sur le sentier de l'âne, alors que les opinions ont cédé face aux certitudes… qui ne risque rien n'est rien
on ne le dit assez : un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi, ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances.

vendredi 30 septembre 2016

Saluons en Hollande le digne successeur et continuateur de l'œuvre de DeGaulle…





Les relations troubles avec l'Arabie saoudite ne datent pas d'aujourd'hui… Hollande là encore s'affirme comme le digne successeur de DeGaulle, qui dès 1967 s'acoquinait avec le roi Faysal… DeGaulle et Hollande : même combat ! Hollande digne continuateur de l'œuvre de DeGaulle… pour la consolider ! Le seul au niveau de DeGaulle parmi tous les présidents de la Ve République ! Ainsi Hollande parachève l'œuvre dont DeGaulle avait établi les bases. Ce que confirme explicitement Bertrand Besancenot, l'ambassadeur de France en Arabie Saoudite sur le site officiel de son ambassade :
"La France et l’Arabie Saoudite sont liées par un véritable partenariat stratégique qui connait aujourd’hui un nouvel élan.
Depuis la rencontre entre le Roi Faysal et le Général de Gaulle en 1967, notre relation passe d’abord par les contacts personnels au plus haut niveau. Cette tradition reste forte : le Président de la République, François Hollande, est venu à quatre reprises en Arabie saoudite depuis son élection."

Au tableau de chasse (très partiel) de DeGaulle :
- plus de 250 000 Harkis et leurs familles livrés à l'égorgement ;
- l'usine de la mort au Camp Boiro en Guinée-Conakry ;
- l'exode de leur terre natale de plus d'un million d'Européens…

Au tableau de chasse de Hollande :
- la mort de plus de 300 000 Syriens ;
- plusieurs millions d'exilés ;
- plusieurs millions de déplacés…




Bel aboutissement de la voie ouverte par DeGaulle !



Confidences de Mouammar Kadhafi :
"Alain Juppé, le plus salopard parmi les meilleurs d'entre eux, sera le plus digne d'assurer la continuité"


Il fût un temps où les traîtres étaient fusillés. Aujourd'hui ils ont été ou sont présidents… Et, ceux qui n'ont pas encore été présidents, toujours cooptés par le Groupe de Bilderberg, sont les plus probables futurs élus…





Ambassade de France à Riyad : Message de l'Ambassadeur

Paris : une princesse saoudienne ordonne à son garde du corps de "frapper" et "tuer" un artisan :
Anticipation saoudienne… Ils font déjà comme si la conquête de l'Europe était gagnée !



jeudi 29 septembre 2016

Ayssar Midani - Rapports de situation en Syrie



Combat pour une Syrie souveraine et le triomphe du Monde libre

https://www.facebook.com/ayssar.midani


Pour rétablir la vérité sur ce qui se passe en Syrie :
Entretiens avec Ayssar Midani, Franco-Syrienne engagée

Pour toutes questions relatives aux prochains "SitRep" sur la Syrie et adressées à Ayssar Midani, écrire un message sur le compte Facebook d'Ayssar Midani : https://www.facebook.com/ayssar.midani ou sur le compte Facebook de Thom Aldrin : https://www.facebook.com/thom.aldrin



Tout premier rapport de situation ("SitRep") pour la Syrie par Ayssar Midani depuis Damas…

Ce premier "rapport de situation" comprend trois parties :







*   *   *



Deuxième rapport de situation ("SitRep") pour la Syrie par Ayssar Midani depuis Damas…

Ce deuxième "rapport de situation" comprend deux parties :







lundi 26 septembre 2016

Christelle Néant - Rapports de situation dans la République de Donetsk et Lugansk (Donbass)



https://dnipress.com/fr/

Chaque semaine, Christelle Néant de l'agence DONi Press, en partenariat avec Thom Aldrin d'Éveil Français TV, vous propose désormais une rétrospective en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l'Ukraine et la Russie.

Кристель Нэан https://www.facebook.com/ulfdis





Première émission ce 13 août 2016 d'une nouvelle série des "rapports de situation dans la République de Donetsk et Lugansk" au regard de la présence et des bombardements orchestrés par les Forces Armées Ukrainiennes (F.A.U) essentiellement contre les zones d'habitations civiles. Rapport présenté par Christelle Néant de l'agence de presse DONi Press ( https://dnipress.com/fr/)


Christelle Néant - Rapport de situation au Donbass nº 1 du 13 août 2016  2/2





























Voici les points abordés lors de ce rapport de situation nº 7 effectué le samedi 24 septembre 2016 via Skype :

SITUATION MILITAIRE

00'34" - Bilan des bombardements ukrainiens sur la semaine écoulée
01'36" - Pertes hors combat ukrainiennes
02'30" - Commandos de l'armée polonaise dans le Donbass et vote du sénat américain
03'29" - Changements récents dans le niveau des bombardements

SITUATION POLITIQUE

04'05" - Accord de désengagement des forces signé à Minsk
05'04" - Proposition écrite d'échange total des prisonniers
06'51" - Approvisionnement en eau de la République Populaire de Lougansk
07'17" - Savtchenko et le pouvoir ukrainien
08'03" - Analyse de l'évolution de la situation en Ukraine
12'11" - La campagne des primaires dans le Donbass

SOCIÉTÉ

12'48" - Aide humanitaire de l'armée de la République Populaire de Donetsk à un orphelinat

DIVERS

13'52' - L'enquête sur le crash du MH17

PENDANT CE TEMPS-LÀ À KIEV

16'45" - Le cirque à la Rada
17'20 - Bagarres musclées et menaces entre députés à la télé ukrainienne

CRIMÉE ET ÉLECTIONS EN RUSSIE

18'36" - La position de l'Ukraine concernant les élections législatives russes.

19'53" - Conclusion et rappel concernant le voyage pour les francophones dans le Donbass
Christelle Néant confirme la venue d'un groupe français au Donbass mi-octobre. Ceux qui voudraient encore s'inscrire peuvent contacter - de toute urgence - Christelle Néant : ulfdis@dnipress.com. Pour plus ample information consulter les liens :









dimanche 25 septembre 2016

La France blanchit son armée en 1944… plus raciste que DeGaulle tu meurs…


25 septembre : journée des Harkis
Ni oubli, ni pardon
Que l'infâme DeGaulle soit maudit à jamais !



DeGaulle ne voulait pas qu'il soit dit que la France avait été effectivement libérée par les Soldats Sénégalais, chair à canon…

Ces hommes doivent bien vite se rendre à l’évidence :
leur carrière de héros est terminée.
En Afrique, ils redeviennent des nègres indigènes, des « bougnoules ».
C’est comme « bougnoule » que le sergent Diatta,
ex étudiant en droit à Paris, se fait expulser du Coq Hardi,
le bordel de Dakar, réservé aux Blancs (ou aux Noirs américains).

Plus raciste - et malhonnête - que DeGaulle tu meurs…

Une fois la besogne accomplie, c’est-à-dire la France libérée, il ne fallut pas trois mois à DeGaulle pour « blanchir » entièrement l’armée française. Les quelque 20 000 tirailleurs sénégalais survivants furent renvoyés en Afrique et, peu après, les Antillais dans leurs îles. Tout cela avec des disparités de solde en fonction de la couleur. 
 



Le blanchiment des régiments se définit comme le renvoi et le remplacement des soldats noirs venus d'Afrique par des recrues blanches pour la dernière étape de la Libération. Cette opération logistique méconnue est appliquée à l'automne 1944. Environ 20 000 soldats noirs de l'armée française sont rapidement retirés du front et renvoyés chez eux. Cette décision a été prise à la demande de DeGaulle et du Gouvernement Provisoire de la République (GPRF) pour l'ensemble des armées françaises et pour satisfaire une demande des Américains qui ne souhaitaient pas voir de soldats de « couleur » dans la 2e DB du général Leclerc. Critique du 09/07/2016

C'est tout un pan d'histoire qui est délibérément occulté : sur le front des Vosges, des soldats africains déposent à terre leur uniforme et leur matériel, qui seront destinés à de jeunes recrues, probablement issues des FFI. Pour ces tirailleurs sénégalais, la guerre est finie : l'armée française a préféré se priver de vingt mille combattants aguerris — au grand dam de certains officiers — plutôt que d'associer des hommes noirs à la Libération. « Les frères de couleur vaincus par l'hiver ! » claironne un film de propagande, qui témoigne hypocritement du « blanchiment » des troupes à l'automne 1944. Prétexte climatique qui cache une amère réalité : l'état-major craint pour le prestige de la 1re armée et voit comme une « atteinte à l'ordre colonial » le contact entre soldats noirs et femmes blanches.

C'est un mépris français, enfoui sous la solennité des célébrations mémorielles, que Jean-Baptiste Dusséaux s'emploie à dévoiler dans ce film, soutenu par l'éclairage d'historiens et par le témoignage de Tidiane Dieng, ancien combattant sénégalais. Entravée par le manque criant d'archives (maladroitement compensé par un montage de dessins à l'encre), l'évocation du « blanchiment » ne peut hélas être que parcellaire. Elle s'inscrit dans un propos plus large, louable mais moins rare, consacré à l'importante contribution des troupes provenant de l'Afrique noire aux combats contre l'Allemagne nazie, et au sort déplorable que leur a réservé la République française à l'issue de la guerre. 

Source : Isabelle Poitte pour Télérama

Comment la France a « blanchi » son armée en 1944
Héros et Bougnoules : un crime de l’armée française dans l’Afrique coloniale

Dr Jean-Claude Perez : "De Gaulle, l'accélérateur majeur de la décadence occidentale"

R…appel pour un 18 juin !

Dans son délire criminel, DeGaulle avait ourdi l'assassinat du général Raoul Salan

Les collabos de ces égorgeurs du FLN : plus lâches que les lâches fellaghas…

18 juin 2011 à Vitrolles : DeGaulle déserte à nouveau

Christian Estrosi et ses amis…

La trahison de Marine Le Pen, dernier rempart contre l'effondrement de l'ordre établi…

Bécassine s’emmourache de DeGaulle…



Magistral réquisitoire contre l'œuvre destructice de la France du traître DeGaulle



25 septembre : journée des Harkis
Ni oubli, ni pardon
Que l'infâme DeGaulle soit maudit à jamais !


« … Que les Français, en grande majorité aient, par referendum, confirmé, approuvé l'abandon de l'Algérie, ce morceau de la France, trahie et livrée à l'ennemi, qu'ils aient été ainsi complices du pillage, de la ruine et du massacre des Français d'Algérie, de leurs familles, de nos frères musulmans, de nos anciens soldats qui avaient une confiance totale en nous et ont été torturés, égorgés, dans des conditions abominables, sans que rien n'ait été fait pour les protéger : cela je le pardonnerai jamais à mes compatriotes : La France est en état de péché mortel.
Elle connaîtra un jour le châtiment. »
Maréchal Alphonse JUIN, 2 juillet 1962
Voilà que cette malédiction s'accomplit…

Tous ceux qui auront écouté cet enregistrement en entier, malgré ses deux heures et plus, auront compris qu'en France rien de durable ne pourra se faire, autant dans le choix des institutions que de ceux qui les servent, tant que le mythe gaulliste, ses tenants et aboutissants n'auront pas été éradiqués… Refuser cette éradication c'est être complice de ceux qui ont fait, continuent à faire, feront encore le malheur de la France. Prétendre restaurer un minimum de dignité nationale sans ce nettoyage de la France du gaullisme c'est pédaler dans la choucroute…

Flanby s'affirme de plus en plus fermement comme le clone politique de DeGaulle ! Flanby par sa démission face à ses responsabilités de chef de l'État offre aux séquelles des méfaits de DeGaulle l'opportunité d'exhaler tous leurs miasmes… Ainsi l'on se retrouve aux pires temps du gaullisme pris dans les rets inextricables de l'ennemi…

Tout comme le maréchal Philippe Pétain a refusé de prendre DeGaulle dans son gouvernement, le président François Mitterrand n'a jamais voulu de Hollande comme ministre. Voilà qui donne à réfléchir !

Tout comme DeGaulle son alter ego en malfaisance, Flanby ce minus est entré dans l'Histoire…
- N'oublions pas que l'Histoire n'est faite que de mensonges… et a de bien mauvaises fréquentations.
- N'oublions pas que DeGaulle responsable de l'égorgement de 250 000 Harkis, soldats de France, est bien lui aussi dans l'Histoire… et la Légende !
Après le coup d'État des gaullistes et des communistes le général (à titre temporaire) déserteur à Londres, sa camarilla et les idiots utiles ont embarqué la France dans son abaissement et sa ruine. La France en subit aujourd'hui, des décennies plus tard, toutes les conséquences avec l'immigration invasion islamique et l'influence néfaste des atlantistes et judéo-maçonniques plus que jamais puissante. Pour sortir du néant dans lequel est plongé le pays, il faudra rompre définitivement avec les mensonges véhiculés par le jugement de Nüremberg en 1945 et surtout par 1789 matrice de tous nos maux.






Manuel Gomez : J'accuse De Gaulle






Dr Jean-Claude Perez : "De Gaulle, l'accélérateur majeur de la décadence occidentale"

La France blanchit son armée en 1944… plus raciste que DeGaulle tu meurs…

R…appel pour un 18 juin !

Dans son délire criminel, DeGaulle avait ourdi l'assassinat du général Raoul Salan

Les collabos de ces égorgeurs du FLN : plus lâches que les lâches fellaghas…

18 juin 2011 à Vitrolles : DeGaulle déserte à nouveau

Christian Estrosi et ses amis…

La trahison de Marine Le Pen, dernier rempart contre l'effondrement de l'ordre établi…

Bécassine s’emmourache de DeGaulle…



mardi 20 septembre 2016

L'attaque américaine contre l'Armée arabe syrienne… l'analyse de Bassam Tahhan



Bien malin celui qui sera capable de distinguer entre DAESH et les USA !




Bassam Tahhan, spécialiste du Moyen-Orient et de la Syrie s'entretient avec Frédéric Saillot à propos de l'attaque des USA contre l'Armée arabe syrienne près de Deir ez-Zor le 17 septembre 2016.




Agence Russe de Ré-Information (RusRéinfo) - Syrie : Oui, les US soutiennent Daesh



lundi 19 septembre 2016

Bêtifier toujours plus, pour conquérir les foules : l'Élysée réinterpréte les expos coloniales…



Flanby serait-il jaloux de la renommée de Sawtche, la "Vénus hottentote" ?… L'Élysée transformé en zoo humain ! Flanby parqué et exposé comme aux plus beaux temps des expos coloniales…
Pourquoi ne pas rendre cette expo itinérante ? Le Gabon serait intéressé. Damas aussi… Et pourquoi ne pas commencer par Moscou ?


"Dis papa, tu crois que j'ai le droit de lui donner à manger ?"



La "Vénus hottentote"





dimanche 18 septembre 2016

La situation dans le Donbass dans le contexte des processus géopolitiques contemporains



Le Parloir Chrétien du Colombier


Emmanuel Leroy : Les causes cachées de la guerre dans le Donbass

Emmanuel Leroy est le président de l’association humanitaire Urgence Enfants du Donbass, qui a déjà réalisé trois missions d’assistance aux enfants de Donetsk depuis mai 2015. Il analyse ici les causes profondes de la guerre du Donbass et de la déstabilisation de l’Ukraine, prélude à la déstabilisation de la Russie, que l’oligarchie anglo-américaine prépare depuis des décennies, voire des siècles.

« Ce n’est pas une guerre civile, contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire, entre Ukrainiens de l’Est et Ukrainiens de l’Ouest, c’est la suite de la guerre de Crimée de 1856, des deux Guerres mondiales et de beaucoup d’autres. Bref, c’est la poursuite du Grand Jeu de Kipling, qui ne cessera que le jour où l’idéologie anglo-saxonne aura triomphé ou plutôt, ce que j’espère, aura été vaincue. La Russie, de mon point de vue, représente aujourd’hui le dernier point de résistance contre l’Empire anglo-saxon et ses métastases, le Donbass est aux avant-postes de cette guerre sans merci. »




Cette conférences au "Cercle de l'Aéropage" reprend les termes d'une conférence tenue à l'Université de Donetsk, le 10 mai 2016. Ci-après le compte rendu de cette conférence de Donesk par Erwan Castel par son blog d'actualités "Donbass ! Le jour où le cœur de l'Europe s'est remis à battre…".




L'analyse d'Emmanuel Leroy lors de la Table ronde
Université de Donetsk, le 10 mai 2016.


Je vais essayer de vous présenter ma vision de la guerre que l’Occident mène dans le Donbass depuis bientôt deux ans, par l’intermédiaire de ses supplétifs de Kiev ou par les mercenaires venus du monde entier pour casser du Moskal, comme certains disent à Lvov.

La grande erreur, de mon point de vue, serait de s’en tenir aux apparences et même de celles qui ont été peu médiatisées, du moins en Occident. Ainsi par exemple, tous ici nous savons, grâce à madame Victoria Nuland, que les États-Unis ont investi 5 milliards de dollars depuis 1991 en Ukraine. Officiellement, cet argent a été investi pour – je cite Mme Nuland – « favoriser la participation citoyenne et la bonne gouvernance […] et aider l’Ukraine à devenir prospère, sûre et démocratique ». Il est certain que lorsque l’on vient en Ukraine aujourd’hui, on voit partout la prospérité, la sécurité et la démocratie !

Je ne connais pas le détail de l’affectation de ces 5 milliards de dollars, mais j’ai observé que pendant ces années post-soviétiques en Ukraine, comme dans d’autres pays de l’ancien Pacte de Varsovie, on avait vu de nombreux pasteurs évangélistes venir convertir les populations, car la propagande religieuse est une des armes qu’utilisent les Anglo-saxons pour subvertir les esprits. Une partie de ces 5 milliards a certainement été utilisée aussi pour transformer les manuels scolaires et les ukrainiser, afin de favoriser l’émergence d’un sentiment national ukrainien qui se dresserait contre Moscou ou tout ce qui représente l’âme russe. De la même façon, ont dû être financées par Mme Albright, M. Soros et leurs amis, des associations culturelles ou religieuses pour développer les sentiments anti-russes.

Depuis l’élection de Léonid Kravtchouk en 1991 jusqu’à nos jours, c’est-à-dire pendant un quart de siècle, les Américains auraient donc investi 5 milliards de dollars pour arracher l’Ukraine à la sphère d’influence de Moscou. Cet argent aura été employé dans les sphères politiques, religieuses, artistiques et culturelles, économiques, afin d’influencer les esprits et provoquer des mutations profondes dans la pensée des gens par la réécriture de l’Histoire, la désinformation, l’occultation de certains faits ou la déformation de ceux-ci. Voilà très exactement la définition de ce que les Américains appellent eux-mêmes le soft power.

Ce concept, développé dans son livre Bound to Lead par le professeur américain Joseph Nye dans les années 1990 du siècle dernier, soutient qu’il est possible d’affirmer sa puissance aujourd’hui par la persuasion et la contrainte douce, sans avoir à utiliser d’emblée la puissance militaire ou les moyens de rétorsion. Mais comme les Américains n’ont gardé de leur médiocre mythologie et de leur courte histoire que les bagarres entre les cow-boys et les Indiens, ils ont donc ajouté à ce concept de soft power celui de smart power, ou pouvoir intelligent, c’est-à-dire une combinaison de la force pure (Afghanistan, Irak, Libye, Syrie…) et de la contrainte, qui peut s’appliquer par exemple sous la forme de sanctions économiques, comme celles dont souffre la Russie aujourd’hui ou comme l’ont subi des pays comme l’Iran ou Cuba, et bien d’autres encore.

Mais ces méthodes de soft power peuvent s’appliquer aussi aux alliés, je dirais plutôt aux vassaux, c’est-à-dire à des pays comme la France, à qui on interdira de vendre des bateaux à la Russie (en violation totale de toute les règles commerciales et du droit international) et à qui on infligera des sanctions financières colossales, comme l’amende de 9 milliards de dollars imposée à la BNP parce qu’elle avait couvert des transactions commerciales avec l’Iran (interdites par les USA) et au motif qu’elle avait utilisé des dollars pour cela.

Bref, comme nous le voyons, ce qu’ils appellent le soft ou le smart power ressemble beaucoup aux méthodes de la mafia, où il faut faire beaucoup de révérences au Parrain pour qu’il vous laisse manger votre os dans votre gamelle et qui vous brise les reins si vous l’offensez ou s’il estime qu’il doit vous voler ce que vous possédez.

Mais revenons à la notion de temps. On disait tout à l’heure que les Américains se vantaient d’avoir investi 5 milliards depuis 1991. Une première impression serait de se dire qu’ils travaillent vraiment sur le long terme et qu’il y a au Département d’État à Washington ou au Pentagone, des hommes et des femmes en place depuis l’élection de George Bush père, qui ont une haine rabique de la Russie et qui continuent, année après année, à porter des coups aux descendants d’Ivan Grozny.

Mais cette première impression, même si elle n’est pas fausse, est largement insuffisante pour comprendre la véritable nature des ennemis de toutes les Russie. Nous allons voir tout à l’heure que les prémisses de cette lutte pour la domination du monde, car c’est de cela dont il s’agit, remontent beaucoup plus loin que les années 1990 du siècle dernier, et même bien avant la Guerre froide.

Nous étions en février dernier à Moscou, avec mes amis Xavier Moreau et Nikola Mirkovic ici présents, invités par le prestigieux Institut russe d’analyses stratégiques (RISI) pour une conférence bilatérale franco-russe sur la lutte contre le terrorisme. Dans mon intervention, j’ai tenté de démontrer que la lutte contre le terrorisme nous ramenait inévitablement vers ceux qui en sont les promoteurs et qui utilisent la haine des musulmans salafistes contre tout ce qui n’est pas l’islam, pour déstabiliser les sociétés que les USA ont décidé de détruire.

J’en veux pour preuve cet extraordinaire aveu paru dans le New York Times du 23 janvier 2016. Je cite :

« Lorsque le Président Obama a secrètement autorisé la Central Intelligence Agency à commencer à armer les combattants rebelles de Syrie en 2013, l’agence d’espionnage savait qu’elle aurait un partenaire disposé à aider à financer l’opération clandestine. C’était le même partenaire sur lequel la CIA s’est appuyée pendant des décennies pour son argent et sa discrétion dans les conflits lointains : le royaume d’Arabie saoudite. »


« Depuis lors, la CIA et son homologue saoudienne maintiennent un accord inhabituel pour la mission d’entraînement des rebelles, à laquelle les Américains ont donné le nom de code de Timber Sycamore. Avec cet accord, selon d’actuels et anciens hauts fonctionnaires, les Saoudiens fournissent à la fois des armes et de grosses sommes d’argent, et la CIA dirige l’entraînement des rebelles au maniement des fusils d’assaut AK-47 et des missiles antichars. »


« Le soutien aux rebelles syriens n’est que le chapitre en cours d’une relation qui dure depuis des dizaines d’années, entre les services d’espionnage d’Arabie saoudite et les États-Unis, une alliance qui a traversé le scandale Iran-Contra, le soutien des moudjahidines contre les Soviétiques en Afghanistan et les combats par procuration en Afrique… »


[…] « Ils ont compris qu’ils ont besoin de nous, et nous comprenons que nous avons besoin d’eux », a déclaré Mike Rogers, originaire du Michigan, ancien membre républicain du Congrès […]


« [… ] Les hauts fonctionnaires n’ont pas révélé le montant de la contribution saoudienne, bien plus importante que celle des autres nations, au programme d’armement des rebelles contre l’armée du président Bachar el-Assad. Mais on estime le coût total de l’armement et de l’entraînement à plusieurs milliards de dollars… »

Fin de citation.

Pourquoi parler du terrorisme et de la guerre en Syrie dans une intervention consacrée aux racines de la guerre dans le Donbass ? Eh bien, tout simplement parce que ces événements sont liés. Derrière les extrémistes de Praviy Sektor ou les mercenaires polonais, baltes ou anglo-saxons envoyés par le régime fantoche et illégitime de Kiev, il y a les mêmes ONG, les mêmes banques internationales, les mêmes sociétés multinationales, les mêmes think tanks que ceux qui opèrent en Syrie, au Yémen ou en Libye aujourd’hui, ou qui intervenaient en Tchétchénie et en Géorgie hier.

Mais toutes ces actions terroristes, ces révolutions de couleur, ces renversements de régime, ne sont que les symptômes aigus d’une pathologie bien plus grave et bien plus enkystée dans le monde et que j’ai baptisée l’idéologie anglo-saxonne. Et cette idéologie a pris racine en Angleterre voilà de nombreux siècles.

Qu’est-ce que l’idéologie anglo-saxonne et comment est-elle née ?

Il faut pour cela à mon avis remonter à la période élisabéthaine de la monarchie anglaise, à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe. Cette époque est marquée par les guerres de religion provoquées par l’irruption du protestantisme et par l’affrontement de la monarchie française avec la dynastie des Habsbourg sur la scène européenne. En 1600, l’Angleterre ne compte que 4 millions d’habitants quand la France en compte près de 20 millions. Cette faiblesse démographique, comparée aux puissances continentales de l’époque, France et Empire des Habsbourg, et la menace extrême qu’a représenté la tentative d’invasion de l’Angleterre par l’Invincible Armada du roi d’Espagne Philippe II, sont probablement à l’origine de la politique suivie depuis lors par les élites britanniques (politique du faible au fort), à savoir provoquer la division et l’affrontement chez tous leurs ennemis potentiels. Leur seul atout est la puissance maritime et il leur faudra l’exploiter à fond, par tous les moyens, notamment la piraterie et le commerce.

Le grand rêve de puissance et d’hégémonie mondiale des Anglais est né, selon moi, au retour de l’expédition autour du monde du pirate Francis Drake le 26 septembre 1580, où la part du butin volé aux Espagnols et réservée à la reine Élisabeth représentait selon certaines sources une fois et demie le budget annuel du royaume.

Francis Drake est probablement devenu après ses exploits le modèle à suivre et parmi ses nombreux admirateurs, un en particulier mérite d’être retenu, William Raleigh (cf. controverse École de la nuit), car il est le premier, selon les sources dont je dispose, à avoir « conceptualisé l’hégémonie anglo-saxonne sur le monde lui-même ».

En effet, ce gentilhomme, probablement athée, un peu pirate lui aussi, un peu aventurier et qui finit décapité à la tour de Londres, eut le temps d’écrire avant sa mort un ouvrage intitulé en toute simplicité "L’Histoire du monde" et dans lequel il affirme : « Qui tient la mer tient le commerce du monde, qui tient le commerce tient la richesse, qui tient la richesse du monde tient le monde. »

Donc c’est là, à mon avis, à partir de la prise de conscience de cet exploit de piraterie exceptionnel, qu’est née cette idée de parvenir à la suprématie mondiale par la puissance maritime et l’accaparement des richesses d’autrui.

Mais cette idée, véritablement révolutionnaire, s’est transmise de génération en génération à travers les siècles dans le monde anglo-saxon (par deux sources, souvent liées : source exotérique universitaire et source ésotérique franc-maçonne), notamment chez le Britannique Mackinder, dont la formule maîtresse est : « Qui tient l’Europe orientale tient le Heartland, qui tient le Heartland domine l’île mondiale, qui domine l’île mondiale domine le monde », et qui s’est transformée chez l’Américain Nicholas Spykman dans la formule plus ramassée « Qui contrôle le Rimland gouverne l’Eurasie ; qui gouverne l’Eurasie contrôle les destinées du monde ».

Ce qui est extraordinaire, c’est qu’à trois siècles de distance, ces trois personnages partagent tous l’idée de domination du monde et c’est là véritablement qu’il faut comprendre la nature profonde de cette idéologie anglo-saxonne : c’est en toute simplicité l’hégémonie totale sur les affaires du monde, ce qu’ils appellent aujourd’hui la gouvernance mondiale et qui n’est que la continuation du Grand Jeu dont parlait Rudyard Kipling au XIXe siècle.

Et dans ce Grand Jeu, la plupart des grands acteurs de la scène mondiale ont été vaincus les uns après les autres, souvent par procuration, par le petit peuple britannique qui ne comptait que 4 millions d’individus il y a à peine quatre siècles et qui a essaimé à travers le monde avec les pseudopodes du Commonwealth et de la grande Amérique : ce qu’ils appellent eux-mêmes les Fives Eyes (Royaume-Uni, USA, Australie, Canada et Nouvelle Zélande).

Voilà, mes chers amis, les raisons pour lesquelles des obus explosent tous les jours dans le Donbass aujourd’hui et tuent indifféremment des hommes, des femmes, des enfants.

Ce n’est pas une guerre civile entre Ukrainiens de l’Est et de l’Ouest, c’est la suite de la guerre de Crimée de 1856, des deux guerres mondiales et de beaucoup d’autres. Bref, c’est la poursuite du Grand Jeu de Kipling, qui ne cessera que le jour où l’idéologie anglo-saxonne aura triomphé ou aura été vaincue.

La Russie représente aujourd’hui le dernier point de résistance contre l’empire anglo-saxon et ses métastases. Le Donbass est aux avant-postes de cette guerre sans merci.

Stavaï Donbass ! Tenez bon, la liberté du monde dépend de vous

Emmanuel Leroy


Source : Erwan Castel : L'analyse d'Emmanuel Leroy





mercredi 14 septembre 2016

La Syrie unie fête l'Exaltation de la Sainte Croix, comme toujours







La fête de l'Exaltation de la Sainte-Croix est célébrée le 14 septembre chez les Catholiques et le 27 septembre chez les Orthodoxes.





Prière d’invocation à la Sainte Croix 

« Dieu tout-puissant, qui avez souffert la mort à l'arbre patibulaire pour tous nos péchés, soyez avec moi ;
Sainte Croix de Jésus-Christ, ayez pitié de moi ;
Sainte Croix de Jésus-Christ, soyez mon espoir ;
Sainte Croix de Jésus-Christ, repoussez de moi toute arme tranchante ;
Sainte Croix de Jésus-Christ, versez en moi tout bien ;
Sainte Croix de Jésus-Christ, détournez de moi tout mal ;
Sainte Croix de Jésus-Christ, faites que je parvienne au chemin du salut ;
Sainte Croix de Jésus-Christ, repoussez de moi toute atteinte de mort ;
Sainte Croix de Jésus-Christ, préservez moi des accidents corporels et temporels, que j'adore la Sainte Croix de Jésus-Christ à jamais.
Jésus de Nazareth crucifié, ayez pitié de moi, faites que l'esprit malin et nuisible fuie de moi, dans tous les siècles des siècles.
Ainsi soit-il !
En l'honneur du Sang Précieux de Notre Seigneur Jésus-Christ, en l'honneur de Son Incarnation, par où Il peut nous conduire à la vie éternelle, aussi vrai que Notre Seigneur Jésus-Christ est né le jour de Noël et qu'Il a été crucifié le Vendredi Saint. Amen. »























Historique

Chacun se souvient comment la Vraie Croix avait été retrouvée par sainte Hélène, mère de l'empereur Constantin[1] (Sainte Hélène 18 août). En 335, l'empereur Constantin, invite pour le trentième anniversaire de son avènement, les Pères réunis à Tyr à la dédicace des deux basiliques[2] qui doit avoir lieu le 13 septembre à Jérusalem.

Le lendemain de la dédicace, le dimanche 14 septembre, l'évêque de Jérusalem montre pour la première fois à la foule le bois sacré de la Croix (l'Hyposis) et, sur ordre de Constantin, les Pères décrètent la célébration annuelle de la dédicace et de l'exaltation, au 14 septembre. Un morceau de la Croix étant apporté à Constantinople, on y célèbre la même fête avec l'Hyposis. Cette fête est répandue dans tout l'Orient dès le VII° siècle, et on la trouve à Rome au plus tard au temps du pape Serge I° (687-701) à la notice duquel, dans le Liber pontificalis, on trouve la mention suivante : En la sacristie du bienheureux apôtre Pierre, se trouve un reliquaire où est renfermée une précieuse et considérable portion du bois salutaire de la Croix du Sauveur… Au jour de l'Exaltation de la sainte Croix, le peuple chrétien baise et adore cette relique dans la basilique constantinienne du Saint-Sauveur[3].

Il est aujourd’hui de bon ton, pour prétendre être pris au sérieux, d'afficher un souverain mépris pour les reliques en général et pour celles de la Vraie Croix en particulier. La perfide doctrine des anciens réformés, pilleurs de sacristies et ravageurs d'œuvres d'art, est devenue celle des catholiques à la mode : « on ne saurait adorer les os d'un martyr qu'on ne soit en danger d'adorer les os de quelque brigand ou larron, ou bien d'un âne, ou d'un chien, ou d'un cheval.[4] » Ainsi, depuis que certains catholiques se sont persuadés qu'ils sont les héritiers des Lumières, on enlève les reliquaires de la vénération des fidèles pour les séquestrer dans la crasse des arrières-sacristies quand on ne les a pas vendus à d’avides antiquaires.

Pour faire taire les résistants, la propagande iconoclaste se réclame de l’esprit de Vatican II dont la lettre, pourtant, dans la Constitution sur la sainte Liturgie recommande que l’on vénère les reliques authentiques des saints (n° 111), et que le droit de 1983, application directe de Vatican II, interdit absolument de vendre les saintes reliques ou de les aliéner en aucune manière, voire de les transférer définitivement (canon 1190). Dans le Catéchisme de l’Église catholique (1992), l’index thématique de l’édition française a beau avoir oublié le mot, on trouve cependant la chose dans le texte qui présente la vénération des reliques comme une des expressions variées de la piété des fidèles dont la catéchèse doit tenir compte (n° 1674). D’aucuns, à la vantardise plus savante, font remarquer doctement que le culte des reliques est inconnu dans l’antiquité chrétienne ; ils mentent effrontément puisque les actes du martyre de saint Polycarpe, en 156, en font une attestation certaine : « prenant les ossements plus précieux que les gemmes de grand prix et plus épurés que l’or, nous les avons déposés dans un lieu convenable. Là même, autant que possible, réunis dans l’allégresse et la joie, le Seigneur nous donnera de célébrer l’anniversaire de son martyre en mémoire de ceux qui sont déjà sortis du combat, et pour exercer et préparer ceux qui attendent le martyre. » On se souvient aussi, en 177, d’une lettre où l’Église de Lyon regrettait de n’avoir pu conserver les restes de ses martyrs[5].

La tradition rapporte généralement que l’on doit à l’impératrice Hélène la découverte[6] de la Vraie Croix. La mère de Constantin, suivit son fils à Constantinople où elle souffrit durement des excès de l’Empereur qui avait fait assassiner sa seconde femme pour avoir fait exécuter Crispus, fils d'un premier lit. En expiation, Hélène qui venait de fêter son soixante-dix-huitième anniversaire, s'en alla en pèlerinage à Jérusalem.

Il convient de rappeler que l'empereur Adrien (76-138), après avoir détruit Jérusalem et chassé les Juifs de ce pays (136), rebaptisa la ville Aelia Capitolina et la fit reconstruire en y enlevant jusqu'au souvenir judéo-chrétien ; sur le Golgotha, lieu du Calvaire, fut élevé un temple à Vénus. Sainte Hélène ne trouva que décombres et ruines païennes dans la Ville Sainte.

« Elle apprit, par révélation, que la Croix avait été enfouie dans un des caveaux du sépulcre de Notre Seigneur, et les anciens de la ville, qu'elle consulta avec grand soin, lui marquèrent le lieu où ils croyaient, selon la tradition de leurs pères, qu'était ce précieux monument ; elle fit creuser en ce lieu avec tant d'ardeur et de diligence, qu'elle découvrit enfin ce trésor que la divine Providence avait caché dans les entrailles de la terre durant tout le temps des persécutions, afin qu'il ne fût point brûlé par les idolâtres, et que le monde, étant devenu chrétien, lui pût rendre ses adorations. Dieu récompensa cette sainte impératrice beaucoup plus qu'elle n'eût osé l'espérer : car, outre la Croix, elle trouva encore les autres instruments de la Passion, à savoir : les clous dont Notre Seigneur avait été attaché, et le titre qui avait été mis au-dessus de sa tête. Cependant, une chose la mit extrêmement en peine : les croix des deux larrons, crucifiés avec Lui, étaient aussi avec la sienne, et l'Impératrice n'avait aucune marque pour distinguer l'une des autres. Mais saint Macaire, alors évêque de Jérusalem, qui l'assistait dans cette action, leva bientôt cette nouvelle difficulté. Ayant fait mettre tout le monde en prière, et demandé à Dieu qu'il lui plût de découvrir à son Église quel était le véritable instrument de sa Rédemption, il le reconnut par le miracle suivant : une femme, prête à mourir, ayant été amenée sur le lieu, on lui fit toucher inutilement les deux croix des larrons ; mais dès qu'elle approcha de celle du Sauveur du monde, elle se sentit entièrement guérie, quoique son mal eût résisté jusqu'alors à tous les remèdes humains et qu'elle fût entièrement désespérée des médecins. Le même jour,saint Macaire rencontra un mort qu'une grande foule accompagnait au cimetière. Il fit arrêter ceux qui le portaient et toucha inutilement le cadavre avec deux des croix ; aussitôt qu'on eut approché celle du Sauveur, le mort ressuscita. Sainte Hélène, ravie d'avoir trouvé le trésor qu'elle avait tant désiré, remercia Dieu d'une grande ferveur, et fit bâtir au même lieu une église magnifique ; elle y laissa une bonne partie de la Croix, qu'elle fit richement orner ; une autre partie fut donnée à Constantinople ; enfin le reste fut envoyé à Rome, pour l'église que Constantin et sa mère avaient fondée dans le palais Sessorien (demeure de l'Impératrice) près du Latran qui a toujours depuis le nom de Sainte-Croix-de-Jérusalem. »

Certes, Eusèbe de Césarée (263-339), dans La Vie de Constantin le Grand, parle bien de l'édification de la basilique, mais ne souffle mot de la découverte de la Vraie Croix ; de surcroît, transcrivant le discours de la dédicace de la Basilique, il ne parle pas de l'évènement mais seulement du signe sauveur. Voilà qui suffit aux iconoclastes pour dire que la tradition est une vaste blague. Avant de courir à une telle conclusion, il serait prudent de s'aviser que ledit Eusèbe de Césarée rejetait tout culte des images du Christ « afin que, écrit-il à Constancia, nous ne portions pas, à la manière des païens, notre Dieu dans une image. » Ajoutons, comme l'a si bien démontré Paschali, que la Vita Constantini n’est pas l'œuvre originale car sa révision interrompue par la mort d'Eusèbe, fut publiée à titre posthume avec des ajouts et des restrictions pour justifier la politique de Constantin II. De toute façon, un silence d’Eusèbe de Césarée ne saurait constituer une preuve, et l’on doit considérer d'autres témoignages. Les archives mêmes d’Eusèbe, comme celles de Théodoret de Cyr (393-460) et celles de Socrate (380-439), conservent une lettre de Constantin au patriarche de Jérusalem : « La grâce de Notre Sauveur est si grande que la langue semble se refuser à dépeindre dignement le miracle qui vient de s'opérer ; car est-il rien de plus surprenant que de voir le monument de la Sainte Passion, resté si longtemps caché sous terre, se révélant tout à coup aux Chrétiens, lorsqu'ils sont délivrés de leur ennemi ? »

À part quelques détails secondaires, des auteurs dont l’enfance est contemporaine du voyage de l’Impératrice ou ceux de la génération qui suit, attestent de l'Invention de la Sainte Croix par sainte Hélène et de son culte ; ainsi peut-on se référer à saint Cyrille de Jérusalem (mort en 386), à saint Paulin de Nole (mort en 431), à saint Sulpice Sévère (mort en 420), à saint Ambroise de Milan (mort en 397), à saint Jean Chrysostome (mort en 407), à Rufin d’Aquilée (mort en 410), à Théodoret de Cyr ou à l'avocat de Constantinople, Socrate.

Déjà saint Cyrille, deuxième successeur de saint Macaire au siège de Jérusalem, mentionne que des parcelles de la Vraie Croix sont dispersées à travers le monde entier, ce qu’attestent par ailleurs deux inscriptions datées de 359 relevées en Algérie, l’une près de Sétif et l’autre au cap Matifou.

Si saint Ambroise de Milan décrit l'adoration de la Crux Realis par sainte Hélène, saint Jérôme raconte, dans une lettre à Eustochie, comment sa propre mère, sainte Paule, vénéra le bois sacré de la Croix à Jérusalem.

Saint Jean Chrysostome dit que les chrétiens accouraient pour vénérer le bois de la Croix et tâchaient d'en obtenir de minuscules parcelles qu'ils faisaient sertir dans des métaux précieux enrichis de pierreries.

Saint Paulin de Nole envoie une de ces parcelles à saint Sulpice Sévère en lui recommandant de les recevoir avec religion et de les garder « précieusement comme une protection pour la vie présente et comme un gage de salut éternel. »

Le 5 mai 614, les Perses s'emparèrent de Jérusalem, pillèrent les églises et envoyèrent ce qui restait de la Croix à leur empereur, Chosroës II[7]. Après plus de dix ans de malchance, Héraclius[8] battit les Perses et obligea le successeur de Kosroës à restituer la relique de la Croix qu'il rapporta en triomphe à Jérusalem. Héraclius entra dans la ville, pieds nus, portant la Croix sur ses épaules (21 mars 630). Le bois de la Croix séjourna quelques années à Sainte-Sophie de Constantinople puis retourna à Jérusalem. Le bois de la Croix a été partagé en trois grandes parts, elles-mêmes fractionnées, pour Jérusalem, Constantinople et Rome. Ce qui restait du morceau de Jérusalem fut caché pendant l'occupation musulmane et ne réapparut que lorsque la ville fut prise par les Croisés qui s'en servirent souvent comme étendard, de sorte qu'il fut pris par Saladin à la bataille d'Hiltin (1187) et ne fut rendu qu'après la prise de Damiette (1249) pour être partagé entre certains croisés dont Sigur de Norvège et Waldemar de Danemark.

Le 14 septembre 1241, le saint roi Louis IX alla solennellement au-devant des reliques de la Passion qu'il avait achetées à l'empereur de Constantinople : c'étaient un morceau de bois de la Vraie Croix, le fer de la lance, une partie de l'éponge, un morceau du roseau et un lambeau du manteau de pourpre. Elles furent déposées à la Sainte-Chapelle en 1248.

Luther a dit qu'avec les reliques de la Vraie Croix on pourrait construire la charpente d'un immense bâtiment et Calvin affirma que cinquante hommes ne porteraient pas le bois de la Vraie Croix. L’avis des deux hérétiques fut admis comme une vérité révélée et chacun les répéta en souriant. Or, d'après le travail minutieux de M. Rouhault de Fleury, on peut supposer que la Croix du Seigneur représentait cent quatre-vingt millions de millimètres cubes. Si l'on met ensemble les parcelles que l'on conserve et celles qui ont été détruites mais dont on connaît la description, on totalise environ cinq millions de millimètres cubes. Rouhault de Fleury, généreux, multiplie les résultats de son enquête par trois pour ce qui pourrait être inconnu ; on est loin du compte !

Le 14 septembre 1241, le saint roi Louis IX alla solennellement au-devant des reliques de la Passion qu'il avait achetées à l'empereur de Constantinople : c'était un morceau de bois de la vraie Croix, le fer de la lance, une partie de l'éponge, un morceau du roseau et un lambeau du manteau de pourpre. Elles furent déposées à la Sainte-Chapelle en 1248.

Il existait, à Paris, une église Sainte-Croix de la Cité qui devint une paroisse, probablement vers 1107, lorsque furent dispersées le moniale de Saint-Éloi qui y avaient une chapelle dès le VII° siècle. Le curé tait à la nomination de l'abbé de Saint-Maur-des-Fossés. L'édifice qui s'élevait à l'emplacement de l'actuel Marché aux Fleurs, avait été construit en 1450 et dédié en 1511, il fut détruit en 1797.


[1] Elle commença par visiter les Lieux saints ; l’Esprit lui souffla de chercher le bois de la Croix. Elle s’approcha du Golgotha et dit : « Voici le lieu du combat ; où est la victoire ? Je cherche l’étendard du salut et ne le vois pas. » Elle creuse donc le sol, en rejette au loin les décombres. Voici qu’elle trouve pêle-mêle trois gibets sur lesquels la ruine s’était abattue et que l’ennemi avait cachés. Mais le triomphe du Christ peut-il rester dans l’oubli ? Troublée, Hélène hésite, elle hésite comme une femme. Mue par l’Esprit-Saint, elle se rappelle alors que deux larrons furent crucifiés avec le Seigneur. Elle cherche donc la croix du milieu. Mais, peut-être, dans la chute, ont-elles été confondues et interverties. Elle revient à la lecture de l’Évangile et voit que la croix du milieu portait l’inscription : « Jésus de Nazareth, Roi des Juifs ». Par là fut terminée la démonstration de la vérité et, grâce au titre, fut reconnue la Croix du Salut (saint Ambroise).
[2] Les basiliques du Mont des Oliviers et du Saint-Sépulcre.
[3] La basilique du Saint-Sauveur est depuis devenue la basilique Saint-Jean de Latran, cathédrale de Rome.
[4] Calvin : Traité des reliques
[5] Voir au 2 juin ; « Lettre des serviteurs du Christ qui habitent Vienne et Lyon, en Gaule, aux frères qui sont en Asie et en Phrygie, ayant la même foi et la même espérance de la rédemption. »
[6] On disait autrefois : « L’invention de la sainte Croix » ; invention vient du latin inventio qui signifie : « acte de trouver, de découvrir » ; il y avait d’ailleurs une fête particulière de L’Invention de la sainte Croix qui était célébrée le 3 mai. Dans certains calendriers, on célèbre l'Invention, c'est-à-dire la découverte du corps ou des reliques d'un saint.
[7] Chosroès II le Victorieux, roi sassanide de Perse de 590 à 628) qui fut élevé au trône par une révolte des féodaux, durant les troubles provoqués par le soulèvement de Vahram Tchubin. Celui-ci, qui prétendait descendre des Arsacides, se proclama roi sous le nom de Vahram VI, et Chosroès dut aller se placer sous la protection de l'empereur Maurice. Avec l'aide militaire des Byzantins, il réussit à reconquérir son trône (591) et maintint pendant plus de dix ans la paix avec Byzance. En 602, après l'assassinat de l’empereur Maurice par Phocas, il rouvrit les hostilités contre l'empire d'Orient, sous prétexte de venger Maurice. Ses armées envahirent la Syrie et l'Anatolie, atteignirent la Chalcédoine et le Bosphore et menacèrent directement Constantinople (608). En 6l4, elles firent la conquête de Jérusalem, qui fut mise au pillage pendant trois jours, puis les Perses pénétrèrent en Égypte et s'emparèrent d'Alexandrie (616). Chosroès II avait ainsi reconstitué l'ancien Empire perse des Achéménides et porté à son apogée la puissance sassanide. Allié des Avars, il vint bloquer Constantinople (626), mais l'Empire byzantin se ressaisit avec Héraclius. Après la victoire des Byzantins à Ninive (628), Chosroès dut fuir Ctésiphon, sa capitale, et fut déposé par son fils Khavad II, qui le fit tuer quelques jours plus tard.
[8] Héraclius, né en Cappadoce vers 575, fut empereur d'Orient 610 à 641. Venu au pouvoir en renversant l'usurpateur Phocas, il trouva l'Empire au bord de la ruine. Les Perses envahissaient l'Asie Mineure, s'emparaient de Jérusalem (614) et de l'Égypte (619) ; les Avars parvenaient sous les murs de Constantinople. Heraclius déclencha contre les Perses une véritable croisade (622-628), remporta sur Chosroès II la victoire décisive de Ninive (12 décembre 627) et reconquit tous les territoires perdus en Orient ; en mars 630, il rapporta en grande pompe à Jérusalem la Vraie Croix, qui avait été enlevée par Chosroès II. Mais cet effort offensif avait épuisé l'Empire, qui se retrouva impuissant devant le déferlement de l'invasion arabe : l'écrasement de l'armée byzantine à Yarmouk (636) provoqua la perte, cette fois définitive, de la Syrie, de Jérusalem (638), de la Mésopotamie (639), de l'Égypte (639-642) Le règne d'Héraclius s'achevait ainsi par un désastre, qu'avait préparé, à l'intérieur, la grande querelle religieuse du monophysisme. Il mourut à Constantinople le 10 février 641.


Prière d’invocation à la « Sainte Croix de Jésus-Christ »

Le 14 septembre, nous fêtons l'universelle Exaltation de la précieuse et vivifiante Croix (jour de jeûne, même si la fête tombe un dimanche. On fait dans ce cas seulement dispense de vin et d'huile.)

Calendrier orthodoxe - Fêtes et Saints de l'Église Orthodoxe

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Sylvia Chiffoleau : "Fêtes et processions de Maaloula : une mise en scène des identités dans l’espace d’un village chrétien" (2006)

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