Qui ne risque rien n'est rien… sur le chemin de Damas, alors que les opinions ont cédé face aux certitudes…
on ne le dit assez : un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi, ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances.

dimanche 4 mai 2014

Adam Weishaupt et les Illuminés de Bavière


L’histoire sérieusement méditée nous induira toujours à cette conclusion : un peuple reçoit ses maîtres plus qu’il ne les choisit. La Révolution française en est pour nous l’exemple le plus classique. Affirmer, quand trois cents émeutiers à gage suffisaient pour prendre la Bastille, que la France entière s’est débarrassée de son roi, représenté comme un tyran, pour se donner une constitution libre, est une ironie amère ou une fable éculée. Jamais encore le bon peuple de saint Louis et d’Henri IV n’avait été aussi malmené qu’il le fut alors par d’infimes minorités préparant de longue main ou conduisant les différents actes du drame dont le dernier l’étouffa sous la Terreur."
Pierre Virion in "Le Christ qui est Roi de France"


Un jeune homme de vingt-huit ans fonde le 1er mai 1776 l'Ordre des Illuminati, que les historiens appellent les Illuminés de Bavière, dans l'atmosphère des Lumières dont les facettes occultes brouillent les pistes.

Adam Weishaupt (1748-1830) exerce alors en qualité de professeur de droit canon à l'université d'Ingolstadt. Personnalité à la fois exaltée et froide, précurseur de ces figures technocratiques et irrationnelles des régimes totalitaires, persuadé que son destin va changer la face du monde, il adopte dès 1770 une doctrine radicalement opposée à celle des autres Illuministes comme Martinès de Pasqually, Saint-Martin, Swedenborg, Cagliostro et Mesmer.

Il veut détruire l'auctoritas et le potestas sous toutes leurs formes, tant les souverains que les églises. À ses yeux, seul un gouvernement mondial peut, après une série de cataclysmes, amener l'humanité toute entière à la félicité. Il faut pour cela précipiter dans le chaos les deux grandes puissances européennes que sont l'Angleterre et la France en usant de quatre moyens :

- corrompre les proches des puissants pour les manipuler ;

- s'introduire dans l'enseignement universitaire et chez les précepteurs des princes pour modeler les esprits de ceux qui détiennent le pouvoir ;

- sélectionner les plus habiles pour exalter leur sentiment de suprématie sur l'humanité ordinaire, puis les admettre dans l'Ordre ;

- s'emparer des gazettes pour contrôler l'opinion.

Favorable aux menées révolutionnaires, dont il pressent le potentiel en France, Weishaupt contacte plusieurs membres du futur comité de salut public, dont Robespierre.

Lorsque Weishaupt meurt en 1830, il a pris soin de transcrire ses directives pour l'avenir, préparant les Illuminati à changer de vocables, mais jamais de méthode de noyautage.



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