Qui ne risque rien n'est rien… sur le chemin de Damas, alors que les opinions ont cédé face aux certitudes…
on ne le dit assez : un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi, ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances.

mercredi 20 novembre 2019

Alphonse Juin, Maréchal de France, est élu à l'Académie française le 20 novembre 1952


Maréchal Alphonse Juin (dernier Maréchal de France), 2 juillet 1962 :

« … Que les Français, en grande majorité aient, par referendum, confirmé, approuvé l'abandon de l'Algérie, ce morceau de la France, trahie et livrée à l'ennemi, qu'ils aient été ainsi complices du pillage, de la ruine et du massacre des Français d'Algérie, de leurs familles, de nos frères musulmans, de nos anciens soldats qui avaient une confiance totale en nous et ont été torturés, égorgés, dans des conditions abominables, sans que rien n'ait été fait pour les protéger : cela je le pardonnerai jamais à mes compatriotes. La France est en état de péché mortel. Elle connaîtra un jour le châtiment. »




Fils d’un gendarme en poste à Mostaganem, Alphonse Juin fit ses études secondaires en Algérie, aux lycées d’Alger puis de Constantine, avant d’intégrer Saint-Cyr en 1910. Sorti major de sa promotion en 1912, il servit pendant deux ans au Maroc. Quand éclata la Première Guerre mondiale, il fut rappelé en Métropole et participa aux combats avec les Tabors marocains. Blessé en 1915, il perdit l’usage de son bras droit. Il repartit alors pour le Maroc où, après quelques mois de convalescence il refuse le poste d’officier d’ordonnance du général Lyautey pour servir à l’état-major de Rabat avant de recevoir, en décembre 1916, le commandement d’une compagnie de mitrailleuses du 1er régiment de tirailleurs marocains. En octobre 1918 enfin, il devait rejoindre l’état-major de la 153e division d’infanterie, puis fut détaché à la mission militaire française près de l’armée américaine.

Après la guerre, il enseigna une année à l’École de guerre avant de regagner l’Afrique, où il se battit dans le Rif. Son action vigoureuse en faveur de la pacification du Maroc au début des années 20 lui valut d’être proposé à titre exceptionnel pour le grade de chef de bataillon.

Étant repassé vers 1930 par l’École de guerre pour y dispenser un cours de tactique générale, il gravit tous les échelons de la hiérarchie militaire, fut promu chef d’état-major des forces armées de l’Afrique du Nord, puis, à la fin de l’année 1938, général de l’Armée d’Afrique.

En 1939, au moment de la déclaration de guerre, il fut nommé commandant de la 15e division d’infanterie motorisée. Il couvrit la retraite de Dunkerque en mai 1940, mena un combat désespéré, mais fut fait prisonnier le 19 mai. Libéré à la demande de Vichy en juin 1941, il fut envoyé pour succéder à Weygand comme commandant en chef des forces d’Afrique du Nord.

S’étant rallié aux Américains en novembre 1942, il prit la tête du contingent français qui arrêta la force de l’Axe en Tunisie, et contribua à l’anéantissement de l’Afrikacorps. Appelé à la tête du corps expéditionnaire français en Italie, il imposa aux Alliés son plan d’offensive et perça en mai 1944 le front allemand sur le Garigliano, ouvrant la route de Rome et de Sienne. Son corps fut ensuite affecté au débarquement de Provence… … 


par
André Maurois
directeur de l’Académie française
à l’occasion du décès du
Maréchal Alphonse Juin
décédé le 27 janvier 1967, à Paris


Le peuple de Paris, le Gouvernement, l’Église et l’Armée ont fait hier au Maréchal Juin des funérailles dignes d’un héros. Pour l’Académie française, ce deuil est intime et douloureux. Nous admirions le chef de guerre ; nous aimions le confrère et l’ami. Sa simplicité, sa bonté nous avaient conquis. Avant les événements et la maladie qui attristèrent sa fin, sa gaieté confiante éclairait nos rencontres du jeudi. « Les gens graves ne sont pas sérieux » disait-il. Nous savions qu’il était, sur le champ de bataille, le chef le plus ferme et le plus précis. Ici nous l’avons toujours vu cordial, attentif et prêt à prendre sa part de nos tâches familières. Ce grand soldat, quand il le voulait, devenait un écrivain.

Mais nous l’avions élu surtout parce que l’Armée française lui devait d’avoir retrouvé sa plus vieille amie : la victoire. On ne dira jamais assez ce qu’ont été son rôle et celui de l’Armée d’Afrique de 1942 à 1944. Que cette Armée ait été préservée, maintenue, entraînée et même accrue après la défaite, est un miracle dont deux des nôtres : Weygand et Juin, furent les artisans. Les armes sauvées avaient été camouflées, cachées dans des grottes de montagne, dans des puits de mine, sous les scènes des théâtres. Le devoir des commissions d’armistice ennemies eût été de découvrir ces ruses. Mais j’ai copié en 1943, lorsque j’étais à Alger sous ses ordres, une note du général Juin sur les réponses à faire aux commissions de contrôle. Elle n’a jamais été publiée et je me permets de vous en citer quelques phrases parce qu’elles montrent comment Juin, bien avant le débarquement, résistait à l’ennemi et préparait les combats futurs.

« Il convient, disait-il, que tout officier sache exactement dans quel sens il doit répondre pour éviter les pièges des questionnaires allemands. Les questions posées peuvent avoir pour but de connaître : 1°) la mission de l’unité en opération. Sur ce point il convient de rester absolument muet ; il y a lieu de répondre que l’on ne sait rien et que des directives seront données en temps utile par le commandement. 2°) l’orientation qui est donnée à l’instruction. Il y a intérêt à ce que les Allemands ignorent jusqu’à quel point est poussée l’instruction dans les particularités du combat moderne. Répondre par des généralités sur les chapitres bien connus du règlement. 3°) le degré d’entraînement et la valeur de la troupe. Sur ce point il faut éviter un double écueil. Si l’on exagère la faiblesse de l’Armée d’Afrique, on inspire aux Allemands le désir de se substituer à nous ; si l’on étale complaisamment les qualités de cette armée, on peut amener les Allemands à penser qu’elle constitue pour eux un danger. C’est entre ces deux écueils qu’il faut tenir le juste milieu. Signé : JUIN, commandant en chef. »

Voilà pourquoi il existait encore, en 1943, une Armée d’Afrique. Elle était mal vêtue, mal équipée, mal nourrie, mais elle possédait des soldats merveilleux, d’excellents officiers, de nobles et anciennes traditions. Elle était capable, au prix de souffrances et de privations, de faire campagne. En fait ce fut elle qui, après le débarquement et en attendant l’arrivée des grands détachements alliés, arrêta seule, avec ses pauvres moyens, l’avance des blindés ennemis. Je le répète, on ne dira jamais assez que, sans Juin et ses hommes, il n’aurait pas été possible de tenir en Tunisie. En pensant à leur dénuement, on les rapproche des soldats de l’An Deux ; en pensant à leur ténacité, à leur foi, on évoque les soldats de la Marne.

La fin de la campagne fut épique et foudroyante. Une manœuvre, dont le général Juin avait eu l’idée, fit roquer deux divisions blindées de la droite à la gauche du dispositif allié. L’ennemi, entièrement surpris, s’effondra. Toute son armée (224 000 hommes, 26 généraux, 1 000 canons, 250 chars) fut prise. La bataille d’Afrique était terminée. Le général Eisenhower, dans son bulletin de victoire, écrivait : « Les Français, avec un équipement pauvre et désuet ont effectué sur le champ de bataille un magnifique travail. Leurs combats ont égalé ce que l’on peut attendre de mieux de la meilleure armée du monde. »

Au général Juin, qui s’était révélé grand stratège, fut confié le commandement du Corps Expéditionnaire français en Italie. Là il me conduisit au pied des terribles montagnes qu’il fallait franchir et m’emmena dans ses tournées d’inspection aux avant-postes. Il inquiétait un peu son état-major par sa hardiesse et sa volonté de tout voir. Ses hommes adoraient ce chef qui, la pipe au bec et le béret étoilé en bataille, venait en jeep jusqu’aux points les plus dangereux. Ils aimaient sa bonhomie, ses boutades. On aurait pu dire de lui ce que Bossuet disait de Condé : « Jamais homme ne craignit moins que la familiarité ne blessât le respect. »

Avec sa remarquable intuition stratégique il fut le premier à comprendre que l’on n’enlèverait pas le Monte Cassino par une attaque frontale. Nourri des principes napoléoniens, il proposa une fois encore de créer la surprise par la manœuvre. (…) « Juin dessine d’un trait ferme le plan de sa manœuvre ». Il proposait de faire traverser en secret le Garigliano par 30 000 hommes et de jeter les tabors du général Guillaume dans le massif de Petrella que l’ennemi croyait inviolable. Il eut grand-peine à faire approuver ce plan hardi par les Alliés. Puis, non seulement ils acceptèrent ce ferme dessin tracé par un Français, mais ce fut l’Armée d’Afrique qui força le verrou des Abruzzes. Le général américain Clark écrivit à Juin : « Vous êtes en train de prouver à une France anxieuse que l’armée française a conservé ses plus belles traditions. » Quelques jours plus tard le général Juin faisait dans Rome une entrée triomphale. La défaite de 40 était effacée par la victoire de Garigliano.

Juin aurait voulu exploiter cette victoire. Il avait été Bonaparte à l’armée d’Italie ; il espérait pousser jusqu’au Brenner, entrer en Autriche et, qui sait, remporter une nouvelle victoire de Wagram. Mais des engagements avaient été pris et les plans des Alliés étaient différents. Il dut quitter son cher Corps Expéditionnaire pour devenir le chef d’état-major général de la Défense nationale. On sait comment, après la victoire finale, il revint au Maroc où ses anciens goumiers, ses tirailleurs, gens de poudre et d’honneur, lui faisaient une escorte invisible ; comment il devint commandant en chef des armées alliées de Centre-Europe ; comment il fut, à l’approbation de la France entière, fait Maréchal de France ; comment enfin cette éblouissante carrière fut brusquement interrompue par les événements d’Algérie. Né dans ce pays, il fut alors écartelé entre son attachement à sa terre natale et son respect de la discipline. À ses loyalismes il sacrifia sa vie. Il aura eu du moins cette consolation : la certitude d’avoir fait en toute circonstance ce que lui commandait sa conscience. En ces grands déchirements l’âme seule est juge.

Pour nous, le souvenir que nous conservons de lui est à la fois celui du confrère souriant et affectueux qui, chargé de gloire, se pliait avec tant de bonne grâce à nos paisibles travaux, et celui du chef qui, debout au milieu de ses troupes, entrevoyait, en des éclairs de génie, les manœuvres décisives. En votre nom, je dis la respectueuse sympathie de l’Académie à la Maréchale Juin, à ses deux fils et aussi à ses soldats d’Italie qui, ayant servi sous ses ordres et l’ayant aimé, se souviennent avec gratitude qu’il les conduisit à la victoire.


Académie française : Allocution lors du décès du maréchal Alphonse Juin

Académie française : Alphonse Juin, élu le 20 novembre 1952 au fauteuil 4, biographie


*     *    *


Le hasard aura voulu que je relise ce 20 novembre des éléments biographiques de deux immenses soldats, celle du Maréchal de France Alphonse Juin (élu à l’Académie française le 20 novembre 1952) ainsi que celle du général Franco (décédé à Madrid le 20 novembre 1975). Jamais je n’avais encore réalisé combien leur contemporain, le politicien DeGaulle, était petit.






In memoriam : Generalísimo Francisco Franco, Caudillo de España por la Gracia de Dios


Francisco Franco Bahamonde, né le 4 décembre 1892 à Ferrol et décédé le 20 novembre 1975 à Madrid, est un militaire et homme d'État espagnol. Durant la guerre d'Espagne, il s'impose comme chef du camp nationaliste qui remporte la victoire sur les républicains. De 1939 à 1975, il dirige un régime politique (État franquiste) avec le titre de Caudillo (chef ou guide) : « Generalísimo Francisco Franco, Caudillo de España por la Gracia de Dios ».



Conscient de son inexpérience en matière politique, Franco s'appuya sur son beau-frère, Ramón Serrano Súñer, la Phalange et l'Église catholique, ralliée à son camp après les massacres anticléricaux de 1936, sans oublier les monarchistes (carlistes, conservateurs et autres). Il reçut le soutien des Espagnols effrayés par l'anti-catholicisme et la violence à laquelle avait fait face la République comme l'assassinat de Calvo Sotelo, les massacres de 7 000 prêtres et autres manifestations de sacrophobie.

En revanche, Franco n'est ni phalangiste, ni carliste, ni fasciste, ni libéral, ni démocrate-chrétien. Ce n'est pas un idéologue mais un militaire conservateur, déçu tout à la fois par Alphonse XIII et par la République. Sa stratégie repose sur son prestige personnel. Elle consiste à s'entourer de toutes les familles idéologiques de son camp et à arbitrer leurs conflits sans jamais souscrire personnellement à aucune tendance. Sa conception de la société et de l'État est dans la lignée de la pensée de Juan Donoso Cortés. Il voulait un État et un gouvernement en accord avec les anciens principes de l'Église catholique.

L'anticommunisme constitue l'autre grand pilier de sa politique. Franco considère insensée la guerre mondiale qui oppose les peuples de l'Europe au seul profit de l'Union soviétique. Il lui paraît qu'il y a deux guerres : une, légitime, celle de l'Europe contre le communisme (ce qui explique l'envoi de la Division bleue en réponse aux Brigades internationales), l'autre, illégitime, entre les Alliés et l'Axe. Selon l'historien américain Robert Paxton, Franco était « d'une hostilité maladive à la démocratie, au libéralisme, au sécularisme, au marxisme et tout spécialement à la franc-maçonnerie ».
Selon Pierre Milza ce régime ne répond pas, du fait de son appui principal sur l'Armée et l'Église, à la définition du fascisme tel qu'il s'est installé dans l'entre-deux guerres en Italie et en Allemagne.


Par ces liens familiaux, le général Franco très proche de la France légitime !…
Maria del Carmen Polo y Martínez-Valdés (1902-1988), après avoir rencontré Franco en 1917, l'épouse en 1923 et en 1926, donne naissance à leur seul enfant, María del Carmen. Elle est décédée à Madrid en 1988.

María del Carmen Ramona Felipa de la Cruz Franco y Polo, duchesse de Franco : sa fille. Elle a épousé Cristóbal Martínez Bordiú, marquis de Villaverde, le 10 avril 1950. Elle vit aujourd'hui surtout à Miami (Floride). Elle dirige La Fundación Nacional Francisco Franco, fondée en 1977, avec pour objectif de défendre la mémoire de son père.

Carmen Martínez-Bordiú y Franco, sa petite-fille, aînée des enfants de Carmen. Elle avait épousé en première noce Alphonse de Bourbon, duc de Cadix, cousin du roi d'Espagne Juan Carlos et aîné des Bourbons.

Leur fils Louis de Bourbon est aujourd'hui le prétendant légitimiste à la couronne de France. Il est à la fois l'arrière-petit-fils de Franco et l'arrière-petit-fils du roi d'Espagne Alphonse XIII.



Le prince Louis de Bourbon en compagnie de son épouse la princesse Marie Marguerite
et de leurs enfants la princesse Eugénie, le prince Louis et le prince Alphonse…

De jure, Louis XX, roi de France.
Arrière-petit-fils du Generalísimo Francisco Franco, Caudillo de España por la Gracia de Dios 
et arrière-petit-fils du roi d'Espagne Alphonse XIII…








mardi 19 novembre 2019

Vivre sereinement sa retraite !… Bien loin de France !… En Thaïlande ou n'importe où ailleurs…


Des nouvelles d'un vieil ami, Pierre, qui m'annonce sa décision de quitter définitivement la France afin de vivre sereinement sa retraite… Viendra-t-il en Thaïlande ?




Novembre, mois des morts… Un mois affreux en cette douce France… La nuit qui tombe tôt, premiers froids… Novembre noir, jusqu'aux premières neiges et la féérie dont alors se pare la nature ! La neige et ses jeux !… Il a enfin neigé toute cette nuit dernière… De plus c'est dimanche… Au matin, bonheur du premier un bonhomme de neige devant la maison ! Dès 10 heures ce dimanche, Pierre pouvait contempler fièrement son premier bonhomme de neige de la saison, prêt à encore l'embellir si possible…

Mais alors les évènements se précipitent… Une matinée en cette France plus si douce…

10 : 09 - Surgit une féministe qui reproche à mon ami Pierre de n'avoir pas fait une bonne-femme de neige…

10 : 15 - Pierre à contre-cœur a associé une bonne-femme de neige à son malheureux bonhomme…

10 : 18 - Jalousie de la nounou voisine qui râle face à la voluptueuse poitrine de la bonne-femme de neige…

10 : 24 - Sarcasmes du couple gay de la maison d'en face qui aurait voulu un couple de mecs-de-neige…

10 : 29 - Ah, la carotte nez du bonhomme de Pierre ! Indignation des végétariens du bas, une carotte c'est pour manger !…

10 : 32 - Furie du couple lesbien de la rue voisine… Pourquoi pas deux bonnes-femmes de neige ?

10 : 45 - Insultes racistes, pourquoi le bonhomme et sa bonne-femme sont-ils Blancs ?…

10 : 59 - Le jardinier bien connu du coin, Omar, pose le foulard de la décence sur la tête nue enneigée de la bonne-femme !

11 : 15 - Débarquent des Gilets jaunes… Révolution oblige… D'autorité ils enfilent un gilet à la bonne-femme et son bonhomme… qui commencent à suer…

11 : 39 - Gilets jaunes, foulard… des symboles qui heurtent l'intransigeante idéologie d'un groupe de lycéens cocardiers… Dans un grand tumulte ils s'efforcent de mettre le feu au bonhomme et sa bonne-femme… mais la neige ça ne brûle pas ! Leur éducation moderne ne s'est jamais abaissée à leur inculquer de choses aussi triviales… Colère et désordre de ces amoureux du bon ordre face à l'échec…

11 : 42 - Un citoyen inquiet a appelé les forces de police…

11 : 45 - Le commandant de police fait une fixation sur le manche à balai du bonhomme de neige… Ce pourrait être une arme mortelle ! Pierre, fin psychologue, grommelle : "Surtout si vous l'avez dans le baba"…

11 : 55 - Une agitation qui a attiré l'équipe de TV locale. Questions de circonstances… Pierre sait-il la différence entre un bonhomme de neige et une bonne-femme de neige ? "Bien sûr, les boules". Malvenus propos sexistes.

11 : 57 - Son téléphone portable est saisi… Contrôlé, il est embarqué au commissariat avec, pièce à conviction, le manche à balai du commissaire…

Midi - La rébellion de Pierre est annoncée par les médias. Il est suspecté d'être un terroriste profitant du mauvais temps pour troubler l'ordre public.

12 :10 - Les éditoriaux s'accordent à lui soupçonner des complices dormants…

14 :29 - Un groupe djihadiste inconnu revendique l'action…
Le lendemain…
18 : 00 - Un député très actif de la REM annonce que l’équipe à Macron prépare une taxe sur les bonhommes de neige…

Heureux d'échapper à cette encore nouvelle taxe, désormais un seul souci pour Pierre, son casier judiciaire entaché par une saine rébellion lui permettra-t-il d'obtenir un visa de long séjour loin de France, dans un pays raisonnablement soucieux de préserver chez lui l'ordre public et la sécurité de ses citoyens ?






vendredi 15 novembre 2019

Olga Tokarczuk : Le Grand Voyage de Jakób Frank


En 1759 en Pologne, Jakób Frank (1725-1791) se présente comme la réincarnation de Sabbataï Tsevi (1626-1676), le "faux messie" : il assure être le nouveau Messie…  L’activité religieuse de Jakób Frank connaît des phases successives qui sont autant d’étapes dans sa recherche permanente de pouvoir, d’argent et de liberté sexuelle. Il parvient d'abord à prendre la direction du mouvement sabbataïste. Une longue détention, à Czȩstochowa, lui fournit l’occasion de préciser une théosophie qui justifie sa volonté d’abolir la Loi et ses multiples conversions à l’islam et au christianisme. Dix mille à vingt mille Juifs le suivront : clandestinité, transgression de la Loi juive, rejet du Talmud et de la Torah tout en restant fidèle, en secret, à la Kabbale et au Zohar. En réalité, le frankisme deviendra une secte conduite par un gourou avide et débauché. Ses successeurs connaîtront une ascension fulgurante, alors que le mouvement se transformera en secte hérétique déviant vers le nationalisme et l'antisémitisme…



Olga Tokarczuk
 Les Livres de Jakób  
ou
 Le Grand Voyage
 à travers sept frontières, 
cinq langues,
 trois grandes religions 
et d’autres moindres

Traduit par Maryla Laurent
Langue d'origine : Polonais

Prix Nobel de littérature 2018
Finaliste Prix Femina étranger 2018
Palmarès 2018 des 100 livres de l’année du magazine Lire
Prix Jan Michalski de littérature 2018
Prix Transfuge 2018 du Meilleur roman européen
Prix Nike 2015 (Pologne)

Linda Pommereul, Librairie Doucet (Le Mans), Page des Libraires : "Dans ce récit virtuose, Olga Tokarczuk retrace la vie sinueuse de Jakób Frank, le leader controversé mais charismatique de la secte des frankistes. Chacun de ses ouvrages est un défi narratif, des textes inclassables qui pensent notre temps et lui donnent vie. D’ailleurs, Olga Tokarczuk est l’une des figures majeures de la littérature polonaise, récompensée à plusieurs reprises. Ce livre ambitieux tente, par la littérature, de se réapproprier l’Histoire de son pays en évoquant cette figure encore à l’origine de vives polémiques, en particulier dans les milieux nationalistes. En 1759, Jakób Frank se présente comme le nouveau messie. Il rejette la loi juive et le Talmud, se convertit au catholicisme et prône la rédemption de tous ceux qui ont été punis par Dieu, prêchant la transgression dans tous ses excès. Ce roman historique d’une force incroyable témoigne de l’imagination d’un auteur surdoué, capable d’établir un portrait sans concessions, nourri par une fascination légitime à l’égard d’un personnage hors normes."



Hérétique, schismatique, Juif converti à l’islam puis au christianisme, libertin, hors-la-loi, magicien, tour à tour misérable et richissime, Jakób Frank a traversé l’Europe des Lumières comme la mèche allumée d’un baril de poudre. De là à se prendre pour le Messie, il n’y avait qu’un pas – et il le franchit allègrement. Le dessein de cet homme était pourtant très simple : il voulait que ceux de son peuple puissent, eux aussi, connaître la sécurité et le respect de tous.

La vie de ce personnage historique est tellement stupéfiante qu’elle semble imaginaire. Un critique polonais dit qu’il a fallu à Olga Tokarczuk une « folie méthodique » pour l’écrire. On y retrouve les tragédies du temps, mais on y goûte aussi les merveilles de la vie quotidienne : les marchés, les petits métiers, les routes incertaines et les champs où l’on peine, l’étude des mystères et des textes sacrés, les histoires qu’on raconte aux petits enfants, les mariages où l’on danse, les rires et les premiers baisers.

Cette épopée universelle sur l’émancipation, la culture et le désir est une réussite absolue : elle illustre la lutte contre l’oppression, en particulier des femmes et des étrangers, mais aussi contre la pensée figée, qu’elle soit religieuse ou philosophique.

Ainsi que le dit le père Chmielowski, l’autre grand personnage de ce roman, auteur naïf et admirable de la première encyclopédie polonaise, la littérature est une forme de savoir, elle est « la perfection des formes imprécises ». ils en parlent…

« Avec Les Livres de Jakób, Olga Tokarczuk anime d’un prodigieux souffle romanesque l’épopée du "messie" Jakób Frank et de son étrange secte dans l’Europe des Lumières. »
Nicolas Weill, Le Monde des livres

« Un voyage historique et romanesque entrepris de main de maître. »
Marie-Lucile Kubacki, La Vie

« Une œuvre colossale fascinante et minutieusement documentée. »
Estelle Lenartowicz, Lire

« Les Livres de Jakob impressionne par son ambition (…) Une découverte à faire. »
Pierre Maury, Le Soir

« Suivre Olga Tokarczuk sur près de mille pages est un bonheur qui ne connaît pas de fléchissement. »
Isabelle Ruef, Le Temps

« Ce qui imprime son rythme propre au livre, lui donne cette pulsation presque obsessionnelle tout au long de son vaste déploiement géographique et temporel et qui interdit de lâcher ses plus de mille pages, c’est l’éternelle oscillation entre la lumière et les ténèbres. »
Damien Aubel, Transfuge

« Un roman virtuose. »
Books

Feuilletez quelques pages :
Olga Tokarczuk : Les Livres de Jakób


Olga Tokarczuk : Les Livres de Jakób

Jean-Yves Potel : "Un grand roman d’aventures messianiques : Olga Tokarczuk, Les Livres de Jakób ou le Grand Voyage"… "Olga Tokarczuk, la pérégrine, nous sort des mythologies mémorielles."

Les Dönmeh : comment une secte juive a infiltré l'islam…

Shlomo Sand : Déconstruction d’une histoire mythique - Comment fut inventé le peuple juif