Qui ne risque rien n'est rien… sur le chemin de Damas, alors que les opinions ont cédé face aux certitudes…
on ne le dit assez : un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi, ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances.

samedi 25 janvier 2020

25 janvier… fêtons saint Ananie !





Paul vient d'arriver à Damas et il est aveugle depuis trois jours. Accomplissant la volonté de Dieu, Ananie va alors trouver Paul, lui impose les mains et lui rend la vue. Paul reçoit aussitôt le baptême. Saint Ananie est fêté le 25 janvier, jour où l'Église catholique célèbre la Conversion de Paul.


La Conversion de saint Paul

Saint Paul était Juif, de la tribu de Benjamin ; il naquit à Tarse, en Cilicie, dont les habitants étaient considérés comme citoyens romains. Il reçut une instruction fort soignée et devint, jeune encore, l'un des membres les plus distingués de la secte des Pharisiens. Son attachement aux traditions de ses pères, sa haine contre les chrétiens, sa présence au supplice de saint Étienne, son acharnement à poursuivre les disciples de Jésus-Christ, à les traîner en prison, à les battre de verges, ont poussé les interprètes de l'Écriture à voir en lui la réalisation de la prophétie de Jacob, concernant son fils Benjamin : "Benjamin est un loup ravisseur." Mais une hymne chrétienne a heureusement complété l'application de la prophétie, en disant : "Le loup ravisseur s'est changé en agneau."

Saul (c'était le premier nom l'Apôtre) approchait de Damas, où il allait persécuter les chrétiens, accompagné de soldats et d'émissaires de la synagogue de Jérusalem, quand tout à coup il est renversé de son cheval et couché à terre par une force invisible. Une éblouissante clarté l'environne et une voix lui dit : "Saul, pourquoi Me persécutez-vous ? - Qui êtes-Vous, Seigneur ? - Je suis Jésus, que vous persécutez. - Seigneur, que voulez-Vous que je fasse ? - Levez-vous, entrez dans la ville, et là vous apprendrez ce que vous devez faire."



La Conversion de Saint Paul, Le Caravage (1604),
chapelle Cerasi de l'église Santa Maria del Popolo à Rome

Saul était devenu aveugle ; ses compagnons le conduisirent à Damas. Un serviteur de Dieu, nommé Ananie, averti en songe, alla le trouver, lui rendit la vue et lui conféra le baptême. Dès lors, Saul, devenu Paul, n'est pas seulement un converti, un chrétien, c'est un apôtre, c'est l'Apôtre par excellence, qui étonnera le monde et fera l'admiration des siècles par ses écrits sublimes et inspirés, par ses saintes audaces, ses travaux, les merveilles de son apostolat et la gloire de son martyre.

Que de leçons dans cette conversion étrange et foudroyante ! Nous y voyons la puissance toute divine de la grâce à laquelle rien ne résiste ; la sagesse de Dieu qui se plaît à confondre la fausse sagesse du monde ; la miséricorde inénarrable du Seigneur, qui ne rebute personne et peut faire du plus grand des pécheurs le plus insigne des saints. Ne désespérons jamais du salut de personne, tout est possible à la prière et à la grâce. Nous ne comprendrons bien qu'au Ciel quelle a été l'influence de la prière dans le monde et combien de pécheurs devront leur salut à l'intercession des justes. Saint Augustin a dit fort justement : "Si Étienne n'avait pas prié, nous n'aurions pas saint Paul !"

Maison d'Ananie à Damas : la Conversion de Saint Paul




Conversion de Saint Paul

La Conversion de saint Paul (Le Caravage)


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Autres étapes parmi les derniers voyages de "solidarité avec le peuple syrien"
de la Communauté syrienne de France









mardi 21 janvier 2020

Que notre roi-martyr Louis XVI, soit désormais triomphant !…




Le Roi ne meurt pas en France
Que notre roi-martyr Louis XVI, soit désormais triomphant !…

Au matin du 19 janvier 1793, Chrétien de Lamoignon de Malesherbes, défenseur du Roi lors de son procès, vint dans la chambre où se tenait Louis XVI et lui annonça la sentence fatale qui venait d'être confirmée, puis il ajouta :
"Sire, tous les scélérats ne sont pas encore les maîtres et tout ce qu'il y a d'honnêtes gens viendra sauver votre Majesté ou périr à ses pieds".
Le Roi répondit :
"Monsieur de Malesherbes, cela compromettrait beaucoup de monde et mettrait la guerre civile dans Paris : j'aime mieux mourir. Je vous prie de leur ordonner de ma part de ne faire aucun mouvement pour me sauver. Le Roi ne meurt pas en France"…

Louis XVI en habit de sacre (manteau d'hermine) couronnement 11 juin 1775, [Antoine François Callet, 1779]

Quelle était la taille du Roi Louis XVI, les Français en ont une vague idée ! On l'a souvent décrit comme celle d'un petit rondouillard, idée qui persiste de nos jours hérité des caricatures révolutionnaires à vouloir jouer à rabaisser le roi dans l'imaginaire collectif. En réalité, le Roi Louis XVI mesurait entre 1,85 et 1,90 m. D'ailleurs, les dimensions du manteau confectionné pour le sacre révélé, 1,62 m de l'encolure aux pieds, ce qui accréditer une haute stature.

Le Roi Louis XVI, était également un homme de culture, Le roi parlait couramment l'anglais, l'allemand et pratiqué l'italien et l'espagnol. Très au fait des nouvelles techniques, le Roi contribua au financement du ballon des frères Montgolfier. C'est aussi sous son règne qu'il eu lieu, en 1785 la première traversée de la Manche par voie aérienne, à bord d'un aérostat piloté par Jean-Pierre Blanchard. Le roi ouvre au public, (bien avant les journées portes ouvertes républicaine) un bâtiment où celui-ci assistera à des démonstrations du fonctionnement des machines nouvelles, jetant ainsi, les jalons des Arts et des Métiers. Le Roi, n'hésita pas à se faire inoculer afin de prouver une méthode, ( celle qui consiste à introduire dans l'organisme une goutte de pus d'un individu en voie de guérir de la petite vérole ) peut préserver de la maladie, ( le vaccin de Jenner n'apparaîtra qu'en 1796. Un des faits majeurs du Roi Louis XVI, la torture est aboli avant 1789.

( Loin d'un Roi aux allures médiocre décrit trop souvent par des historiens à la solde de la république ), notre Roi fut avant tout un Roi moderne qui fit avancer la monarchie sous l'ère du progrès et de l'ambition. Un Roi très chrétien qui su aimer son peuple, et le pardonner lors de son exécution ! )



Portrait officiel du roi Louis XVI, roi de France (1754-1793), en grand manteau royal
[Joseph Siffred Duplessis, 1777]
Louis XVI, par Joseph Siffred Duplessis

Duplessis reçut en 1774 la commande d’un portrait en pied de Louis XVI vêtu du costume du sacre. L’œuvre devait couronner sa carrière. Aussi apporta-t-il un soin tout particulier à son exécution. Alors même qu’il travaillait à l’effigie monumentale, le peintre peignit aussi un portrait en buste de son royal modèle. Sur les deux œuvres, le visage du souverain devait être identique, Louis XVI n’ayant accepté de poser que très peu de temps. Au Salon de 1775, le maître put exposer le portrait en buste. La toile connut un immense succès, louée tant pour la vérité de sa couleur, la fermeté de sa touche, la finesse de ses détails (Mercure de France), que pour l’air de majesté et le regard noble et tendre qui faisaient lire sur le front royal les vertus du cœur (Nodille de Rosny). Aussitôt, Duplessis fut invité à livrer des copies de son œuvre. Avec l’aide de son atelier, il en produisit de 1776 à 1783 un très grand nombre. La toile de Versailles compte parmi les plus belles versions du portrait.

« Marie-Antoinette » Catalogue de l’exposition à Paris en 2008




Cette vidéo vous propose quelques éléments de réponse pour montrer à quel point le Roi Louis XVI était loin de l'imagerie révolutionnaire, malheureusement encore trop souvent d'actualité. Ce grand roi avait un réel souci du sort du peuple français, et les réformes qu'il fit durant son règne en sont la preuve la plus évidente !



Le 21 janvier 2020, à 19h à Saint-Eugène - Sainte-Cécile (Paris IX), messe solennelle de requiem pour le roi Louis XVI






Messes pour le salut éternel de Sa Majesté le Très Chrétien Roi de France Louis XVI,
victime de la barbarie révolutionnaire (liste non exhaustive)


À Montpellier, le 21 janvier


En Bourgogne, ce 18 janvier

À Avignon, le 18 janvier

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Chers Amis,

Avant de commencer mon message, permettez-moi de dire quelques mots à la mémoire de M. le duc de Bauffremont qui vient de nous quitter. Durant plus de soixante ans il s’est consacré, corps et âme, à la cause de la royauté légitime. Il a été au côté de mon grand-père, puis de mon père et depuis 1989 auprès de moi, j’ai pu constater combien sa fidélité était à toute épreuve. Il savait braver les tempêtes et assurer la continuité de l’action. La cause de la monarchie lui doit beaucoup à travers tout le travail qu’il a accompli. Je redis à ses enfants et à toute sa famille, combien ma peine a été profonde en apprenant l’élévation au Ciel, de celui qui ne pouvait concevoir le service du roi sans celui vis-à-vis de Dieu. Qu’il repose en paix et demeure dans vos prières à vous qui savez aussi être fidèles.

Une nouvelle fois, merci de votre fidélité. Elle trouve sa source dans le souvenir du Roi Martyr et se développe dans l’espérance que vous mettez en l’avenir de notre Pays.

La France, comme en 1793, parait de nos jours bien malade. Depuis des années une crise la ronge en la faisant douter d’elle-même puisque chaque jour on l’appelle au reniement. Il faudrait qu’elle oublie les gloires de son passé, qu’elle oublie la grandeur de son histoire ? Elle se devrait d’être en repentance ? Mais de quelle repentance pourrait-il s’agir ?

Regardons le règne de Louis XVI qui, à lui seul, synthétise tous ceux qui l’ont précédé. Pour la gloire et la grandeur du pays, mises à mal par le Traité de Paris, il a su, mettre un frein à la puissance anglaise, en privant la couronne britannique de ses colonies américaines et en créant le port moderne de Cherbourg ; en matière de « justice sociale » expression qu’il fut le premier à utiliser, Louis XVI prôna la réforme fiscale ; pour tenir compte des évolutions de son temps il reconnut des droits aux Protestants et aux Juifs ; dans le domaine scientifique, il encouragea les recherches les plus novatrices de l’aérostation à la machine à vapeur et à l’expédition de La Pérouse ; pour améliorer les conditions de vie des « exclus sociaux » du temps il soutint les œuvres en faveur des sourds-muets et des aveugles. Oui, son règne a été grand notamment par ses innovations. Il le fut car il était animé par la promesse qu’il avait faite lors de son sacre, celle du décalogue. Le roi très chrétien, le fils aîné de l’Église, avait comme objectif d’assurer le bien commun de ses peuples et le salut des âmes. Voilà en quelques mots, résumé, le programme des Rois. Cela ne vaut-il pas mieux que toutes les explications peu crédibles et tentatives peu convaincantes tant elles sont loin des réalités, de nos gouvernants contemporains.

Le testament de Louis XVI, relu après la messe, est empreint de Vérité, Vérité absente du langage politique actuel, ni vrai ni juste. L’ensemble du Testament reflète ainsi cette humilité du Roi qui ne cherche nullement à se justifier devant les hommes, mais s’en remet à Dieu, vrai souverain et vrai juge. Ne pas se tromper de valeur et rester en cohérence avec sa conscience. Ainsi, le premier reproche à adresser à la révolution et à la république naissante, est d’avoir inversé le sens des mots. La Liberté a supprimé les libertés ; la société ancienne reposant sur les solidarités a été peu à peu sacrifiée à tous les égoïsmes et à l’individualisme alors même qu’étaient prônées l’égalité et la fraternité. Deux siècles après Louis XVI, la société n’a jamais été aussi éclatée. Elle est à reconstruire !

Alors, continuons à honorer la mémoire du Roy-Martyr, et sachons pour l’époque dans laquelle nous vivons, en retirer toutes les leçons. Sachons, nous aussi, concilier la tradition et le progrès. Sachons donner du sens à nos actions. Comme Louis XVI pensons à nos compatriotes et sachons par ce que nous portons et représentons leur redonner espoir et leur rappeler les principes qui doivent régir la société humaine. Nous ne devons pas être des nostalgiques d’un ordre ancien qui ne reviendra pas, mais, au contraire, nous devons être les artisans d’un monde nouveau qui attend beaucoup de l’exemple de ce que fut la royauté française et ses réussites. Si l’histoire ne se reproduit pas, en revanche, elle peut apporter des recettes. Les deux principales qu’il faut retenir en ce début d’année sont la place centrale reconnue à l’homme de la naissance à ses fins dernières et le sens du Bien commun. Disons non à toutes les manipulations et travestissements de la vie naturelle. Disons non à la société individualiste et à ses excès depuis qu’elle a perdu le sens des autres tout en proclamant le contraire. Disons non au mensonge.

Cela c’est à chacun de nous qu’il appartient de le faire. Il faut savoir s’engager dans nos vies professionnelles et familiales. La société ne se réformera que si nous savons, les uns et les autres prendre nos responsabilités et, pour les chrétiens, être fidèles aux promesses de notre baptême. N’est-ce pas le symbole du sacrifice de Louis XVI, il faut savoir dire non si nécessaire quand notre conscience nous le demande.

Au-delà de ce message, je souhaite, malgré les nuages amoncelés sur nos têtes, à vous tous, à vos familles, vos proches, une bonne et sainte année 2020 sous la protection de Sainte-Jeanne d’Arc.

Louis, Duc d’Anjou









Pour témoigner de son attachement à la loi naturelle et défendre la famille, notre roi Louis XX se mêle aux manifestants de la "Manif pour tous" contre la PMA et la GPA.
















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Parmi les lectures qui s'imposent, l'abbé Augustin Barruel, mort en 1820 et Augustin Cochin, mort pour la France en 1916, qui développa son analyse.

Les travaux de l'abbé Augustin Barruel consistent à affirmer que la Révolution française n'a pas été un mouvement de révolte spontanée du peuple, mais un processus organisé pendant plusieurs décennies dans des loges et dans des clubs — en particulier celui des Jacobins — afin de permettre à la bourgeoisie libérale de s'emparer du pouvoir. Barruel explique la Révolution par le complotisme contre les tenants d'une révolution spontanée et populaire.

Augustin Cochin désigne la franc-maçonnerie comme une des instigatrices de la Révolution française avec d'autres « sociétés de pensée » mais en cherchant à dépasser la thèse du complot défendue par l'abbé Barruel pour se baser sur une analyse plus factuelle du processus de la Révolution de 1789.

Pour cela il prit appui sur la méthode sociologique que venait d'introduire Émile Durkheim, en cherchant à en éliminer le déterminisme. Sa thèse principale est que la démocratie moderne est née d'une prise de pouvoir d'un genre radicalement nouveau, caractérisé par une dualité entre la réalité des rapports politiques et la fantasmagorie de leur représentation sociale, dualité rendue possible et durable par le mécanisme d'entraînement sophistique extrêmement efficace des « sociétés de pensée » (salons philosophiques, clubs politiques, loges maçonniques, plus tard, partis idéologiques).

Pour Cochin, une règle générale détermine le corps maçonnique : toute délibération officielle est précédée d’une délibération officieuse et déterminée par elle ; autrement dit tout groupe franc-maçon est dirigé sans le savoir par un groupe plus restreint, assez peu nombreux pour être uni et avoir une ligne de conduite.

Abbé Augustin Barruel : Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme

 






Augustin Cochin : La Machine révolutionnaire (19 avril 2018)
Patrice Gueniffey : « Si un historien fut longtemps ignoré, et pour de mauvaises raisons, c’est bien Augustin Cochin. On peut même dire que l’homme et l’oeuvre seraient tombés dans un oubli complet si François Furet ne les avait tirés du sépulcre où l’historiographie révolutionnaire de la Révolution les avait ensevelis. À l’heure où l’on se gargarise de mots, à l’heure où le despotisme de “l’opinion”, ou de ce qui en tient lieu, se fait plus sentir que jamais, à l’heure où la démocratie partout célébrée est davantage un mantra qu’une réalité, en ces temps de disette et de médiocrité de la pensée, le retour aux grandes œuvres, originales et puissantes, est toujours comme un bain de Jouvence ». Chartiste de formation, historien de métier et sociologue de tempérament, Augustin Cochin est mort au champ d’Honneur à trente-neuf ans, en 1916. François Furet le considérait comme l’un des deux historiens, qui, avec Tocqueville, surent penser la Révolution française. Cochin est assurément celui qui a mis à jour le mécanisme de la Révolution, au sein de sociétés de pensée qui vont modeler une opinion publique nouvelle et l’esprit démocratique moderne. Cette œuvre majeure, pour la première fois accessible dans sa quasi-exhaustivité, permet à la fois de comprendre l’effondrement de l’Ancien Régime et de visiter les soubassements du phénomène démocratique. Outre l’essentiel du corpus d’histoire de la Révolution, dont le fameux "Les Sociétés de pensée et la démocratie", cet ouvrage contient l’ensemble des études de Cochin sur le protestantisme français, jusqu’ici jamais publiées en volume. Il donne aussi à lire la correspondance inédite de l’historien où la finesse de l’homme vient percer la carapace du chercheur. Augustin Cochin fera toujours débat. Mais les questions qu’il entreprit d’explorer en solitaire il y a un siècle sont encore d’aujourd’hui. C’est déjà beaucoup, et assez pour lui accorder toute notre attention.



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Herodote - Louis XVI (1754 - 1793) : La bonté couronnée

Groupe d'Action Royaliste

Nos raisons pour la Monarchie

Manufacture royale

Il faisait froid, ce tragique matin du 21 janvier 1793

À Notre Bon Roi Très-Chrétien et Martyr, Louis XVI le Bienfaisant (2017)…

À Notre Bon Roi Très-Chrétien et Martyr, Louis XVI le Bienfaisant (2016)…

À Notre Bon Roi Très-Chrétien et Martyr, Louis XVI le Bienfaisant (2015)…  

21 janvier 1793 : Louis XVI, notre bon roi assassiné par la franc-maçonnerie
Messes pour Louis XVI… 2013… la Dérévolution de la France, bientôt une réalité

21 janvier 2012 - Hommage à Louis XVI

jeudi 16 janvier 2020

16 janvier 1793… Philippe Égalité vote la mort du roi Louis XVl



Philippe Égalité siège à la Convention dans les rangs des Montagnards. Plutôt qu'un allié ou un véritable sympathisant, le cousin de Louis XVI, pris au piège de ses fanfaronnades patriotiques, est devenu le misérable otage des extrémistes révolutionnaires. "Au moins ceux-là ont voulu m'avoir et, pour tout dire, il n'y a qu'eux qui m'aient voulu", avoue-t-il piteusement à son fils aîné, le futur Louis Philippe. Ce qui va le conduire, le 16 janvier 1793, à voter la mort du roi…


Louis-Philippe d'Orléans dit Philippe Égalité, régicide et grand maître du Grand Orient de France
sera guillotiné le 6 novembre 1793

La Monarchie a été abolie et la République proclamée. L'abbé Grégoire s'exclame : "Les rois sont dans l'ordre social ce que les monstres sont dans l'ordre physique". Le peuple de Paris tend à exercer une véritable dictature sur la Convention en réclamant à cor et à cri que le roi passe en jugement. Début novembre 1792, un rapport du comité de législation conclut que "Louis XVI est jugeable et qu'il doit être jugé pour les crimes qu'il a commis sur le trône". Tel un acte d'accusation, il stipule que "le Roi a organisé la trahison dans toutes les places limitrophes et intérieures" et rend le souverain responsable des morts du 10 août. Reste à la Convention à décider du sort de Louis Capet, dont elle est habilitée à mener le procès.

La découverte de documents prouvant qu'il a entretenu des relations avec certains émigrés et négocié avec l'Autriche, scelle le sort de Louis XVI. Philippe Égalité est convaincu des intentions contre-révolutionnaires du souverain, mais se tourmente quant à la peine que son cousin devra encourir. La violence des passions qui animent l'Assemblée et le peuple de la capitale est telle qu'il est conscient de l'impossibilité de se contenter d'invoquer la Constitution de 1791 et de simplement déposer le Roi. Nul ne peut plus entendre les arguments de justice et de légalité ! Le prince ne voit d'autre solution que de s'abstenir de paraître au procès. Encore faut-il trouver une raison valable… Il imagine de se récuser en raison de son animosité, connue de tous, envers son cousin, qui l'empêcherait de juger avec impartialité. Mais il ne veut pas être le seul député à ne pas siéger… Lorsqu'il paraît le 11 décembre, premier jour du procès, Philippe Égalité est aussi suspect pour les uns qu'odieux pour les autres, tels les Girondins, qui le soupçonnent de briguer la régence.
Louis XVI comparaît. Blême, il ne peut qu'inspirer la pitié. Il demande à voir les papiers qui l'accusent d'avoir organisé la contre-révolution et déclare ne pas les reconnaître. Quelques députés, troublés, suggèrent que les pièces saisies soient expertisées, mais la majorité rejette leur requête. L'Assemblée suspend le procès pour quelques jours et se contente d'accorder au Roi l'assistance de trois avocats. Entre le 26 décembre et le 7 janvier, les débats reprennent, houleux, et Philippe Égalité ne demande pas une seule fois la parole.
Aux derniers fidèles qui l'adjurent de s'abstenir, Philippe Égalité répond qu'il ne votera pas contre son parent. Le jour fatidique approche. Le 14 janvier 1793, l'Assemblée pose trois questions : sur la culpabilité du roi, le recours au peuple, la peine à infliger. Égalité, suivant les Montagnards, vote "oui" et "non" aux deux premières. Le 16, on pose la question cruciale : "Quelle peine Louis a-t-il encourue ?" Ce matin là, de fort bonne heure, Merlin de Douai et Treilhard, deux élus de la Montagne, persuadent Philippe Égalité de venir à la Convention, faute de quoi il passera pour un lâche. Les débats s'éternisent. Le soir, enfin, on passe au vote. Le scrutin par appel nominal commence.




Lorsque Vergniaud, le grand orateur de la Gironde, se prononce pour la mort du roi, c'est la stupeur. Quand retentit le nom de Philippe Égalité, chacun retient son souffle. Le prince monte à la tribune et déclare d'une voix blanche : "Uniquement occupé de mon devoir, convaincu que ceux qui ont attenté ou attenteraient par la suite à la souveraineté du peuple méritent la mort, je vote la mort". Un murmure étonné, sinon indigné, parcourt l'Assemblée. Le modéré Louis Pierre Manuel s'exclame : "Jamais la Convention n'a ressemblé à un tribunal. Si elle l'eût été, certes, elle n'aurait pas vu le plus proche parent de Louis n'avoir pas, sinon la conscience, du moins la pudeur de se récuser". Par trois cent-soixante et une voix soit exactement à la majorité absolue, Louis XVI se voit signifier sa condamnation à mort… Au Palais Royal, Philippe Égalité s'effondre et confie à son fils, le duc de Montpensier : "Je ne conçois plus comment j'ai pu être entraîné à ce que j'ai fait". Il avoue n'avoir eu aucune intention de voter la mort du Roi mais qu'une fois assis sur son banc, il a été tellement entouré, obsédé, assailli, menacé qu'il n'a plus su ce qu'il faisait. Le 19 janvier, pourtant, il vote contre le sursis de l'exécution de la sentence, s'identifiant ainsi à l'abjection que ses ennemis ont toujours voulu qu'il incarne.

Votes sur la mort de Louis XVI

La condamnation de Louis XVI


The Martyr of Equality
'Voici le Progrès de notre Système'
Orléans (Égalité), regardant vers la droite, se tient sur l'échafaud déguisé en grenadier de la Garde nationale.
Il tient par les cheveux la tête décollée de Louis XVI, tandis qu'il agite sa casquette de sa main droite.
Derrière (à gauche) se trouve la guillotine et, gisant, le corps du roi ;  des flots de sang se déversent de la tête et du tronc.
Sous l'échafaud (à droite) sont présentes des têtes et des baïonnettes de la Garde nationale,
et, derrière, deux grands bâtiments, les fenêtres et les toits bondés de spectateurs ; ceux sur le toit agitent leurs chapeaux.
Au-dessous du titre : 'Voyez le Progrès de notre Système'.
Gravure à l'eau-forte coloriée à la main d'Isaac Cruikshanks
 "London Pub Feb: 12 1793 par S W Fores N 3 Piccadilly'




André Castelot : Philippe Égalité, le régicide, éditeur : Jean Picollec (24 mai 1991)

André Castelot : Philippe Égalité, le régicide, éditeur : Jean Picollec (24 mai 1991)


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Les Orléans toujours égaux à eux-mêmes


mardi 31 décembre 2019

Souk de Bab Sraijeh [سوق باب سريجه], à la rencontre de la vie quotidienne damascène…



À Damas, lors de chacun de nos séjours, interminables promenades libres à travers les souks, de jour comme de nuit, avec une prédilection pour ce souk, celui de Bab Sraijeh……

Couleurs au souk de nuit de Bab Sraijeh - باب سريجة …


Souk Bab Sraijeh - سوق باب سريجه


Le souk de Bab Sraijeh [سوق باب سريجه], un souk populaire où l'on ira à la rencontre de la vie quotidienne authentique d'un quartier de Damas… Un souk vers lequel tout nouveau venu à Damas se repèrera facilement ; arrivé à l'ouest tout au bout de la rue Droite, il suffit de traverser la grande artère - de jour éventuellement en empruntant un passage souterrain - et l'on se trouve à l'entrée est du souk Bab Sraijeh… Un souk aux portes de la vieille ville donc très ancien et où les traditions restent préservées… Alors que dans les souks spécialisés logés dans l’enceinte de la ville ancienne l'on s'y rend pour des achats épisodiques, dans ce souk l'on vit l'activité d'un marché répondant aux besoins quotidiens des gens, avant tout alimentaires… Ici vous trouverez la nourriture de chaque jour, produits frais, fruits, légumes, mouton, poisson, mais aussi une profusion de pâtisseries, bonbons, épices ; de nombreux minuscules restaurants dont ceux spécialisés dans les têtes et abats de mouton… Plutôt discrets, des cafés quasiment réservés aux hommes où l'on fume le narguilé tout en jouant aux cartes… Des hammams… Des barbiers… L'un de mes souks préférés de Damas où immanquablement je retourne plusieurs fois lors de chacun de mes séjours, de nuit comme de jour…








Savourer une datte fourrée d'une noix…


Une bonne adresse pour un bouzelouf…







Se régaler d'un succulent bouzelouf…



Plaisir des yeux…








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Autres étapes parmi les derniers voyages de "solidarité avec le peuple syrien"
de la Communauté syrienne de France













lundi 30 décembre 2019

Le Musée national de Damas



Jouxtant la Takiya al-Soulaymaniya, le Musée national [المتحف الوطني] de Damas est le musée le plus grand et le plus important de toute la Syrie. Une visite incontournable. Ce n'est que le 28 octobre 2018 que le Musée a rouvert au public la présentation d'une partie de ses collections après une fermeture dès 2012, ses pièces archéologiques les plus précieuses ayant été rangées en lieu sûr contre tout risque de pillage…

Néanmoins lors de chacun de nos précédents voyages avec  la Communauté Syrienne de France nous n'avons jamais boudé le plaisir de nous attarder à sa buvette, dans ses jardins, sa librairie… Plaisir toujours d'actualité, avant et après la visite des collections… Longue flânerie dans les jardins parmi de nombreuses statues et mosaïques des périodes romaine, byzantine, arabe… Découverte de l'entrée du musée, une reconstitution de la porte du château omeyyade de Qasr al-Hayr al-Gharbi [قصرالحير الغربي], l'une des œuvres maîtresses de l'architecte-urbaniste et archéologue Michel Écochard (1936)… Dénicher des livres introuvables ailleurs à la librairie ou enrichir une collection de timbres… avant de retourner dans les jardins prendre un verre à la buvette, fort agréable et bien fréquentée en toute saison…




J'ai eu la chance de visiter ce musée il y a longtemps, c'était bien avant cette foutue guerre… J'y ai passé de longues heures, seul ou accompagné d'un guide… On y rencontrait des guides francophones particulièrement passionnants… Le Musée abrite de riches collections, d'un site préhistorique tel Tell Abu Hureyra [تل أبو هريرة] sur l'Euphrate à l'est d'Alep, de sites antiques tels que Tel Mardikh / Ebla (تل مرديخ / ايبلا], Ras Shamra / Ougarit [رآس شمرا / آوغاريت] et Tel al-Hariri / Mari  [تل الحريري / ماري]… … et de nombreuses autres pièces des époques romaine, byzantine, de sites arabes et islamiques, et de temps plus récents. Souvenir de nombreuses visites de ce musée avant ou au retour d'escapades sur des sites… eux-mêmes aujourd'hui pas encore accessibles… 





Façade du musée : reconstitution de la porte du château omeyyade de Qasr al-Hayr al-Gharbi conçue par l'architecte français Michel Écochard


















































































Dans les jardins du Musée national, au fond les minarets de la "Takiyya al-Soulaymaniyya"


Nombreux sont les Damascènes qui aiment à se promener dans les jardins du Musée…




Dans les jardins du Musée national, un bar-restaurant fort agréable en toute saison



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Autres étapes parmi les derniers voyages de "solidarité avec le peuple syrien"
de la Communauté syrienne de France