sur le sentier de l'âne… "qui ne risque rien n'est rien"…
"on ne le dit pas assez mais un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi,
ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances".

mercredi 2 septembre 2015

Bab Cherqi [باب شرقي] et la rue Droite


Rue Droite, un café


Un hôtel de la rue Droite, Beit Zaman


La chapelle Saint Hananie


L'hôpital Saint Louis, bab Touma










Mémorial du Génocide arménien, rue Droite






Saint Paul


Un des nombreux restaurants de Bab Cherqi et Bab Touma


Facebook : Bab Sharqi باب شرقي


*   *   *

Que François Hollande et Laurent Fabius se rassurent… Pendant que certains vaquent paisiblement à leurs occupations, dégustent un café ou dînent joyeusement à bab Cherqi ou ailleurs, dans les proches banlieues de Damas, leurs amis s'affairent à leur "bon boulot" tout en rêvant de "neutralisations"… Et alors pleuvent les bombes sur Damas…









Tartous








Damas : la statue de Saladin, près de la Citadelle










Damas : un souk, un vendredi vers midi…








Bab Cherqi : le palais Nassan [قصر النعسان]

Promenade aux alentours de la Mosquée des Omeyyades



























La Dépêhe du Midi : Entretien avec Roland Hureaux, de retour de Syrie


Roland Hureaux, ancien conseiller municipal d'opposition de Cahors, revient de Syrie. L'occasion de l'interroger sur la guerre dans ce pays et son sentiment.

Votre séjour en Syrie avait-il un caractère officiel ?

Non. J'ai participé du 5 au 13 août à ce voyage organisé par une association franco-syrienne. Nous étions une quinzaine et nous avons pu, malgré les contraintes d'un pays en guerre, nous rendre compte d'un certain nombre de choses. Nous avons voulu montrer ainsi notre intérêt pour la population syrienne qui souffre terriblement de cette guerre.


Roland Hureaux a vu la réalité syrienne de près./Photo DDM, L.B.


Comment s'est déroulé ce séjour ?

La Syrie dispose d'un patrimoine touristique considérable. Nous avons pu visiter la mosquée de Damas, un joyau de l'art musulman. Pour le reste, nos déplacements étaient forcément limités, avec des barrages militaires tous les 10 kilomètres. Mais cela ne m'a pas empêché de discuter avec des gens importants et des citoyens syriens qui s'efforcent de montrer que la vie continue. Nous avons assisté à un mariage à 5 km de la ligne de front et j'ai discuté avec le président de l'association des parents d'élèves du lycée français de Damas, fermé malheureusement.

Mosquée des Omeyyades : le tombeau de Saint Jean Baptiste

Quelle est votre opinion sur cette guerre qui dure et qui a déjà fait des milliers de morts ?

C'est une guerre entretenue par les grandes puissances dont la France. Il y a deux camps, le pouvoir dictatorial de Bachar al Assad et les djihadistes de Daesh et d'Al Nosra. On prétend que les grandes puissances combattent les djihadistes mais elles leur fournissent des armes et des conseillers techniques. C'est le bal des faux-culs ! La guerre risque de durer d'autant plus que les États-Unis et l'Iran auraient un accord secret pour maintenir Assad en place.

Et comment réagissent les Syriens ?

Globalement, la population est derrière Bachar al Assad. Surtout les minorités, comme les Chrétiens, les Alaouites, les Druzes et les sunnites. Et je n'oublie pas les femmes qui n'ont aucune envie de voir les barbus débarquer au pouvoir.

Sans transition, comment avez-vous vécu la décision du conseil d'État vous rendant inéligible et donc démissionnaire du conseil municipal ?

Je trouve cette décision sévère même si mon honorabilité n'est pas en cause. Je le regrette pour les Cadurciens qui m'avaient fait confiance.

La politique, c'est fini pour vous ?

Non ! Mais j'observe que Les Républicains est devenu le troisième parti du Lot. Et ce qui se passe pour les régionales montre que ce sera difficile de reconstruire.

Propos recueillis par Laurent Benayoun


La Dépêche du Midi : Entretien avec Roland Hureaux, de retour de Syrie


lundi 31 août 2015

Ougarit - Ras Shamra [رأس شمر]


Le Palais royal d’Ougarit

Le royaume de l’Ougarit était situé sur la côte syrienne, bordé à l’Ouest par la Méditerranée et à l’Est par la chaîne côtière qui surplombe la profonde faille géologique nord-sud où coule l’Oronte.

Carte de l'Ougarit

Sa superficie de 2000 km2 environ correspond à peu près à celle de l’actuelle province de Lattaquié. Le dégagement de la capitale éponyme du royaume, située à une dizaine de kilomètres au Nord de cette dernière localité, a débuté il y a près de 80 ans. Mentionnée dans les textes d’El Amarna, la ville d’Ougarit a été identifiée par des tablettes akkadiennes découvertes dès le début des fouilles. Entre 1929 et 1939, le dégagement du sommet de la colline archéologique de Ras Shamra a permis de mettre au jour deux temples-tour. Dans le même secteur, un important lot de tablettes d’argile inscrites en akkadien et dans une écriture cunéiforme encore inconnue formait ce qu’on a appelé la bibliothèque du Grand Prêtre. Rapidement identifié comme alphabétique, ce nouveau système d’écriture fut déchiffré en moins de quinze mois grâce aux efforts cumulés d’Hans Bauer, Paul-Édouard Dhorme et Charles Virolleaud.

Tablette d’acquisition immobilière akkadienne avec cachet égyptien


On a pu ainsi découvrir une littérature composée de légendes et de mythes, écrits dans la langue ouest-sémitique locale. Depuis sa résidence montagneuse du Sapanou, aujourd’hui le Gabal Al Aqra, Haddou-Baal, dieu de l’orage et de la fertilité, combat la sécheresse mortifère incarnée annuellement par Môtou. De plus, son affrontement avec Yam "la Mer", dieu dont il faut réduire les fureurs, et sa protection des troupeaux de bovins, font de ce dieu le principal recours des agriculteurs, des marins et des éleveurs. Ceux-ci formaient les trois principales catégories socio-professionnelles du royaume comme l’illustre admirablement la stèle du Baal au foudre du Musée du Louvre. 


La stèle du Baal au foudre

Patère de la chasse


Patère de la chasse (détail)

Au contraire de ces mythes, bien intégrés dans les paysages du royaume, la légende de Kirta, qui est peut-être une épopée de la dynastie d’Ougarit est située dans un temps et dans un lieu indéfinissables et celle d’Aqhatou, fils de Danilou, est localisée dans la Beqaa libanaise. La piété populaire des Ougaritains est documentée par de nombreux textes rituels.

Un sondage poursuivi jusqu’au sol vierge a révélé une occupation ininterrompue du site depuis l’époque néolithique jusqu’au XIIIe siècle av. J.-C. Des tombes familiales précédées d’un escalier étaient construites dans les fondations des maisons qui comportaient au moins un étage. Dégagé à partir de 1948, le palais royal comportant plusieurs cours intérieures a livré une masse de textes diplomatiques et administratifs qui ont fait connaître les relations de la métropole avec les villes du royaume, avec ses homologues syriens ainsi qu’avec le pouvoir hittite. De 1973 jusqu’à 2002, la fouille de la maison d’Ourtenou a porté le total approximatif des textes akkadiens à 2500 et à 2000 celui des tablettes en cunéiforme alphabétique et les huit langues distinctes attestées à Ougarit, notées au moyen de cinq systèmes d’écriture permettent de considérer cette civilisation de l’Âge du Bronze comme un véritable carrefour culturel.


La Montagne des dieux














Ras Shamra - Ougarit