Qui ne risque rien n'est rien… sur le chemin de Damas, alors que les opinions ont cédé face aux certitudes…
on ne le dit assez : un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi, ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances.

vendredi 10 décembre 2010

La CPI pour Gbagbo ?

Une défection significative

Laurent Gbagbo comptait sur une contestation violente de son coup d'État dans la rue, afin de massacrer les populations et mettre Alassane Ouattara, le nouveau président, dans une position inconfortable devant la communauté internationale. Mais le nouveau président et le groupement politique qui le soutient ont préféré utiliser "la tactique du serpent boa" qui consiste à s'enrouler autour de la proie pour l'avoir par asphyxie.

Laurent Gbagbo pourra-t-il gouverner la Côte d'Ivoire contre la volonté clairement affichée de son peuple et contre monde entier ? Il pensait pouvoir mettre le monde entier devant le fait accompli en procédant à son investiture, alors même que l'Union africaine avait annoncé pour le même jour, l'arrivée en Côte d'Ivoire de l'ancien président sud-africain, Tabo M'beki, pour essayer de trouver une solution à la crise qu'il a créée en refusant de reconnaître sa cuisante défaite après le deuxième tour. Il espérait, se souvenant sans doute de plusieurs précédents, que la communauté internationale adopterait des positions contradictoires sur lesquelles il s'appuierait pour se maintenir au pouvoir, en "bon démocrate", contre la volonté de son peuple. Mal lui en a pris. Car, Laurent Gbagbo, en bon historien, vient de se rendre compte que pour la première fois dans l'histoire, la communauté internationale a fait preuve d'une unanimité incroyable dans la condamnation d'un coup d'État électoral. Laurent Gbagbo se retrouve donc seul, sans aucun soutien ou plutôt avec plusieurs soutiens dont celui de… on n'en voit pas. Il comptait sur la Russie et la Chine. Depuis hier, ces deux pays ont signé la déclaration du Conseil de sécurité de l'Onu, condamnant son coup d'État électoral et reconnaissant M. Alassane Ouattara comme le président élu et légitime de la République de Côte d'Ivoire. Le Conseil de sécurité a même menacé d'infliger des sanctions ciblées (Gbagbo et ses généraux) contre tous ceux qui font obstacle à la volonté du peuple de Côte d'Ivoire. Le monde ne veut plus voir naître en Afrique, des dictateurs qui bafouent et méprisent le choix de leur peuple. Et cette nouvelle attitude commence avec Laurent Gbagbo qui, aussi incroyable que cela puisse paraître, a décidé de troquer les habits de démocrate contre ceux de fossoyeur de la démocratie. Sa stratégie, qui a toujours consisté à opposer l'Afrique à l'Europe, n'a cette fois-ci, connu aucun succès. L'Afrique, à travers l'Union africaine et la Cedeao, lui a demandé, fermement, de quitter le pouvoir pour laisser la place au président légitime des Ivoiriens. Laurent Gbagbo est donc isolé et cela de façon accrue, comme lui avait promis le Président américain, Barack Obama. Ses camarades du Parti socialiste français (Ps) ont reconnu Alassane Ouattara comme "le Président légitime de Côte d'Ivoire". L'Union européenne a rejeté son coup d'État, de même que l'ensemble des pays et organisations à travers le monde. Autant dire que "le fruit est mûr" et que la honte qui va s'abattre sur Laurent Gbagbo n'est plus qu'une question de jours et peut-être même d'heures. Il peut continuer à s'illusionner et à tromper ses partisans en nommant des ministres (qui ne sortiront pas du pays), en recevant au palais présidentiel les populations acquises à sa cause (mais minoritaires), n'empêche, il a perdu les élections. Il le sait, sa femme Simone le sait, de même que tous les refondateurs, y compris Affi N'guessan, l'annonceur de décès en direct sans vérification. Laurent Gbagbo comptait sur une contestation violente de son coup d'État dans la rue, afin de massacrer les populations et mettre Alassane Ouattara, le nouveau président, dans une position inconfortable devant la communauté internationale. Mais le nouveau président et le groupement politique qui le soutient ont préféré utiliser "la tactique du serpent boa" qui consiste à s'enrouler autour de la proie pour l'avoir par asphyxie. Et cette tactique responsable, qui donne ses fruits aujourd'hui, a été appréciée par la communauté internationale qui a donné raison à Alassane Ouattara. Et Laurent Gbagbo vient de découvrir qu'on ne peut pas rouler indéfiniment le monde entier dans la farine en se faisant passer pour une victime de l'impérialisme occidental. Un refrain qu'il ne peut plus utiliser. La cavale de Gbagbo est donc sans issue. Ni pour lui-même, ni pour ses partisans, y compris les gradés de l'armée qui le soutiennent et qui ont déjà fait sortir toutes leurs familles du pays, comme Affi N'guessan et les autres. Laurent Gbagbo sait que Charles Taylor a eu la même attitude irrespectueuse à l'égard de la communauté internationale. Il a suffi que le président américain lui demande de quitter le pouvoir pour qu'il se retrouve devant  la  Cour  pénale internationale. Pourtant, Taylor avait plus de soutiens à l'époque que Laurent Gbagbo aujourd'hui. Et Laurent Gbagbo, (s'il s'entête), risque de subir le même sort que Charles Taylor. Depuis hier, suite à la déclaration du Conseil de sécurité, Laurent Gbagbo et ses partisans sont considérés à travers le monde, comme des hors-la-loi. Et tout le monde sait comment la Communauté internationale traite les hors-la-loi.

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