Qui ne risque rien n'est rien… sur le chemin de Damas, alors que les opinions ont cédé face aux faits…
on ne le dit assez : un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi, ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances.
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dimanche 22 septembre 2019

Les Dönmeh : le secret le plus chuchoté du Moyen Orient




Un « gorille historique de 400 kilos » hante l’arrière-plan de presque chaque incident militaire et diplomatique grave impliquant Israël, la Turquie, l’Iran, l’Arabie Saoudite, l’Irak, la Grèce, l’Arménie,  les Kurdes, les Assyriens, et quelques autres acteurs au Moyen Orient et dans l’Europe du sud-est. C’est un facteur qui est généralement seulement chuchoté dans les réceptions diplomatiques, les conférences d’information et les séances des « think tank », à cause de la nature explosive et controversée du sujet. Et c’est le secret attaché au sujet qui a été la raison de la si grande incompréhension concernant la récente rupture des relations entre Israël et la Turquie, le réchauffement croissant des relations entre Israël et l’Arabie Saoudite, et l’hostilité croissante entre l’Arabie Saoudite et l’Iran…


Sabbataï Zevi, Nathan of Gaza et Yakov Leib Frank dit “Jacob Frank“


Bien que connue des historiens et des experts religieux, l’influence politique et économique séculaire d’un groupe connu sous le nom turc de « Dönmeh » ne fait que commencer à apparaître sur les lèvres des Turcs, des Arabes et des Israéliens qui hésitaient à discuter de la présence en Turquie et ailleurs d’une secte de Turcs descendant d’un groupe de Juifs sépharades qui avaient été expulsés d’Espagne par l’Inquisition espagnole aux XVIe et XVIIe siècles. Ces réfugiés juifs d’Espagne furent autorisés à s’établir dans l’Empire ottoman et avec le temps ils se convertirent à une secte mystique de l’islam qui mélangea finalement la Kabbale juive et les croyances semi-mystiques soufies islamiques dans une secte qui finit par soutenir la laïcité dans la Turquie post-ottomane. Il est intéressant de noter que le mot « Dönmeh » ne désigne pas seulement les « convertis douteux » à l’islam en Turquie mais est aussi un mot turc désobligeant désignant un travesti, ou quelqu’un qui prétend être ce qu’il n’est pas.


Sabbataï Zevi, l'Élu, en 1665


La secte dönmeh du judaïsme fut fondée au XVIIe siècle par le rabbin Sabbataï Zevi, un kabbaliste qui croyait être le Messie mais qui fut contraint de se convertir à l’islam par le sultan Mehmet IV, le souverain ottoman. Beaucoup des fidèles du rabbin, connus sous le nom de sabbataïstes, mais aussi des « crypto-juifs », proclamèrent publiquement leur foi islamique mais pratiquèrent secrètement leur forme hybride de judaïsme, qui n’était pas reconnue par les principales autorités rabbiniques juives. Parce que c’était contre leurs croyances de se marier en-dehors de leur secte, les Dönmeh créèrent un clan assez secret à l’intérieur de la société.


LES DÖNMEH PRENNENT LE POUVOIR EN TURQUIE

Beaucoup de Dönmeh, avec des Juifs traditionnels, devinrent de puissants dirigeants politiques et commerciaux à Salonique. C’est ce groupe central de Dönmeh qui organisa l’organisation secrète des Jeunes Turcs, également connue sous le nom de Comité pour l’Union et le Progrès, les laïcistes qui déposèrent le sultan ottoman Abdülhamid II lors de la révolution de 1908, proclamèrent la République post-ottomane de Turquie après la Première Guerre mondiale, et qui lancèrent la campagne qui dépouilla la Turquie de la plus grande part de son identité islamique après la chute des Ottomans. Abdülhamid II fut traité de tyran par les Jeunes Turcs, mais il semble que son seul crime ait été de refuser de rencontrer le dirigeant sioniste Theodore Herzl durant une visite à Constantinople en 1901 et de rejeter les propositions financières sionistes et dönmeh en échange d’un contrôle sioniste de Jérusalem.



Abdülhamid II


Comme d’autres dirigeants qui ont croisé le chemin des sionistes, le sultan Abdülhamid II semble avoir scellé son sort avec les Dönmeh avec cette déclaration devant la cour ottomane : « Dites au Dr. Herzl de ne rien faire de plus concernant son projet. Je ne puis abandonner ne serait-ce qu’une poignée de terre de ce pays, car ce n’est pas le mien, il appartient à toute la nation islamique. La nation islamique a fait le djihad pour cette terre et l’a arrosée de son sang. Les Juifs peuvent garder leur argent et leurs millions. Si le Califat islamique est détruit un jour, alors ils pourront prendre la Palestine gratuitement ! Mais tant que je suis vivant, je me passerais une épée à travers le corps plutôt que de voir la terre de Palestine arrachée à l’État islamique ». Après son éviction par les Dönmeh Jeunes Turcs d’Atatürk en 1908, Abdülhamid II fut emprisonné dans la citadelle dönmeh de Salonique. Il mourut à Constantinople en 1918, trois ans après qu’Ibn Saoud ait donné son accord pour un foyer juif en Palestine et un an après que Lord Balfour ait accordé la Palestine aux sionistes dans sa lettre au baron Rothschild.


L’un des dirigeants jeunes turcs à Salonique était Mustafa Kemal Atatürk, le fondateur de la République de Turquie. Quand la Grèce obtint la souveraineté sur Salonique en 1913, beaucoup de Dönmeh, ne parvenant pas à se faire enregistrer comme juifs, allèrent s’établir à Constantinople, plus tard renommée Istanbul. D’autres partirent pour Izmir, Bursa, et pour la capitale nouvellement proclamée d’Atatürk et futur siège du pouvoir de l’Ergenekon, Ankara.



Mustafa Kemal Atatürk


Certains textes suggèrent que les Dönmeh dépassaient le nombre de 150 000 et se trouvaient principalement dans l’armée, l’administration et le commerce. Cependant, d’autres experts suggèrent que les Dönmeh représentaient peut-être 1,5 million de Turcs et étaient encore plus puissants qu’on ne le pensait généralement,  et que leur pouvoir s’étendait à tous les secteurs de la société turque. Un Dönmeh influent, Tevfik Rustu Arak, était un ami proche et un conseiller d’Atatürk et fut le Premier ministre de la Turquie de 1925 à 1938.


Atatürk, dont on dit qu’il était lui-même un Dönmeh, ordonna que les Turcs abandonnent leurs noms arabo-musulmans. Le nom du premier empereur chrétien de Rome, Constantin, fut effacé de la plus grande ville turque, Constantinople. La ville devint Istanbul, après que le gouvernement d’Atatürk ait rejeté le nom traditionnel en 1923. De nombreux bruits ont circulé sur le nom d’Atatürk lui-même, puisque « Mustapha Kemal Atatürk » était un  pseudonyme. Certains historiens ont suggéré qu’Atatürk adopta ce nom parce qu’il était un descendant de Rabbi Zevi en personne, le Messie autoproclamé des Dönmeh ! Atatürk abolit aussi l’usage de l’écriture arabe en Turquie et força le pays à adopter l’alphabet occidental.



LA TURQUIE MODERNE : UN ÉTAT SIONISTE SECRET CONTRÔLÉ PAR LES DÖNMEH


Les fortes racines juives suspectées d’Atatürk, sur lesquelles toutes les informations furent supprimées pendant des décennies par un gouvernement turc qui interdisait toute critique du fondateur de la Turquie moderne, commencèrent à refaire surface, d’abord en-dehors de la Turquie et dans des publications écrites par des auteurs juifs. Le livre publié en 1973, The Secret Jews, par le rabbin Joachim Prinz, affirme qu’Atatürk et son ministre des finances, Djavid Bey, étaient tous deux des Döhmeh ardents et qu’ils étaient en bonne compagnie, car « trop de jeunes Turcs dans le Cabinet révolutionnaire nouvellement constitué priaient Allah, mais avaient leur propre prophète [Sabbataï Zevi, le Messie de Smyrne] ». Dans The Forward du 28 janvier 1994, Hillel Halkin écrivit dans le New York Sun qu’Atatürk récitait le « Sheema Israël » (« Écoute, Ô Israël ») juif, disant que c’était « ma prière aussi ». L’information est tirée d’une autobiographie du journaliste Itamar Ben-Avi, qui affirme qu’Atatürk, à cette époque jeune capitaine de l’armée turque, révéla qu’il était juif dans le bar d’un hôtel de Jérusalem lors d’une nuit pluvieuse durant l’hiver 1911. De plus, Ataturk suivit les cours de l’école primaire Semsi Effendi à Salonique, dirigée par un Dönmeh nommé Simon Zevi. Dans l’article du New York Sun, Halkin parla d’un e-mail qu’il avait reçu d’un collègue turc : « Je sais maintenant – je sais (et je n’ai jamais eu le moindre doute) – que la famille du père d’Atatürk était en fait de souche juive ». 



Mustafa Kemal Atatürk faisant de la main le signe maçonnique


C’est l’appui d’Atatürk et des Jeunes Turcs au sionisme, la création d’un foyer juif en Palestine, après la Première Guerre mondiale et durant la domination nazie en Europe, qui fit apprécier la Turquie par Israël et vice-versa. Un article du 8 mai 2007 dans The Forward révéla que les dirigeants turcs,  dominés par les Dönmeh « du président aux principaux diplomates… et une grande partie des élites militaires, culturelles, académiques, économiques et professionnelles de la Turquie », écartèrent la Turquie d’une alliance avec l’Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale, et privèrent Hitler de la route turque vers les champs pétrolifères de Bakou. Dans son livre, The Donme: Jewish Converts, Muslim Revolutionaries and Secular Turks, le professeur Marc David Baer écrivit que beaucoup d’entre eux parvinrent à des positions élevées dans les ordres religieux soufis.


Symboles de la franc-maçonnerie turque

Israël a toujours été réticent à décrire le massacre des Arméniens par les Turcs en 1915 comme un « génocide ». On a toujours pensé que la raison de la réticence d’Israël était la crainte de compromettre les liens militaires et diplomatiques étroits entre Israël et la Turquie. Cependant, on découvre toujours plus de preuves que le génocide arménien fut largement l’œuvre des dirigeants dönmeh des Jeunes Turcs. Des historiens comme Ahmed Refik, qui servit comme officier de renseignement dans l’armée ottomane, affirma que c’était le but des Jeunes Turcs de détruire les Arméniens, qui étaient chrétiens pour la plupart. Les Jeunes Turcs, sous la direction d’Ataturk, expulsèrent aussi les chrétiens grecs des villes turques et tentèrent de commettre un génocide à plus petite échelle contre les Assyriens, qui étaient aussi principalement des chrétiens.


Un Jeune Turc de Salonique, Mehmet Talaat, était le dirigeant qui mit en œuvre le génocide des Arméniens et des Assyriens. Un mercenaire vénézuélien qui servit dans l’armée ottomane, Rafael de Nogales Mendez, nota dans ses annales du génocide arménien que Talaat était connu sous le nom de « l’Hébreu renégat de Salonique ». Talaat fut assassiné en Allemagne en 1921 par un Arménien dont toute la famille avait disparu durant le génocide ordonné par l’« Hébreu renégat ». Certains historiens du génocide pensent que les Arméniens, connus comme de bons commerçants, furent ciblés par les Dönmeh doués pour le commerce parce qu’ils étaient considérés comme des rivaux commerciaux.



Mehmet Talaat


Ce n’est donc pas le désir de protéger l’alliance israélo-turque qui a poussé Israël à éviter de rechercher les raisons du génocide arménien, mais la connaissance par Israël et les Dönmeh que c’est la direction dönmeh des Jeunes Turcs qui non seulement assassina des centaines de milliers d’Arméniens et d’Assyriens mais qui supprima aussi les coutumes et les habitudes musulmanes traditionnelles de la Turquie. La connaissance que c’est les Dönmeh, dans une alliance naturelle avec les sionistes d’Europe, qui furent les responsables de la mort des chrétiens arméniens et assyriens, de l’expulsion hors de Turquie des chrétiens orthodoxes grecs, et de l’éradication culturelle et religieuse des traditions islamiques turques, aurait fait surgir une nouvelle réalité dans la région. A la place des Chypriotes grecs et turcs vivant sur une île divisée, des Arméniens menant une vendetta contre les Turcs, et des Grecs et des Turcs se querellant pour des territoires, tous les peuples attaqués par les Dönmeh auraient compris qu’ils avaient un ennemi commun qui était leur véritable persécuteur.


LE DÉFI AU RÈGNE DES DÖNMEH : LE COMBAT DE LA TURQUIE CONTRE L’ERGENEKON


C’est la purge contre les fidèles kémalistes d’Atatürk et de son régime dönmeh laïc qui est le motif de l’enquête sur la conspiration de l’Ergenekon en Turquie. La description de l’Ergenekon cadre complètement avec la présence dönmeh dans la hiérarchie diplomatique, militaire, judiciaire, religieuse, politique, académique, commerciale et journalistique de la Turquie. L’Ergenekon tenta de stopper les réformes mises en œuvre par les dirigeants turcs non-dönmeh successifs, incluant la réintroduction des coutumes et rituels islamiques turcs traditionnels, en préparant une série de coups d’État, certains réussis comme celui qui déposa le gouvernement islamiste du Refah (Bien Public) du Premier ministre Necmettin Erbakan en 1996 et certains manqués, comme l’OPÉRATION SLEDGEHEMMER, qui visait à déposer le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan en 2003. Certains réformistes de tendance islamiste, incluant le Président turc Turgut Ozal et le Premier ministre Bulent Ecevit, moururent dans des circonstances suspectes. Le Premier ministre démocratiquement élu Adnan Menderes fut déposé et pendu en 1961, après un coup d’État militaire.




L'exécution d'Adnan Menderes en 1961


Les politiciens et les journalistes américains, dont la connaissance de l’histoire de pays comme la Turquie et l’Empire ottoman précédent est souvent gravement lacunaire, ont dépeint la friction entre le gouvernement d’Israël et le gouvernement turc du Premier ministre Erdogan comme étant basée sur la dérive de la Turquie vers l’islamisme et le monde arabe. Loin de là, Erdogan et son Parti pour la Justice et le Développement (AKP) semblent avoir finalement trouvé un moyen de se libérer de la domination et de la cruauté des Dönmeh, que ce soit sous la forme des fidèles kémalistes d’Atatürk ou des comploteurs nationalistes de l’Ergenekon. Mais avec le « Jour de l’Indépendance » de la Turquie, le vitriol est venu de la part des Dönmeh et de leurs alliés naturels en Israël et du lobby israélien aux États-Unis et en Europe. La Turquie comme membre de l’Union Européenne convenait très bien à l’Europe tant que les Dönmeh demeuraient au pouvoir et permettaient que la richesse de la Turquie soit pillée par les grandes banques, comme cela s’est passé en Grèce.


Quand Israël lança son attaque sanglante contre le vaisseau d’aide turque pour Gaza, le Mavi Marmara, le 31 mai 2010, la raison n’était pas vraiment le passage du navire à travers le blocus israélien de Gaza. La brutalité des Israéliens pour abattre des Turcs désarmés et un citoyen turco-américain, certains à bout portant d’après un rapport de l’ONU, indiquait qu’Israël était motivé par quelque chose d’autre : la vengeance et les représailles après la répression du gouvernement turc contre l’Ergenekon, la purge contre les Dönmeh dans les hauts postes de l’armée et du renseignement turcs, et l’inversion des politiques religieuses et culturelles antimusulmanes instaurées par le fils favori des Dönmeh, Atatürk, quelque quatre-vingt-dix ans plus tôt. En effet, l’attaque israélienne contre le Mavi Marmara était en représailles contre l’emprisonnement par la Turquie de plusieurs haut-gradés militaires, journalistes et académiques turcs, tous accusés de faire partie du complot Ergenekon pour renverser le gouvernement de l’AKP en 2003. Derrière le complot de l’Ergenekon, le fait caché est que les Dönmeh et l’Ergenekon sont liés par toute leur histoire en tant que kémalistes, ardents laïcistes, pro-israéliens et pro-sionistes.


Avec les crises de colère éclatant maintenant entre l’Iran d’un coté et Israël, l’Arabie Saoudite et les États-Unis de l’autre, en résultat d’une affirmation douteuse par la police US que l’Iran préparait l’assassinat de l’ambassadeur saoudien aux États-Unis sur le sol américain, la relation de longue date, étroite mais secrète, entre Israël et l’Arabie saoudite arrive maintenant au premier plan. La connexion israélo-saoudienne avait fleuri durant l’OPERATION TEMPÊTE DU DESERT, quand les deux pays furent la cible des missiles Scud de Saddam Hussein.


Partie II

Ce qui surprendra ceux qui ont peut-être déjà été surpris par les liens des  Dönmeh avec la Turquie, c’est les  liens des Dönmeh avec la Maison des Saoud en Arabie Saoudite.


Un rapport top-secret des Mukhabarat irakiens (Directorat du Renseignement Militaire Général), « L’émergence du wahhabisme et ses  racines historiques », daté de  septembre 2002 et publié le 13 mars 2008 par l’Agence américaine de Renseignement pour la Défense [U.S. Defense Intelligence Agency] en traduction anglaise, indique les racines dönmeh du fondateur de la secte wahhabite saoudite de l’islam, Muhammad ibn Abdul Wahhab. Une grande partie des informations sont tirées des mémoires d’un « Mr. Humfer » (ainsi orthographié dans le rapport de la DIA, mais orthographié « Mr. Hempher » dans les archives historiques), un espion britannique qui utilisait le nom de « Mohammad », et qui était soi-disant un Azéri parlant le turc, le persan et l’arabe et qui prit contact avec Wahhab au milieu du XVIIIe siècle avec l’idée de créer une secte de l’islam qui provoquerait finalement une révolte arabe contre les Ottomans et qui préparerait la voie pour l’introduction d’un État juif en Palestine.  Les mémoires de Humfer sont citées par l’auteur et amiral ottoman Ayyub Sabri Pacha dans son ouvrage de 1888, The Beginning and Spreading of Wahhabism.


Dans son livre The Dönmeh Jews, D. Mustafa Turan écrit que le grand-père de Wahhab, Tjen Sulayman, était en fait Tjen Shulman, un membre de la communauté juive de Bassora en Irak. Le rapport des Renseignements irakiens dit aussi que dans son livre, The Dönmeh Jews and the Origin of the Saudi Wahhabis, Rifat Salim Kabar révèle que Shulman s’établit finalement dans le Hedjaz, dans le village de al-Ayniyah dans ce qui est aujourd’hui l’Arabie Saoudite, où son petit-fils fonda la secte wahhabite de l’islam. Le rapport des Renseignements irakiens dit que Shulman avait été banni de Damas, Le Caire et La Mecque à cause de son « charlatanisme ». Dans le village, Shulman engendra Abdul Wahhab. Le fils d’Abdul Wahhab, Muhammad, fonda le wahhabisme moderne.




Abdul Aziz Ibn Saoud


Le rapport irakien fait aussi quelques affirmations stupéfiantes sur la famille des Saoud. Il cite le livre d’Abdul Wahhab Ibrahim al-Shammari, The Wahhabi Movement: The Truth and Roots, qui dit que le roi Abdul Aziz Ibn Saoud, le premier monarque du Royaume d’Arabie saoudite, descendait de Mordechai ben Ibrahim ben Moishe, un marchand juif également originaire de Bassora. Dans le Nedjd, Moishe rejoignit la tribu des Aniza et changea son nom en Markhan ben Ibrahim ben Moussa. Finalement, Mordechai maria son fils, Jack Dan, qui devint Al-Qarn, à une femme de la tribu des Anzah du Nedjd. De cette union naquit la future famille Saoud.


Le document des renseignements irakiens révèle que le chercheur Mohammad Sakher fut l’objet d’un contrat de meurtre des Saoudites à cause de ses recherches sur les racines juives des Saoud. Dans le livre de Said Nasir, The History of the Saud Family, il est affirmé qu’en 1943, l’ambassadeur saoudite en Égypte, Abdullah ben Ibrahim al Muffadal, paya Muhammad al Tamami pour forger un arbre généalogique montrant que les Saoud et les Wahhab étaient une seule famille qui descendait directement du Prophète Mahomet.



Jendral Badui, Abdul Aziz Ibn Saoud, Prince Husein, Muhammad bin Abdul Wahhab, Sir Percy Cox


Au commencement de la Première Guerre mondiale, un officier britannique juif d’Inde, David Shakespeare, rencontra Ibn Saoud à Riyad et conduisit plus tard une armée saoudite qui vainquit une tribu opposée à Ibn Saoud. En 1915, Ibn Saoud rencontra l’envoyé britannique dans la région du Golfe, Bracey Cocas. Cocas fit la proposition suivante à Ibn Saoud : « Je pense que c’est une garantie de votre durabilité autant que c’est dans l’intérêt de la Grande-Bretagne que les Juifs aient un foyer national et une existence [nationale], et les intérêts de la Grande-Bretagne sont, par tous les moyens, dans votre intérêt ». Ibn Saoud, le descendant des Dönmeh de Bassora, répondit : « Oui, si mon acceptation est si importante pour vous, j’accepte mille fois d’accorder un foyer national aux Juifs en Palestine ou ailleurs qu’en Palestine ». Deux ans plus tard, le Secrétaire britannique aux Affaires Étrangères Lord Balfour, dans une lettre au baron Walter Rothschild, un dirigeant des sionistes britanniques, déclara : « Le gouvernement de Sa Majesté regarde avec faveur l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif… ». Le pacte avait l’appui tacite de deux des acteurs majeurs de la région, tous deux descendants des Juifs dönmeh qui soutenaient la cause sioniste, Kemal Atatürk et  Ibn Saud. La présente situation au Moyen Orient devrait être vue sous ce jour, mais pour des raisons évidentes l’histoire de la région a été expurgée par certains intérêts religieux et politiques.



Sir Percy Cox et l'aventurière Miss Gertrude Bell à Bassora en 1917, en compagnie  d'Abdul Aziz Ibn Saoud


Après la Première Guerre mondiale, les Britanniques facilitèrent l’arrivée au pouvoir du régime des Saoud dans les anciennes provinces du Hedjaz et du Nedjd de l’Empire ottoman. Les Saoud établirent le wahhabisme comme la religion d’État du nouveau Royaume d’Arabie Saoudite et, comme les Dönmeh kémalistes en Turquie, commencèrent à s’opposer à d’autres croyances et sectes islamiques, incluant les sunnites et les chiites. Les Saoud wahhabites accomplirent ce que les Dönmeh kémalistes avaient réussi à accomplir en Turquie : un Moyen Orient fracturé qui était mûr pour les desseins impérialistes occidentaux, et firent le travail préparatoire pour la création de l’État sioniste d’Israël.


États profonds et Dönmeh


Durant deux visites en Turquie en 2010, j’eus l’occasion de discuter de l’« État profond » [appareil clandestin] de l’Ergenekon avec d’importants officiels turcs. Il était plus qu’évident que des discussions sur le réseau de l’Ergenekon et ses connexions « étrangères » sont un sujet hautement sensible. Cependant, un important officiel turc des Affaires étrangères me glissa aussi qu’il y avait d’autres « États profonds » dans les nations voisines, et les noms de l’Égypte, de l’Arabie saoudite, de la Jordanie et de la Syrie furent mentionnés. Au vu des liens entre l’Ergenekon et les Dönmeh en Turquie et des liens étroits dans le domaine militaire et dans celui du renseignement entre les Saoud descendants des Dönmeh et les wahhabites en Arabie, les rapports évoquant des liens étroits entre l’ex-président égyptien Hosni Moubarak et son chef des renseignements Omar Suleiman et le gouvernement de Binyamin Netanyahu en Israël peuvent être vus sous un jour entièrement nouveau… Et cela expliquerait le soutien d’Erdogan à la révolution égyptienne : en Turquie, c’est une révolution démocratique qui réfréna l’influence des Dönmeh. L’influence des salafistes wahhabites dans le nouveau gouvernement de la Libye explique aussi qu’Erdogan avait hâte d’établir des relations avec les rebelles basé à Benghazi – pour aider à supplanter l’influence des wahhabites, les alliés naturels de ses ennemis, les Dönmeh (l’Ergenekon) de Turquie.


Le désir d’Erdogan de remettre les pendules à l’heure en restaurant l’histoire expurgée par les kémalistes et les Dönmeh lui a valu des déclarations au vitriol de la part du gouvernement d’Israël, comme quoi il serait un néo-ottomaniste qui aurait l’intention de former une alliance avec les Frères Musulmans dans les pays arabes. Il est clair que les Döhmeh et leurs frères sionistes en Israël et ailleurs craignent que le révisionnisme historique dönmeh et sioniste, incluant leur rôle dans le génocide des Arméniens et des Assyriens, et leur négation du génocide, soient révélés.


Mavi Marmara : les proches des victimes contre l'abandon des poursuites anti-israéliennes


En Égypte, qui était autrefois un royaume ottoman, c’est une révolution populaire qui chassa ce qui pourrait être l’équivalent des Dönmeh concernant le régime Moubarak. Le « Printemps arabe » égyptien explique aussi pourquoi les Israéliens se hâtèrent de tuer six policiers égyptiens peu après que neuf passagers turcs aient été tués à bord du Mavi Marmara, certains quasiment exécutés, par des soldats israéliens. La doctrine dönmeh est remplie de références aux Amalécites de l’Ancien Testament, une tribu nomade qui fut attaquée par les Hébreux d’Égypte sur l’ordre du Dieu juif, pour faire place aux partisans de Moïse dans la région sud de la Palestine. Dans le Livre des Juges, Dieu ordonne sans succès à Saül : « Maintenant va et frappe Amalek et voue à la destruction tout ce qu’ils ont. Ne les épargne pas, mais tue les hommes, les femmes et les enfants, les bœufs et les moutons, les chameaux et les ânes ». Les Dönmeh, dont la doctrine est aussi présente dans la secte hassidique et dans d’autres sectes orthodoxes du judaïsme, semblent n’avoir aucune difficulté à remplacer les Amalécites par les Arméniens, les Assyriens, les Turcs, les Kurdes, les Égyptiens, les Irakiens, les Libanais, les Iraniens et les Palestiniens pour mener leurs agressions militaires et leurs pogroms.


Avec des gouvernements réformistes en Turquie et en Égypte beaucoup plus désireux d’examiner le passé de ceux qui ont divisé le monde islamique, Atatürk en Turquie et Moubarak en Égypte, les Saoud sont probablement tout à fait conscients que c’est seulement une question de temps avant que leurs liens, à la fois modernes et historiques, avec Israël soient pleinement révélés. Ceci explique que les Saoud aient réussi à mettre en œuvre un complot douteux impliquant des agents du gouvernement iranien pour tenter d’assassiner l’ambassadeur saoudite à Washington, dans un restaurant non-nommé de Washington D.C. Le rapport des renseignements irakiens aurait pu faire allusion aux sionistes et aux Dönmeh lorsqu’il déclarait : « cela vise… [au] meurtre des musulmans, à la destruction, et à favoriser l’agitation ». En fait, le rapport des renseignements irakiens parlait des wahhabites.


Une liberté nouvelle existant en Turquie et en Égypte pour examiner leur passé, Israël et ses partisans, ainsi que les Saoud, ont des raisons supplémentaires de dissimuler la véritable histoire de l’Empire ottoman, de la Turquie laïque, des origines d’Israël, et de la Maison des Saoud. Divers acteurs recherchant maintenant la guerre avec l’Iran, la vraie histoire des Dönmeh et leur influence sur des événements passés et actuels au Moyen Orient devient plus importante.


Wayne MADSEN, 25 octobre 2011



Erdogan posant devant le portrait de Mustafa Kemal Atatürk


NDT :

T. E. Lawrence (plus connu sous le nom de « Lawrence d’Arabie ») décrivit le mouvement Jeune Turc comme étant« 50% crypto-juif et 95% franc-maçon ».


D’autres auteurs confirment cela :


« Ils [Les Dönmeh] ont fourni de nombreux membres à l’intelligentsia des Jeunes Turcs… Ils ont joué un rôle important dans les débuts du Comité Union et Progrès, organisation du mouvement Jeune Turc qui eut son origine à Salonique… » (Gershom Sholem, Le messianisme juif, 1971)


« Il est intéressant de rappeler que les trois principaux membres du gouvernement ‘Jeune Turc’ – Enver Pacha, Talaat Pacha, et Essad Pacha – étaient trois Juifs d’origine dont les familles avaient été ‘converties’ à l’islam. » (Savitri Devi, Souvenirs et réflexions d’une Aryenne, 1976)

*   *  *

Comment une secte juive, les "Dönmeh", créée par Sabbatai Tsévi a infiltré l'islam







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Sources :

Wayne Madsen - Les Dönmeh : le secret le plus chuchoté du Moyen Orient

Wayne Madsen - The Dönmeh: The Middle East’s Most Whispered Secret (Part I)

Wayne Madsen - The Dönmeh: The Middle East’s Most Whispered Secret (Part II)

Léon Camus : Cryptarchie Dönmeh et Turquie moderne

Medyaturk : Qui sont les Sébatéens ?

Léon Camus : Turquie - Grands procès et épuration de l’Armée kémaliste…

« Ergenekon », un nom mythique très prisé en politique (1997)

Hannibal Genséric : Origines de la connivence wahhabisme-sionisme
Shlomo Sand : Déconstruction d’une histoire mythique - Comment fut inventé le peuple juif
Kabbale révolutionnaire

Les 22 lettres de la kabbale

Bektachi

L'occulte sceau de Salomon : un symbole comme une énigme...

Léon Camus : Syrie, une guerre confessionnelle et idéologique

Ordo Templi Orientis

Élisabeth Raynal - La franc-maçonnerie ottomane : un mythe qui suscite toujours les fantasmes

Aline de Diéguez : Aux sources du chaos mondial actuel

Alain Fini : Juifs ou khazars ? Qui sont les Khazars ?Catherine Shakdam : A History of Wahhabism and the Hijacking of the Muslim faith


Saudi salafi terrorists (hypocrytes) may destroy grave of Muhammad (SA) any time. Come forward. Sauds planning to destroy Green Dome

La Kabbale

Turquie

Sionisme







Olivier Hanne : Le droit islamique et son influence mondiale (in Revue Conflits n°23 septembre-octobre 2019) Olga Tokarczuk : Les Livres de Jakób

Olga Tokarczuk : Le Grand Voyage de Jakób Frank
Jean-Yves Potel : "Un grand roman d’aventures messianiques : Olga Tokarczuk, Les Livres de Jakób ou le Grand Voyage"… "Olga Tokarczuk, la pérégrine, nous sort des mythologies mémorielles."
En 1759, en Pologne, Jakob Frank se présenta comme la réincarnation de Sabbataï Tsvi, le faux messie : il assura être le nouveau Messie et se convertit au catholicisme. Dix mille à vingt mille Juifs le suivirent : clandestinité, transgression de la Loi juive, rejet du Talmud et de la Torah tout en restant fidèle, en secret, à la Kabbale et au Zohar. Ses successeurs connurent une ascension fulgurante, le mouvement se transforma en secte hérétique qui dévia vers le nationalisme et l'antisémitisme.

Nasha Gazeta



Les Dönmeh : comment une secte juive a infiltré l'islam…

Olga Tokarczuk : Les Livres de Jakób

Olga Tokarczuk : Le Grand Voyage de Jakób Frank
Shlomo Sand : Déconstruction d’une histoire mythique - Comment fut inventé le peuple juif



mercredi 4 septembre 2019

Olivier Hanne : Le droit islamique et son influence mondiale





Soucieux d’étendre leur influence, les pays musulmans définissent et diffusent leur vision du droit islamique à travers le monde musulman. Il s’agit de faire valoir sa vision de l’islam mais aussi d’étendre sa puissance au-delà des frontières étatiques.

Olivier Hanne : Le droit islamique et son influence mondiale (in Revue Conflits n°23 septembre-octobre 2019)
L'islam est juridique et propose une pensée du droit (c) Pixabay

Une ancienne concurrence de droits

Le Coran étant peu normatif, dès le VIIIe siècle, les juristes musulmans puisèrent dans les hadîth pour édifier la législation dans la cité islamique, parfois librement par rapport au Livre. Si le Coran est resté une des sources du droit, la civilisation musulmane a développé un droit pratique et jurisprudentiel très fouillé, la charia. Plusieurs écoles d’interprétation juridique virent le jour, dont le but n’était pas de définir une théologie, mais de modeler des comportements religieux. Ces savants n’étaient pas d’accord sur les principes d’interprétation : fallait-il adapter le Coran en fonction d’un consensus, d’un raisonnement logique ou selon le jugement personnel de chacun ? Ces incertitudes firent naître quatre écoles différentes (ou madhâb), chacune appliquant sa propre méthodologie : les hanafites, les malikites, les chafiites et les hanbalites, qui sont les plus rigoristes. Entre eux les divergences peuvent être importantes. Tout musulman qui souhaite pratiquer scrupuleusement sa foi sera nécessairement conduit à adopter une école préférentielle, voire à en agencer plusieurs, parfois incompatible, créant ainsi son propre système. Un individu indifférent ou très éloigné de l’islam se référera sans le savoir aux coutumes courantes de l’école juridique de son pays d’origine. Les individus qui se radicalisent ont unanimement tendance à adopter le hanbalisme, qui est une école dogmatique.

L’État soutient le droit 

Les pouvoirs politiques ont toujours défendu, au moins en façade, l’application du droit, en raison de la mission éthique et légale donnée par Dieu à la collectivité des croyants : « Vous êtes la communauté la meilleure qui ait surgi parmi les hommes. Vous commandez le bien, vous interdisez le mal, vous croyez en Dieu. » (Sourate 3, verset 110) Les différentes dynasties califales ont toujours eu une préférence pour une école : les Abbasides de Bagdad s’appuyaient généralement sur le hanafisme, tout comme les Ottomans. En revanche, les juristes hanbalites leur étaient souvent hostiles en raison de leurs accommodements avec la charia.
Minoritaire dans le monde musulman, le hanbalisme va gagner en influence à partir de la fin du xviiie siècle grâce à l’essor du wahhabisme en Arabie. Reprenant les principes du hanbalisme tout en les accentuant, le prédicateur al-Wahhab noue une alliance avec les émirs tribaux du clan des Saoud qui s’engagent à diffuser son message. Cette réforme wahhabite rencontre son plein succès en 1932 avec la proclamation du royaume d’Arabie saoudite.

Le droit comme levier de puissance

C’est dans les années 1950 que les puissances régionales vont instrumentaliser à l’international leurs traditions juridiques. L’objectif était à la fois, sincèrement, d’accroître l’influence de leur école, jugée comme la plus adaptée aux problématiques contemporaines, mais aussi de s’en servir comme d’un levier d’influence. Le droit devint ainsi un soft power islamique pour des pays ayant peu de critères de puissance, comme le Maroc, ou pour des États pétroliers qui voulaient diversifier leurs réseaux internationaux. La question était de savoir qui aurait le leadership sur la normativité musulmane, et donc sur les comportements (fixation du ramadan, méthodes de pensée, règles d’héritage, etc.).
L’Arabie saoudite bénéficiait de la présence des lieux saints et du flux continu d’étudiants en sciences religieuses venus se former à la source de l’islam. Dans les années 1930-1960, des générations entières de jeunes Africains s’imprégnaient ici durant plusieurs mois de l’islam hanbalite, compris à la lumière du wahhabisme. Revenus chez eux, ils influencèrent leurs sociétés et participèrent au raidissement contre la colonisation. Après le départ des Européens, une multitude de pays musulmans d’Afrique adoptèrent la charia dans leur code législatif, comme la Mauritanie ou le Nigeria. Pourtant, l’influence wahhabite ne fut jamais assez forte pour s’imposer dans les systèmes politiques, et il fallut toujours cohabiter avec les fortes traditions soufies et mystiques, jugées mécréantes selon le prisme saoudien.
Dans les années 1980, à la faveur de l’explosion de ses revenus pétroliers, l’Arabie saoudite renforça son rayonnement juridique international, finançant des centres culturels islamiques, des mosquées, des publications et des émissions passant par tous les canaux possibles (cassettes audio, VHS, radio…).
Alors que la population était strictement encadrée à l’intérieur du royaume, à l’extérieur celui-ci se faisait le défenseur d’un islam pratique et d’un conservatisme perçu comme la réponse à l’influence occidentale.

Face à l’Arabie saoudite, les nouveaux concurrents du droit 

La guerre du Golfe (1991) marqua une rupture. En raison de l’alliance entre l’Arabie saoudite et les États-Unis, la prédication wahhabite commença à pénétrer en Occident, et surtout en Europe. À l’inverse, les compromissions politiques entre le royaume et l’Amérique déçurent considérablement les défenseurs du wahhabisme originel qui avaient fait la promotion du djihad contre l’URSS en Afghanistan. De nouveaux pays utilisèrent cette déception pour concurrencer l’influence juridique saoudienne. La Libye du colonel Kadhafi finança dans toute l’Afrique des projets islamiques, alors même que la prestigieuse confrérie de la Sénoussiya était persécutée dans le pays.
Le Qatar choisit une stratégie complexe en faisant bon accueil aux Frères musulmans, pourchassés par l’Arabie saoudite depuis 1993 en raison des menaces qu’ils faisaient peser sur la monarchie. Alors que le Qatar était de tradition wahhabite comme son puissant voisin, il s’appuya sur la confrérie, dont les conceptions juridiques étaient marquées par le chafiisme égyptien, par l’acceptation du système électoral et par un vocabulaire révolutionnaire quasi occidental. Mais cette alliance incongrue sur le plan du droit assurait au Qatar un nouveau rayonnement grâce aux réseaux fréristes installés en Europe, en Turquie, et dans les banlieues défavorisées des pays musulmans.
Le Maroc choisit une autre option : la défense d’un islam modéré, celui du juste milieu, propice à faire évoluer les conditions sociales dans le monde musulman. Une telle position rencontra la faveur des pays européens et africains qui, après le 11 septembre 2001, se sentaient directement menacés par le rigorisme et le terrorisme. Le Maroc utilisa donc ses centres malikites de Fez et Meknès comme des vecteurs d’influence juridique, proposant même de former les futurs imams maliens et français.

Droit iranien, droit chiite ou droit révolutionnaire ? 

Restait l’Iran. Avant 1979, l’influence du droit chiite duodécimain était limitée au sud de l’Irak et à certaines régions de l’Afghanistan. La révolution islamique de 1979 engendra un bouleversement du droit chiite traditionnel, lequel fut réécrit en fonction de la doctrine du velayat-e faqih (« gouvernement du juriste ») de l’ayatollah Khomeyni. Un système mixte émergea, produit du droit iranien moderne, de la charia chiite et des nouveaux principes révolutionnaires. Mais cet ensemble complexe ne put être exporté tant que le pays demeurait isolé et sous embargo. C’est l’occupation américaine de l’Irak en 2003, puis la mise en place de la constitution de 2005, laquelle donna le pouvoir à la majorité chiite, qui lancèrent une dynamique juridique iranienne en Irak et au Liban, et parfois même en Europe.
Grâce aux Libanais installés dans le golfe de Guinée, on vit émerger dans les années 2000 un puissant mouvement de conversion au chiisme en Afrique, que le régime iranien se mit à soutenir officiellement dans les années 2010 (financement de centres islamiques, projets humanitaires…). On estime désormais que 15 % de la population du Nigeria est chiite, et peut-être 8 % pour la Côte d’Ivoire. Si c’est bien la foi et le droit chiites qui se répandent ainsi, le principe révolutionnaire du velayat-e faqih n’est jamais loin…

Un réformisme juridique omniprésent et incontrôlable 

Mais la question légale n’est pas seulement l’affaire des États, puisque les courants de pensée juridiques sont portés par des individus et des groupes : le salafisme, par exemple, se passe de lien avec un État, et l’Arabie saoudite se méfie de certains prédicateurs salafistes dont les objectifs sont piétistes plus que politiques ; le Tabligh, principal mouvement de reconversion à l’islam dans les quartiers défavorisés, est peut-être d’origine indo-pakistanaise, mais l’État pakistanais n’en profite nullement en termes d’influence internationale. Si la chaîne Al-Jazeera a considérablement accompagné l’influence qatarie dans les populations musulmanes par ses émissions sur le droit familial et conjugal, ce média est désormais dépassé par « l’imam internet » qui est le principal vecteur de droit auquel se réfèrent les croyants. Les innombrables sites internet sur le droit et la pratique religieuse portent souvent la marque de l’Arabie saoudite et du hanbalisme, mais les courants salafistes et fréristes sont eux aussi très présents.
Il faut enfin mentionner un dernier courant juridique croissant à l’international, qu’il est malaisé de nommer : modernisme, islam des Lumières, mutazilisme, etc. En Europe, les pouvoirs publics cherchent désormais à redéfinir un islam adapté à la modernité, à intérioriser la pratique, le reste étant une construction historique dont on peut se distancier. Contre le droit coranique trop envahissant, l’islam doit se redéfinir comme une éthique et une foi. Une telle réorientation serait en outre propice à intégrer les problématiques occidentales de l’égalité sexuelle et des LGBT dans un islam débarrassé de ses « scories légalistes ». Or, le gouvernement français soutient officiellement depuis 2018 une telle évolution. Est-ce à dire que la France, à terme, pourrait diffuser elle aussi « son » propre islam, non juridique, et s’en servir comme levier d’influence ?
Source : Olivier Hanne : Le droit islamique et son influence mondiale (in Revue Conflits n°23 septembre-octobre 2019)
Autres sources :
Les Dönmeh : le secret le plus chuchoté du Moyen Orient

Wayne Madsen - Les Dönmeh : le secret le plus chuchoté du Moyen Orient

Wayne Madsen - The Dönmeh: The Middle East’s Most Whispered Secret (Part I)

Wayne Madsen - The Dönmeh: The Middle East’s Most Whispered Secret (Part II)

Léon Camus : Cryptarchie Dönmeh et Turquie moderne

Léon Camus : Turquie - Grands procès et épuration de l’Armée kémaliste…

« Ergenekon », un nom mythique très prisé en politique (1997)

Hannibal Genséric : Origines de la connivence wahhabisme-sionisme

Kabbale révolutionnaire

Les 22 lettres de la kabbale

Bektachi

L'occulte sceau de Salomon : un symbole comme une énigme...

Léon Camus : Syrie, une guerre confessionnelle et idéologique

Ordo Templi Orientis

Élisabeth Raynal - La franc-maçonnerie ottomane : un mythe qui suscite toujours les fantasmes

Aline de Diéguez : Aux sources du chaos mondial actuel

Alain Fini : Juifs ou khazars ? Qui sont les Khazars ?

Catherine Shakdam : A History of Wahhabism and the Hijacking of the Muslim faith



Saudi salafi terrorists (hypocrytes) may destroy grave of Muhammad (SA) any time. Come forward. Sauds planning to destroy Green Dome

La Kabbale

Turquie

Sionisme

mardi 24 septembre 2019

Les Dönmeh : comment une secte juive a infiltré l'islam…




Comment une secte juive, les "Dönmeh", créée par Sabbatai Tsévi a infiltré l'islam

Une référence indispensable pour tenter de comprendre dans un jeu inextricable de migrations et conversions les tensions et alliances occultes ou déclarées au Moyen-0rient… Une histoire qui plus loin dans le temps comme à une époque beaucoup plus récente voire dans notre présent, en Syrie, s'inscrit dans le long passé de notre monde méditerranéen…




Olga Tokarczuk : Les Livres de Jakób

Olga Tokarczuk : Le Grand Voyage de Jakób Frank
Shlomo Sand : Déconstruction d’une histoire mythique - Comment fut inventé le peuple juif


samedi 22 septembre 2018

Patrice Leconte répond à Zemmour : "Le Corbeau et le Rossignol"… sans appel !




C'était le 6 février 2010… belle répartie de Patrice Leconte face à Zemmour…


Le Corbeau et le Rossignol


Patrice Leconte était invité sur le plateau d’On n’est pas couchés pour parler de Je l’aimais, son adaptation théâtrale du livre homonyme d’Anna Gavalda, qui se jouait au Théâtre de l’Atelier. Éric Zemmour lui adresse une critique sans concession, le metteur en scène l’écoute patiemment, et lui répond par une petite fable. « Je voudrais juste vous raconter une histoire qui va vous faire sourire sans doute… Je ne sais pas si vous la connaissez, c’est l’histoire du Corbeau et du Rossignol… » Le Corbeau et le Rossignol, réponse poétique et néanmoins sans appel, on reconnaît bien là le réalisateur de Ridicule ! Savoureux !







Version longue :





Qui est Éric Zemmour ?

Éric Zemmour, le grand représentant de la France éternelle… lui qui arriverait presque à nous faire oublier que sa famille, n’acquit la nationalité française, comme tous les autres Israélites vivant en Algérie, que par le fameux décret Crémieux de 1870. Un décret émis par le Ministre de la Justice de l’époque, Isaac-Jacob Adolphe Crémieux, qui fut accessoirement un haut dignitaire de la Franc-Maçonnerie et le Président de l’Alliance israélite universelle.

Monsieur Zemmour est très peu loquace sur ce sujet. Il est aussi très discret sur son appartenance communautaire, lui qui donne sans cesse des leçons d’assimilation. Parlons un peu de la sienne…

Zemmour confond assimilation et dissimulation, lorsqu’il déclare « c’est comme moi, je m’appelle Éric, Justin, Léon. Mais, à la synagogue, je m’appelle Moïse. » Se trahissant, il avoue sa double identité, celle qu’il présente au téléspectateur goy et celle qu’il dissimule ; car, notre ami Zemmour, ne se rend pas à la synagogue motivé par sa foi, non, Monsieur est athée…

C’est donc bien par pure appartenance tribale, que ce « Moïse » clandestin se rend à la syna ; et pour preuve, la journaliste Anna Cabana rapporte :
« Il a deux vaisselles séparées, une pour la viande, l’autre pour le lait, car dans la Torah il est dit : « Tu ne mangeras pas l’agneau dans le lait de sa mère ».
Jean-François Copé n’en revenait pas, lorsque Zemmour lui a raconté les deux vaisselles. Dehors, notre homme mange de tout. Sauf du porc. « Je n’aime pas. » Ah ? Même le Bellota ? « Je pense que j’ai sublimé l’interdit par le goût. »
« Il ne croit pas en Dieu, mais il fait quand même la prière à la synagogue. Et les fêtes religieuses. Et les bar-mitsva des garçons. On aperçoit une chaîne en or jaune sous sa chemise, on lui demande ce qui y pend, il sort un petit Sefer Torah, les rouleaux du texte saint. »

Éric Zemmour ne vient pas, comme Alain Finkielkraut, de l’extrême gauche la plus radicale. Lui était socialiste, eh oui, la gauche caviar ; mais ce qui est plus curieux encore c’est ce qui l’a motivé à opérer son virage à droite… Il raconte :
« Je me croyais de gauche. J’ai voté Mitterrand en 1981 et en 1988. Et puis, j’ai rompu avec la gauche depuis l’histoire du voile islamique au collège de Creil. »

Voilà donc un homme plein de convictions ! Demain, peut-être dira-t-il qu’il se croyait Français…

On notera ici, comme pour… bien d’autres, que Zemmour n’est français qu’en tant qu’il « déteste » les musulmans et/ou les enfants d’immigrés, dont il est par ailleurs !

Il n’aime, lui non plus, la France, qu’à condition qu’elle se voit déchirée par la guerre ethno-confessionnelle, causée par ces innombrables chevaux de Troie.

Youssef Hindi, 31 mai 2016

Ainsi Éric Zemmour - bien qu'il n'en soit pas puisque se disant d'origine berbère et ne se déclarant pas catholique - a le comportement typique d'un Marrane… Rester intimement au service d'une communauté juive berbère d'origine et proclamer publiquement les thèses des plus extrémistes d'une communauté à laquelle on affirme s'identifier pour mieux la détruire…

Le cas Zemmour par effet de miroir permet aussi de mieux comprendre l'attitude de ces Marranes de l'Islam, les Dönmeh

Jeunes turcs, Frères musulmans, Wahhabites et Salafistes de tout acabit ont le même type de comportement à l'intérieur de l'Islam… Exacerber les thèses les plus extrémistes d'une communauté à laquelle ils prétendent appartenir, alors qu'ils n'agissent qu'au service de leur communauté confessionnelle d'origine.

Non croyants, Marranes et Dönmeh ne visent que la destruction de l'Islam et du Catholicisme. Marranes et Dönmeh œuvrent pour un affrontement généralisé, sanglant, sans merci entre Catholiques et Musulmans…

C’est par les machinations d'individus tels Zemmour - malheureusement trop nombreux en Algérie - qui ont dévoyé le combat de l'OAS que ma patrie d’origine, l'Algérie, a sombré dans la haine entre communautés, attisée tant par DeGaulle que les extrémistes du FLN… La France d’aujourd’hui dans les drames qui se préparent ferait bien de s’en souvenir… L'Histoire se plait parfois à bégayer…


Youssef Hindi : Qui sont les faiseurs d’opinion en France ?

Emmanuel Berretta (Le Point) : Qui est vraiment Éric Zemmour ?






dimanche 1 juillet 2018

Face à la "révolution mondiale", en Syrie et ailleurs, identifier le destructeur de civilisations…



Bonheur de voyager en Syrie, certes… Mais c'est une autre chance que nous offre aujourd'hui un voyage en Syrie… Dans son malheur, la Syrie nous fait don d'une vision clarifiée des luttes en ce monde contemporain… Des forces s'affrontent en Syrie… Un combat primordial pour l'avenir de nos sociétés… Voulons-nous un monde uniformisé dominé par la seule idéologie de ceux qui se veulent les maîtres du monde ; se prétendant "élus de Dieu" ou - c'est tout comme - "serviteurs exclusifs" de ce Dieu Unique Tout Puissant… Face à l'impérialisme unificateur de ces "élus" et "serviteurs" de Dieu, il y a ces hommes humbles et respectueux qui acceptent le Monde tel que Dieu l'a créé, dans toute sa diversité, soucieux de garantir la multiplicité des cultures et le libre arbitre de chaque homme ; le Jugement dernier - pour ceux qui y croient - dépendant de la seule appréciation divine, toute ingérence humaine dans cette prérogative étant sacrilège… Ainsi se veut une authentique laïcité, celle vécue en Syrie. "Laïcité" à l'opposé de ce "laïcisme" hypocrite de propagande qui voudrait imposer une idéologie universelle, celle propagée notamment par ces révolutions qui se sont voulu des idéaux universels, la Révolution française puis la Révolution bolchevique… suivies aujourd'hui de ces "Printemps arabes" portés par le sionisme…


Toujours identifier l’ennemi. Que la révolution soit portée, alternativement ou coordonnée, par les francs-maçons, les communistes, le sionisme et son outil islamique ce sont toujours les mêmes forces occultes qui se dissimulent, les uns et les autres étant les acteurs - déclarés ou non - d'un même combat…
La puissance destructrice du communisme s'étant progressivement émoussée après les effets désastreux sur les opinions publiques du génocide mené par les Khmers rouges au Cambodge, par le rejet du communisme en Europe après la chute du Mur de Berlin et l'effondrement de l'Union Soviétique… une autre arme a été activée : l'islamisme… Une arme idéologique depuis longtemps déjà affûtée à partir de la Turquie et avec les Dönmeh et leur activation d'un fondamentalisme islamique, propagés par les instruments des Frères musulmans et du wahhabisme…

Communisme et islamisme restent indissociables en tant qu'armes des tenants du mondialisme… Armes maniées directement par le N.O.M. ou plus généralement par des "idiots utiles"… Le sionisme restant, par la personnalité des principaux propagateurs du communisme que de l'islamisme, indissociable de ces mouvements…
De même que le terrorisme n’est jamais l'ennemi mais seulement un moyen de faire la guerre quand l’ennemi ne peut ou ne veut - quelles qu’en soient les raisons - agir frontalement, de même l'idéologie, instrument la propagande, n'est qu'un outil de manipulation des masses… Le communisme a joué ce rôle… Un rôle qui aujourd'hui lui a été - partiellement et… provisoirement ? - retiré au profit de l'islamisme…
Comment mieux illustrer ce désarroi des communistes devant "une situation aussi complexe" que par ces conseils donnés à leurs militants :

Les communistes face à la Syrie… enjeu mondial considérable (Jacques Serieys 19 octobre 2015)
Ainsi les communistes face au dépit de voir utiliser l'arme idéologique de l'islamisme et le terrorisme dont il est porteur par le Nouvel Ordre Mondial et le sionisme tentent de sauver la face et de prôner une attitude ménageant la chèvre et le chou… On condamne "le dictateur" Assad tout en le laissant être acteur d'une solution politique. Mais dans le même temps on prend parti sans ambigüité pour une prétendue "opposition syrienne" armée et, "cerise consolatrice sur le gâteau" pour le Rojava des Kurdes sécessionnistes… Choix des communistes qui s'insère sans ambigüité aucune dans celui de l'Entité sioniste !
La Syrie présente un valeureux exemple de résistance à cette "révolution mondiale"… Malgré toutes les destructions, humaines comme matérielles, opérées en Syrie, l'on ne peut se dispenser de s'interroger sur le degré des ravages de cette "révolution mondiale" en Europe, et plus précisément en France… Un article de Rivarol fondé sur des faits récents contribue fort judicieusement à nous fournir des éléments de réponse…
Les communautés chrétiennes du nord-est de la Syrie victimes des agissements des milices kurdes d’obédience communiste PKK…





K-Y partie à l’Élysée avec le ‘’mec’’ qui a bombardé la Syrie…
Devant un public de 1 500 bourgeois autant friqués que décadents,
c’est une fête afro-techno-LGBT qui s’est déroulée dans ce lieu de pouvoir transformé en Sodome.


Pour les niais qui en douteraient, qu’ils se reportent à la fiesta de l'Élysée où
 se démenait comme de beaux diables une cohorte de travestis afros.

Chansons et paroles d’une soirée mémorables : extraits… « Ce soir, brûlons cette maison, brûlons-la complètement »… « Les femmes et la beuh (herbe) »… « Ne t’assieds pas, salope, s’il te plaît »… « Danse, enc… de ta mère, danse »… « T’es vénère parce que je me suis fait sucer la b… et lécher les c… ». Olé ! Une poétique à la mesure de la République en marche, de Pierre Bergé à Patrick Drahi (SFR/L’Express/Libération/BFM.TV/i24 News), via Rothschild, Attali, Minc and Co.



Bon, bien ! Il s’agirait d’enfin voir ou percevoir les évidences les plus aveuglantes. À savoir que si le Coup d’État bolchévique d’octobre 1917 a finale
ment échoué, la Révolution mondiale elle, l’a finalement emporté et s'accomplit sous nos yeux non dessillés. L’atroce dictature léniniste s’est en effet rapidement conclue en 1921 par le brûlant aveu d’échec qu’aura été vote 
de la Nouvelle économie politique — un discret, mais authentique, retour au capitalisme de libre entreprise — le 12 mars 1921 à l’occasion du Xe Congrès du Parti communiste russe. Et ce, tandis que se développait depuis douze jours la révolte (et non la mutinerie) des marins de Cronstadt. Celle-ci sera écrasée le 18 mars sur ordre de Trotski au prix de la bagatelle d’une dizaine de milliers de morts… Le socialisme avançait à grand pas ! Les malheureux ne demandaient cependant que la restauration de libertés élémentaires : élection libre des soviets, liberté de la presse et de réunion, suppression des réquisitions forcées, bref, revendiquant une démocratie ouvrière et paysanne contre l’oppressive dictature des commissaires politiques. À son décès, le 21 janvier 1924, Lénine s’était en fait refusé à fixer une limite pour la NEP dont il voyait la prolongation pour au moins une décennie, voire un quart de siècle. Mais en 1927 le succès de la NEP était tel qu’il finit par fortement entraver les réquisitions de grains et entraîner la création d’un marché parallèle ; certaines villes connaissent à cette date d’importantes pénuries et l’Ukraine est meurtrie par une mortelle disette au cours de l’hiver 1928/1929.

Un prélude à la grande famine de 1932/1933, celle-ci étant étroitement liée à la dékoulakisation et à la collectivisation autoritaire des terres. Staline engage alors la politique du « Grand tournant », en l’occurrence le lancement du Premier plan quinquennal, l’abandon de la NEP et l’industrialisation lourde du pays avec en perspective — oui, dès cette époque — de préparer à la guerre contre le Reich allemand [Henri Massis (1886/1970), Découverte de la Russie, 1944. Un livre profond malgré la fadeur du titre].

Les famines et leurs cortèges de mort par millions, suivirent donc l’abandon sine die du socialisme réel par Lénine. La Terreur, le goulag et la malemort ouvrirent néanmoins grands leurs bras pour y engloutir ouvriers, paysans, bourgeois et nobles. Surtout les classes laborieuses qui furent étrillées d’importance et pour lesquelles devait en principe s’accomplir la révolution et que le communisme était censé libérer (sans doute du fardeau d’une existence de bagnard ? Celle qui fut la leur après la Révolution !). D’ailleurs, un révisionnisme historique de bon aloi (allant dans le sens de la mythologie révolutionnaire invertie) s’emploie maintenant à minimiser le nombre de cadavres afin de nous convaincre que la Terreur et les confiscations ne furent, au fond, pas si terribles que ça. Le prix à payer !

Que les faits — qui se sont frayés si difficilement un chemin vers la lumière — ne sont en réalité qu’exagération, une légende noire, pur produit de la malveillance des ennemis du peuple et du socialisme. Au reste, par-delà cet échec (mais pouvait-il en être autrement, le communisme, niveleur égalitariste étant une cruelle chimère ?), il faut admettre — aussi dur cela soit-il — qu’au XXIe siècle le marxisme sous sa forme ultra-libéraliste mâtinée de freudisme, l’a finalement triomphé, oui da ! Les torrents de 1789 et de 1917 continuent d’emporter les nations et de charrier les cadavres des guerres de normalisation démocratique, les rives défilent sous nos yeux, mais elles sont en réalité immobiles, ce sont les eaux furieuses qui déferlent, et nous avec !

AU FINAL ALEXANDRE PARVUS ET LÉON TROTSKI L’EMPORTENT HAUT LA MAIN

Si Lénine a perdu, Trotski, lui, a gagné. Ce Léon Bronstein dont les séides et les suiveurs ont envahi la planète : néoconservateurs en Amérique, en France macroniens [La fête de la musique 2018 dans les jardins du palais de l’Élysée avec des danseurs et des musicos afros transsexuels, montre que toutes les limites ont été franchies par une présidence se complaisant à avilir sa fonction très au-delà de ce que firent les Sarkozy et les Hollande. La déchéance est un puits sans fond, en témoignent les pitreries obscènes de l’Élysée devant un millier et demi d’invités, dignes héritiers de la chienlit soixante-huitarde…] post-mitterrandiens et archéo-soixante-huitards, partout les élites occidentales ont épousé la cause de la Révolution permanente [Ce concept apparaît en 1844 dans La Sainte Famille, premier ouvrage cosigné par Karl Marx et Friedrich Engels. Théorisé par Alexandre Parvus (Israël Lazarevich Gelfand), richissime marchand d’armes, Trotsky reprend le thème en 1905 in Résultats et Perspectives, puis en 1929 in La Révolution permanente]. Celle de la destruction totale de l’État et de la société établie naguère sur les bases d’une morale transcendante. Et les choses avancent à la vitesse de ces infreinables machines à démolir que sont les “valeurs” démocratiques secrétées au fur et à mesure de ses pressants besoins par l’insidieuse dictature de République universelle en marche, imposées également par les lois impérieuses du Marché, un dérèglement général (liberté pour les uns, les happy few, asphyxiante dictature pour le plus grand nombre !) sanctifiées par les Traités commerciaux sous les auspices du Libéralisme ultra, nouvel horizon de l’Humanité…

N’oublions pas que ce sont les poches lestées de l’or de Jacob Schiff [Banquier, philanthrope et humaniste, il finança en 1904 à hauteur de deux cents millions de dollars-or via la banque Kuhn, Loeb and Co, la guerre du Japon contre la Russie. La défaite russe sera suivie de la révolution manquée (de peu) de 1905 dans laquelle Parvus et Trotsky occupent des positions clefs] que Trotski Bronstein regagna la Russie pour prendre en marche le train de la conspiration bolchévique… comme ces professionnels de l’entrisme, plus proches de nous, que sont Julien Dray, grand collectionneur de montres à complication et faux transfuge de la LCR, qui volait au secours de la victoire et ralliait les rangs du PS en 1981… ou encore Jean-Marie Le Guen et Jean-Christophe Cambadélis. Ce dernier, compagnon de route du trotskyste Lionel Jospin et de Dominique Strauss-Kahn, directeur du Fonds monétaire international [2007/2011], deviendra Premier Secrétaire du PS en 2014, passe en 1986 en compagnie de quelque quatre cents militants obéissant perinde ac cadaver, de l’Organisation Communiste Internationaliste au PS où ils se taillent rapidement la part du lion lors de la distribution des prébendes et des places éligibles. Ces gens dont la carrière est émaillée d’épisodes successifs de concussion et de prévarication, ces habitués des tribunaux (qui les blanchissent très régulièrement) ne trahissent rien ni personne : surtout pas un pays auquel ils sont par nature et par définition étrangers et même hostile, ni une morale qu’ils méprisent et qu’ils se font une joie mauvaise de transgresser.

LA MACHINE À DÉTRUIRE LA NATION

Retenons que la Machine à détruire la nation, son identité, sa souveraineté et nos dernières libertés, s’est visiblement mise en route en 1966 avec le livre Treblinka de Jean-François Steiner. Une fiction présentée comme un témoignage qui donna le coup d’envoi d’une prodigieuse entreprise de sidération : à savoir — et depuis cette date — l’exploitation commerciale, politique, idéologique, morale du système concentrationnaire des vaincus de la Seconde Guerre mondiale. À partir de là, s’enclenchait la procédure devant acheminer les Hexagonaux à la mort cérébrale. Le 21 mai 1981, le plus avide et le plus avisé de ces « politiciens au rencart… marqué par l’ambition et la haine » que stigmatisait DeGaulle dans son discours du 30 mai 1968 (trois jours après le rassemblement de Charlety, le 27 mai, à la veille de la deuxième nuit des barricades), le factieux Mendès France ayant été écarté, parvenait à la tête de l’État. Il faudra toutefois attendre juillet 1984 et l’échec cuisant des trois gouvernements Mauroy (qui avait su merveilleusement arroser les copains et assécher les caisses de l’État), pour que la Machine à sidérer l’indigénat reprenne force et vigueur avec la création de cette machine de guerre contre les peuples que constitua SOS-Racisme.

Si la réouverture mémorielle des camps ne fut qu’une première étape (certes fondatrice), la création le 15 octobre 1984 de SOS-Racisme [Serge Malik, l’un des fondateurs d’origine judéo-arabe, va dénoncer dans Histoire secrète de SOS Racisme (1990) « l’instrumentation politique de l’antiracisme par le Parti socialiste et la franc-maçonnerie ainsi que la surreprésentation de membres de l’Union des étudiants juifs de France »] fondé par les trotskistes Harlem Désir et Julien Dray, marqua la relance (en mode démultiplié) de l’entreprise de néantisation mentale des Français… auxquels il fut reproché, en vrac et de façon lancinante, la colonisation, les croisades, l’esclavagisme, le racisme puis le sexisme, le machisme, l’homophobie, la xénophobie… enfin leur “leucodermie”. Haro sur le Baudet [Jean de La Fontaine « Les Animaux malades de la peste » Livre II — 1678], l’homme blanc quinquagénaire ployant sous le bât de ses tares et de ses vices. La bête à abattre ! Pourtant, qui ne voit que les vrais et actuels négriers des temps modernes sont ces Organisation non gouvernementales — si bien pensantes et si pathétiquement généreuses —- qui acheminent, cargaison après cargaison, du bois d’ébène pour alimenter sur le Vieux Continent le juteux marché de l’assistanat social ou celui du travail à vil prix ?

Cette entreprise de sidération et de destruction mentale a fait entrer les masses hexagonales dans un profond état d’hébétude leur faisant accepter les pires inversions… et les ravages liés à la destruction programmée de l’État remis en cause en son principe même et dans l’exercice de sa souveraineté nationale la plus élémentaire. L’État, rongé de l’intérieur par la libéralisation de secteurs d’activité dans lesquels s’exerçaient ses prérogatives régaliennes ou dans lesquels s'était immiscé à plus ou moins bon escient ! Destruction des transports ferroviaires, de la Santé, de l’Éducation (devenue une dispendieuse entreprise industrielle d’arasement de la mémoire ethnoculturelle et confessionnelle, destinée à former des zombies ne disposant plus que des quelques centaines de mots utiles à se gaver de séries télévisuelles), Services postaux, Sécurité intérieure et Défense passée sous commandement américain au sein de l’Otan, etc.

La disparition des frontières, l’effacement de la distinction dehors/dedans (ou haut/bas, en un mot de toute hiérarchie sociale et partant, l’annulation de toute autorité autre que celle de la bureaucratie tentaculaire), a rendu caduque la notion d’État protecteur, garant d’un espace de souveraineté [Le 21 juin 2018, Emmanuel Macron assimilait le retour en Europe du nationalisme à « la lèpre qui monte » La nation, la communauté nationale, voici l’ennemi !] . Or Mai 68 marque le point de départ de la grande déconstruction sociétale dont nous ne voyons que trop les ravages aujourd’hui. Quant aux imposteurs qui nous dirigent, ils exhibent sans la moindre vergogne le spectacle de la décomposition cloacale qu’ils sont chargés de mener à terme : le raout élyséen, transgenre et congoïde, en est l’un des symptômes… sachant que le bon peuple muselé par les valeurs, frappé de stupeur et en état avancé d’incapacité mentale, laisse faire, laisse passer, préférant tourner ses regards vers les arènes également mondialisées du ballon rond, là où s’exprime le mirage hypnotique d’une pétulance collective sans véritable enthousiasme ! [G.W.F. Hegel (1770/1831) « Phénoménologie de l’esprit » 1807 TII - § 38] À quand la guerre ?

Source : Léon Camus in Rivarol n°3336 du mercredi 27 juin 2018


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De la manière d’écrire l’histoire

« Il faut, avant tout, que l’historien soit libre dans ses opinions, qu’il ne craigne personne, qu’il n’espère rien. Autrement, il ressemblerait à ces juges corrompus qui, pour un salaire, prononcent des arrêts dictés par la faveur ou la haine. (…) L’unique devoir de l’historien, c’est de dire ce qui s’est fait (…), et négliger tout le reste ; en un mot, la seule règle, l’exacte mesure, c’est de n’avoir pas égard seulement à ceux qui l’entendent, mais à ceux qui, plus tard, liront ses écrits (…), ne s’inquiétant pas de ce que dira tel ou tel, mais racontant ce qui s’est fait. (…) Il vaut mieux, prenant la vérité pour guide, attendre sa récompense de la postérité que se livrer à la flatterie pour plaire à ses contemporains. Telle est la règle, tel est le fil à plomb d’une histoire bien écrite. »

Lucien de Samosate : De la manière d’écrire l’histoire


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Autres étapes du 9ème voyage de "solidarité avec le peuple syrien"
de la Communauté syrienne de France, avril 2018