sur le sentier de l'âne… "qui ne risque rien n'est rien"…
"on ne le dit pas assez mais un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi,
ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances".

lundi 2 mai 2016

Commandant Gérard : "Pour gagner la guerre contre l’islamisme, il faudra la déclarer"



Le chef de guerre Flanby médite sur sa stratégie de combat

Depuis les années 1980, la France est soumise régulièrement, et de façon exponentielle, à des actes de terrorisme islamique. À l’issue des attentats du 13 novembre 2015, le Président de la République et le Premier ministre ont justement parlé de « guerre », précisant qu’elle serait longue. Très juste puisqu’elle dure depuis une vingtaine d’années. Mais, si nos forces armées frappent dans le ciel de Syrie et dans les sables du Mali, si nos soldats patrouillent dans les principaux lieux publics et devant certains lieux de culte, pourtant une mesure élémentaire n’a pas été prise… Celle de déclarer la guerre. Nos adversaires l’ont pourtant régulièrement déclarée, par des annonces fracassantes suivies d’actes dévastateurs. La force morale du Droit de la guerre appartient donc à l’ennemi, de même que l’initiative, la capacité à rayonner et à recruter.

Une guerre qu’on ne déclare pas est une guerre perdue

La Seconde guerre mondiale a été gagnée parce qu’elle a été régulièrement notifiée à l’Allemagne et aux puissances de l’Axe. Les démocraties occidentales, et en particulier la nôtre, ont vécu des moments très difficiles. Restés seuls en lice, la Grande-Bretagne et les États-Unis d’Amérique ont pris des mesures qui ont conduit à la victoire. Parmi celles-ci a été l’interdiction des mouvements fascistes, nazis et impérialistes japonais. Les fascistes britanniques d’Oswald Mosley défilaient avec leurs chemises noires jusqu’à l’interdiction de leur parti en 1940, au moment de l’évacuation tragique de Dunkerque et de l’arrivée de Churchill au pouvoir. Dès l’entrée en guerre, Roosevelt a interné ou renvoyé tous les immigrants qui témoignaient un attachement radical à l’Allemagne, à l’Italie et au Japon, leurs journaux ont été supprimés. Les nazis américains qui arboraient chemises brunes et croix gammées ont été interdits, leurs chefs emprisonnés pour la durée de la guerre. Par conséquent, l’Axe n’a pu mener d’opérations d’espionnage et de sabotage efficaces contre les démocraties anglo-saxonnes. La guerre a été gagnée. Depuis 1945, l’Occident a perdu toutes ses guerres, dont aucune n’a été déclarée, au mieux faites d’après un mandat de l’ONU. La Guerre froide n'a été gagnée que parce que les Russes voulaient vivre comme en Amérique et en Allemagne… Mais finalement ils vivent comme en Colombie pour citer librement Svetlana Alexievitch.

Désigner l’ennemi dans une déclaration de guerre formelle

L’Amérique a perdu ses guerres d’Afghanistan et d’Irak, placées malencontreusement sous l’acronyme GWOT, Global War on Terrorism… La Seconde guerre mondiale a été gagnée parce que nous combattions l’Allemagne et ses alliés, ce n’était pas une « Guerre globale contre les Panzers et les U-Boote ». Le terrorisme est un mode d’action tactique, pas un ennemi. L’ennemi est aujourd’hui l’islam radical qui, avec une persévérance implacable, courage et cruauté, a étendu sa sphère territoriale de l’Afghanistan au Nigéria, frappant aussi de la côte Est des États-Unis à l’Indonésie. Protéiforme et imaginatif, il crée et recrée sans cesse des organisations : GIA dans les années 1990, Al-Qaida dans les années 2000, Daech dans les années 2010… La France a essuyé deux coups majeurs en 2015 plus des dizaines d’actions secondaires.

Or, à l’extérieur le djihadisme est traité militairement, mais à l’intérieur il est traité comme du grand-banditisme. L’Opération Sentinelle n’a rien empêché mais a désigné des cibles aux forcenés, tout en fatiguant nos unités dont la mission est de détruire l’ennemi par la manœuvre et par le feu, pas de jouer aux vigiles. La réponse s’avère inappropriée, car la guerre n’est pas l’affaire des juges, mais de l’exécutif et de la force armée. Le soldat n’a pas à requérir l’accord de la justice pour oblitérer un ennemi. Il doit être en accord avec le Droit de la guerre qui combat les moyens militaires, économiques et moraux tant de l’ennemi que de ses partisans. Passer de l’état d’urgence à l’état de guerre n’est pas une obligation technique dans un conflit de basse intensité car le Droit peut toujours être adapté par le législateur ou validé par le référendum.

Les avantages opérationnels d’une déclaration de guerre

Dans les années 2000, en incarcérant des djihadistes ou des résistants irakiens à Guantanamo et à Abou Ghraib, les États-Unis ne les ont pas traités selon la Convention de Genève, se sont laissé aller à des dérives qui les placent sous certaines accusations du Droit international et ont prématurément relâché des gens susceptibles de se radicaliser à nouveau. À l’inverse, une déclaration formelle de guerre permet d’incarcérer les combattants ennemis pour la durée du conflit plus une période de sécurité de dix ans. Officiers et troupes sont séparés dans des camps de prisonniers. Une rééducation par l’enseignement civique et par le travail permet de dépolluer les esprits, comme la « dénazification » par le passé. Le piège d’une relaxation précoce, toujours hasardeuse, laissée à la discrétion des juges, est évité.

Le nombre de djihadistes français partis en Syrie est en hausse, leur effectif est très vaguement connu. Sur place, ils rejoignent l’État islamique, Daech, qui a déclaré la guerre à la France. Dans une situation de belligérance mutuellement reconnue, ces djihadistes pourraient être inculpés pour haute trahison. Ils seraient transférables devant la justice d’un pays qui a souffert de leurs exactions, sous des chefs d’accusation tels que l’appartenance à une organisation terroriste ou la complicité pour crimes de guerre. Or, seule une partie des djihadistes sont judiciarisés et jamais pour haute trahison. Selon le Droit et les méthodes de la guerre, ceux qui ne se sont pas rendus ou n’ont pas été arrêtés restent des ennemis dormants et peuvent être traités comme « agents d’une puissance étrangère ». Enfin, l’interdiction de tous les moyens de propagande et de soutien logistique est l’indispensable mesure pour tarir recrutement et achat d’armes.

Quand un pays allié héberge les moteurs Internet de diffusion de cette propagande, la déclaration de guerre et les alliances le contraignent à sévir. Les provocations vestimentaires, soutien aux valeurs radicales de l’ennemi, doivent être proscrites et poursuivies. On n’imagine pas des nazis en chemises brunes protestant contre le débarquement en Normandie dans les rues de Washington le jour du 6 juin 1944. Pourtant, même après des attentats meurtriers, on voit des radicaux manifester à Londres pour l’instauration de la Charia. En France, la seule persécution religieuse menée par la Justice va contre les crèches de Noël, une bien innocente tradition française… Cette persécution, même fondée en Droit, va dans le même sens que les persécutions antichrétiennes menées par les djihadistes. Nous ne sommes donc pas unis, nous ne le serons pas à l’avenir, pas plus que nous l’étions entre 1940 et 1944. Pourtant, il va nous falloir gagner cette guerre.

Commandant GÉRARD


dimanche 1 mai 2016

Roger Holeindre : Ça suffit… la franc-maçonnerie




Roger Holeindre témoigne sur la Résistance, l'Indochine, l'Algérie…





Du grand Holeindre ! Avec ce livre se confirme un « combattant géant » de la littérature nationaliste, écrivain à la plume alerte et féconde, au talent reconnu, ancien « grand reporter », ancien et glorieux combattant de toutes les dernières guerres (Libération, Indochine, Algérie) qui n’hésite pas à dénoncer avec vigueur tous les maux dont souffre son beau pays qu’est la France, depuis quatre-vingt ans.




« Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire » prévient un vieux proverbe français… Certes, mais ce n’est pas le sentiment de Roger Holeindre qui, pour sa part, se refuse à pratiquer « la langue de bois », car animé d’une foi nationaliste intransigeante.
À un moment donné, en effet, il faut savoir choisir ! Soit, on se réfugie dans le silence prudent des « pusillanimes », qui se confond souvent avec la lâcheté, soit on assume le franc-parler des hommes de conviction, synonyme de courage, voire d’abnégation et de sacrifice, devant les censeurs du « politiquement correct », délibérément hostiles à une France française…

Roger Holeindre passe ainsi en revue, avec pertinence et lucidité, tous les aspects malheureux de la vie politique française depuis quatre-vingt ans. Sa fine analyse, son vocabulaire nourri, son humour et sa verve ne peuvent qu’emporter enthousiasme légitime et  franche adhésion du lecteur…
Roger Holeindre a été en 1944, l'un des plus jeunes résistants de France. Engagé en Indochine à 17 ans, il a servi à la 1ère Division Navale d’Assaut ; puis au 5e Bataillon de Commandos Parachutistes Coloniaux ; enfin, volontaire pour Dien Bien Phu au 7e Bataillon de paras coloniaux… Volontaire pour l’Algérie, il a servi au commando du 8e Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine.
Roger Holeindre est titulaire de la Médaille Militaire, de la Croix de Guerre TOE avec trois citations, de la Croix de la Valeur Militaire avec deux citations, d’une citation exceptionnelle pour son action envers la jeunesse musulmane.
Roger Holeindre a été blessé deux fois au combat, notamment dans un corps à corps après avoir infiltré une katiba rebelle avec quatre hommes.


Éditions d’Héligoland - un volume 16 x 24, 600 pages. Édition normale : 25,00 € (vente par correspondance : 29 € franco). À commander chez le diffuseur EDH, BP 2, 27 290 Pont-Authou.


Extrait de Présent n° 8384 daté du samedi 27 juin 2015



vendredi 29 avril 2016

Semaine sainte orthodoxe… la Passion à Alep…





La Passion de Jésus s'inscrit clairement dans l'Histoire permanente des relations entre les Juifs et les autres peuples. Le scénario de la Passion de Jésus nous le revivons cruellement aujourd'hui quand l'Occident - comme hier les Romains - accomplit lâchement, en Syrie comme ailleurs, les basses œuvres des Juifs…

Le Sanhédrin a jugé Jésus pour blasphème et l'a condamné. Mais les autorités juives voulant faire endosser aux Romains la responsabilité de l'exécution livrèrent Jésus à Ponce Pilate pour un grief politique imaginaire et firent chanter Pilate pour obtenir la condamnation…

Pilate, procurateur de Judée, fût un administrateur médiocre. Moralement il était un lâche. Quelques erreurs commises donnèrent aux Juifs un ascendant sur Pilate avide de conserver ses fonctions déléguées par l'empereur Tibère. Pilate se soumit alors à tous les chantages venant des Juifs…

Après avoir interrogé Jésus, Ponce Pilate retourna vers les chefs des prêtres et les accusateurs de Jésus et leur dit : « J’ai interrogé cet homme et je ne trouve aucune faute en lui. Je ne crois pas qu’il soit coupable des accusations que vous avez formulées contre lui. Je pense qu’il devrait être libéré. » Lorsque les Juifs entendirent cela, ils furent saisis d’une grande fureur, au point de crier sauvagement que Jésus devait mourir. L’un des sanhédristes monta audacieusement à côté de Pilate en disant : « Cet homme excite le peuple, en commençant par la Galilée et en continuant dans toute la Judée. Il est un fauteur de désordre et un malfaiteur. Si tu remets cet homme mauvais en liberté, tu le regretteras longtemps »


Sauvez Alep…





vendredi 22 avril 2016

Un prêtre breton en Syrie, avec la Communauté syrienne de France… Témoignage…



Maaloula… la Vierge Marie veille à nouveau sur le village…


Abouna Roger a participé en mars 2016 au voyage de solidarité en Syrie organisé par la Communauté syrienne de France… De retour à Nantes le père Roger témoigne pour Breizh-info… Un témoignage d'autant plus fort que les paroles de ce prêtre gardent toujours une grande modération… sans rien éluder…
… Merci Abouna pour cette prière si émouvante dite pour la Syrie en la chapelle du monastère de Saint Jacques le Mutilé à Qara…


Saidnaya… Notre-Dame
La tradition veut que la Vierge soit apparue à l’empereur byzantin Justinien alors qu’il chassait une biche.
Celle-ci se transforma miraculeusement en Vierge Marie lui demandant d’élever un monastère sur le site.


*   *   *
Après 41 ans passés au Congo, le père Roger Nicol a rejoint le diocèse de Nantes. Ce prêtre breton – il parle couramment la langue de ses pères – était du voyage que les collaborateurs de Breizh-info ont effectué récemment en Syrie avec l’association "La Communauté syrienne de France" (contact : syrianafrance@gmail.com). Il nous livre ici son témoignage.

Rencontre inopinée à Damas, vers Bab Touma

Prêtre de la Société des missions africaines, ayant travaillé en République démocratique du Congo pendant une bonne quarantaine d’années, je me trouve aujourd’hui à Nantes dans le Service Diocésain de la Coopération Missionnaire, accompagnant une Communauté Chrétienne Africaine et assure aussi un service dans une paroisse au nord du diocèse. Je continue ainsi une longue tradition Missions Africaine d’une présence missionnaire dans le diocèse de Nantes et d’ouverture vers l’ailleurs. Spontanément nous avons une attention particulière pour les pays d’Afrique en tant que Missions Africaines. Entre autre, nous organisons des voyages en Afrique pour ceux qui souhaitent approcher ce continent. Cette année nous organisons un voyage au Togo du 24 juillet au 8 août 2016 .

Mais notre sensibilité nous conduit aussi à nous rendre présents également ailleurs dans le monde. Cette année j’ai accompagné un groupe de 17 personnes [Syriens, Algériens, Néerlandais, Belges, Français]  en Syrie, dans ce Proche Orient si agité par tant de forces venant de partout.

Une volonté commune à tous : vérifier au contact des populations syriennes, dans leur quotidien, la réalité de leur vécu par rapport à leur situation dans la guerre et la paix, les attentats, les éventuels clivages dans les populations, leur ressenti, leurs espoirs pour le futur… Autant de questions auxquelles chacun souhaitait une réponse.

Et en plus, une volonté de témoigner à cette population une amitié pour lui dire qu’elle n’est pas oubliée et qu’elle ne doit pas tomber dans le jeu des politiques d’intérêts hasardeuses des pays du Golfe, des Israéliens, des Américains et des Occidentaux.

Il s’agit ici de dire ce que nous avons vu, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vécu au contact d’une population si diverse religieusement ou ethniquement… « tous Syriens » comme ils le disent.

En Syrie, au cœur de la résistance aux Forces internationales

Un voyage en Syrie ce n’est pas une folie, c’est possible et l’on peut même le souhaiter, cependant avec certaines conditions. La situation n’est pas celle qui nous est présentée généralement ici. Nous étions 17 à prendre l’avion « Air Serbia » pour Belgrade puis Beyrouth. La suite du voyage s’est faite par car jusqu’à Damas. Dans nos bagages : médicaments, fauteuils roulants, béquilles… transportés à titre gracieux par la compagnie.

Quelques constats :

Le mouvement des printemps arabes n’a guère été accueilli par les Syriens, mise à part quelques poches d’opposition des petits villages de campagne qui ont vainement tenté d’entrainer les villes dans la rébellion : « si vous voulez manifester, allez manifester chez vous dans vos villages… », leur a-t-on répondu. C’est bien le cas de Hama, une ville de 500 000 habitants : une ville considérée comme ville test pour tout mouvement d’opinion. Les villages qui ont refusé de suivre dans la rébellion ont payé le prix fort de leur refus : pillage, destructions, assassinats de masse avec des méthodes d’horreur.

L’ASL, (Armée Syrienne Libre) née de la défection de quelques officiers de l’armée régulière et suscitée par eux n’avait pas de grandes ambitions belliqueuses au départ, mais plutôt celle de protéger les manifestants dans leurs revendications. Très vite, comme beaucoup d’autres groupes, après quelques mois, l’ASL s’est militarisée en acceptant avec des armes venant surtout de l’Occident en versant dans la violence et l’horreur. Et, malheureusement ces mouvements ont ouvert des brèches pour l’entrée en Syrie des combattants étrangers qui, eux aussi, très vite, ont versé dans l’horreur. Aujourd’hui, la guerre en Syrie est la guerre des étrangers (islamistes venant d’Asie, de l’Europe Centrale, de l’Europe, du Maghreb, du Soudan…) avec l’association de quelques villages mécontents.

Nous avons circulé dans la zone contrôlée par l’État (40% du territoire avec ses 60% de la population totale) tout en approchant d’assez près (3 km) des lignes de front : Damas, Sednaya, Maaloula, Homs, Hama, les villages dans les montagnes au nord en direction d’Alep, Lataquié, Tartous, Damas.

Durant tout notre voyage nous avons été en contact avec l’armée présente partout, avec des points de contrôle à tous les carrefours, et très fréquents dans les villes. Elle a le soutien de la population qui lui voue une totale confiance. Partout des civils prêtent main forte aux soldats dans les points de contrôle pour empêcher ou du moins limiter au maximum les infiltrations de djihadistes. Tel ce coiffeur qui entre dans son salon de coiffure avec le treillis militaire, et devient coiffeur pendant la journée et qui consacrera une partie de l’après-midi ou de la nuit à seconder les soldats. « Nous sommes avec notre armée et le pouvoir, Bachar est notre représentant », entendons-nous régulièrement. « Nous aimons notre armée, sans elle que serions nous… ? ».

Nous avons vu les soldats vivre en harmonie avec la population, toujours corrects et rigoureux dans leur service avec une pointe de dignité. L’armée a toujours manifesté son attachement au pouvoir. Les quelques défections dans ses rangs ne semblent pas avoir beaucoup pesé dans l’enchaînement des événements.

Il était donc prévisible dès le départ que le régime ne tomberait pas facilement comme l’avait déjà dit, dès le début, l’ambassadeur de France à Damas. Il est en fait assez solide. Les problèmes de la Syrie auraient pu être réglés par les Syriens eux-mêmes s’il n’y avait pas eu cette nombreuse intrusion étrangère. On se prend à penser que ferions-nous, ici, dans notre propre pays si nous avions une vingtaine de milliers de djihadistes armés et financés de l’extérieur ?

« Notre problème ici, ce sont les pays du Golfe qui financent la rébellion et les djihadistes… (y compris toutes ces agences souterraines de recrutement de nouveaux djihadistes partout) avec leurs alliances avec les pays européens qui arment les rebelles… », nous disait le curé de la cathédrale de Homs qui a joué un rôle important d’intermédiaire entre les rebelles et l’armée dans sa ville de Homs et qui a permis d’éviter des tueries supplémentaires.

Quant à « l’opposition que vous appelez modérée, une opposition faite d’hommes qui ont commencé dans la contrebande, qui par la suite sont devenus des chefs rebelles et qui ont semé chez nous la terreur, qui ont égorgé, volé, violé, pillé… Ils sont aujourd’hui les interlocuteurs de la Syrie à Genève ! !… nous les connaissons, nous avons leur nom, nous savons où ils habitent… », nous dira un guide doublement déçu et blessé dans la ville martyre de Maaloula, « nous sommes amis du peuple français, mais nous ne comprenons pas ses dirigeants… ».

L’Église en Syrie est une Église reconnue, respectée. Les chrétiens vivent en harmonie avec la population : le père de la famille musulmane, chez qui nous avons été hébergés, quand il a appris que j’étais prêtre, m’a dit : « laisse ton groupe avec son programme, demain tu viens avec moi nous allons voir les chrétiens… ». En cas de danger pour les chrétiens, ils ont leurs moyens de les avertir. En cas de situation difficile, on se tourne facilement vers les chrétiens pour trouver des solutions, y compris les rebelles eux- mêmes.

À la tombée de la nuit, nous nous trouvons sur une colline qui surplombe l’immense plaine agricole de Hama. À l’horizon trois villages, un alaouite, l’autre sunnite, le troisième chrétien. Un peu plus loin un village rebelle tenu par les hommes d’al-Nostra : les hommes sont restés seuls, ils ont envoyé leurs femmes et leurs enfants plus loin, dans un village de chrétiens pour les mettre en sécurité. Là elles reçoivent l’aide de l’État pour elles et pour leurs enfants : ils sont Syriens. « Partout on a besoin de nous mais partout on nous chasse » nous disait le curé de la cathédrale de Homs. Une Église discrète mais efficace, une Église d’une foi paisible et de la confiance, une Église de la prière et du courage. Plusieurs églises et des monastères ont été détruits ou abimés, mais partout on se remet à réparer ou à reconstruire.

La vie sociale

Dans la partie ouest du pays, contrôlée par le pouvoir et que nous avons visitée, la vie sociale, se déroule normalement : écoles, hôpitaux, Croissant rouge… dans un esprit de grande solidarité : les déplacés de guerre ne sont nulle part relégués dans des camps de réfugiés isolés. Ils sont tous pris en charge par les habitants qui leur offrent un coin de leur maison, ou bien on cherche des maisons à louer s’il le faut pour les loger, de façon à ce qu’ils soient chez eux. Nous avons pu visiter l’une de ces maisons qui abrite une trentaine de personnes avec qui nous avons échangé un bon moment assis ensemble dans une grande pièce : chacun racontant comment il avait fui de nuit leur village envahi par les éléments rebelles al-Nosra ou ASL. Ils en étaient encore horrifiés.


Enfants d'une école en bordure de la plaine du Gharb, parmi eux de nombreux enfants de martyrs

Des associations de femmes (nous avons rencontré une) se sont formées pour apporter aux soldats l’aide dont ils ont besoin, nourriture, vêtements, soins. D’autres, prennent en charge les orphelins issus de la guerre - nous avons ainsi visité un orphelinat d’enfants âgés de sept à huit ans avec aussi, à côté, des enfants en âge de maternelle.

Nous avons de même rencontré une association « Résister malgré nos blessures » créée par un officier amputé d’une jambe à la guerre et qui a comme but de venir en aide à tous les militaires blessés à la guerre ou victimes des attentats. Au moment où nous sommes passés, on comptait 300 blessés pris en charge. Les blessés de guerre et des attentats sont soignés chez eux à domicile : infirmiers et médecins militaires passent de maison en maison pour les soigner…



Sur un chantier de reconstruction, un ouvrier a aperçu un groupe d'étrangers : il brandit un portrait du président Bachar el-Assad
(Photo © Édi M'Boule)


Accompagnés par des membres et le président de l'association "Résister malgré nos blessures",
à Homs, quartier Zahra, sur les lieux de l'attentat du 21 mars 2016


Le responsable de cette association nous a conduit dans plusieurs maisons où l’on soignait les victimes du dernier attentat survenu à Homs huit jours avant notre passage où 145 personnes ont trouvé la mort et de très nombreux blessés. Nous avons visité le site : trois explosions successives, faites vraiment pour tuer : un camion, une voiture, un kamikaze… maisons éventrées…

Dans une maison, nous avons trouvé des infirmiers à l’œuvre : un père blessé sur un lit, de l’autre côté sa femme également sur un lit, en face sa fille sur un autre lit, les jambes brisées, sur un matelas par terre deux enfants, (sept ans, neuf ans) blessés eux aussi. Sur le mur de la chambre les photos de trois de ses enfants militaires tués par les rebelles. De son lit il nous dira : « j’avais quatre fils, trois sont déjà morts, maintenant je suis prêt à offrir le quatrième pour défendre mon pays ».

Dans les villages traversés, nous trouvons accrochés aux poteaux ou contre les murs ces grandes photos de militaires, dans un village d’environ 3000 habitants j’en ai compté une trentaine… Ils sont partis, mais ils demeurent toujours présents dans les mémoires.

En conclusion

Nous avons rencontré une armée qui nous a donné les signes d’être au service et à la protection de la population et non une armée qui prendrait plaisir à la bombarder. Il est cependant possible et même certain qu’à certains moments elle ait dû déloger les rebelles avec des effets collatéraux. Cela est malheureusement inévitable.

En ce qui concerne l’utilisation des armes chimiques sur les environs de Damas, les rapports de laboratoires ont démontré que leur nature était autre que celle des stocks de l’État syrien, mais correspondaient plus à celle des stocks de la Libye. Les analyses balistiques démontrent aussi qu’ils venaient du côté rebelle. Ces produits auraient transité par la Turquie et livrés aux rebelles : une version, je crois, communément admise aujourd’hui.

Indéniablement, le régime a une assise et une légitimité populaire. Nous sommes avec une guide sunnite, elle affirme, comme de très nombreux autres sunnites, et donc combien plus, les autres minorités : « Bachar n’est pas celui qui massacre son peuple comme on le dit dans les capitales occidentales… ».

L’intervention de la Russie en Syrie rassure. Son intervention est saluée par tous ceux que nous avons rencontrés. Le maître du terrain aujourd’hui, c’est bien la Russie. Quand elle aura réduit les poches de résistance autour d’Alep il lui restera de se consacrer à Daech avec l’armée syrienne et ceux que nous avons rencontrés le souhaitent fortement.

Les groupes entrés dans l’opposition et dont le nombre est difficile à évaluer, semblent à bout de souffle et se rendent compte, aujourd’hui, qu’ils ne peuvent pas gagner. Ils ont opté pour la trêve pour après s’acheminer vers la paix.

L’objectif clairement identifié de l’État islamique est de reconstituer le grand Califat tout autour de la Méditerranée avec comme capitale : Raqqa [الرقة] en Syrie et par la suite poursuivre plus loin.

En Syrie nous avons rencontré une population cultivée, digne, accueillante, ayant le sens de l’autre, le sens de la Nation, attachée à son État.

L’économie du pays a subi le contrecoup de cette situation de guerre, les usines textiles, par exemple, de Alep et qui étaient florissantes ont été détruites et les machines acheminées et vendues en Turquie. Elles fonctionnent cependant de nouveau avec le dixième de leur personnel d’avant.

Les plaines du nord immenses produisent blé, légumes, fruits, les olives, viande, produits d’élevage… permettent de contourner, au moins en partie importante l’embargo occidental. Le sud est beaucoup plus pauvre.

Sur la route, en quittant Aïn el-Kroum en direction de Lattaquié… une vue sur la riche plaine agricole du Gharb…
tout au fond le site d'Apamée encore occupé par les terroristes

Le peuple syrien demeure avec une conscience vive d’être victime d’une injustice internationale. Si elle n’avait ni gaz… elle serait probablement en paix.

La communauté monastique de Saint Jacques le Mutilé à Qara, au sud de Homs, que j’avais demandé à inscrire dans le programme de nos visites, où nous avons rencontré la sœur Claire Marie originaire de Nort sur Erdre (30 km au nord de Nantes) nous a tous fortement impressionnés…


Au monastère Saint Jacques le Mutilé en compagnie de sœur Claire Marie


Avant la guerre elle connaissait un grand rayonnement, surtout auprès des jeunes. Mère Agnès Maryam, la supérieure du monastère, est une personnalité. Elle joue un rôle important dans la défense des droits et de la justice. Elle a reçu, de façon exceptionnelle, un prix décerné par une organisation russe et réservé aux Russes.

Ce monastère a connu pendant deux ans une situation difficile avec la présence tout autour d’une foule de rebelles. Un lieu de retrouvaille des rebelles venant de tous les côtés et tournant autour du monastère avec leurs véhicules et leurs drapeaux noirs… Un beau jour ils ont disparu… sans avoir franchi la porte du monastère !

Roger Nicol

Source : Breizh-info.com - Syrie. Le témoignage d’un prêtre breton

mardi 19 avril 2016

Sala Langkaa (ต้น สาละลังกา)… Un intrus dans les temples bouddhistes ?



Un arbre d'origine brésilienne chez les bouddhistes !




La fête la plus importante dans la tradition bouddhique theravāda est célébrée le jour de la pleine lune du mois Vaisakha, sixième mois lunaire, qui généralement a lieu en mai… En cette année 2016, ce sera le 20 mai.  Visakha Pucha commémore tout à la fois chacun des trois moments majeurs de la vie de Bouddha, la naissance du prince Siddhârta en 623 avant J.C., son illumination en 588 avant J.C. et l'accession du Bouddha au Nirvana, à l'âge de 80 ans. Ces évènements sont tout trois survenus lors la pleine lune du mois Vaisakha. À chacun de ces trois évènements est intimement associé un arbre :
- La forêt d’Ashoka (ต้นอโศก) [Saraca indica (Linnaeus) ou Saraca asoca [(Roxb.) de Wilde 1968] - famille des Caesalpiniaceae ou Fabaceae] dans laquelle sa mère accoucha ;
- Le Pipal ou arbre de la Bodhi (Ficus religiosa de la famille des Moraceae) [familièrement appelé en Thaïlande : โพศรีมหาโพ Pho see ma haa pho (au Centre) ; ปู Puu (en Issan et en Khmer) ; โพ Pho, ย่อง Yong (Shan-Mae Hong Son) ; สลี Salee (au Nord)] sous lequel il connut l’Éveil ;
- et surtout le Sal (สาละ) [Shorea robusta (C.F. Gaertn) - famille des Dipterocarpaceae] sous lequel il s’éteignit.

Le Pipal tient toujours une place privilégiée dans tout lieu dédié au bouddhisme. Il est connu de tous sans jamais aucune confusion… Sa feuille est particulièrement remarquable…

La feuille du Pipal ne souffre d'aucune confusion possible…

L’arbre d’Ashoka quoique très répandu en Thaïlande est moins connu, surtout des étrangers… Quant au Sal il y est pratiquement totalement inconnu, même dans le Nord où le climat ne pourrait permettre la rencontre que quelques très rares spécimens… Donc un arbre très présent dans la tradition,  représenté sur les fresques des temples mais dans leur environnement toujours absent de leur flore sacrée…  Était-ce suffisant pour que naissent de graves confusions, notamment pour le Sal ? Quelle a été l'incidence de l'acclimatation tardive dans la région d'un bel et spectaculaire arbre ?… Arrivé du Sri Lanka ?

L'arbre d'Ashoka (ต้นอโศก), l'arbre sous lequel naquit le prince Siddhārtha Gautama… cet arbre tombé amoureux du dieu de l'Amour, Kâma…

Saraca indica [Linnaeus] - synonyme : Saraca asoca [L., 1767]
Famille : Caesalpiniaceae (ex Fabaceae ou Leguminosae)
Nom vernaculaire thaï (ชื่อสามัญ) : Ashoka
Appellations locales (ชื่อพื้นเมือง) : โสก Sok (Centre) ; โสกน้ำ Sok nam (Surat Thani) ; กาแปะห์ไอย์ Ka-pae-ai (Malay-Yala) ; ชุมแสงน้ำ Chum saeng nam (Yala) ; ตะโดลีเต๊าะ Ta-do-li-to (Malay-Pattani) ; ส้มสุก Som suk (North)

Une fouille à Lumbini sur le lieu présumé de naissance du prince Siddhārtha Gautama a récemment conduit…
à la découverte d’une structure de bois inconnue !

L'arbre d'Ashoka (ต้นอโศก) (Saraca indica [Linnaeus] ou Saraca asoca [(Roxb.) de Wilde 1968] - famille des Caesalpiniaceae ex-Fabaceae) est un arbre remarquable aux fleurs spectaculaires… Si la floraison principale est en saison sèche, d'avril à mai, l'arbre porte des fleurs toute l'année. C'est l'arbre sous lequel serait né le prince Siddhārtha Gautama, à Lumpini au VIe siècle avant J.-C. Un spécimen est généralement présent dans chaque temple bouddhiste, en Inde, au Sri Lanka, en Thaïlande et partout ailleurs… C'est aussi, pour les Hindouistes, l'arbre consacré à Kâma, le dieu de l'amour [cf. Kâmasûtra]. Des extraits de son écorce sont utilisés en gynécologie.

Signalons une découverte récente sur les lieux présumés de la naissance du prince Siddhārtha Gautama : les fouilles auraient révélé la présence d'un bois d'espèce inconnue !… Alors l'arbre d'Ashoka est-il bien l'arbre de la naissance du prince Siddhārtha Gautama ? Gageons que quelles que soient les découvertes archéologiques, la tradition l'emportera bien longtemps encore…

… Plus tard quand la reine Maya était en route pour la maison de son père afin de préparer la naissance, elle fit arrêter son chariot dans le jardin de Lumbini et s'appuya sur une branche d'arbre pour se reposer. À cet instant, tandis que les divinités brahmaniques faisaient pleuvoir des pétales de fleurs sur elle, Siddhartha sortit de son sein droit sans aucune aide. L'enfant marcha sept pas dans les quatre directions, et des fleurs de lotus surgirent là ou son pied touchait terre. Alors l'enfant déclara, "Je n'aurai plus de vie futures à endurer, ceci est ma dernière incarnation. Maintenant puisse je détruire et arracher les racines cause de la souffrance des renaissance successives." Sept jours plus tard la reine Maya mourut. Mahaprajapati, la sœur de maya s'occupa de Siddhartha. Le roi Shuddhodana, son père, évita à Siddhartha toutes les formes de souffrance. Quand siddhartha eu 20 ans, il épousa Yasodhara, la fille de l'un des ministres, et un an après ils eurent un fils nommé Rahula (ce qui signifie "entrave" ou "empêchement")…






L'arbre d'Ashoka (ต้นอโศก) est à présent proposé par les pépinièristes, tel Nana Garden, sous de nombreux cultivars :

Fleur de l'un des cultivars de l'arbre d'Ashoka (ต้นอโศก) proposé par Nana Garden

D'autres magnifiques cultivars sont présentés sur le site Magnolia Thailand


Mythe d'origine tamoule sur le dieu Kâma


Le Sal, l'arbre du Parinirvāṇa de Bouddha

Shorea robusta C.F.Gaertn
famille des Dipterocarpaceae
Nom vernaculaire thaï (ชื่อสามัญ) : สาละ Saa la (Bangkok)… l'arbre n'étant pas présent en Thaïlande, il ne connaît aucune appellation régionale. Sa zone de distribution s'étend principalement au Bhoutan, au centre et au nord-est de l'Inde, au Népal, au sud de la Chine (sud-est Xizang), en  savanes et forêts ouvertes jusqu'à une altitude de 800 m.


À Kusinara…
Alors le Béni du Ciel s'adressa au Vénérable Ananda, en disant : "Allons, Ananda, traversons de l'autre côté de la Hiraññavati, et allons au Bosquet de Salas des Mallas, aux environs de Kusinara."
"Qu'il en soit ainsi, Seigneur." … …
Et le Béni du Ciel, ainsi qu'une grande compagnie de bhikkhus, partit de l'autre côté de la Hiraññavati, au Bosquet de Salas des Mallas, aux environs de Kusinara. Et là il s'adressa au Vénérable Ananda, en disant :
"Je t'en prie,, Ananda, prépare moi une couche entre deux arbres sala jumeaux, avec la tête au nord. Je suis fatigué, Ananda, et je veux m'étendre."
"Qu'il en soit ainsi, Seigneur." Et le Vénérable Ananda fit comme le Béni du Ciel lui demandait de faire.
Alors le Béni du Ciel s'étendit sur son côté droit, dans la posture du lion, un pied posé sur l'autre, et ainsi disposé lui-même, attentif et en état de comprendre clairement.
À ce moment, des arbres sala jumeaux s'épanouirent les fleurs, quoique ce ne fut pas la saison de leur floraison. Et les fleurs plurent sur le corps du Tathâgata et tombèrent et s'éparpillèrent et saupoudrèrent leurs pétales jaune crème en vénération pour le Tathâgata… …
Et le Béni du Ciel s'adressa au Vénérable Ananda, en disant : "Ananda, les arbres sala jumeaux sont en pleine fleur, quoique ce ne soit pas la saison de leur floraison. Et les fleurs pleuvent sur le corps du Tathâgata et tombent et s'éparpillent et sont étalées sur lui en vénération pour le Tathâgata"… Extraits du Maha-parinibbāna Sutta - « Les Derniers Jours du Bouddha »

Sal (Shorea robusta)

Fleur du Sal (Shorea robusta)


Une espèce de Shorea, le Shorea roxburghii est toutefois très présente en Thaïlande…

Shorea roxburghii G.Don พะยอม synonyme : Shorea Floribunda Kuzz
Noms vernaculaires thaïs (ชื่อสามัญ) : พะยอม Phayom, สุกรม Su krom (Central); กะยอม Kayom (Chiang Mai); ขะยอม Kha-hom (Laos); ขะยอมดง Khayom dong, พะยอมดง Phayom dong (Northern); แคน Khaen (Loei); เชียง Chiang, เซี่ยว Siao (Karen-Chiang Mai); พะยอมทอง Phayom thong (Prachin Buri, Surat Thani); ยางหยวก Yang yuak (Nan)

Le Shorea roxburghii ou Phayom (พะยอม) est présent en Thaïlande


Sala Langkaa (ต้น สาละลังกา)… Un intrus dans les temples bouddhistes ?

"Macacarecuia" ou "Abricó de macaco"
Couroupita guianensis Aubl.
Noms vernaculaires thaïs (ชื่อสามัญ) : สาละลังกา Sala langkaa (Bangkok) ลูกปืนใหญ่ Luuk puen yai (Chon Buri)

Le Sala Langkaa (ต้น สาละลังกา)… comme son nom vernaculaire thaï le laisse entendre semble effectivement être arrivé du Sri Lanka… mais pas avec le bouddhisme theravāda ! Le Sala Langkaa est un arbre de la famille des Lecythidaceae… Une famille ne comprenant que des espèces endémiques des régions sub-tropicales à tropicales d'Amérique, de Madagascar, des Comores et d'Afrique de l'Est… Une espèce est surtout connue par le populaire "Macacarecuia" ou "Abricó de macaco" du Brésil… de son nom universel Couroupita guianensis… Comment donc un arbre brésilien est-il venu se mêler et se confondre avec les arbres indiens ? Eh bien, cette confusion semble émaner des bouddhistes du Sri Lanka. Les Cinghalais - comme la plupart des Thaïs - n'ont bien sûr jamais vu un arbre Sal (สาละ) car celui-ci ne pousse pas en climat tropical. Frustrés ? Ils sont cependant rapidement devenus familiers avec le "Macacarecuia", introduit au Sri Lanka par les Portugais. Le "Macacarecuia" n'offre pas seulement de belles et extravagante fleurs allant du blanc au rose jusqu'au mauve intense et au parfum irrésistible, mais aussi dans le cœur de la fleur se niche un petit nodule blanc crème évoquant un petit stupa. Il n'en fallait pas davantage pour que chez les Cinghalais naissent la légende du "Macacarecuia". Le Bouddha est mort entre deux Sal et ses restes ont été insérés dans un stupa : l'arbre "Macacarecuia" a un stupa dans sa fleur,  donc l'arbre "Macacarecuia" doit bien être l'arbre Sal. La présence anglaise au Sri Lanka a fait que le "Macacarecuia" des Portugais a perdu son magnifique nom chantant pour devenir le trivial acculturé "arbre aux boulets de canon"… "Elephant's balls tree", c'eût assurément été moins stupide… plongeant dans l'imaginaire animiste, honorant tout à la fois l'éléphant sacré du Sri Lanka et ses vertus… Continuons sagement à l'appeler, comme les Thaïs, Sala Langkaa (ต้น สาละลังกา)… ou de ses noms portugais "Macacarecuia" et "Abricó de macaco"… ou de son nom universel scientifique Couroupita guianensis…

Un grand et bel arbre, empreint de mystère, spectaculaire tant par son port que par ses grandes fleurs variant du rose au mauve intense… des fleurs hermaphrodites, larges souvent de plus de 10 cm, aux pétales charnus rouge-rose-mauve à fond jaunâtre magnifiant de longs épis aérés jaillissant à profusion au bout des branches mais principalement flanquant le tronc de leur enchevêtrement… des fleurs, le soir tombé, visitées par les chauve-souris pollinisatrices… des fleurs qui alors dégagent un parfum suave intense… des fleurs éphémères se renouvelant toute l'année et qui produiront des grappes d'énormes fruits ronds et denses pouvant peser de 6 à 8 kg après une maturation de huit à neuf mois…

… un tel arbre ne pouvait que connaître un immense succès auprès des bouddhistes… mais aussi chez les hindouistes. Car la fleur de cet arbre, en plus d'abriter un stupa, évoquerait aussi un Nâga… Très planté dans les temples en Inde, cet arbre est appelé l'arbre Nagalingam en tamoul. Il est considéré comme sacré par les hindous puisque sa fleur ressemblerait à un Shiva mukha lingam surmonté d'un Nâga. Ainsi, à présent un spécimen se rencontre, non seulement dans les temples shivaïtes mais aussi dans la plupart des temples bouddhistes du Laos, du Cambodge, de Thaïlande moins souvent, semble-t-il, en Birmanie ou au Vietnam… Et les Thaïs oubliant délibérément les origines lointaines sud-américaines de l'arbre l'ont adopté et baptisé : Sala Langka (ต้น สาละลังกา) !

Le wat Phra Non Jaksi Voraviharn, dans la province de Singburi, est allé jusqu'à décider que Sala Langka (ต้น สาละลังกา) est l'arbre sous lequel la reine Maya a donné naissance au prince Siddhārtha Gautama… L'anachronisme est un concept ignoré dans cette région du monde… … Et, en toute saison, chaque pèlerin pourra y acheter un jeune plan de l'arbre devenu sacré…

Wat Phra Non Jaksi Voraviharn, province de Singburi :
623 av. J.C., la reine Maya donne naissance au prince Siddhārtha Gautama
dans les jardins de Lumpini… sous un Sala "Langkaa" (ต้น สาละลังกา),
selon la mise en scène du Wat Phra Non Jaksi Voraviharn

Et alors le Sala langkaa, que Bouddha n’a manifestement jamais rencontré, est-il vraiment un intrus dans les temples bouddhistes ?

Il est vrai que le wat Phra Non Jaksi Voraviharn, dans la province de Singburi ose une présentation non conventionnelle de la naissance du prince Siddhārtha Gautama… Une présentation que l’on pourrait comprendre si on la cadre dans l’effort de promotion du Sala langkaa pratiqué par les œuvres de ce wat… De nombreux Sala langkaa sont plantés dans les environs et chaque pèlerin peut y acquérir de jeunes plants… Nulle part ailleurs nous n’avons rencontré la naissance du prince Siddhārtha Gautama ainsi associée au Sala langkaa…

C’est essentiellement avec le Sal du Parinirvāṇa qu’une confusion règne… Certains bouddhistes seraient peut-être frustrés de ne pas rencontrer le véritable Sal de la tradition chez eux ?… Mais en réalité la confusion, la vraie, la seule, ne règne que sur l'Internet où se répercutent en toute liverté erreurs et confusions… Copier-coller… Quant à la présence du Sala langkaa dans les lieux de culte bouddhiste, il est remarquable que celle-ci est généralement maîtrisée… Sauf l’exception mentionnée, et encore concernant la naissance et pas l’extinction du Bouddha, la Sala langkaa reste toujours en périphérie, près de l’enceinte de temple, voire à l’extérieur comme à Vientiane au wat Si Muang ou dans les jardins comme au wat Rong Khon de Chiang Raï…

Couroupita guianensis (famille des Lecythidaceae)
ou Sala Langkaa (ต้น สาละลังกา)

Wat Rong Khon (วัดร่องขุ่น) ou Temple Blanc à Chiang Raï (20 juillet 2555)
Couroupita guianensis (famille des Lecythidaceae)
ou Sala Langkaa (ต้น สาละลังกา)

Wat Klang Wiang (วัดกลางเวียง) à Chiang Raï (22 juillet 2555)

Fleur de Couroupita guianensis (famille des Lecythidaceae) ou Sala Langkaa (ดอกสาละลังกา)
Wat Phra Singh Woramahaviharn (วัดพระสิงห์วรมหาวิหาร) à Chiang Raï  (22 juillet 2555)


Couroupita guianensis (famille des Lecythidaceae)
ou Sala Langkaa (ต้น สาละลังกา)

Wat Si Muang, site du Pilier de la ville de Vientiane (1er janvier 2556)
Couroupita guianensis (famille des Lecythidaceae)
ou Sala Langkaa (ดอกสาละลังกา)

Vientiane, Wat Si Muang… 1er janvier, les fruits ont fait place aux très rares fleurs









































Monastère Kyaug Seindon Mibaya à Moulmein
- là où se réfugia la reine Seindon après la chute du roi Mindon -
Omniprésent au Laos et en Thaïlande, l'arbre reste très rare en Birmanie
(photo prise le 16 octobre 2013 à Moulmein)

Linh Sơn Viên : HV-22 : Hoa Sala tháng hai

Linh Sơn Viên : HV-21 : Hoa Sala – Loài hoa nơi cửa Phật

Merveilleuse Chiang-Maï : COUROUPITA GUIANENSIS AUBLET

Lecythidaceae : Couroupita guianensis

Couroupita guianensis

Un site permettant de trouver les correspondances scientifiques  avec les noms vernaculaires en thaï :
http://village.haii.or.th/botanical/index.php


Une liste de vidéos : Popular Couroupita guianensis vidéos




L'arbre ashoka (Saraca indica ou - synonyme - Saraca asoca)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Arbre_ashoka
http://en.wikipedia.org/wiki/Saraca_asoca


L’arbre minéralisé qui redéfinit la date de naissance du bouddha

Plantes et botanique - Dipterocarpaceae : Shorea roxburghii


À l'exemple de la Thaïlande, le Sri Lanka protège ses arbres par ordination bouddhiste…