Qui ne risque rien n'est rien… sur le chemin de Damas, alors que les opinions ont cédé face aux certitudes…
on ne le dit assez : un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi, ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances.

lundi 25 juin 2018

Homs, jamais je ne t'oublierai… avec la Communauté syrienne de France



Tôt le matin ce dimanche 29 avril 2018, Abou Seliman et son minibus  nous rejoints depuis Tartous sur les hauteurs de Djablé [جبلة] à Bessmalekh, [بسمالخ]… C'est le dernier jour de notre voyage avec la Communauté syrienne de France, en solidarité avec le peuple syrien… Notre projet est de nous rendre à Palmyre… La route sera longue, mais de Palmyre nous ne devrons pas retourner vers Homs, la route directe entre Palmyre et Damas étant ouverte nous a-t-on assuré…


En route vers Palmyre, ponctuelle une escorte partout nous attendait… jusqu'à très près de la cité antique


Les services de sécurité sont informés de notre projet et dès lors nous accordent une escorte de protection à partir de Djablé… De circonscription en circonscription cette escorte se relaie, toujours ponctuelle à nous attendre… Nous passons le point de contrôle de Homs pour nous engager sur la route de Palmyre… Toutes les autorisations sont accordées… tous les postes de contrôle sur notre route sont informés… verbalement. Arrivés à quelques kilomètres de Palmyre… contrôle plus pointilleux… Une autorisation écrite est exigée ! Coups de téléphone… Prière d'attendre…  Nous sommes invités à nous replier dans un lieu plus agréable, un relai restaurant sur cette longue route encore peu fréquentée…

Des relais routiers, souvent fréquentée par des soldats russes



Sur cette route abandonnée et ces auberges peu fréquentées, ces oiseaux témoignent encore de la sensibilité des tenanciers








Après une longue indécision nous sommes invités à faire demi tour



Finalement, à une heure tardive compromettant toute visite avant la nuit, refus de poursuivre notre route vers Palmyre nous est signifié… Ceux qui comprennent l'arabe auraient entendus des paroles pas très amicales à l'égard de ce groupe de Français… et une satisfaction à peine déguisée d'avoir contrecarré leur projet… Nous étions à Homs… plus exactement dans sa circonscription et en démêlé avec des agents en dépendant…










Nous étions à Homs…


Homs est la grande ville syrienne la plus proche de la frontière libanaise… Ce qui en fait sa caractéristique majeure… pour le meilleur comme pour le pire…

Proche de cette frontière libanaise, au cœur de la Syrie sur l'axe routier entre Damas et Alep, carrefour incontournable entre Damas, la vallée des Chrétiens (Wadi el-Nasara) et la côte de Tartous à Lattaquié, dès 2011 Homs a été la cible stratégique prioritaire des attaques terroristes de l'Occident et des agents du sionisme… Tenir Homs c'était pour l'Occident étrangler la Syrie… C'est bien au cours de la bataille de Homs qu'ont été significativement tués ou capturés les premiers agents occidentaux mobilisés contre la Syrie… On a alors cité dès mars 2012, la capture de 18 officiers français ainsi que de 100 parachutistes français, auxquels s’ajouteraient 70 combattants libanais et 118 de différentes nationalités arabes.
 Des tunnels entre le Liban et la Syrie ont été découverts et neutralisés…

Ainsi Homs est l'une des villes qui a le plus souffert de l'invasion commanditée contre la Syrie… La ville a connu d'énormes destructions… Les agents de l'Occident ont commis d'innombrables crimes contre sa population de Homs… À cette agression, avec l'appui de l'Armée arabe syrienne, les habitants de la ville parmi les plus intègres et courageux ont vaillamment répondu… Lors de l'un de nos voyages, en mars 2016, la Communauté syrienne de France a eu l'honneur de les rencontrer, rendre visite à de nombreuses familles de martyrs et offrir quelques secours, matériels paramédicaux notamment…

Mais Homs, carrefour incontournable en Syrie et grande ville la plus proche du Liban à la trouée de la Bekaa en subit tous les désagréments et toutes les contaminations… Contamination terroriste lors de l'agression de 2011 de laquelle ont été complices certains de ses habitants mais aussi contamination bien plus ancienne et fortement ancrée… N'oublions pas que la vallée de la Bekaa est cette porte qui près de Homs s'ouvre sur la Syrie…

Mes souvenirs remontent si je ne me trompe à l'année 1977. Je voyageais avec ma voiture dans la région… Je venais de Damas et pensais pouvoir me rendre à Beyrouth. À Chtoura très fortement déconseillé de poursuivre ma route vers Beyrouth en guerre… Ce sera un retour en Syrie par la vallée de la Bekaa… Halte à Baalbek… Sur la route, à perte de vue des plantations de cannabis… Sollicitations, pressentes d'achat… Familier à l'époque de l'Afghanistan, où la convivialité faisait que tout chauffeur de taxi vous offrait spontanément un bout de shit… familier du Bhoutan où Cannabis sativa n'est qu'une herbe sauvage poussant dans les terrains vagues des villes comme ailleurs en Europe les orties et ne suscitant là-bas que l'intérêt des chèvres errantes - à la chair délicieuses !… réfractaire à tout voyage et initiation à Katmandou… je ne voyais dans ces immenses plantations que grotesque, ridicule et plutôt le signe d'une certaine misère humaine… Arrivée à la frontière libanaise vers Qaa [القاع]… Simulacre de contrôle de la part des gardes frontaliers libanais… Des passeports qui tardent à revenir… De temps en temps un des gardes qui s'approche de ma voiture… De mon obstination à ne vouloir rien comprendre ils avaient vite acquis la certitude qu'il leur était inutile de fouiller davantage mon véhicule : en infraction, j'aurais glissé dans une main qui n'attendait que de s'ouvrir quelques billets, le sourire en prime… Ce n'est alors qu'après plusieurs heures de sereine incompréhension que mon passeport est revenu sans explications ni excuses… Entrée en Syrie vers Jusiyah [جوسية], sans autre problème… Les deux frontières avaient-elles communiqué ?

Une proximité entre le Liban et la Syrie près d'une frontière où transitent certainement toutes sortes de trafics ne peut qu'être le moteur de la prospérité de toutes sortes d'activités mafieuses… Comment Homs pourrait-elle y échapper ? Comment le voyageur pourrait-il ne pas en être occasionnellement victime ? Pourquoi un jour les hôtels de la ville refuseraient-ils tous de l'accueillir, sauf à des conditions prohibitives partout les mêmes ?


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Passé Homs, en route vers Damas,  halte à Qara… En bord de route, centre majeur d'intérêt, une pâtisserie… Comme l'annonce l'enseigne nous sommes chez "Abo Alezz" [أبوالعز]… Pâtisseries à consommer sur place… et une fois que l'on y a goûté achat irrésistible afin de prolonger le plaisir jusqu'après notre retour à la maison… 









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Abou Seliman et son minibus nous a rejoints une fois de plus pour de nouvelles aventures



Homs, toujours debout malgré les blessures !… "صامدون رغم الجراح"


Homs enfin définitivement libérée des groupes terroristes

Pèlerinage à Palmyre, avec la Communauté Syrienne de France…

26 juin : Journée internationale contre l'abus et le trafic de drogues

La méthamphétamine et ses victimes : journée internationale contre l'abus et le trafic illicite de drogues


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Autres étapes du 9ème voyage de "solidarité avec le peuple syrien"
de la Communauté syrienne de France, avril 2018














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