Qui ne risque rien n'est rien… sur le chemin de Damas, alors que les opinions ont cédé face aux certitudes…
on ne le dit assez : un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi, ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances.

mardi 5 juillet 2011

Oran, le 5 juillet 1962… le "Mur des Disparus", Perpignan

"Le vrai tombeau des morts c'est le cœur des vivants"


Oran, le 5 juillet 1962…

Le 5 juillet 1962, a lieu à Oran une manifestation populaire organisée par le FLN (Front de libération nationale). C'est le jour anniversaire de l’entrée des troupes françaises en Algérie le 5 juillet 1830… et la fin de 132 ans de présence française. L’indépendance de l’Algérie est officielle depuis 2 jours !

En fin de matinée, en centre ville d’Oran, sans que l’on sache vraiment pourquoi, la manifestation populaire  dégénère. De très nombreux Européens, hommes, femmes, enfants de tous âges, sont pris à partie, lynchés et massacrés dans les rues, lieux et édifices publics où ils se sont réfugiés. D’autres, par centaines, sont pris en chasse et enlevés, souvent même à leur domicile. La majorité d'entre eux demeurent, près de cinquante ans après, portés disparus. 2500 à 3000 disparus…  Leur assassinat, leur asservissement ne font aucun doute, comme l’établissent tant les témoignages recueillis que les différentes archives consultées par les historiens.

La police et l’armée des nouvelles autorités algériennes, loin d’assurer la protection des Européens présents dans la ville, prennent souvent une part active aux rapts, rafles et massacres. De leur côté, se conformant aux ordres reçus de De Gaulle depuis Paris, les  troupes françaises stationnées à Oran, encore fortes de plus de 18000 hommes, s'abstiennent de toute intervention. Seuls quelques rares officiers assument courageusement, à titre individuel, la responsabilité de contrevenir aux instructions. Aujourd'hui encore, des centaines de famille n’ont aucune nouvelle des milliers disparus de ce 5juillet 1962. 

Ainsi, le 5 juillet 1962 à Oran, se confirmaient les pires craintes que suscitait le retrait de la France d’Algérie, mettant fin à la coexistence de populations de toutes origines et de confessions diverses, qui n'auraient demandé qu’à vivre ensemble. Abandonnés sans aucune protection, les Français d’Oran ont dû choisir entre l'exode ou la mort. Un exode définitif d'une  terre qui reste à jamais leur seule vraie patrie.

Perpignan, "Murs des disparus", ceux du du 5 juillet 1962 à Oran… et des plus de 150 000 Harkis aux noms "effacés" à jamais


"Murs des disparus" sans sépulture, 2616 noms connus…


"Mur des disparus", gros plan sur quelques noms…


Perpignan, 5 juillet 2011, près du "Mur des disparus" la messe dite par l'abbé Bruno Segondy



Perpignan : le "Mur des disparus", dans le cadre du couvent des Clarisses, transformé en prison par la Révolution en 1791… ce jusqu'en 1989



Témoignage ce 4 juillet 2011 sur le forum  "Chemin de Mémoire des Parachutistes" :
Oran le 5 juillet 1962, ne les oublions pas.

… De la colonne qui avançait péniblement, une femme âgée tenant ses deux petits enfants par la main, leur disait d’un ton rassurant :
- Ne pleurez pas, mes chéris. Nous allons dans le paradis terrestre.
- Celui où vivent Adam et Éve, demanda naïvement la petite fille ?
- Le même, mes petits, car ce beau jardin, c’est ici qu’il existe…

La clameur se répercutait sur la ville durant tout le temps que dura le sinistre chemin de croix, jusqu’au lieu même du supplice. Au Petit Lac, un spectacle insoutenable, inhumain, vint briser ce qui leur restait encore de force.
Des hommes, des femmes, des enfants se jetaient les mains jointes aux pieds de leurs bourreaux, implorant leur pitié en pleurant. Mais aucune générosité n’était à attendre de la part de ces barbares. Les coutelas entrèrent alors dans une danse macabre, ouvrant les gorges, tranchant les têtes de leurs victimes, malgré les cris horribles des familles enlacées dans une dernière étreinte.

Cette boucherie n’était pas encore suffisante pour ces barbares assassins, il fallut montrer ces têtes en trophées à la populace qui hurlait sa joie en poussant des clameurs d’admiration sauvages telles que l’on entend au moment où le taureau, dans l’arène, fait glorieusement face au matador. L’instinct de férocité native s’était, chez tous, réveillé par le cruel supplice, et leurs yeux étincelaient d’ardeur de bêtes fauves assoiffées de sang. Alors, dans une bamboula furieuse, les démons exhibèrent sur des piques sanguinolentes en signe de victoire ces pauvres têtes aux traits crispés qui grimaçaient encore d’un rictus horrible de souffrance. Les yeux, restés ouverts, semblaient vouloir maudire les mains criminelles de leurs bourreaux.

Aux abattoirs, les Arabes pendaient les Européens, vivants, par le palais. D’autres étaient pendus par les pieds puis on leur ouvrait la gorge en laissant ruisseler le sang dans des cuvettes. Comment pardonner … 49 ans après … l’horreur de ce sang pleurant des viandes, ces bouts de cadavre que l’étal tenait suspendus à ses crochets ? Le crime est bien trop grand pour que nous n’en perdions jamais le souvenir.
Suivent de nombreux autres témoignages, pour les lire suivre le lien : "Chemin de Mémoire des Paras"

Pour témoignages sur d'autres sites, liens donnés par  "Chemin de Mémoire des Parachutistes" :
ORAN 5 JUILLET 1962 :  LES RESPONSABILITÉS
ORAN 5 JUILLET 1962 : LE GÉNOCIDE
ORAN 5 JUILLET 1962 : Témoignage (non démenti) d'un vieil Algérien militant FLN en 1962
 

La stèle dédiée aux Harkis au cimetière du Haut-Vernet, à Perpignan
(cette stèle devait être inaugurée le 25 septembre 2011, journée nationale des Harhis)

 

Cérémonie à l’Arc de Triomphe en hommage aux disparus du 5 juillet 1962 à Oran, aux Harkis et autres victimes tombées après le 19 mars 1962

Le 5 juillet 2011 à 18 h 30, à l’initiative du Comité de liaison des Associations Nationales des Rapatriés (CLAN-R), un émouvant hommage a été rendu à l’Arc de Triomphe aux victimes du 5 juillet 1962 et aux Disparus, ainsi qu’aux autres victimes civiles et aux Harkis tombés après le 19 mars.




Aux côtés de M. Denis Fadda président du CLAN-R et de M. Jean Fumaroli président de l'Association des Anciens du Lycée Lamoricière d'Oran (ALLO), de nombreuses personnalités étaient présentes parmi lesquelles Mme le député Jacqueline Irles et MM. les députés Eric Diard, Lionnel Luca, Patrice Calmejane, M. Jean-Pierre Berbérian adjoint à la mairie du 9ème arrondissement de Marseille. Les députés Claude Goasguen et Guy Tessier étaient représentés.

M. Renaud Bachy, Président de la Mission interministérielle aux Rapatriés, au nom de l’État, a déposé une gerbe sur la tombe du Soldat inconnu.











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