Algérie. On aurait pu la tuer dans l'œuf, on ne l'a pas fait.

- Troisième personnalité, il s'agit de François Coulet : brillant personnage. Brillant officier de réserve réactivé. Pendant la guerre d'Algérie, il commande une prestigieuse unité : celle des parachutistes de l'air qui avaient été créée auparavant par le général de Maricourt. Ses convictions, sa formation auraient dû faire de lui un défenseur ardent, efficace, acharné même de l'Algérie française.
Il l'est effectivement jusqu'en 1958. Mais De Gaulle arrive ! Son dieu ! Ce dieu dont il a décidé d'être le prêtre ! Ses convictions vont subir une mutation radicale. Une obéissance inconditionnelle. Aveugle. Exclusive. Il participe avec enthousiasme à l'assassinat de la France en Algérie. Il quitte l'armée. Quelles fonctions peut exercer un homme de cette valeur auprès du grand commis de l'État qu'est monsieur Paul Delouvrier ? Il est directeur des affaires politiques, c'est-à-dire qu'il exerce en réalité les fonctions d'un commissaire politique gaulliste.

- Le quatrième personnage convoqué ce 5 novembre 1960 est André Jacomet. Conseiller d'État, il assume les responsabilités de secrétaire général de l'administration. Ce qui fait de lui le patron de tous les fonctionnaires d'Algérie. C'est un gaulliste. Mais ce samedi 5 novembre, André Jacomet semble frappé par la grâce. Il n'accepte pas le discours du 4 novembre. L'Algérie lui est-elle montée à la tête ? Le message "Algérie française" s'est-il manifesté soudain dans son esprit comme un impact de la lumière divine ? En tout cas il lâche une bombe. Il ose affirmer que le sort de la France ne peut pas être lié au sort d'un homme, fut-il le général De Gaulle !
"Pour moi la France ce n'est pas De Gaulle ! De Gaulle ce n'est pas la France !" a-t-il le cran de déclarer en langage dépourvu d'ambiguïté.
Fureur noire à l'Élysée ! De Gaulle exige du Conseil d'État qu'il se réunisse en commission pour statuer comme il se doit sur ce qui reste de carrière à monsieur André Jacomet. Le Conseil d'État siège en commission le samedi 12 novembre, sous la présidence de monsieur Parodi, monsieur Gazier, un notable socialiste, assumant les fonctions de secrétaire général. Le Conseil d'État refuse la révocation d'André Jacomet !
Nouvelle crise de colère à l'Élysée ! Le président va prendre l'initiative de révoquer lui-même un conseiller d'État. Le lendemain dimanche, 13 novembre à Alger, Paul Delouvrier convoque Jacomet. Il lui fait part de la décision présidentielle et le gratifie d'un redoutable commentaire :
"Vous avez obéi à votre conscience au lieu d'obéir à votre devoir ! C'est abominable !"
La phrase est merveilleuse. Pour être gaulliste avant toute chose, il ne faut pas avoir de conscience ! Il faut obéir, un point c'est tout ! Un comportement régalien va plonger un capital intellectuel énorme de femmes et d'hommes politiques, dans une véritable déréliction idéologique. J'entends par là qu'ils vont se trouver amputés de leur idéal. Ils vont être coupés de leurs repères. Ils vont étouffer en eux-mêmes les enthousiasmes qui les avaient propulsés dans ce combat pour la Patrie qui se déroulait en Algérie. On en fera des porte-bidons, des potiches de la Vème République. "Pour De Gaulle, par De Gaulle, avec De Gaulle". Ils continuent, pour certains d'entre eux, aujourd'hui encore à se déclarer fidèles au gaullisme involutif et décérébrant.

Ce comportement régalien outrancier était motivé chez De Gaulle par une exigence tactique. La sécession définitive des départements français d'Algérie et du Sahara. Cette exigence tactique s'inscrivait à son tour, nous l'avons souligné avec abondance, dans une stratégie.
Une stratégie dont il faut affirmer qu'elle est frappée aujourd'hui du sceau de l'interdit. C'est un tabou historique. On ne veut pas en parler.
Stratégie qui s'identifie au dessein d'une fraction dominante du capitalisme financier moderne. Fraction qui a décidé que la recherche d'une valeur ajoutée plus forte aux investissements, exigeait la mise en route d'un nouveau plan opérationnel. Accepter une guerre, la commanditer, quelles que fussent les conséquences dramatiques pour les populations qui allaient subir ces conflits.
Puis la perdre.
Comme sous l'effet de la fatalité historique.
Pour aboutir au délestage économique de l'Algérie, c'est-à-dire supprimer la charge financière imputable au coût social et sanitaire des populations d'Algérie de toutes confessions.
Il a donc fallu choisir un tacticien hors pair. Un exécuteur de prestige supérieur qui allait se charger de mener à bonne fin cette conduite opérationnelle. La mort d'un morceau de France, là-bas en Algérie. De Gaulle fut investi de ce pouvoir en exécution d'une conjuration internationale : celle qui avait détecté en lui l'homme indispensable à la mort de la France sud-méditerranéenne.

Plongé dans la défaite du 19 mars 1962, défaite voulue et accomplie par De Gaulle l'auxiliaire majeur et décisif du FLN, ou plutôt l'élu secret du FLN, notre pays semble souffrir aujourd'hui d'une mise en danger de son intégrité nationale.
Les "rothschildiens" à travers les "pompidoliens" ont installé De Gaulle au pouvoir en 1958. Pour l'accomplissement du délestage voulu par le Grand Argent. Étape décisive de l'actuelle révolution mondiale : c'est ainsi que se concrétise historiquement l'assassinat de l'Algérie française.
Ces mêmes pompidoliens, totalement dépourvus d'états d'âme, n'ont pas hésité à mettre en œuvre, par eux-mêmes, le renvoi de De Gaulle, leur pion majeur. Son expulsion du pouvoir par l'intermédiaire du peuple français, en 1969, lors du referendum de cette année-là.
De Gaulle avait cependant tenu son rôle pendant onze ans avec une redoutable efficacité : le rôle d'un prestigieux décisionnaire de l'assassinat de la France Sud-Méditerranéenne, en collaboration opérationnelle étroite avec l'ennemi FLN.

Il avait été détecté depuis 1943 au plus tard, comme "l'homme des circonstances" ont-ils écrit.
L'homme des circonstances qui réussit à convaincre les Français de subir et d'approuver une "décision paradoxale". Car nombreux sont les gaullistes qui ont écrit en 1992 : "le paradoxe de la paix en Algérie est connu, cultivé même par certains partisans du général et de sa mémoire". Propos curieux, s'il en fut, que je soumets à votre réflexion. La liquidation de l'Algérie française paraissait d'une finalité tellement incroyable, voire inimaginable, que seul De Gaulle était apparu en mesure de l'imposer aux Français ! Et que crèvent nos harkis, nos civils, nos femmes et nos enfants, et des centaines de nos soldats français prisonniers de guerre !

Ce n'est pas la haine qui m'anime. Ce n'est pas la préoccupation de glorifier notre combat livré envers et contre tout qui m'impose de connaître au mieux la signification réelle de la mort de l'Algérie française. De préciser à outrance l'identité du concepteur tactique, de l'organisateur opérationnel majeur, du responsable historique de l'assassinat partiel de la France. En effet, comme l'écrit Bainville, "les faits parlent d'eux-mêmes". Il suffit de regarder et surtout, il suffit de voir. Encore faut-il être capable de voir.
L'islamisme conquérant, que je ne confonds pas avec la religion musulmane, tire tout logiquement un immense profit né de la décérébration gaulliste, qui a plongé certains hommes politiques, aujourd'hui encore, dans un comportement histrionique chronique.
La Croix et la France sont devenues les deux objectifs prioritaires à vaincre par les nouveaux envahisseurs de l'Occident.

Docteur Jean-Claude PEREZ
Nice, avril 2014
Auteur du livre "ATTAQUES ET CONTRE-ATTAQUES"
aux Éditions Dualpha - BP 58, 77522 COULOMMIERS CEDEX

- Histrionisme : "Attitude théâtraliste en relation avec une pathologie profonde, durable et invalidante du cerveau et de la conscience." Cette définition est une définition médicale. Car depuis 20 ans au moins, en médecine on refuse d'employer le terme d'hystérie. Ce terme a été remplacé par histrionisme. La définition que je vous propose est une définition d'un aspect majeur de l'hystérie.
- 1er RTA : Premier Régiment de Tirailleurs Algériens
- 1er BTA : premier Bataillon de Tirailleurs Algériens
- ORO : Organisation du Renseignements et des Opérations de l'OAS dont j'étais responsable à l'échelon national
- B.E.L. : Bureau d'Étude et de Liaison : dernière appellation officielle des services spéciaux français opérant en Algérie
- 3ème RPIMA : 3ème Régiment Parachutiste d'Infanterie de Marine
- CCI : Centre de Coordination Inter-armes, une des appellations des services secrets militaires en Algérie
- ZAA : Zone Autonome d'Alger


Source : http://www.seybouse.info/seybouse/infos_diverses/mise_a_jour/maj139.html


Éléments bibliographiques

- Le Sang d'Algérie, Éditions du Camelot et de la Joyeuse Garde, Paris, 1992.
- Debout dans ma mémoire, Jean Curutchet - Éditions Harriet, Hélette, 1996.
- Vérités tentaculaires sur l'OAS et la guerre d'Algérie. Tome I, Une stratégie, trois tactiques, Éditions Jean Curutchet
- L'Islamisme dans la guerre d'Algérie, Editions Dualpha, Paris, 2004.
- Vérités tentaculaires sur l'OAS et la guerre d'Algérie. Tome II, Attaques et contre-attaques, Éditions Dualpha, Paris, 2008.

Attaques et contre-attaques

L’assassinat de l’Algérie française, terreau de la conquête islamiste actuelle

Debout dans ma mémoire

Le sang d’Algérie


OAS : Leroy, Villard, la partition

La trahison de Marine Le Pen, dernier rempart contre l'effondrement de l'ordre établi…

Manuel Gomez - 8 mai 1945 : début de la guerre d’Algérie ?