Qui ne risque rien n'est rien… sur le chemin de Damas, alors que les opinions ont cédé face aux certitudes…
on ne le dit assez : un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi, ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances.

jeudi 5 décembre 2019

Deux semaines en Syrie avec le youtoubeur Drew Binsky…

Drew Binsky, un youtubeur nord-américain avec 1,15 million d'abonnés, était en Syrie pour deux semaines pour des rencontres libres de la vie quotidiennes avec des Syriens de tous âges, de toutes professions. Vous trouverez sur sa chaîne Youtube les vlogs qu’il a montés lors de son séjour à Alep, Mhardeh, Homs, Tartous, Lattaquié, Damas… Plongez au cœur de la culture syrienne et prenez rendez-vous avec l’Orient !


Voyage en Syrie de Drew Binsky, après de récents parcours ailleurs au Moyen-Orient… Drew, a le mérite de présenter ses voyages avec le souci, par ses vidéos, d'engager sur ses traces ceux qui auront suivi ses pérégrinations… Aussi il s'attache, selon ses impressions et sa personnalité, à donner de nombreuses informations et des conseils, toujours perspicaces ! Créatif, Drew reste toujours prêt à tenter de nouvelles expériences tout en restant à l'écoute des autres voyageurs… Un séjour en Syrie opportunément accompagné de volontaires de SOS Chrétiens d'Orient !

"Qui suis-je ? Je m'appelle Drew Binsky… Mon projet est de visiter les 197 pays de par le monde. Je réalise des vidéos de voyage quotidiennes sur les gens, la culture et tout ce que je trouve intéressant sur ma route. Mon but ultime est de vous inciter à voyager au loin, parce que notre planète est magnifique !"







"La capitale syrienne de Damas est largement considérée comme la plus ancienne ville habitée en permanence sur terre, avec des preuves d'habitation datant de 11 000 ans au moins… environ 10 000 ans av. J.C. !
Cela est dû en grande partie au positionnement unique de la ville, à l'intersection de trois continents, au cœur du Moyen-Orient… au centre du monde ! Damas a été conquise par Alexandre le Grand en 333 av  J.C. et depuis elle aura été prise par des dizaines d'empires, avec les Romains, les Arabes, les Ottomans.
J 'ai passé les premiers jours de mon voyage en Syrie dans cette ville incroyable, et je l'aime tellement que je voulais lui dédier une vidéo entière pour vous montrer tout ce que vous pourrez y visiter.
Une chose que je n'ai pas beaucoup mentionnée dans la vidéo, c'est à quel point c'est SAFE à Damas. Je ne peux pas encore parler pour le reste de la Syrie, mais en ce qui concerne cette ville en ce jour, je me sens extrêmement en sécurité tout comme je le fais dans n'importe quelle autre grande ville du monde."



Drew Binsky poursuit son voyage à Damas… Aujourd'hui, il rencontre Antonio et Ibrahim, deux frères artisans propriétaires d'un atelier de marqueterie. De la générosité et des sourires en plein cœur de Damas. Si vous êtes dans le coin, passez les voir !








Drew Binsky a été reçu à Alep par les volontaires de SOS Chrétiens d'Orient




"Je dois avouer que la réalisation de cet enregistrement a été le plus dur que j'ai jamais eu à faire. J'ai passé ces deux derniers jours à Alep, autrefois passage sur l'ancienne route de la soie et capitale économique et culturelle de la Syrie… jusqu'à ce que, à partir de 2012, une terrible guerre eut brisé cette ville. De toute ma vie je n'ai jamais vu autant de destructions qu'en circulant autour d'Alep. Des quartiers entiers d'habitations, des écoles, des hôpitaux, des parcs, des marchés ont été réduits en ruines. Il est vraiment difficile d'en être témoin.
Mais à présent la reconstruction d'Alep est en plein essor, et c'est sur cette résurrection que j'ai décidé de me concentrer dans cette présentation. Les marchés reviennent à la vie, les vendeurs de rue sont dehors,  les propriétaires de magasins rénovent leurs échoppes telles qu'elles étaient traditionnellement il y a dix ans…
Je dirai aussi que la cuisine d'Alep est considérée comme la meilleure de Syrie, et croyez-moi, c'est la vérité !
En outre, la Citadelle d'Alep, la plus ancienne au monde, reste encore en grande forme, il est merveilleux de l'explorer et d'admirer de son haut un panorama à 360 degrés sur la ville."



Nous vous invitons à suivre Drew Binsky, lors de son passage à Alep… il visite la citadelle avec des volontaires de SOS Chrétiens d’Orient… qui le conduiront ensuite sur les chantier de reconstruction entrepris par l’association dans le quartier arménien de la ville. 



"La Syrie a connu une guerre permanente depuis 2011, environ 400 000 vies ont été perdues, 250 milliards de dollars de dommages ont été faits, les monuments historiques et les bâtiments importants ont été démolis, l'économie a bien du mal à se redresser…
Mais le peuple syrien reste solide, c'est le focus de cette vidéo. Les Syriens sont parmi les gens les plus résistants au monde. Vous pouvez percevoir l'espoir et le désir de chacun d'eux  de retrouver leur vie antérieure dans l'éclat de leurs yeux. Aujourd'hui, à Alep, je me suis rendu auprès de quelques personnes ordinaires, qui ont perdu leurs proches, leurs maisons, tous leurs biens. Voici leurs histoires.
Je voudrais adresser un grand merci à Alexandre et SOS Chrétiens d'Orient qui m'ont permis de me joindre à eux dans leur mission d'aide à la reconstruction de la Syrie afin qu'elle retrouve l'éclat de son passé, tel qu'avant la guerre. Venez les rencontrer si vous êtes volontaires pour du bénévolat en Syrie ou alors faites un don auprès de leur association en faveur des victimes sur le terrain de cette guerre affreuse."




"Quand je dis "Syrie", quelle est la première chose qui vous vient à l'esprit ? Je parie que ce n'est pas une magnifique côte, avec de superbes plages dans une ambiance très relax !
Par la route nous sommes descendus vers l'Ouest sur la côtes méditerranéenne de la Syrie, de Lattakié à Tartous, et je suis stupéfait par la beauté que j'y ai rencontrée… Je suis vraiment impressionné par tout ce que la Syrie a à offrir, et nous en sommes toujours juste au début !"




"Aujourd'hui, je me suis rendu une petite ville syrienne du nom de Sadad située entre Damas et Homs en marge du désert. J'y ai rencontré Suliman Khalil, ancien maire de 2013 à 2015. Il  a sauvé son village de l'État islamique.
En fait, Sadad est la première ville chrétienne à vaincu l'État islamique. Suliman est convaincu que ce fut un tournant majeur dans cette guerre syrienne.
Voici son histoire, dans une première entrevue… dans un style différent de mes vidéos habituelles, mais Suliman m'a dit tant de choses intéressantes que j'ai décidé de les présenter ainsi…
Je ne peux imaginer vivre dans cette guerre. Il est dévastateur et pénible d'entendre des histoires à ce sujet, mais j'ai ressenti le besoin de partager cette histoire parce qu'elle est de cet homme qui est un héros. Espérons que cela ouvre les yeux de certains aux réalités de la vie en Syrie."




"Hier, j'ai été invité dans une maison syrienne… Vraiment le meilleur accueil agrémenté d'une cuisine familiale que ai eu depuis longtemps. On m'a fait savourer un kebbeh… je puis désormais affirmer qu'il est mon plat préféré numéro 1 au Moyen-Orient (derrière le shawarma et le manaeesh).



J'ai passé cinq heures en compagnie de cette famille incroyable. Nous sommes allés au marché acheter les ingrédients avant de les cuisiner, puis nous avons mangé ensemble à l'extérieur autour d'une grande table.
Cette vidéo a été spontanée. Je ne savais pas ce qui allait se passer alors que je frappais à leur porte. Peut-être que ça allait être un jour ennuyeux sans grande conversation… Peut-être que la nourriture ne serait pas savoureuse … Il s'avère que ce fut l'une de mes expériences récentes les plus mémorables… J'espère que vous apprécierez ce goût particulier envers la nourriture et l'hospitalité syriennes ! Vous est-il maintenant évident que je suis amoureux de ce pays ?!"




"J'ai pris des taxis dans plus de 170 pays et je n'ai jamais connu de conducteurs aussi sympathiques qu'ici en Syrie ! Sérieusement les gars - je ne peux pas inventer ce truc ! Rouler dans un taxi en Syrie, c'est comme être invité chez quelqu'un pour vivre une expérience incroyable. Il vous offre du thé, des bonbons et tout ce qu'il a dans la voiture. Et plus important encore, il vous sourit et vous met à l'aise et en sécurité !
Dans cette vidéo, je n'ai pas mentionné à quel point un taxi est bon marché… Un trajet de 30 minutes à travers la ville coûte 1000 livres syriennes, environ deux dollars. Pas une si mauvaise affaire me direz-vous !
Si vous regardez cette nouvelle vidéo, je voudrais juste remercier tous ceux qui ont regardé, aimé, partagé mes vidéos sur la Syrie. C'est magique de vivre au sein de cette culture, goûter à cette hospitalité. C'est l'un de mes pays favoris de par le monde ! À demain pour encore plus sur cette merveilleuse Syrie !"




"Ouah ! Je suis vraiment impressionné par tout ce que j'ai vécu aujourd'hui en Syrie ! Bienvenue au Krak des Chevaliers - situé à l'ouest de Homs - considéré comme le château médiéval le plus préservé au monde… Il a été construit il y a presque exactement 1 000 ans et, bien qu'il ait été endommagé il y a quelques années lors de son occupation par des terroristes islamistes, il reste remarquablement conservé. Aujourd'hui ça a été un réel plaisir que d'explorer ce château dans chacun de ces recoins… J'y étais le seul visiteur !
Les sites historiques ne sont que l’une des nombreuses raisons pour lesquelles je suis tombé amoureux de ce pays du Moyen-Orient. Attendez ma dernière vidéo de Syrie demain - j'ai gardé le meilleur pour la fin !"




"Je suis vraiment triste que mon voyage de deux semaines en Syrie se termine. Ce pays est allé au-delà de toutes mes attentes à bien des égards. Au-dessus de tout je retiendrai son hospitalité. Les mots et les images me manquent pour vous dire à quel point les Syriens que j'ai rencontrés sont exceptionnels et réconfortants… Le plus souvent je n'actionne pas ma caméra lors des meilleurs moments. Cela n'aurait à vrai dire aucun sens, comment les gens pourraient-ils alors être authentiques ?
Tout ce que je peux vous dire, en toute sincérité, c'est que la Syrie vous offrira la plus belle hospitalité qui soit au monde. Au cours de ces 14 derniers jours, j'ai reçu de nombreux cadeaux, au hasard, simples élans du cœur - tous inattendus. Cette vidéo voudrait simplement vous proposer un retour sur ce voyage qui vous fera entendre parler de chacun de ces gestes !
À tous mes amis rencontrés en Syrie, merci de m'avoir fait passer du bon temps. Et pour vous tous qui aurez visionné mes vidéos, j'espère que votre regard sur ce pays aura changé… Je serai bientôt de retour !"

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Si comme Ken venu du Japon vous ne volez avec Sham Wings et atterrissez à l’aéroport international de Damas, votre retour passera par Beyrouth…  et une rencontre avec la "Révolution libanaise".
Pour suivre cette "Révolution" je ne saurais vous proposer une meilleure référence que Clande El-Khal : Journal d’un soulèvement libanais [www.claudeelkhal.blogspot.com] ou sa page Facebook,  Claude El-Khal



"Je suis très heureux de revenir au Liban pour la troisième fois! Ce pays est parmi mes favoris dans le monde pour de nombreuses raisons… Mais en ce moment l'ambiance n'y est pas telle que je m'en souvienne.
Au cours des 48 derniers jours, une révolution a eu lieu au cours de laquelle des personnes de tous âges, de toutes religions et de nombreux partis politiques ont manifesté dans les rues pour réclamer un Liban meilleur.
Je me suis promené dans le centre-ville de Beyrouth pour interroger des habitants au hasard et entendre ce qu'ils pensent… Leur voix veut être entendue. Fort et clair.
S'il y a une chose que je peux dire aujourd'hui, c'est que la grande majorité des gens de ce pays s'unit pour ne faire qu'un. Je n'ai jamais vu ou vécu quelque chose comme ça. C'est beau à voir."





Facebook : https://web.facebook.com/drewbinsky

SOS Chrétiens d'Orient : https://soschretiensdorient.fr/index.php/fr/

Facebook SOS Chrétiens d'Orient : Les amis de la Syrie

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Et aussi Xavi
January 2020 Syria Tour!



"Un peu de moi… Qui suis-je et pourquoi je voyage ?… Je m'appelle Xavi et je suis un Britannique voyageur qui a grandi dans les déplacements. Né à Bristol, j’ai vécu en Angleterre, aux Pays-Bas et pendant cinq ans à Oman. Les cultures, la politique internationale et l'aventure m'intéressent le plus, et ce sont les facteurs moteurs qui ont inspiré mes voyages. Je me suis déjà rendu dans 31 pays, notamment en Asie, en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique et en Amérique du Nord.
Depuis que j’ai déménagé à Oman, j’ai appris à parler l’arabe à un bon niveau et c’est une langue que j’apprends et perfectionne sans cesse. Étant né dans une famille partiellement polonaise, j’ai aussi grandi en polonais, mais mes compétences sont un peu rouillées.
Depuis 2019, j'étudie pour obtenir un diplôme de premier cycle en relations internationales, l'un de mes domaines d'intérêt."


Et encore Johnny Ward


"Basé en Thaïlande, je voyage à travers le monde. Je travaille depuis mon ordinateur portable, Après avoir commencé mon blog, j'ai rapidement appris à monétiser des blogs, fondé ma société de médias numériques Step4WardMedia.com, créé mon association caritative, créé une start-up pour l'éducation à Hong Kong, créé une petite agence de marketing de dentiste et gagné de l'argent assez rapidement, le la grande majorité provient de blogs, et maintenant je suis aussi libre que je n'aurais jamais pu rêver et je l'aime. Maintenant, j'essaie de dire aux gens qu'ils peuvent vivre leur propre vie, à leur manière, mais avec tant de fraudes sur Internet, les gens se méfient d'un jeune homme qui leur dit que c'est possible. Mais c'est possible, promis !"

Johnny Ward : Travel to Syria… How We Did it in 2019

Johnny Ward : Come to Syria (& Lebanon) with me in November (100% serious!) – 4 new spots available!


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Une autre arme et un autre angle de la guerre contre la Syrie :
lutter contre la retour du tourisme…
Venez donc en Syrie, ce sera votre participation à la lutte contre le terrorisme, sous toutes ses formes !

Slate : "En Syrie, le retour du tourisme provoque[rait]  la colère de la population" !

"C’est une autre arme et un autre angle de la guerre, ceux qui dans l’ombre, avec ou sans raisons, préfèrent voir le pays continuer à étouffer. D’un côté des "activistes" - groupes d’influence et de l’autre des médias. C’est l’éternel « si je ne peux pas t’avoir, personne ne t’aura ». Vous croyez une seule seconde que les habitants rejettent les touristes ? C’est un mensonge éhonté, les gens ici PRIENT le retour du tourisme, prient pour le retour à la normale du pays. Cet article est un étalage de frustration, c’est un article de perdants, c’est un article écrit et influencé par des égoïstes qui vivent de ce drap noir qui couvre la Syrie et dont ils sont les principaux ouvriers, ils sont ceux qui plutôt que de perdre la face préfèreront voir le pays crever, étouffer.

Je connais beaucoup de Syriens ayant voyagé qui se sentent le dos au mur pour avoir pris parti contre le gouvernement pour des raisons qui leur sont légitime et beaucoup qui ont juste bêtement suivi le mouvement… mais aucun ne souhaitait tout ce qui est arrivé, aucun ne voulait voir son pays détruit et manipulé, aucun n'espère que ça continue et chacun espère pouvoir revenir un jour.

J’invite quiconque à venir visiter la Syrie et voir par vous-même, j’aiderais même quiconque souhaite le faire sans mauvaise intention à se connecter à des agences de tourisme locales pour vous rendre compte pas vous-même auprès des habitants à quel point on vous ment. La Syrie a besoin de témoins…"  Pierre Le Corf, Alep

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Et, si vous souhaitez vous écarter de voyages purement touristiques, n'oubliez pas les "Voyages de Solidarité avec le peuple syrien" de La Communauté syrienne de France

Bienvenue en Syrie avec La Communauté syrienne de France !!!


Carnet de voyage en Syrie, avril 2017

Carnet de voyage en Syrie, novembre 2016

Carnet de voyage en Syrie, mars 2016

Carnet de voyage en Syrie, octobre 2015

Carnet de voyage en Syrie, août 2015






dimanche 24 novembre 2019

Napoléon III et l'Émir Abd-el-Kader : d'un Royaume arabe aux parjures républicains, de Mac Mahon à DeGaulle


Ils ne voulaient pas Napoléon III, ils auront eu DeGaulle !
Nul chef d’État ou de gouvernement français ne s’intéressa à l’Algérie autant que Napoléon III ; et tout comme son oncle avait voulu tâter de l’Orient en se rendant en Égypte, le second empereur mettra deux fois le pied sur le sol d’Algérie.  En Algérie, différents modes d’administration se succédèrent, sans cohérence, où l’armée, par l’intermédiaire des Bureaux arabes, faisait montre de paternalisme et parfois, de clientélisme. 


Le 16 octobre 1852 de retour d'une tournée en France, le futur Napoléon III vient annoncer solennellement sa liberté à l'Émir Abd-el-Kader.
Abd-el-Kader part pour Bursa puis Damas, où il enseignera la théologie à la mosquée des Omeyyades.

Dans les années 1860, prenant acte de la fin de la conquête de l'Algérie, Napoléon III préconise l'instauration d'un royaume arabe sous protectorat français, un peu comme il en ira plus tard avec le royaume du Maroc. Lui-même aurait eu le titre de « roi des Arabes ».

Il demande, et fait voter par le Sénat, le 14 juillet 1865, que les autochtones d’Algérie, musulmans et juifs, soient considérés comme les colons européens, et qu’ils aient accès aux emplois publics et militaires à part égale. Par ce senatus-consulte (décret impérial) du 14 juillet 1865 il est désormais permis tant aux juifs qu'aux  musulmans d’obtenir la nationalité française tout en demeurant régis pour leurs statuts civils par la loi musulmane ou hébraïque, ou d’opter à leur demande pour l’adoption des lois civiles françaises. « Je voudrais utiliser la bravoure des Arabes plutôt que de pressurer leur pauvreté… »

Le projet se heurte à l'opposition violente des colons européens. Ces derniers, qui se situent du côté de la gauche républicaine, seront parmi les plus ardents à combattre Napoléon III et à se réjouir de sa chute.

En septembre 1870, la chute de Napoléon III a une conséquence directe sur l’administration de l’Algérie, où elle est saluée par des cris de joie chez les Européens. C’est l’enterrement du « Royaume arabe » et d’une certaine idée de la France en Algérie.

Avant même la capitulation de Napoléon III, Abd-el-Kader est circonvenu par le chancelier Bismarck, qui l’incite à profiter de la situation et de reprendre le combat contre la France. L’Émir répond avec indignation :

« Excellence, celui à qui vous avez adressé l’offre de marcher contre la très glorieuse France et de vous prêter le concours de sa loyale épée devrait, par mépris et dédain, s’abstenir de vous répondre. Que nos chevaux arabes perdent tous leur crinière avant qu’Abd-el-Kader ben Mahi ed-Din accepte de manquer à la reconnaissance qu’il a pour le très puissant empereur Napoléon III (Que Dieu le protège) ».

La IIIe République de Mac Mahon, qui succède au Second Empire, prend le contrepied de la politique napoléonienne en intégrant plus étroitement l'Algérie à la France. Avec le décret Crémieux du 24 octobre 1870,  qui abroge le senatus-consulte de 1865, la IIIe République établit une discrimination inédite entre les 37 000 juifs, élevés au rang de citoyens français, et les musulmans.

Le décret Crémieux offre la citoyenneté pleine et entière aux juifs d'Algérie sous réserve du renoncement à la loi mosaique et à ses prescriptions contraires au droit civil en matière matrimoniale (ce renoncement avait déjà été entériné sous le Premier Empire par les consistoires métropolitains).  


Juifs d'Algérie


Dans la foulée, les colons originaires d'Europe (Italie, Espagne, Malte...) sont aussi francisés en bloc. Quant aux musulmans d'Algérie, ils sont maintenus dans le statut d'indigène. C'est le début d'une fracture douloureuse et irréductible entre les deux communautés.

En 1881, la Troisième République triomphante établit en Algérie un Code de l’indigénat qui s’apparente à un apartheid : les musulmans ne relèvent pas du droit commun, doivent circuler avec un laissez-passer, n’ont pas le droit d’organiser des réunions non autorisées et sont, à revenu égal, huit fois plus imposés que les colons ; quant à devenir français, il leur faut renoncer à l’islam. Dans le même temps, les expropriations de fellahs, stoppées pendant le Second Empire, reprennent, encouragées par l’État républicain…

L’objectif de l’autonomie locale du territoire est définitivement enterré, au profit d’un système colonial pur et simple. Concrètement, les confiscations de terre reprennent.

Dix ans après la disparition de Napoléon III, dans la nuit du 25 au 26 mai 1883, l’émir Abd-el-Kader rend l’âme à Damas. Après la cérémonie de la toilette funèbre, assurée par un théologien de l’université coranique du Caire, le service religieux se tient à la grande mosquée des Omeyades, après quoi la dépouille est transportée à la mosquée où repose le mystique andalou Ibn’Arabi dont se réclamait Abd-el-Kader, pour être inhumée à ses côtés…

Ainsi en abolissant le projet aussi lucide que généreux de l'Empereur Napoléon III, la IIIe République aura définitivement consacré en Algérie la rupture entre les colonisés (exclusivement musulmans) et les colonisateurs, qui viennent d'Europe et auxquels s'assimilent désormais les juifs... Une rupture que DeGaulle et sa Vème République ne fera qu'exacerber pour définitivement livrer l'Algérie au terrorisme FLN… Et pendant tout ce temps-là, depuis l'origine les Européens d'Algérie n'auront jamais compris où se situait leur avenir… Jean-Jacques Susini, s'inspirant largement du réalisme de Napoléon III ne sera que partiellement entendu alors que plus aucune réconciliation n'était possible… Ces Européens se félicitèrent de la chute de Napoléon III, la haine de DeGaulle à leur encontre aura triomphé et les aura emportés !   





Claude Vigoureux : Napoléon III et Abd-el-Kader, in Napoleonica La Revue 2009/1 (n° 4), pages 111 à 143

Herodote - Guerre d'Algérie : Une décolonisation qui ne passe pas

Herodote - 24 octobre 1870 : Crémieux francise les juifs d'Algérie

Herodote - Algérie : La guerre d'indépendance

Cela s’est passé un 24 octobre 1870, les Juifs d’Algérie deviennent français par le décret Crémieux

Louis Napoléon prince président annonçant à Abd-el-Kader sa libération au château d’Amboise, le 16 octobre 1852

vendredi 22 novembre 2019

La Grande Syrie d'Antoun Saadé… présentée par Régina Sneifer d'après les mémoires Juliette el-Mir, épouse d'Antoun Saadé… "le livre le plus important de ces 20 dernières années sur le Moyent-Orient" !




Une femme dans la tourmente de la Grande Syrie
D'après les mémoires de Juliette Antoun Saadé 

Régina Sneifer nous propose la première biographie de Juliette el-Mir, épouse d'Antoun Saadé (1909-1963), le leader du projet de la "Grande Syrie" et penseur du Moyen-Orient. Son engagement politique et romantique jusqu'à être la première prisonnière politique. Un livre-document inédit à partir de documents de premières mains mais écrit comme un roman…
- la première biographie d'une grande avocate de l'idéal politique d'Antoun Saadé, homme politique syro-libanais de premier plan ;
- des sources de premières mains pour la première fois accessibles en français ;
- un livre évènement au Liban et en Syrie ainsi que pour les milieux orientaux français ;
- un préfacier prestigieux : le professeur et ministre Georges Corm ;
- une écriture romancée très facile d'accès et une histoire de femme battante, première prisonnière politique du Moyen-Orient.


- Références de l’ouvrage : Une femme dans la tourmente de la grande Syrie par Régina Sneifer d’après les mémoires de Juliette El Mir (1909-1976) - préface de Georges Corm – Éditions Riveneuve. ISBN 978.2.36013.5962. prix 20 euros

- Le livre contient 16 chapitres précédés d’une préface de Georges Corm et d’un avant propos. Il s’achève sur un épilogue, suivi d’une abondante bibliographie.

Chapitre 1 : la première traversée (1909-1920)
Chapitre 2 : La première séparation (1920-1939)
Chapitre 3 : Engagée (1939-1940)
Chapitre 4 : Les Amants de Cordoba (Mars-Avril 1940)
Chapitre 5 : Dans le bonheur et les épreuves (1940-1941)
Chapitre 6 : Au bout du Mahjar (1942-1946)
Chapitre 7 : Nous rentrons (1946-1947
Chapitre 8 : À contre-courant, visionnaire (1947-1948)
Chapitre 9 : Mille et une trahisons (Janvier- Juin 1948)
Chapitre 10: L’EXÉCUTION
Chapitre 11 : En ligne de mire (9 juillet- 14 août 1949)
Chapitre 12 : Des répliques en cascade (15 août 1949-1954)
Chapitre 13 : À l’isolement (1854-1955)
Chapitre 14 : Tous les coups sont permis (Août 1955-1958)
Chapitre 15 : Mazzeh, le trou noir de l’Union (1958-1960)
Chapitre 16 : Plus forte qu’une forteresse (1960-26 décembre 1963)
Épilogue (28 décembre 1963-24 juin 1976)
Bibliographie





Depuis mars 2011, la Syrie est victime d’une « guerre civilo-globale » très meurtrière. Les États-Unis, leurs supplétifs européens, les pays du Golfe et leur allié israélien veulent réaliser en Syrie ce qu’ils ont fait en Afghanistan, Irak, Libye et Palestine : destruction de l’État-nation, fragmentations territoriales et cristallisations confessionnalo-religieuses au profit d’un ordre mondialisé sous la conduite de Washington et des grandes sociétés transnationales.

Dans ce contexte d’hystérie géopolitique, où les accords internationaux n’ont plus aucune valeur, qui se souvient de l’idéal d’une « Grande Syrie » laïque, démocratique et sociale ? La tragédie d’Antoun Saadé – son inventeur et promoteur – ne se réduit pas à son exécution sommaire mais s’identifie à celle de l’histoire du Croissant fertile, à celle d’une œuvre magistrale de philosophie politique qui fondait – pour la première fois dans le monde arabe – une doctrine sociale et nationale émancipée de toutes considérations ethnico-confessionnelles.

Son épouse – Juliette el-Mir (1900–1976) – l’accompagnera et le soutiendra avec la dernière énergie au prix de neuf années d’emprisonnement sévère. Aimante et romantique, elle rédigera ses mémoires, gardienne de l’âme et de l’œuvre de son époux face aux injures du temps et de l’histoire officielle. C’est la vie et le destin de ce couple révolutionnaire que retrace Régina Sneifer1 à partir de ces écrits qui dormaient dans le coffre d’une banque de Genève, publiés en arabe en 2003 et jamais traduits depuis. Pour la première fois, le livre-événement de Régina Sneifer donne accès aux lecteurs francophones à cette séquence culminante de l’histoire des Proche et Moyen-Orient. Tout en restant scrupuleusement fidèle au témoignage de Juliette Antoun Saadé, ce livre exceptionnel intègre nombre de recherches et d’archives historiques mises au service d’une biographie critique. Impressionnante, cette biographie historique s’impose aussi comme un grand roman. Ce qui ne gâche rien !

L’auteure – Régina Sneifer – n’est pas n’importe qui. Journaliste et écrivaine libanaise, on lui doit déjà l’un des meilleurs livres sur la guerre du Liban (1975–1990) : Guerres maronites (éditions de l’Harmattan, 1994). En 2006, elle publie le témoignage bouleversant de son engagement et de son évolution personnelle dans la tourmente du Pays du Cèdre : J’ai déposé les armes – Une femme dans la guerre du Liban (éditions de l’Atelier). En 2013, elle nous convie à un voyage plus poétique au cœur des mémoires phéniciennes : Benta’el, fille de l’alphabet (éditions Geuthner).

Avec son dernier ouvrage, elle poursuit cette quête d’intelligence et de compréhension des Proche et Moyen-Orient, saluée par son préfacier, le grand historien et politologue Georges Corm : « aujourd’hui, en nous faisant pénétrer dans l’intimité d’Antoun et de Juliette Saadé et de leur lutte permanente pour réaliser l’unité de la ‘Grande Syrie’, Régina Sneifer apporte enfin un éclairage nouveau et passionnant d’une question, plus que jamais vitale et d’actualité pour l’apaisement des conflits du Proche-Orient et la paix en Méditerranée ».

OBSTACLES ÉPISTÉMOLOGIQUES

Pourquoi Antoun Saadé, sa vie et son œuvre sont-ils à ce point ignorés, sinon caricaturés par les écoles françaises, anglo-saxonnes et arabes de sciences humaines et de géopolitique ? C’est comme si cet homme et sa pensée politique ne présentaient aucun intérêt, comme si – surtout – il ne fallait pas en parler… Ce blanc, cette impasse, cet impensé sont d’autant plus suspects que les rares allusions à Antoun Saadé – dans la bibliographie francophone - s’accompagnent, la plupart du temps, de noms d’oiseaux ou de différents qualificatifs des plus péjoratifs visant à en faire un admirateur d’Adolf Hitler. Rien n’est plus faux !

Cette torsion idéologique a longtemps été bien commode pour justifier le désintérêt, sinon le silence entretenu sur l’œuvre de Saadé… En l’occurrence et en matière de filiation nazie et fascisante, Pierre Gemayel – le fondateur du parti bien nommé des « Phalanges » – est l’homme politique libanais qui, au retour des jeux olympiques de Berlin en 1936, a le plus ouvertement proclamé son admiration et son allégeance au fondateur du Troisième Reich et au franquisme dont il a copié les mots d’ordre : « Dieu, Patrie, Famille ». Mais de cette filiation-là, les commentateurs politiquement corrects sont beaucoup plus avares.

Hormis ce parti-pris idéologique, ce sont plutôt l’œuvre de philosophie politique et l’action d’Antoun Saadé qui fonctionnent comme autant d’obstacles épistémologiques – au sens donné à ce concept par Gaston Bachelard – : ceci explique partiellement les dédains académiques et politiques dont reste victime ce penseur qui sort aujourd’hui progressivement de l’oubli. Cette justice tardive qui l’exhume d’un purgatoire entretenu n’est pas seulement le fait du livre de Régina Sneifer qui arrive à point nommé, mais aussi la résultante d’une série d’échecs idéologiques qui minent les Proche et Moyen-Orient – des impérialismes occidentaux aux différentes expériences avortées du nationalisme arabe, de l’islamisme politique aux terrorismes islamiques. Antoun Saadé s’est opposé aux uns comme aux autres : aux empires centraux français et britannique, aux inventeurs d’un nationalisme arabe calqué sur celui des puissances européennes, aux activistes religieux (musulmans, juifs et chrétiens) de toutes obédiences.

Cyrano de Bergerac oriental, Antoun Saadé a accumulé les ennemis. Ses rejets multiples ont fini par converger pour aboutir à son exécution en 1949. Cette mise à mort arrangeait tout le monde, du moins les principaux acteurs politiques régionaux et internationaux engagés dans une phase décisive de reconfiguration et de partage de l’Orient au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Au fil des pages de Régina Sneifer, on comprend mieux pourquoi et comment les concepts majeurs de la philosophie politique d’Antoun Saadé et son action politique ont fonctionné comme autant d’obstacles épistémologiques devenus des menaces pour sa propre vie, celles de sa famille et pour son œuvre. Avec la même passion qui accompagne la lecture des plus grandes tragédies, on découvre les enchaînements terribles de cette vie shakespearienne.

LE PSNS

Antoun Saadé est né le 1er mars 1904 dans le village de Dhour Choueir au Mont Liban. Il entame ses études au Caire et les poursuit à Broumana au Liban. Après la Première Guerre mondiale, il émigre au Brésil où il rejoint ses parents et commence à s’intéresser au nationalisme latino-américain, notamment à la « révolution bolivarienne » qui va beaucoup influencer la construction de sa pensée. Celle-ci se structure en proximité de la philosophie d’Auguste Comte et, plus tard, des conceptions nationales naissantes du péronisme argentin. Il participe à la rédaction du magazine littéraire Al-Majalla, un journal fondé par son père Khalil Saadé. Durant cet exil hyper-actif, il apprend aussi à parler le portugais, l’anglais, l’espagnol, l’allemand, le français et le russe.

En 1924, il fonde son premier mouvement politique affichant l’objectif principal de la libération de la Syrie sous mandat français. En 1930 à Damas, il collabore au journal al-Ayam. En 1932, il rentre au Liban et enseigne à l’Université américaine de Beyrouth. Avec cinq de ses étudiants, il crée le 16 novembre 1932 le Parti social national syrien (PSNS), hostile aux occupations européennes du Levant et prônant une unification de l’Orient, similaire à la libération que le général vénézuélien Simon Bolivar revendiquait pour le continent latino-américain autour d’une « Grande Colombie ».

Organisation clandestine dissimulée derrière le paravent d’une société commerciale, le PSNS engrange les succès au point d’inquiéter fortement les autorités mandataires. Le 16 novembre 1935, Antoun Saadé est arrêté et condamné à six mois de prison pour activité subversive. En prison, il écrit un livre fondateur : La Genèse des nations (Nouchoû el Ouman). Le manuscrit d’une deuxième version sera confisqué et sans doute détruit. Retrouvant la liberté, il est de nouveau interpellé en 1937, alors que le PSNS est légalisé. Ses militants combattent violemment les « Phalangistes » de Pierre Gémayel à Bikfaya et dans d’autres localités du Liban.

À cette époque, rapporte Régina Sneifer, Antoun Saadé déclare : « si l’on veut absolument que le Liban constitue une entité, il faut au moins que cette entité soit commune à tous les Libanais et qu’elle ne soit pas accaparée par une secte dominante qui réduit le Liban à elle-même. Nous exigeons la fin des privilèges d’une seule secte confessionnelle et nous dénonçons l’arrogance du parti fasciste qui s’est proclamé son représentant ».

Suite à de nouveaux affrontements avec les « PhalangistesV» de la famille Gemayel, Antoun Saadé est devenu l’homme à abattre. En 1938, il doit s’exiler de nouveau en Argentine où il rencontre sa future épouse. En 1939, les autorités françaises interdisent son parti. Durant la Seconde Guerre mondiale et les soulèvements contre les autorités mandataires, Saadé est condamné par contumace à vingt ans de prison. En 1946, il rentre au Liban mais doit prendre le maquis pour fuir la justice libanaise qui veut aussi le neutraliser. Le PSNS est à nouveau autorisé en 1947, bien que dénonçant radicalement la partition de la Palestine et la tension fabriquée entre le Liban et la Syrie. Le PSNS condamne radicalement le démembrement du Croissant fertile, imposé par les accords franco-britanniques Sykes-Picot (16 mai 1916) et la déclaration Balfour (2 novembre 1917).

Lors d’élections législatives, Antoun Saadé lance un appel pour mettre fin au confessionnalisme libanais et pour l’instauration d’un État « laïc » et « démocratique ». Sa popularité est alors à son comble. Le gouvernement de Riyad el-Solh et les Phalangistes décident de s’unir pour détruire son mouvement qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Les Phalangistes ont mis un contrat sur sa tête. Inlassablement traqué, il réagit en fomentant une insurrection qui va se retourner contre lui : plus de 3 000 militants du PSNS sont arrêtés. Antoun Saadé se réfugie à Damas. Dans un premier temps, il est bien accueilli par l’ancien colonel putschiste Zaïm. Mais, soumis à de fortes pressions internationales, le gouvernement syrien le livre aux autorités libanaises.

QU’EST-CE QUE « LA GRANDE SYRIE » ?

Après une parodie de jugement – moins de quarante-huit heures après son transfert – il est exécuté précipitamment le 8 juillet 1949. L’anéantissement de l’amour de sa vie n’apporte pas le point final aux tourments de Juliette. Les ennemis de la « Grande Syrie » vont attenter plusieurs fois à sa vie, multiplier les emprisonnements, la forcer à un nouvel exil européen. Elle doit aussi faire face à de nombreux retournements, sinon aux trahisons de plusieurs cadres du parti. En 1965, elle quitte l’Europe pour l’Afrique. Établie au Ghana, elle entreprend la rédaction de ses mémoires. Juliette a soixante ans lorsqu’elle met le point final à ce témoignage pour l’Histoire avant de rentrer au Liban en 1970.

Régina Sneifer : « au sortir de sa vie, une nouvelle ruse de l’histoire lui joue encore un tour. Elle s’éteint à Beyrouth le 24 juin 1976 au début d’une guerre qui déchirera le Liban pendant quinze ans. En présence d’une poignée de fidèles, sa dépouille est inhumée au cimetière de Mar-Elias de Beyrouth, à côté de la tombe vide de son mari. Peu importe ! désormais, rien, plus rien, ni la mort, ni aucune autre ruse, ne la séparera de son Zaïm ».

Dans un entretien avec l’auteur de ces lignes Régina Sneifer insiste sur l’une des motivations essentielles de cette écriture passionnée qui a pris plusieurs années : « des mémoires de Juliette subsistent la puissance d’un grand amour mais aussi cette idée de la "Grande Syrie” qui a donné lieu à tellement de contresens et de caricatures ». En effet, Antoun Saadé était hostile à l’idéologie réductrice du nationalisme arabe parce que – pour lui – une nation ne se fonde pas sur une langue, une religion ou une quelconque ethnie. Au contraire, la nation a vocation d’accueillir plusieurs communautés. Pour lui, l’identité du citoyen c’est le territoire et sa géographie.

Dans la première version de La Genèse des nations, il explique : « une nation résulte du mariage d’un groupe d’hommes et d’une terre ». Encore : « la nation résulte non de l’origine ethnique commune, mais du processus unificateur du milieu social et physique ambiant. L’identité des Arabes ne provient pas du fait qu’ils descendraient d’un ancêtre commun, mais qu’ils ont été façonnés par le milieu géographique : le désert de l’Arabie, l’Assyrie pour la Syrie, le Maghreb… ».

Même s’il admet et intègre l’arabité de la Syrie, il n’en fait pas le facteur dominant qui, selon lui, doit être politique. Renvoyant dos à dos les internationalismes « capitaliste » et « marxiste », de même que les prétentions politiques de toutes les religions, Antoun Saadé anticipe une forme très moderne de multilatéralisme.

En effet, sa « Grande Syrie », n’a rien à voir avec la construction théocratique d’un improbable « Grand Israël », ni avec le « Christianistan » de la bande à Walid Pharès, obsédée de murs et de purification ethnique… Non, la « Grande Syrie » d’Antoun Saadé, c’est l’unification progressive du Croissant fertile. À défaut de toujours servir à faire la guerre, la géographie finit par imposer aux relations internationales d’intangibles réalités. C’est ce que nous sommes actuellement en train de redécouvrir avec la fin prochaine des opérations militaires lourdes en Syrie. Les reconstructions politique et économique du pays concerneront non seulement la Russie et la Chine, mais aussi l’Iran, l’Irak, le Liban, la Turquie et d’autres pays de la région. Et cette dynamique ne sera pas sans conséquence sur les frontières des uns et des autres. Toujours est-il – comme le souligne Georges Corm – que la Grande Syrie de Saadé et sa volonté d’unification pourront inspirer les futurs faiseurs de paix…

HORS DE TOUTES CONSIDÉRATIONS D’APPAREIL

L’un des autres grands mérites du livre-événement est d’être resté en dehors de toute espèce de considération d’appareil. S’en tenant aux mémoires de Juliette, pris comme fil rouge, l’auteure a d’emblée écarté toute consultation des militants et cadres du PSNS, afin de ne prêter aucune prise aux inévitables querelles d’appareil qui ne manquent pas d’alimenter l’histoire des formations politiques.

Par contre, son travail de journaliste et d’historienne s’est évertué à vérifier et compléter le récit de Juliette en l’enrichissant de multiples archives et éclairages dont atteste une imposante bibliographie placée en fin de volume.

Régina Sneifer : « disons-le d’entrée de jeu ! La première difficulté est liée au Parti social national syrien, le PSNS, fondé par Antoun Saadé en 1932. Ce parti que Saadé a voulu comme vecteur de changement, s’est heurté à la géopolitique complexe et enchevêtrée des Proche et Moyen-Orient du XXème siècle. Enlisé dans le bourbier de la guerre du Liban où la logique milicienne et la violence avaient envahi l’espace politique, le PSNS avait l’excuse facile. Dans ces conditions extrêmes, le ciment interne s’est lentement fissuré dans une myriade de luttes concurrentielles aux conséquences désastreuses sur le devenir de cette formation auparavant très prometteuse ».

Plus loin : « il est extrêmement rare pour un parti dans cette région du monde de disposer d’une documentation aussi riche et abondante. Pourtant, je n’ai pas tenté d’éplucher la masse de ces traces. L’archive ne dit pas spontanément l’histoire vraie. Je n’aurai pas su faire le tri. Je n’aurai pas su non plus démontrer si le PSNS a mis à exécution efficacement les idées et le projet de Saadé bien que les chefs successifs du parti s’y soient référés ». Pour un livre d’une telle importance, tout va pour le mieux en le disant !

On l’a compris, prochetmoyen-orient.ch recommande chaudement la lecture et la diffusion de ce livre-évènement. Elle n’hésite pas à le classer parmi les ouvrages les plus importants des dix dernières années, pour mieux comprendre l’Orient compliqué.











jeudi 21 novembre 2019

Ken, premier Japonais à voyager en Syrie depuis 2011, ses rencontres avec le peuple syrien, ses découvertes… …




Venu du Japon, Ken est arrivé à Damas par un vol Cham Wings


Comme Ken venu du Japon volez avec Sham Wings et atterrissez à l’aéroport international de Damas… Aujourd’hui, suivez Ken à Damas, Maaloula, Sednaya, Tartous, Lattaquié, Hama, Homs, Alep… Partagez ses rencontres avec ses amis, en toute liberté, hors de la présence inopportune de quelque guide touristique dénaturant tout contact authentique avec le peuple syrien... Voyage tel que nous en avons nous-mêmes vécus, nombreux, librement et en toute sécurité avec la Communauté syrienne de France


Hi, this is KEN :)
For sure this is the first video by a Japanese traveler after the war.
I visited Syria for meeting my friends, and it was my first time to visit this country.
I'll upload more videos about Syria, so subscribe my channel for watching next video :)


From today I’ll upload the video about my travel inside Syria. I wish you to enjoy my video!
The landmarks
- Damascus International Airport
- Handcraft Market
- Tekkiye Mosque Complex
- National Museum
- Al Hamidiya Souq
- Mausoleum of Saladin
- Umayyad Mosque


The landmarks
- Christian District
- Jewish District
- Sayyida Ruqqaya
- Sayyida Zainab
- Maktab Anbar
- Al Azm Palace



Today’s video is the last vlog about my trip to Christian town Maaloula. Enjoy my video! 皆さん、KENです。






Today I upload the video about my travel in the central region of Syria. I explored the city of Hama and Homs, and some towns around them.


Today I upload the video about my travel in Aleppo. 3 years have passed since the battle ended, but still there are very few tourists entered the city. So, I believe it would help your understanding of current situation inside the city.


(17 mars 2019) Today’s episode is about Coastal areas of Syria, where most people do not have any ideas. Latakia has the largest port, and Tartous has the only inhabited island in the country. These places are so lovely, so I wish you enjoy my video a lot!

Please watch this video until the end to be sure to understand !
يرجى مشاهدة هذا الفيديو حتى النهاية للتأكد من فهم معنى هذا.






mercredi 20 novembre 2019

Alphonse Juin, Maréchal de France, est élu à l'Académie française le 20 novembre 1952


Maréchal Alphonse Juin (dernier Maréchal de France), 2 juillet 1962 :

« … Que les Français, en grande majorité aient, par referendum, confirmé, approuvé l'abandon de l'Algérie, ce morceau de la France, trahie et livrée à l'ennemi, qu'ils aient été ainsi complices du pillage, de la ruine et du massacre des Français d'Algérie, de leurs familles, de nos frères musulmans, de nos anciens soldats qui avaient une confiance totale en nous et ont été torturés, égorgés, dans des conditions abominables, sans que rien n'ait été fait pour les protéger : cela je le pardonnerai jamais à mes compatriotes. La France est en état de péché mortel. Elle connaîtra un jour le châtiment. »




Fils d’un gendarme en poste à Mostaganem, Alphonse Juin fit ses études secondaires en Algérie, aux lycées d’Alger puis de Constantine, avant d’intégrer Saint-Cyr en 1910. Sorti major de sa promotion en 1912, il servit pendant deux ans au Maroc. Quand éclata la Première Guerre mondiale, il fut rappelé en Métropole et participa aux combats avec les Tabors marocains. Blessé en 1915, il perdit l’usage de son bras droit. Il repartit alors pour le Maroc où, après quelques mois de convalescence il refuse le poste d’officier d’ordonnance du général Lyautey pour servir à l’état-major de Rabat avant de recevoir, en décembre 1916, le commandement d’une compagnie de mitrailleuses du 1er régiment de tirailleurs marocains. En octobre 1918 enfin, il devait rejoindre l’état-major de la 153e division d’infanterie, puis fut détaché à la mission militaire française près de l’armée américaine.

Après la guerre, il enseigna une année à l’École de guerre avant de regagner l’Afrique, où il se battit dans le Rif. Son action vigoureuse en faveur de la pacification du Maroc au début des années 20 lui valut d’être proposé à titre exceptionnel pour le grade de chef de bataillon.

Étant repassé vers 1930 par l’École de guerre pour y dispenser un cours de tactique générale, il gravit tous les échelons de la hiérarchie militaire, fut promu chef d’état-major des forces armées de l’Afrique du Nord, puis, à la fin de l’année 1938, général de l’Armée d’Afrique.

En 1939, au moment de la déclaration de guerre, il fut nommé commandant de la 15e division d’infanterie motorisée. Il couvrit la retraite de Dunkerque en mai 1940, mena un combat désespéré, mais fut fait prisonnier le 19 mai. Libéré à la demande de Vichy en juin 1941, il fut envoyé pour succéder à Weygand comme commandant en chef des forces d’Afrique du Nord.

S’étant rallié aux Américains en novembre 1942, il prit la tête du contingent français qui arrêta la force de l’Axe en Tunisie, et contribua à l’anéantissement de l’Afrikacorps. Appelé à la tête du corps expéditionnaire français en Italie, il imposa aux Alliés son plan d’offensive et perça en mai 1944 le front allemand sur le Garigliano, ouvrant la route de Rome et de Sienne. Son corps fut ensuite affecté au débarquement de Provence… … 


par
André Maurois
directeur de l’Académie française
à l’occasion du décès du
Maréchal Alphonse Juin
décédé le 27 janvier 1967, à Paris


Le peuple de Paris, le Gouvernement, l’Église et l’Armée ont fait hier au Maréchal Juin des funérailles dignes d’un héros. Pour l’Académie française, ce deuil est intime et douloureux. Nous admirions le chef de guerre ; nous aimions le confrère et l’ami. Sa simplicité, sa bonté nous avaient conquis. Avant les événements et la maladie qui attristèrent sa fin, sa gaieté confiante éclairait nos rencontres du jeudi. « Les gens graves ne sont pas sérieux » disait-il. Nous savions qu’il était, sur le champ de bataille, le chef le plus ferme et le plus précis. Ici nous l’avons toujours vu cordial, attentif et prêt à prendre sa part de nos tâches familières. Ce grand soldat, quand il le voulait, devenait un écrivain.

Mais nous l’avions élu surtout parce que l’Armée française lui devait d’avoir retrouvé sa plus vieille amie : la victoire. On ne dira jamais assez ce qu’ont été son rôle et celui de l’Armée d’Afrique de 1942 à 1944. Que cette Armée ait été préservée, maintenue, entraînée et même accrue après la défaite, est un miracle dont deux des nôtres : Weygand et Juin, furent les artisans. Les armes sauvées avaient été camouflées, cachées dans des grottes de montagne, dans des puits de mine, sous les scènes des théâtres. Le devoir des commissions d’armistice ennemies eût été de découvrir ces ruses. Mais j’ai copié en 1943, lorsque j’étais à Alger sous ses ordres, une note du général Juin sur les réponses à faire aux commissions de contrôle. Elle n’a jamais été publiée et je me permets de vous en citer quelques phrases parce qu’elles montrent comment Juin, bien avant le débarquement, résistait à l’ennemi et préparait les combats futurs.

« Il convient, disait-il, que tout officier sache exactement dans quel sens il doit répondre pour éviter les pièges des questionnaires allemands. Les questions posées peuvent avoir pour but de connaître : 1°) la mission de l’unité en opération. Sur ce point il convient de rester absolument muet ; il y a lieu de répondre que l’on ne sait rien et que des directives seront données en temps utile par le commandement. 2°) l’orientation qui est donnée à l’instruction. Il y a intérêt à ce que les Allemands ignorent jusqu’à quel point est poussée l’instruction dans les particularités du combat moderne. Répondre par des généralités sur les chapitres bien connus du règlement. 3°) le degré d’entraînement et la valeur de la troupe. Sur ce point il faut éviter un double écueil. Si l’on exagère la faiblesse de l’Armée d’Afrique, on inspire aux Allemands le désir de se substituer à nous ; si l’on étale complaisamment les qualités de cette armée, on peut amener les Allemands à penser qu’elle constitue pour eux un danger. C’est entre ces deux écueils qu’il faut tenir le juste milieu. Signé : JUIN, commandant en chef. »

Voilà pourquoi il existait encore, en 1943, une Armée d’Afrique. Elle était mal vêtue, mal équipée, mal nourrie, mais elle possédait des soldats merveilleux, d’excellents officiers, de nobles et anciennes traditions. Elle était capable, au prix de souffrances et de privations, de faire campagne. En fait ce fut elle qui, après le débarquement et en attendant l’arrivée des grands détachements alliés, arrêta seule, avec ses pauvres moyens, l’avance des blindés ennemis. Je le répète, on ne dira jamais assez que, sans Juin et ses hommes, il n’aurait pas été possible de tenir en Tunisie. En pensant à leur dénuement, on les rapproche des soldats de l’An Deux ; en pensant à leur ténacité, à leur foi, on évoque les soldats de la Marne.

La fin de la campagne fut épique et foudroyante. Une manœuvre, dont le général Juin avait eu l’idée, fit roquer deux divisions blindées de la droite à la gauche du dispositif allié. L’ennemi, entièrement surpris, s’effondra. Toute son armée (224 000 hommes, 26 généraux, 1 000 canons, 250 chars) fut prise. La bataille d’Afrique était terminée. Le général Eisenhower, dans son bulletin de victoire, écrivait : « Les Français, avec un équipement pauvre et désuet ont effectué sur le champ de bataille un magnifique travail. Leurs combats ont égalé ce que l’on peut attendre de mieux de la meilleure armée du monde. »

Au général Juin, qui s’était révélé grand stratège, fut confié le commandement du Corps Expéditionnaire français en Italie. Là il me conduisit au pied des terribles montagnes qu’il fallait franchir et m’emmena dans ses tournées d’inspection aux avant-postes. Il inquiétait un peu son état-major par sa hardiesse et sa volonté de tout voir. Ses hommes adoraient ce chef qui, la pipe au bec et le béret étoilé en bataille, venait en jeep jusqu’aux points les plus dangereux. Ils aimaient sa bonhomie, ses boutades. On aurait pu dire de lui ce que Bossuet disait de Condé : « Jamais homme ne craignit moins que la familiarité ne blessât le respect. »

Avec sa remarquable intuition stratégique il fut le premier à comprendre que l’on n’enlèverait pas le Monte Cassino par une attaque frontale. Nourri des principes napoléoniens, il proposa une fois encore de créer la surprise par la manœuvre. (…) « Juin dessine d’un trait ferme le plan de sa manœuvre ». Il proposait de faire traverser en secret le Garigliano par 30 000 hommes et de jeter les tabors du général Guillaume dans le massif de Petrella que l’ennemi croyait inviolable. Il eut grand-peine à faire approuver ce plan hardi par les Alliés. Puis, non seulement ils acceptèrent ce ferme dessin tracé par un Français, mais ce fut l’Armée d’Afrique qui força le verrou des Abruzzes. Le général américain Clark écrivit à Juin : « Vous êtes en train de prouver à une France anxieuse que l’armée française a conservé ses plus belles traditions. » Quelques jours plus tard le général Juin faisait dans Rome une entrée triomphale. La défaite de 40 était effacée par la victoire de Garigliano.

Juin aurait voulu exploiter cette victoire. Il avait été Bonaparte à l’armée d’Italie ; il espérait pousser jusqu’au Brenner, entrer en Autriche et, qui sait, remporter une nouvelle victoire de Wagram. Mais des engagements avaient été pris et les plans des Alliés étaient différents. Il dut quitter son cher Corps Expéditionnaire pour devenir le chef d’état-major général de la Défense nationale. On sait comment, après la victoire finale, il revint au Maroc où ses anciens goumiers, ses tirailleurs, gens de poudre et d’honneur, lui faisaient une escorte invisible ; comment il devint commandant en chef des armées alliées de Centre-Europe ; comment il fut, à l’approbation de la France entière, fait Maréchal de France ; comment enfin cette éblouissante carrière fut brusquement interrompue par les événements d’Algérie. Né dans ce pays, il fut alors écartelé entre son attachement à sa terre natale et son respect de la discipline. À ses loyalismes il sacrifia sa vie. Il aura eu du moins cette consolation : la certitude d’avoir fait en toute circonstance ce que lui commandait sa conscience. En ces grands déchirements l’âme seule est juge.

Pour nous, le souvenir que nous conservons de lui est à la fois celui du confrère souriant et affectueux qui, chargé de gloire, se pliait avec tant de bonne grâce à nos paisibles travaux, et celui du chef qui, debout au milieu de ses troupes, entrevoyait, en des éclairs de génie, les manœuvres décisives. En votre nom, je dis la respectueuse sympathie de l’Académie à la Maréchale Juin, à ses deux fils et aussi à ses soldats d’Italie qui, ayant servi sous ses ordres et l’ayant aimé, se souviennent avec gratitude qu’il les conduisit à la victoire.


Académie française : Allocution lors du décès du maréchal Alphonse Juin

Académie française : Alphonse Juin, élu le 20 novembre 1952 au fauteuil 4, biographie


*     *    *


Le hasard aura voulu que je relise ce 20 novembre des éléments biographiques de deux immenses soldats, celle du Maréchal de France Alphonse Juin (élu à l’Académie française le 20 novembre 1952) ainsi que celle du général Franco (décédé à Madrid le 20 novembre 1975). Jamais je n’avais encore réalisé combien leur contemporain, le politicien DeGaulle, était petit.






In memoriam : Generalísimo Francisco Franco, Caudillo de España por la Gracia de Dios


Francisco Franco Bahamonde, né le 4 décembre 1892 à Ferrol et décédé le 20 novembre 1975 à Madrid, est un militaire et homme d'État espagnol. Durant la guerre d'Espagne, il s'impose comme chef du camp nationaliste qui remporte la victoire sur les républicains. De 1939 à 1975, il dirige un régime politique (État franquiste) avec le titre de Caudillo (chef ou guide) : « Generalísimo Francisco Franco, Caudillo de España por la Gracia de Dios ».



Conscient de son inexpérience en matière politique, Franco s'appuya sur son beau-frère, Ramón Serrano Súñer, la Phalange et l'Église catholique, ralliée à son camp après les massacres anticléricaux de 1936, sans oublier les monarchistes (carlistes, conservateurs et autres). Il reçut le soutien des Espagnols effrayés par l'anti-catholicisme et la violence à laquelle avait fait face la République comme l'assassinat de Calvo Sotelo, les massacres de 7 000 prêtres et autres manifestations de sacrophobie.

En revanche, Franco n'est ni phalangiste, ni carliste, ni fasciste, ni libéral, ni démocrate-chrétien. Ce n'est pas un idéologue mais un militaire conservateur, déçu tout à la fois par Alphonse XIII et par la République. Sa stratégie repose sur son prestige personnel. Elle consiste à s'entourer de toutes les familles idéologiques de son camp et à arbitrer leurs conflits sans jamais souscrire personnellement à aucune tendance. Sa conception de la société et de l'État est dans la lignée de la pensée de Juan Donoso Cortés. Il voulait un État et un gouvernement en accord avec les anciens principes de l'Église catholique.

L'anticommunisme constitue l'autre grand pilier de sa politique. Franco considère insensée la guerre mondiale qui oppose les peuples de l'Europe au seul profit de l'Union soviétique. Il lui paraît qu'il y a deux guerres : une, légitime, celle de l'Europe contre le communisme (ce qui explique l'envoi de la Division bleue en réponse aux Brigades internationales), l'autre, illégitime, entre les Alliés et l'Axe. Selon l'historien américain Robert Paxton, Franco était « d'une hostilité maladive à la démocratie, au libéralisme, au sécularisme, au marxisme et tout spécialement à la franc-maçonnerie ».
Selon Pierre Milza ce régime ne répond pas, du fait de son appui principal sur l'Armée et l'Église, à la définition du fascisme tel qu'il s'est installé dans l'entre-deux guerres en Italie et en Allemagne.


Par ces liens familiaux, le général Franco très proche de la France légitime !…
Maria del Carmen Polo y Martínez-Valdés (1902-1988), après avoir rencontré Franco en 1917, l'épouse en 1923 et en 1926, donne naissance à leur seul enfant, María del Carmen. Elle est décédée à Madrid en 1988.

María del Carmen Ramona Felipa de la Cruz Franco y Polo, duchesse de Franco : sa fille. Elle a épousé Cristóbal Martínez Bordiú, marquis de Villaverde, le 10 avril 1950. Elle vit aujourd'hui surtout à Miami (Floride). Elle dirige La Fundación Nacional Francisco Franco, fondée en 1977, avec pour objectif de défendre la mémoire de son père.

Carmen Martínez-Bordiú y Franco, sa petite-fille, aînée des enfants de Carmen. Elle avait épousé en première noce Alphonse de Bourbon, duc de Cadix, cousin du roi d'Espagne Juan Carlos et aîné des Bourbons.

Leur fils Louis de Bourbon est aujourd'hui le prétendant légitimiste à la couronne de France. Il est à la fois l'arrière-petit-fils de Franco et l'arrière-petit-fils du roi d'Espagne Alphonse XIII.



Le prince Louis de Bourbon en compagnie de son épouse la princesse Marie Marguerite
et de leurs enfants la princesse Eugénie, le prince Louis et le prince Alphonse…

De jure, Louis XX, roi de France.
Arrière-petit-fils du Generalísimo Francisco Franco, Caudillo de España por la Gracia de Dios 
et arrière-petit-fils du roi d'Espagne Alphonse XIII…