Qui ne risque rien n'est rien… sur le chemin de Damas, alors que les opinions ont cédé face aux certitudes…
on ne le dit assez : un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi, ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances.

lundi 23 janvier 2017

Avec la Communauté syrienne de France, un moment à Hama où gémissent les norias…



« À la fin d’une brûlante journée de juin 1914, j’étais assis au bord de l’Oronte dans un petit café de l’antique Hama, en Syrie. Les roues ruisselantes qui tournent, jour et nuit, au fil du fleuve pour en élever l’eau bienfaisante, remplissaient le ciel de leur gémissement, et un jeune savant me lisait dans un manuscrit arabe une histoire d’amour et de religion... Ce sont de ces heures divines qui demeurent au fond de notre mémoire comme un trésor pour nous enchanter... »

Lors de ce voyage de novembre 2016, Hama n'aura été qu'une halte de quelques heures… Arrivée en bus depuis Alep à la gare routière… Rapide visite au centre de la ville pour entendre encore gémir les norias… Restauration… Puis minibus en direction de Masyaf…


Il est temps de monter dans le bus, au départ d'Alep pour Hama


En route, encore tout près d'Alep… les combats ne sont pas loin


Sur la route… village traditionnel de la région d'Alep


Restauration sur la route entre Alep et Hama


Gare routière de Hama












Le moment de quitter Hama pour Masyaf est venu… Notre minibus nous attend


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الهلال الأحمر العربي السوري - Croissant Rouge Arabe Syrien

À Hama, accompagnés d'une forte équipe du Croissant Rouge Syrien, visite d'un centre de déplacés installé dans une école réquisitionnée… Contact avec ces enfants peut être encore plus empreint d'émotion que lors de rencontres avec des soldats… Perception de leur malheur actuel mais aussi impossibilité de ne pas penser qu'eux aussi risquent un jour d'être impitoyablement appelés au front… Difficile de retenir quelques larmes… surprises mêmes dans les yeux de la responsable du Croissant Rouge Syrien qui nous guidait, elle pourtant au contact quotidien de ces enfants et de leurs famille… Larmes inopportunes très vite séchées face à l'accueil de ces enfants, leurs jeux, leurs démonstrations d'affection, leur apparente insouciance malgré un fond de grande tristesse… Des enfants qui sont parfois avec leurs parents… mais malheureusement très souvent orphelins… L'islam interdisant toute rupture avec la filiation biologique, l'adoption telle que conçue en Occident est impossible. Ces orphelins pourront certes être aidés, accueillis dans des familles mais resteront toujours pupilles de l'État syrien.




















Ces déplacés, ayant fui massivement les zones investies par le terrorisme - État islamique, al-Nosra et autres groupuscules terroristes tous gavés de Captagon - et leurs exactions, sont malheureusement nombreux à Hama, Damas comme dans les autres grandes villes libres. Leur condition est extrêmement difficile… écoles surpeuplées, maisons surpeuplées… S'ils ne sont pas pris en charge dans des centres d'accueil ils ont à faire face à des prix de loyers en hausse constante du fait de la pression du nombre de déplacés… Si les nourritures ne manquent pas, ces déplacés appauvris n'y ont souvent accès que grâce à la solidarité de leurs nouveaux voisins, les habitants des villes d'accueil ou à des aides publiques… Ce sont sans doute eux, enfants comme adultes, qui ont le plus besoin d'une aide venue de l'extérieur… Les voyages de solidarité organisés par la Communauté Syrienne de France, modestement, peuvent contribuer à les soulager, eux, les plus miséreux ou les plus courageux qui n'ont pas cédé à l'appel néfaste à l'exil, encouragé par la propagande étrangère… Venir en Syrie aider directement ces déplacés, c'est aussi lutter contre une immigration désastreuse…


Avant de quitter Hama, une brève halte s'imposait pour admirer les norias sur les rives de l'Oronte


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حماة


Le fleuve Oronte est appelé en arabe « le fleuve rebelle » parce qu’il coule du nord au sud contrairement aux autres fleuves de la région. C’est un fleuve mythique qui prend sa source au Liban, traverse la Syrie et se jette dans la Méditerranée.
Les norias immenses (certaines atteignent 21 mètres de diamètre) sont fascinantes.

 Elles datent du XIIe siècle. Des godets verticaux recueillent l’eau de l’Oronte et lorsqu’ils sont arrivés au sommet de la roue, ils se déversent dans des godets latéraux d’où l’eau coule dans l’aqueduc. Le mouvement est très lent.
Les enfants s’accrochent aux pales, montent avec la roue et se jettent dans le fleuve. Le bruit du frottement de l’essieu en bois sur la pierre où il est encastré est obsédant mais non désagréable. Chants ou pleurs…




Les norias aujourd'hui dégradées




Norias sur l'Oronte et Palais Azem à Hama, Syrie





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C'était en juillet 2011 (dépêche du 11 juillet)

Damas : Le ministère des AE convoque les ambassadeurs des États-Unis et de France et leur transmet une vive protestation pour leur visite sans autorisation à Hama

Le ministère des Affaires étrangères et des Émigrés, a convoqué les ambassadeurs des États-Unis et de France en Syrie et leur a signifié une vive protestation contre leur visite à Hama, sans avoir obtenu une autorisation du ministère, ce qui représente une violation de la clause 41 de la convention de Genève sur les relations diplomatiques, laquelle implique aux diplomates la non ingérence dans les affaires intérieures des pays auprès desquels ils sont accrédités et leur impose aussi de discuter des questions officielles avec le ministère des Affaires étrangères.
Le ministère a fait savoir que la visite des deux ambassadeur des États-Unis et de la France à Hama constitue une violation flagrante des affaires intérieures de la Syrie et confirme l'existence d'un encouragement et d'un soutien étrangers à tout ce qui est de nature à déstabiliser le pays, au moment où un dialogue national est lancé pour l'édification de la Syrie future.


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