Qui ne risque rien n'est rien… sur le chemin de Damas, alors que les opinions ont cédé face aux faits…
on ne le dit assez : un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi, ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances.

samedi 8 mai 2021

Au delà des mythes… Henri Guillemin : Napoléon authentique…





Fortune, considération, plaisir… factures



Henri Guillemin raconte l'épopée napoléonienne dans une collection de dix-sept documents captivants. Avec passion et sans renier son sens critique, l'historien se confronte au mythe de l'Empereur. De la naissance de Napoléon Bonaparte en Corse le 15 août 1769 à sa mort le 5 mai 1821 sur l'île de Sainte-Hélène, Guillemin décrit un général impitoyable qui "ne convoite que la considération, l'argent et le plaisir".

17 documents vidéo à savourer






13 janvier 1968 : Les dossiers de l'histoire

Au début de tout il y a la Corse, où Napoléon Bonaparte naît le 15 août 1769. Son père, après avoir combattu aux côtés de Paoli pour l'indépendance de l'Ile, se rallie à la France et obtient pour deux de ses fils des bourses dans les écoles du roi. L'écolier Bonaparte se distingue plus particulièrement dans les mathématiques, ce qui lui vaut d'être reçu à l'École royale militaire de Paris en 1784.

Avec la Révolution, Bonaparte va pouvoir donner sa mesure. Mais ce sera d'abord l'échec, et dans sa propre patrie. Jusqu'en 1793, il se sent plus Corse que Français et il essaie de se faire une place dans l'élite. Il fréquente l'avocat Joseph qui le pousse dans la vie politique. A force d'intrigues, Joseph devient conseiller général de la Corse et Napoléon obtient le poste de lieutenant-colonel de la garde nationale d'Ajaccio.

Mais Bonaparte doit fuir après que Paoli eut été dénoncé devant les Jacobins de Toulon par Joseph Bonaparte. La Convention ordonne de l'arrêter. La famille Bonaparte est pourchassée et se réfugie dans le maquis. En juin 1793, elle passe sur le continent.

RéalisateurMaurice Huelin





20 janvier 1968 : Les dossiers de l'histoire

À Marseille où elle s'est réfugiée, la famille Bonaparte vit dans la misère. Durant l'été 1793, la France est menacée. L'Europe cherche à anéantir la jeune république jacobine. Bonaparte se rallie à la république montagnarde et publie un opuscule: le Souper de Beaucaire. Méfiant à l'égard des masses populaires Bonaparte veut, comme beaucoup d'autres Français, contenir, canaliser, utiliser leur action.

Bonaparte se distingue dans sa mission de déloger les Anglais de Toulon où il obtient du Comité de salut public le grade de général de brigade. Après le 9-Thermidor, ses amitiés montagnardes lui valent la prison. mais un regain de fortune, dû à l'amitié de Barras, permet à Bonaparte de devenir commandant en second de l'armée de l'intérieur. Le 13-Vendémiaire, il a pour mission de réduire les insurgés royalistes retranchés dans l'église Saint-Roch.

RéalisateurMaurice Huelin







3 février 1968 : Les dossiers de l'histoire

En Italie, Bonaparte se révèle un stratège militaire.

Par l'entremise de Barras, le jeune général rencontre Joséphine, veuve du général vicomte de Beauharnais. Elle a trente-trois ans, Bonaparte vingt-sept. Marié le 9 mars 1796, Bonaparte est nommé commandant en chef de l'armée d'Italie. Accueilli avec suspicion par ses subordonnés, il va très vite s'imposer à eux, parfaire sa pratique militaire et connaître l'exercice de l'autorité politique.

RéalisateurMaurice Huelin






24 février 1968 : Les dossiers de l'histoire

Victorieux en Italie, Bonaparte est un homme encombrant pour le Directoire. Pour obliger Londres à négocier, le Directoire prévoit de couper la route des Indes, lieu de son principal commerce. Une expédition contre l'Egypte est mise sur pied.

Bonaparte accepte d'autant plus volontiers cette mission prestigieuse que son avenir semble bouché en France. Militairement, l'expédition tourne court. Politiquement en revanche, elle permet à Bonaparte de consolider son rôle de «sabre» de la République.

RéalisateurMaurice Huelin




 
16 mars 1968 : Les dossiers de l'histoire

Autour de Sieyès, des intrigues se nouent. Le but est de prendre en main le pouvoir et d'instaurer un gouvernement stable qui garantira à la bourgeoisie les acquis de 1789. Le 18 brumaire (9 novembre) 1799, on fait croire au Conseil des Anciens qu'une menace pèse sur lui. Pour sa sécurité, il doit s'installer à Saint-Cloud. Nommé commandant des troupes de Paris, Bonaparte escortera le Conseil. Mais le général veut brusquer l'Histoire. Il entre à la tête de ses soldats dans la salle du Conseil.

Réalisateur Maurice Huelin





23 mars 1968 : Les dossiers de l'histoire

Chef de bande, Bonaparte est mu par une volonté dominatrice et une ambition sans borne. Son goût du pouvoir est servi par une qualité remarquable: il sait écouter et il veut s'informer avant de prendre une décision. Il comprend très vite quelle est sa marge de manœuvre.

Réalisateur Maurice Huelin





30 mars 1968 : Les dossiers de l'histoire

Par le coup d'État du 18 Brumaire, Bonaparte rétablit le régime du Consulat. Premier consul puis consul à vie, il rassure la bourgeoisie et stabilise les conquêtes de la Révolution. Sa politique intérieure consiste à opérer une réconciliation nationale, notamment par la signature du concordat avec le pape. En fait, c'est une mise sous tutelle de l'Église de France que Bonaparte réussit à mettre en place.

RéalisateurMaurice Huelin



Le prénom suffira (8) :
Napoléon Ier, empereur des Français, sacré par le pape à Paris


13 avril 1968 : Les dossiers de l'histoire

Le complot royaliste de Cadoudal, en 1804, fournit à Bonaparte un prétexte pour faire exécuter le duc d'Enghien et répondre aux aspirations à un pouvoir fort.

Le Sénat l'ayant proclamé «empereur des Français» le 18 mai 1804, Bonaparte est sacré le 2 décembre par le pape Pie VII venu à Paris. Il prend le nom de Napoléon Ier.

RéalisateurMaurice Huelin






20 avril 1968 : Les dossiers de l'histoire

Par le traité de Lunéville, en 1801, Bonaparte contraint l'Autriche à la paix. Avec la Grande-Bretagne, il conclut la paix d'Amiens qui met fin à dix ans de guerre en Europe. Une paix provisoire, car le nouvel empereur aime la guerre et il en a besoin. Mais avant de poursuivre sa politique de conquête, il impose sa médiation aux cantons suisses.

RéalisateurMaurice Huelin





 

27 avril 1968 : Les dossiers de l'histoire

Fasciné par la noblesse, Napoléon crée sa noblesse d'Empire et installe les membres de sa famille sur les trônes des pays qu'il a soumis. Poursuivant sa politique de conquête, il entre en guerre avec les puissances européennes, la plus acharnée étant la Grande-Bretagne qu'il cherche à isoler.


RéalisateurMaurice Huelin





4 mai 1968 : Les dossiers de l'histoire

S'il confisque les libertés politiques, Napoléon conserve de 1789 le legs fondamental : la transformation sociale. Or, cette nouvelle société qu'il consolide s'appuie sur des principes qui sont subversifs de l'ensemble de l'ordre européen. Avec cette Europe des aristocrates, il ne peut y avoir de compromis.

RéalisateurMaurice Huelin





Chanson de geste (12) : Le plan de l'invasion de la Grande-Bretagne échoue


11 mai 1968 : Les dossiers de l'histoire

C'est la rupture avec la Grande-Bretagne. Napoléon envisage un débarquement et prépare sa grande armée qu'il équipe de 1700 bateaux à fonds plat. Mais le projet est trop ambitieux et l'empereur doit renoncer. Sur le continent, en revanche, la guerre appelle la guerre !

RéalisateurMaurice Huelin 


    


25 mai 1968 : Les dossiers de l'histoire

"Il faut faire aller la boutique". C'était la formule familière qu'employait Napoléon pour parler de sa politique intérieure. Mais quelle est-elle cette politique intérieure ? Épuration puis suppression du tribunal, diminution des journaux, censure des livres, renforcement de la police, contrôle des lettres, instauration de prisons d'État. Viendront également la mainmise sur l'église catholique de France, le budget ainsi que le contrôle de l'économie intérieure.

En quelques mots c'est avant tout un renforcement croissant du despotisme.

RéalisateurMaurice Huelin





13 juillet 1968 : Les dossiers de l'histoire

Fin de 1809, Napoléon décide de faire un mariage royal pour des raisons de politique extérieure. Après l'annulation de son mariage avec Joséphine de Beauharnais il se remarie avec Marie-Louise d'Autriche. Sur le front de la politique extérieure, la guerre d'Espagne se poursuit ainsi que le conflit avec l'Angleterre.

RéalisateurMaurice Huelin








20 juillet 1968 : Les dossiers de l'histoire

La guerre comme système, jusqu'à la débâcle. Pour Henri Guillemin, « la France » a été la proie de Napoléon. Et l'historien de dresser le lourd tribut payé à ses guerres de conquêtes en Europe.

RéalisateurMaurice Huelin





27 juillet 1968 : Les dossiers de l'histoire

Dernier coup de poker de l'empereur, son retour de l'Ile d'Elbe. Mais l'Europe coalisée se montre unie face aux risques d'un retour du régime bonapartiste. Et la France elle-même se glisse dans les habits de la Restauration à venir.

RéalisateurMaurice Huelin






3 août 1968 : Les dossiers de l'histoire

Avec ce sens de la formule, Henri Guillemin tire dans cette dernière émission des Dossiers de l'Histoire consacrés à Napoléon le bilan de l'épopée du Corse en Europe. Un état des lieux critique de ce qui fut une période essentielle dans l'histoire de l'Europe.

RéalisateurMaurice Huelin


*   *   *




Épisode 1 : 00:00
Épisode 2 :
28:11
Épisode 3 :
56:27
Épisode 4 :
1:24:46
Épisode 5 :
1:51:56
Épisode 6 :
2:19:28
Épisode 7 :
2:46:33
Épisode 8 :
3:14:11
Épisode 9 :
3:41:26
Épisode 10 :
4:08:41 (inédit ?)
Épisode 11 :
4:37:47 (inédit ?)
Épisode 12 :
5:04:59
Épisode 13 :
5:33:38
Épisode 14 :
6:01:02


*   *   * 



Le site de référence : Présence d’Henri Guillemin

L'Express du 11 août 1969 - La face cachée de Napoléon

L'Express a lu l'ouvrage de l'historien Henri Guillemin qui se livre à une critique sans concession de Napoléon Bonaparte alors qu'on célèbre partout en France le bicentenaire de sa naissance.

*   *   * 


Toutes les vidéos de Henri Guillemin sur TSR


L’énigme Jeanne d’Arc
Index :
Épisodes :

La commune de Paris
index :
Épisodes :

L’affaire Dreyfus

L’autre avant-guerre (1871-1914)
Index :
Épisodes :

L’affaire Pétain
Index :
Épisodes :

France 1940

LES GRANDS ÉCRIVAINS
Index :
Épisodes :
Rousseau
Lamartine

Tolstoï
Index :
Épisodes :

Lénine

Guillemin répond aux critiques du structuralisme

Confidences d'Henri Guillemin

Entrevue d’Henri Guillemin

*   *   *


LES CONFÉRENCES D'HENRI GUILLEMIN en MP3

Les conférences d'Henri Guillemin en vidéo sur le site de la Radio Télévision Suisse : www.rts.ch

Les conférences au format MP3

Henri Guillemin-1965- L'affaire Dreyfus.mp3

Henri Guillemin - Napoleon - 19680113 - Le faux départ (1) .mp3
Henri Guillemin - Napoleon - 19680120 - L'escalade (2) .mp3
Henri Guillemin - Napoleon - 19680203 - Le militaire abusif (3) .mp3
Henri Guillemin - Napoleon - 19680224 - Les sphinx (4) .mp3
Henri Guillemin - Napoleon - 19680316 - Brumaire (5) .mp3
Henri Guillemin - Napoleon - 19680323 - Caïd respectueux (6) .mp3
Henri Guillemin - Napoleon - 19680330 - L'Eglise annexée (7) .mp3
Henri Guillemin - Napoleon - 19680413 - Le prénom suffira (8) .mp3
Henri Guillemin - Napoleon - 19680420 - Le repos du monde (9) .mp3
Henri Guillemin - Napoleon - 19680427 - La grande parade (10) .mp3
Henri Guillemin - Napoleon - 19680504 - Napoléon (11) .mp3
Henri Guillemin - Napoleon - 19680511 - Chanson de geste (12).mp3
Henri Guillemin - Napoleon - 19680720 - La débâcle (13) .mp3
Henri Guillemin - Napoleon - 19680727 - Le récidiviste (14) .mp3
Henri Guillemin - Napoleon - 19680803 - Le bilan (15) .mp3

Henri Guillemin - Robespierre - 1970.mp3

Henri Guillemin - La Commune - 19710417 - (1) Situation.mp3
Henri Guillemin - La Commune - 19710501 - (2) Thiers.mp3
Henri Guillemin - La Commune - 19710515 - (3) Il faut en finir.mp3
Henri Guillemin - La Commune - 19710612 - (4) Le 18 mars.mp3
Henri Guillemin - La Commune - 19710626 - (5) L'avant commune.mp3
Henri Guillemin - La Commune - 19710710 - (6) Cependant qu'a Versailles.mp3
Henri Guillemin - La Commune - 19710731 - (7) La commune au pouvoir I.mp3
Henri Guillemin - La Commune - 19710821 - (8) La commune au pouvoir II.mp3
Henri Guillemin - La Commune - 19710904 - (9) La 'vraie France' en action.mp3
Henri Guillemin - La Commune - 19710918 - (10) La croisade.mp3
Henri Guillemin - La Commune - 19711002 - (11) La victoire des 'Honnetes gens'.mp3
Henri Guillemin - La Commune - 19711016 - (12) Le fonds des choses.mp3
Henri Guillemin - La Commune - 19711030 - (13) Lendemains.mp3


Henri Guillemin- De 1871 à 1914-19720108- 1 L'ordre moral.mp3
Henri Guillemin- De 1871 à 1914-19720129- 2 La République des républicains.mp3
Henri Guillemin- De 1871 à 1914-19720205- 3 Début du colonialisme.mp3
Henri Guillemin- De 1871 à 1914-19720219- 4 Le géneral Boulanger.mp3
Henri Guillemin- De 1871 à 1914-19720304- 5 De Boulanger à Dreyfus.mp3
Henri Guillemin- De 1871 à 1914-19720318- 6 L'affaire Dreyfus.mp3
Henri Guillemin- De 1871 à 1914-19720401- 7 La défense républicaine.mp3
Henri Guillemin- De 1871 à 1914-19720429- 8 L'Occident dévore le monde.mp3
Henri Guillemin- De 1871 à 1914-19720429- 9 La République bourgeoise.mp3
Henri Guillemin- De 1871 à 1914-19720513- 10 Le Maroc.mp3
Henri Guillemin- De 1871 à 1914-19720520- 11 La guerre qui vient.mp3
Henri Guillemin- De 1871 à 1914-19720610- 12 Le socialisme Jaurès.mp3
Henri Guillemin- De 1871 à 1914-19720624- 13 L'explosion de 1914.mp3

Henri Guillemin - Pétain - Une raison intime - 19781210 .mp3

Henri Guillemin - Pétain - 19810503 - (1-1) La montée du fascisme .mp3
Henri Guillemin - Pétain - 19810510 - (1-2) Pétain avant 34 .mp3
Henri Guillemin - Pétain - 19810517 - (1-3) Le politicien .mp3
Henri Guillemin - Pétain - 19810524 - (1-4) La défense nationale .mp3
Henri Guillemin - Pétain - 19810531 - (1-5) Un étrange Maréchal .mp3
Henri Guillemin - Pétain - 19810607 - (1-6) Le but est atteint .mp3
Henri Guillemin - Pétain - 19820521 - (2-1) L'an 40 .mp3
Henri Guillemin - Pétain - 19820523 - (2-2) Avec Darlan .mp3
Henri Guillemin - Pétain - 19820528 - (2-3) Laval réapparait.mp3
Henri Guillemin - Pétain - 19820530 - (2-4) L'asservissement .mp3
Henri Guillemin - Pétain - 19820604 - (2-5) La fin .mp3
Henri Guillemin - Pétain - 19820606 - (2-6) Constats .mp3



« Derrière tous mes livres et tous mes exposés, il y a une préoccupation métaphysique qui est évidente. Je n'ai pas cessé de croire, et je croirai de plus en plus— maintenant que je suis vieux— qu'aucune modification structurelle de la Cité n'est suffisante. Cette modification est indispensable; mais on aura beau établir une Cité humaine où l'exploitation sera sinon effacée du moins considérablement diminuée, on aura beau établir un régime fiscal plus juste, on aura beau resserrer la hiérarchie des salaires, on n'obtiendra rien s'il n'y a pas une modification profonde du regard jeté par les hommes sur le monde et sur la vie. Le malheur restera au fond de l'individu humain si cet individu n'a pas une vue du monde qui lui permette de dépasser le désespoir. » Henri Guillemin 1977





samedi 24 avril 2021

Y'a une route !… Thibault Devienne de retour de Corée du Nord…

Structure de l'entretien :

00:00 Introduction
01:47 Présentation complète  
12:00 Un cheminement générationnel
16:20
Le nationalisme dans la sphère publique
21:18
La confusion autour du nationalisme
27:05 Le nationalisme ce n'est pas la guerre
40:42
Le nationalisme, véritable opposant au mondialisme
01:46:36
Conclusion

Alors que se lève le rideau pour le grand show de 2022,
rappels salutaires…

lundi 12 avril 2021

J'avais un camarade… Robert Boissières



 
Robert Boissières, 20 ans
(photo prise peu avant son assassinat)
Robert Boissières, né le 11 février 1942 à Toulouse, a été odieusement assassiné à vingt ans devant le domicile de ses parents le jeudi 12 avril 1962 à Alger par une bande d'aviateurs de l'armée française en vadrouille. Agression gratuite, lâche, imbécile, criminelle. Geste de Français très ordinaires…

Aspects de la France, jeudi 19 avril 1962


Nouvelles d’Alger 
(Copie intégrale d’un article non signé publié par Aspects de la France, le jeudi 19 avril 1962. L’original de cette coupure de journal m’a suivi jusque dans mon exil asiatique.)
Le 12 avril 1962, vers 23 heures, un peu avant le couvre-feu, un jeune Français de 20 ans, étudiant en 1ère année de Droit, Robert Boissières, a été tué par les « forces de l’ordre », une patrouille de gendarmerie de l’Air, près du Rectorat, route du Golf à Alger. 
Il venait, avec quatre camarades, dont son frère, âgé de 18 ans, d’apposer des inscriptions "O.A.S." dans le quartier.
Ils rentraient chez eux lorsque, entendant une voiture militaire, ils se cachèrent dans le rebord du talus, parmi les herbes. C’est là que sans sommation aucune, Robert Boissières fut exécuté d’une rafale de mitraillette, tandis que son camarade, Jean Zonza, 21 ans, étudiant en Médecine, était grièvement blessé.
Le quartier fut mis en émoi par cette rafale et en particulier les parents de Robert qui habitent au Clair Logis des P.T.T. Son père, inquiet, descendit immédiatement sur les lieux du drame. Il rencontra un militaire qui lui annonça froidement qu’il venait de « fusiller » un jeune, en même temps qu’il lui tendait la carte d’identité de sa victime. Douleur du pauvre père lorsqu’il reconnut que c’était celle de son fils.
Les Agences de Presse ont donné différentes versions, des versions fausses surtout. On a prétendu qu’un coup de feu avait été tiré. C’est faux. Ces garçons n’étaient pas armés. Mais on use du mensonge pour essayer d’excuser un acte odieux…
Les obsèques de la jeune victime ont été célébrées ce matin, lundi 16 avril, à 9 heures, à la "sauvette". On avait interdit tous faire-part et communiqués dans les journaux. On craignait l’affluence… J’y suis allé avec mes enfants et deux camarades de Robert Boissières.
Malgré toutes les précautions prises par les autorités, il y avait plus d’un millier de personnes à suivre ce malheureux convoi de quelques mètres dans le cimetière de Saint-Eugène, entre la morgue et le dépositoire. Mais obsèques émouvantes, bouleversantes dans leur simplicité, dans leur clandestinité. Foule digne, très impressionnée… Les martyrs de la foi en ont eu d’identiques, et de telles morts, de telles obsèques ne peuvent qu’affermir une religion ou un idéal…
Le jeune frère de Robert, retenu à l’école de police d’Hussein Dey, n’a pas été autorisé à rendre ce dernier hommage… Quelle tristesse.
Ce n’est pas avec de tels assassinats, de tels procédés pour essayer d’étouffer nos sentiments qu’on parviendra à l’apaisement d’une population française de plus en plus survoltée.
Après cette pénible cérémonie, je suis allé ensuite, seul, me recueillir sur les lieux du drame. À l’endroit où est tombé ce pauvre enfant : des bouquets de fleurs, quelques-uns avec ruban tricolore et contre le tronc d’un arbre mort trois lettres sont épinglées : celle d’une mère bouleversée, et deux autres écrites par des camarades de la victime. Lettres qui crient une indignation bien légitime…

Le rédacteur, sous la menace de la censure et de la saisie du journal, malgré son émotion, reste très réservé. Il ne précise pas que la caserne de ces aviateurs jouxte l’immeuble du Clair Logis des P.T.T. Il ne s’interroge pas sur ce que faisaient réellement à cette heure hors de leur base ces aviateurs ? Retour de beuverie ? Ce qui est avéré est que le militaire assassin qui proclama froidement qu’il venait de « fusiller » un jeune, ses acolytes et toute la troupe, jusqu’à tard dans la nuit, fêtèrent ce haut fait de guerre sous les fenêtres des familles des victimes. De plus, nous ne pouvons manquer de nous interroger sur la sanction de cet acte de bravoure. L’assassin et ses complices furent-ils par la suite décorés ? La haine gaulliste n’exclut rien.

Depuis, en France, sur le territoire français métropolitain, partout, chacun risque de croiser l’un de ces ivrognes. Pourquoi ne serait-ce pas celui-ci ? Pourquoi pas celui-là ? De toute façon par leurs votes successifs, et d’abord celui en faveur de l’abandon de l’Algérie, les Français ont sans cesse réaffirmé leur complicité avec ces assassins… Décidément, ce pays m’est définitivement infréquentable… À présent, mon vœu le plus cher reste de n'avoir jamais à vivre dans ce pays d’infâmes, la France,… ni d'y crever,… ni que mes cendres y soient  souillées.

Alex Nicol dans « La Bataille de l’OAS » publié dès novembre 1962 (Les Sept Couleurs) donnera une version qui rejoint celle d’Aspects de la France, et  confirme (pages 129-130) : « Jamais on n’a fait état de l’ouverture d’une enquête quelconque ni de sanctions prises contre ces militaires pour le moins nerveux sur la gâchette… »

Une version tout aussi horrible de ces faits est rapportée par Francine Dessaigne dans son « Journal d'une mère de famille pied-noir » :

Vendredi 13 avril 1962. … Le journal d'hier nous apprend la mort de Robert Boissières, dix-neuf ans. Jeudi soir, il dînait en compagnie de son frère aîné chez la fiancée de ce dernier. Vers 11 heures ils rentrent à pied dans le quartier de la Redoute. Un groupe de jeunes gens court sur la chaussée suivi de près par une patouille de métropolitains. Les Boissières s'arrêtent. Les jeunes gens prennent une petite rue et disparaissent dans la nuit. La patrouille revient sur ses pas et retrouve les deux frères. Bruit de culasse, les jeunes gens s'aplatissent sur le trottoir. Les soldats s'approchent et, presque à bout portant, tirent deux balles dans la tête de Robert et une rafale sur son frère. Robert Boissières est mort hier matin; son frère exsangue est dans un état grave. C'est ce que raconte à mon mari un de leurs cousins…

Les divergences entre ces versions des circonstances d’un même assassinat témoignent de l’extrême tension qui régnait alors à Alger et de l’intolérable pression exercée par les séides du pouvoir métropolitain d’alors désormais allié inconditionnel du FLN, tant dans le crime que dans la propagande et la manipulation de l’information. Ce même jour, ce 12 avril 1962, le général Edmond Jouhaud, arrêté à Oran peu avant, est condamné à mort. Le vendredi suivant, le 20 avril, le général Raoul Salan devait être lui aussi arrêté…


Faire-part édité et diffusé clandestinement par l’Association générale des étudiants d'Alger (AGEA) :


(Maquette réalisée par Josseline Revel-Mouroz et Hélène Mattéi - AGEA)
Instants de bonheur à l'AGEA…  Robert : le seul civil

*  *  *
Le 10 octobre 1984 Robert a quitté Terre-Cabade. Il repose désormais au nouveau cimetière de Cugnaux, dans la proche banlieue de Toulouse.

*  *  *


La Cavalcade a été composée en 1963 par Jean De Brem en l'honneur du lieutenant-colonel Jean-Marie Bastien-Thiry responsable de l'attentat du Petit Clamart visant le DeGaulle et fusillé le 11 mars 1963. L'air est celui du chant allemand "Ich hatt' ein Kamerade" en français "J'avais un camarade".

*  *  *

Le 5 juillet 2003, en présence de plus de 1500 personnes unies dans un profond recueillement, était inaugurée, au centre du cimetière du Haut-Vernet à Perpignan, une stèle en l'honneur de 104 des "fusillés et combattants  tombés pour que vive l'Algérie française". 

Inauguration de la stèle aux "Martyrs tombés pour l'Algérie française", fin de cérémonie : appel personnel de chacun des 104 Martyrs
"Aux fusillés, aux combattants tombés pour que vive l'Algérie française",
cimetière du Haut-Vernet, Perpignan


"Aux fusillés, aux combattants tombés pour que vive l'Algérie française"… 104 martyrs auprès des fusillés  Bastien Thiry, Degueldre, Dovecar, Piegts,
 cimetière du Haut-Vernet, Perpignan

*  *  *
Sur ce blog, une page spéciale est désormais dédiée à Robert Boissières [clic sur sur cette page, bouton à droite "Robert Boissières" ]. Une page qui appartient à tous ceux qui se souviennent de Robert, à tous ses amis… Qu'ils y déposent témoignages, photos, documents pour que de Robert vive le souvenir…
*   *   *
Robert Boissières, "même pas pied-noir"… mais martyr de l'Algérie française

Hocine Aït Ahmed et Jean-Jacques Susini, deux Algériens d'exception…

Ian Smith, le héros que n'a pas su opposer l'Algérie à l'infâme trahison de DeGaulle…

Robert Boissières sur le site de l'ADIMAD-MRAF
Jean-Jacques Susini : l'ultime espoir de l'OAS restait la négociation directe avec le FLN


Jean-Jacques Susini : fondateur et théoricien de l'OAS

Éd. IDées : "Pour une critique positive"… après "L'Algérie pacifiée sur un plateau d'argent !"



Via Recta : Éd. IDées : "Pour une critique positive"… après "L'Algérie pacifiée sur un plateau d'argent !"  … L’oubli dans lequel est aujourd’hui confiné Jean-Jacques Susini témoigne, si besoin était, une fois de plus de la victoire et de la force d'un Régime stérile, incapable d'imagination et d'innovation au service du peuple de France !… …

Le Point : Les États-Unis auraient apporté leur soutien à l'OAS en 1962 - Pour les services secrets suisses, les États-Unis auraient poussé l'OAS à s'entendre avec l'aile modérée du FLN par l'intermédiaire de Jacques Chevallier, ancien maire d'Alger et ancien secrétaire d'État à la Défense, Jean-Jacques Susini, le numéro deux de l'OAS, derrière le général Raoul Salan et le colonel Jean Gardes.

Les banlieues françaises, héritage de l'Afrique imposée par le "grand homme" DeGaulle…

Alexandre Gerbi - « La France ne serait plus la France » et « Apartheid » : Décryptage de deux énormes « lapsus » de Manuel Valls

Alexandre Gerbi - Histoire occultée de la décolonisation franco-africaine : Imposture, refoulements et névroses
La France blanchit son armée en 1944… plus raciste que DeGaulle tu meurs…