sur le sentier de l'âne… "qui ne risque rien n'est rien"…

mercredi 23 avril 2014

Lettre de Mgr Bernard Fellay à propos de prochaines canonisations…



Lettre de Mgr Bernard Fellay
aux
Amis et Bienfaiteurs de la FSSPX
n° 82 d'avril 2014

22-04-2014  
LAB_82 
Chers Amis et bienfaiteurs,
Si elle a lieu le 27 avril prochain, la canonisation de Jean XXIII et de Jean-Paul II posera à la conscience des catholiques un double problème. Problème d’abord de la canonisation en tant que telle : comment serait-il possible de donner à toute l’Église en exemple de sainteté, d’une part, l’initiateur du concile Vatican II et, d’autre part, le pape d’Assise et des droits de l’homme ? Mais aussi, et plus profondément, problème de ce qui apparaîtra comme une reconnaissance d’authenticité catholique sans précédent : comment serait-il possible de garantir du sceau de la sainteté les enseignements d’un tel Concile, qui ont inspiré toute la démarche de Karol Wojtyla et dont les fruits néfastes sont l’indice non équivoque de l’autodestruction de l’Église ? Ce deuxième problème donne de lui-même sa solution : les erreurs contenues dans les documents du concile Vatican II et dans les réformes qui ont suivi, spécialement la réforme liturgique, ne sauraient être l’œuvre du Saint-Esprit, qui est à la fois Esprit de vérité et Esprit de sainteté. Voilà pourquoi il nous apparaît nécessaire de rappeler quelles sont ces principales erreurs et quelles sont les raisons fondamentales pour lesquelles nous ne pouvons pas souscrire aux nouveautés du Concile et des réformes qui en sont issues, de même qu’à ces canonisations qui voudraient en fait “canoniser” Vatican II.
C’est la raison pour laquelle nous voudrions, tout en protestant avec force contre ces canonisations, dénoncer l’entreprise qui dénature l’Eglise depuis le concile Vatican II. En voici les principaux éléments.

I – Le concile
« Alors que le Concile se préparait à être une nuée lumineuse dans le monde d’aujourd’hui si l’on avait utilisé les textes préconciliaires dans lesquels on trouvait une profession solennelle de doctrine sûre au regard des problèmes modernes, on peut et on doit malheureusement affirmer que, d’une manière à peu près générale, lorsque le Concile a innové, il a ébranlé la certitude de vérités enseignées par le Magistère authentique de l’Église comme appartenant définitivement au trésor de la Tradition. […] Sur ces points fondamentaux, la doctrine traditionnelle était claire et enseignée unanimement dans les universités catholiques. Or, de nombreux textes du Concile sur ces vérités permettent désormais d’en douter. […] Il faut donc, acculé par les faits, conclure que le Concile a favorisé d’une manière inconcevable la diffusion des erreurs libérales » [1].

II – Une conception œcuménique de l’Eglise.
L’expression du « subsistit in » (Lumen gentium, 8) veut dire qu’il y aurait une présence et une action de l’Église du Christ dans les communautés chrétiennes séparées, distinctes d’une subsistance de l’Église du Christ dans l’Église catholique. Prise en ce sens, elle nie l’identité stricte entre l’Église du Christ et l’Église catholique, toujours enseignée jusqu’ici, notamment par Pie XII, à deux reprises, dans Mystici corporis [2] et dans Humani generis [3]. L’Église du Christ est présente et agissante comme telle, c’est-à-dire comme l’unique arche de salut, seulement là où est le vicaire du Christ. Le Corps mystique dont celui-ci est le chef visible est strictement identique à l’Église catholique romaine.
La même déclaration (LG 8) reconnaît aussi la présence « d’éléments salvifiques » dans les communautés chrétiennes non-catholiques. Le décret sur l’œcuménisme renchérit en affirmant que « le Saint Esprit ne refuse pas de se servir de ces Eglises et communautés comme moyens de salut, dont la force dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l’Eglise catholique » (UR 3).
De telles affirmations ne sont pas conciliables avec le dogme « Hors de l’Eglise point de salut », réaffirmé par la Lettre du Saint Office du 8 août 1949. Une communauté séparée ne saurait se prêter à l’action de Dieu, puisque sa séparation est une résistance au Saint Esprit. Les vérités et les sacrements qui y sont éventuellement conservés ne peuvent produire un effet salutaire qu’en opposition aux principes erronés qui fondent l’existence de ces communautés et entraînent leur séparation d’avec le Corps mystique de l’Église catholique, dont le chef visible est le vicaire du Christ.
La déclaration Nostra aetate affirme que les religions non chrétiennes « apportent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes », bien que ceux-ci doivent trouver dans le Christ « la plénitude de la vie religieuse » et « considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines » (NA, 2). Une pareille affirmation tombe sous le même reproche que la précédente. Tels que dans l’hérésie ou le schisme, les sacrements, les vérités partielles de foi et l’Écriture sont dans un état de séparation d’avec le Corps mystique. C’est la raison pour laquelle la secte qui les utilise ne peut réaliser, en tant que telle, car privée de la grâce surnaturelle, la médiation ecclésiale ni contribuer au salut. On doit en dire autant des manières de penser, de vivre et d’agir, telles qu’elles sont dans les religions non chrétiennes.
Ces textes du concile favorisent déjà la conception latitudinariste  de l’Église, condamnée par Pie XI dans Mortalium animos ainsi que l’indifférentisme religieux également condamné par tous les papes, de Pie IX à Pie XII [4]. Toutes les initiatives inspirées par le dialogue œcuménique et interreligieux, dont la réunion d’Assise de 1986 demeure l’exemple le plus visible, ne sont que la mise en pratique, « l’illustration visible, la leçon de choses et la catéchèse intelligible à tous » (Jean-Paul II) de ces enseignements conciliaires. Mais elles expriment aussi l’indifférentisme dénoncé par Pie XI, lorsqu’il réprouve l’espoir « qu’il serait possible d’amener sans difficulté les peuples, malgré leurs divergences religieuses, à une entente fraternelle sur la profession de certaines doctrines considérées comme un fondement commun de vie spirituelle. […] Se solidariser des partisans et des propagateurs de pareilles doctrines, c’est s’éloigner complètement de la religion divinement révélée » [5].

III – Une conception collégialiste et démocratique de l’Eglise.
1. Après avoir ébranlé l’unité de l’Église dans sa foi, les textes du concile l’ont aussi ébranlée dans son gouvernement et sa structure hiérarchique. L’expression du « subjectum quoque » (LG 22) veut dire que le collège des évêques uni au pape comme à son chef est lui aussi, en plus du pape seul, le sujet habituel et permanent du pouvoir suprême et universel de juridiction dans l’Eglise. C’est la porte ouverte à une diminution du pouvoir du Souverain Pontife, voire à sa remise en cause, au risque de mettre en péril l’unité de l’Eglise.
Cette idée d’un double sujet permanent du primat est en effet contraire à l’enseignement et à la pratique du magistère de l’Église, spécialement à la constitution Pastor aeternus du concile Vatican I (DS 3055) et à l’encyclique Satis cognitum de Léon XIII. Car seul le pape possède de manière habituelle et constante le pouvoir suprême, qu’il communique seulement dans des circonstances extraordinaires aux conciles, selon qu’il le juge opportun.
2. L’expression du « sacerdoce commun » propre aux baptisés, distingué du « sacerdoce ministériel » (LG 10) ne précise pas que seul le second doit s’entendre au sens vrai et propre du terme, tandis que le premier s’entend seulement au sens mystique et spirituel.
Cette distinction était affirmée clairement par Pie XII dans son Discours du 2 novembre 1954. Elle est absente des textes du Concile et ouvre la porte à une orientation démocratique de l’Église, condamnée par Pie VI dans la Bulle Auctorem fidei (DS 2602). Cette tendance à faire participer le peuple à l’exercice du pouvoir se retrouve dans la multiplication des organismes de toutes sortes, en conformité avec le nouveau droit canon (canon 129 § 2). Elle perd de vue la distinction entre clercs et laïcs, pourtant de droit divin.

IV – Des faux droits naturels de l’homme.
La déclaration Dignitatis humanae affirme l’existence d’un faux droit naturel de l’homme en matière religieuse. Jusqu’ici, la Tradition de l’Église était unanime à reconnaître aux non-catholiques le droit naturel de ne pas être contraints par les pouvoirs civils dans leur adhésion (d’intention au for interne et d’exercice au for externe) à l’unique vraie religion et légitimait, tout au plus dans certaines circonstances, une certaine tolérance dans l’exercice des fausses religions, au for externe public. Vatican II reconnaît de plus à tout homme le droit naturel de ne pas être empêché par les pouvoirs civils d’exercer au for externe public une religion fausse et prétend reconnaître comme un droit civil ce droit naturel d’exemption de toute contrainte de la part des autorités sociales. Les seules limites juridiques à ce droit seraient celles de l’ordre purement civil et profane de la société. Le Concile fait ainsi aux gouvernements civils une obligation de ne plus faire de discrimination pour des motifs religieux et d’établir l’égalité juridique entre la vraie religion et les fausses.
Cette nouvelle doctrine sociale est en opposition avec les enseignements de Grégoire XVI dans Mirari vos et de Pie IX dans Quanta cura. Elle se fonde sur une fausse conception de la dignité humaine, purement ontologique et non point morale. En conséquence, la constitution Gaudium et spes enseigne le principe de l’autonomie du temporel (GS 36), c’est-à-dire la négation de la royauté sociale du Christ pourtant enseignée par Pie XI dans Quas primas, et finalement ouvre la porte à l’indépendance de la société temporelle par rapport aux commandements de Dieu.

V – La protestantisation de la messe.
Le nouveau rite de la messe, « s’éloigne de manière impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail »[6] de la définition catholique de la Messe, telle qu’elle résulte des enseignements du concile de Trente. Par ses omissions et ses équivoques, le nouveau rite de Paul VI atténue l’identification de la messe au sacrifice de la croix, au point que la messe y apparaît beaucoup moins comme ce sacrifice que comme son simple mémorial. Ce rite réformé occulte aussi le rôle du prêtre au profit de l’action de la communauté des fidèles. Il diminue gravement l’expression du but propitiatoire du sacrifice de la messe, c’est-à-dire l’expiation et la réparation du péché.
Ces défaillances interdisent de regarder ce nouveau rite comme légitime. Dans l’interrogatoire des 11-12 janvier 1979, à la question posée par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi : « Soutenez-vous qu’un fidèle catholique peut penser et affirmer qu’un rite sacramentel, en particulier celui de la messe approuvé et promulgué par le Souverain Pontife puisse être non conforme à la foi catholique ou favens haeresim ? », Mgr Lefebvre a répondu : « Ce rite en lui-même ne professe pas la foi catholique d’une manière aussi claire que l’ancien Ordo missae et par suite il peut favoriser l’hérésie. Mais je ne sais pas à qui l’attribuer ni si le pape en est responsable. Ce qui est stupéfiant c’est qu’un Ordo missae de saveur protestante et donc favens haeresim ait pu être diffusé par la curie romaine »[7]. Ces défaillances graves nous interdisent de regarder ce nouveau rite comme légitime, d’en accomplir la célébration et de conseiller d’y assister ou d’y participer positivement.

VI – Le nouveau Code, expression des nouveautés conciliaires.
Selon les dires mêmes de Jean-Paul II, le nouveau Code de droit canon de 1983 représente « un grand effort pour traduire en langage canonique » [8] les enseignements du concile Vatican II, y compris – et surtout – sur les points gravement fautifs signalés jusqu’ici. « Parmi les éléments qui caractérisent l’image réelle et authentique de l’Église », explique encore Jean-Paul II, « il nous faut mettre en relief surtout les suivants : la doctrine selon laquelle l’Église se présente comme le Peuple de Dieu et l’autorité hiérarchique comme service ; la doctrine qui montre l’Eglise comme une communion et qui, par conséquent, indique quelles sortes de relations doivent exister entre les Églises particulières et l’Église universelle et entre la collégialité et la primauté ; la doctrine selon laquelle tous les membres du Peuple de Dieu, chacun selon sa modalité, participent à la triple fonction du Christ : les fonctions sacerdotale, prophétique et royale. À cette doctrine se rattache celle concernant les devoirs et les droits des fidèles et en particulier des laïcs ; et enfin l’engagement de l’Église dans l’œcuménisme ».
Ce nouveau droit accentue la fausse dimension œcuméniste de l’Église, en permettant de recevoir les sacrements de pénitence, d’eucharistie et d’extrême-onction de ministres non catholiques (canon 844) et favorise l’hospitalité œcuménique en autorisant les ministres catholiques à donner le sacrement de l’eucharistie à des non catholiques. Le canon 336 reprend et accentue l’idée d’un double sujet permanent du primat. Les canons 204 § 1, 208, 212 § 3, 216 et 225 accentuent l’équivoque du sacerdoce commun et l’idée corrélative du Peuple de Dieu. Enfin, se profile aussi dans ce nouveau Code une définition fautive du mariage, où n’apparaît plus l’objet précis du contrat matrimonial ni la hiérarchie entre ses fins. Loin de favoriser la famille catholique, ces nouveautés ouvrent une brèche dans la morale matrimoniale.

VII – Une nouvelle conception du magistère
1. La constitution Dei Verbum affirme en manquant de précision que « l’Église, tandis que les siècles s’écoulent, tend constamment vers la plénitude de la divine vérité, jusqu’à ce que soient accomplies en elle les paroles de Dieu » (DV 8). Cette imprécision ouvre la porte à l’erreur de la Tradition vivante et évolutive, condamnée par saint Pie X dans l’Encyclique Pascendi et le Serment antimoderniste. Car l’Église ne saurait « tendre vers la plénitude de la vérité divine » que parce qu’elle en donne une expression plus précise, non au sens où les dogmes proposés par l’Eglise verraient se donner « un sens différent de celui que l’Église a compris et comprend encore » (Dei Filius, DS 3043).
2. Le Discours de Benoît XVI du 22 décembre 2005 essaye de justifier cette conception évolutive d’une Tradition vivante et de disculper par le fait même le Concile d’une quelconque rupture dans la Tradition de l’Eglise. Vatican II a voulu « redéfinir la relation de la foi de l’Eglise vis-à-vis de certains éléments essentiels de cette pensée » et pour ce faire ses enseignements ont « revisité ou également corrigé certaines décisions historiques. Mais, dans cette apparente discontinuité, le Concile a maintenu et approfondi sa nature [de l’Eglise] intime et sa véritable identité », celle « de l’unique sujet-Eglise, que le Seigneur nous a donné ; c’est un sujet qui grandit dans le temps et qui se développe, restant cependant toujours le même, l’unique sujet du Peuple de Dieu en marche ». Cette explication suppose que l’unité de la foi de l’Eglise repose non plus sur un objet (car il y a discontinuité, au moins sur les points signalés jusqu’ici, entre Vatican II et la Tradition) mais sur un sujet, au sens où l’acte de foi se définit beaucoup plus en fonction des personnes croyantes qu’en fonction des vérités crues. Cet acte devient principalement l’expression d’une conscience collective, et non plus l’adhésion ferme de l’intelligence au dépôt des vérités révélées par Dieu.
Pie XII enseigne pourtant dans Humani generis que le magistère est la « règle prochaine et universelle de vérité en matière de foi et de mœurs », vérité objective du dépôt de la foi, consigné comme dans ses sources dans les saintes Ecritures et la Tradition divine. Et la constitution Dei Filius du concile Vatican I enseigne aussi que ce dépôt n’est pas « une invention philosophique que l’on pourrait compléter par le génie de l’homme », mais qu’il a été « confié à l’Epouse du Christ pour qu’elle le garde saintement et le déclare infailliblement » (DS 3020).
3. Manifestement, le discours d’ouverture du pape Jean XXIII (11 octobre 1962) et son allocution adressée au Sacré-Collège le 23 décembre 1962, assignent au concile Vatican II une intention très particulière, de type soi disant « pastoral », en vertu de laquelle le magistère serait censé « exprimer la foi de l’Église suivant les modes de recherche et de formulation littéraire de la pensée moderne ». L’encyclique Ecclesiam suam du pape Paul VI (6 août 1964) précise encore cette idée en disant que le magistère de Vatican II vise « à insérer le message chrétien dans la circulation de pensée, d’expression, de culture, d’usages, de tendances de l’humanité telle qu’elle vit et s’agite aujourd’hui sur la face de la terre » (n° 70) ; en particulier, l’annonce de la vérité « ne se présentera pas armée de coercition extérieure, mais par les seules voies légitimes de l’éducation humaine, de la persuasion intérieure, de la conversation ordinaire, elle offrira son don de salut, toujours dans le respect de la liberté personnelle des hommes civilisés » (n° 77). La Constitution pastorale Gaudium et spes affirme que « le Concile se propose avant tout de juger à cette lumière les valeurs les plus prisées par nos contemporains et de les relier à leur source divine. Car ces valeurs, dans la mesure où elles procèdent du génie humain, qui est un don de Dieu, sont fort bonnes ; mais il n’est pas rare que la corruption du cœur humain les détourne de l’ordre requis : c’est pourquoi elles ont besoin d’être purifiées » (GS 11). De ces valeurs du monde procèdent les trois grandes nouveautés introduites par Vatican II : la liberté religieuse, la collégialité et l’œcuménisme.
4. Nous nous appuyons alors sur cette règle prochaine et universelle de la vérité révélée qu’est le magistère de toujours pour contester des doctrines nouvelles qui lui sont contraires. C’est bien là en effet le critère donné par saint Vincent de Lérins : « Le critère de la vérité, et d’ailleurs de l’infaillibilité du pape et de l’Eglise, c’est sa conformité à la Tradition et au dépôt de la foi. Quod ubique, quod semper. Ce qui est enseigné partout et toujours, dans l’espace et dans le temps » [9]. Or, la doctrine de Vatican II sur l’œcuménisme, la collégialité et la liberté religieuse est une doctrine nouvelle, contraire à la Tradition et au droit public de l’Église, lui-même basé sur des principes divinement révélés et comme tels immuables. Nous en concluons que ce Concile, ayant voulu proposer ces nouveautés, est privé de valeur magistérielle contraignante, dans la mesure même où il les propose. Son autorité est déjà douteuse en raison de l’intention nouvelle, soi-disant « pastorale », signalée au paragraphe précédent. Elle apparaît de plus certainement nulle, quant aux quelques points où il se met en contradiction avec la Tradition (cf. ci-dessus, I à VII,1).

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Fidèles à l’enseignement constant de l’Église, avec notre vénéré fondateur, Mgr Marcel Lefebvre, et à sa suite, nous n’avons cessé jusqu’ici de dénoncer le Concile et ses textes majeurs comme l’une des causes principales de la crise qui ébranle l’Eglise de fond en comble, la pénétrant jusqu’à ses « entrailles mêmes » et à ses « veines » selon la vigoureuse formule de saint Pie X. D’ailleurs, plus nous y travaillons et plus nous voyons se confirmer les analyses déjà exposées avec une extraordinaire clarté par Mgr Lefebvre le 9 septembre 1965 dans l’aula conciliaire. Qu’il nous soit permis de reprendre ses propres paroles à propos de la Constitution conciliaire sur « l’Église dans le monde d’aujourd’hui » (Gaudium et Spes) : « Cette constitution n’est ni pastorale, ni émanée de l’Église catholique : elle ne paît pas les hommes et les chrétiens de la vérité évangélique et apostolique et, d’autre part, jamais l’Église n’a parlé ainsi. Cette voix, nous ne pouvons l’écouter, parce qu’elle n’est pas la voix de l’Épouse du Christ. La voix du Christ, notre berger, nous la connaissons. Celle-ci, nous l’ignorons. Le vêtement est celui des brebis ; la voix n’est pas celle du Berger, mais peut-être du loup. J’ai dit » [10]. Les cinquante ans écoulés depuis cette intervention n’ont fait que confirmer cette analyse.
Dès le 7 décembre 1968, trois ans seulement après la clôture du Concile, Paul VI dut admettre : « L’Eglise se trouve en une heure d’inquiétude, d’autocritique, on dirait même d’autodestruction. » Et le 29 juin 1972, il reconnut : « Par quelque fissure est entrée la fumée de Satan dans le temple de Dieu : c’est le doute, l’incertitude, la problématique, l’inquiétude, la confrontation. » Il constata, mais ne fit rien. Il poursuivit la réforme conciliaire que ses promoteurs n’avaient pas hésité à comparer à la Révolution de 1789, en France, ou à celle de 1917, en Russie.
Nous ne pouvons rester passifs, nous ne pouvons nous rendre complices de cette autodestruction. C’est pourquoi nous vous invitons, chers amis et bienfaiteurs, à demeurer fermes dans la foi, et à ne pas vous laisser troubler par ces nouveautés de l’une des plus formidables crises que doit traverser la sainte Eglise.
Puissent la Passion de Notre Seigneur et sa Résurrection nous conforter dans notre fidélité, dans notre amour indéfectible envers Dieu, envers Notre Seigneur, vrai Dieu et vrai homme, envers sa sainte Eglise, divine et humaine, dans une espérance sans faille… in Te speravi non confundar in aeternum. Daigne le Cœur douloureux et immaculé de Marie nous protéger tous et que son triomphe arrive bientôt !

Winona, dimanche des Rameaux 13 avril 2014
+Bernard Fellay


[1] Mgr Lefebvre, « Lettre du 20 décembre 1966 adressée au cardinal Ottaviani » in J’accuse le Concile, Ed. Saint-Gabriel, Martigny, 1976, p. 107-111.
[2] Pie XII, Encyclique Mystici corporis, 29 juin 1943, Enseignements pontificaux, L’Eglise, Solesmes-Desclée, 1960, t. 2, n° 1014.
[3] Pie XII, Encyclique Humani generis, 12 août 1950, Enseignements pontificaux, L’Eglise, Solesmes-Desclée, 1960, t. 2, n° 1282.
[4] Sur l’indifférentisme et le latitudinarisme, voir les propositions condamnées du Syllabus, chapitre 3, n°15 à 18 : « Il est libre à chaque homme d’embrasser et de professer la religion qu’il aura réputée vraie d’après la lumière de la raison. Les hommes peuvent trouver le chemin du salut éternel et obtenir ce salut éternel dans le culte de n’importe quelle religion. Tout au moins doit-on avoir bonne confiance dans le salut éternel de tous ceux qui ne vivent pas dans le sein de la véritable Église du Christ. Le protestantisme n’est pas autre chose qu’une forme diverse de la même vraie religion chrétienne, forme dans laquelle on peut être agréable à Dieu aussi bien que dans l’Église catholique. »
[5] Pie XI, Encyclique Mortalium animos, 6 janvier 1928, Enseignements pontificaux, L’Église, t. 1, n° 855.
[6] Cardinaux Ottaviani et Bacci, « Préface au pape Paul VI » dans Bref examen critique du Novus ordo missae, Ecône, p. 6.
[7] « Mgr Lefebvre et le Saint-Office », Itinéraires n° 233 de mai 1979, p. 146-147.
[8] Jean-Paul II, Constitution apostolique Sacrae disciplinae leges, 25 janvier 1983, La Documentation Catholique, n° 1847, p. 245-246.
[9] Mgr Lefebvre, « Conclusion » in J’accuse le Concile, Ed. Saint-Gabriel, Martigny, 1976, p. 112.
[10] Mgr Marcel Lefebvre, J’accuse le Concile, Ed. Saint Gabriel, 1976, p. 93.


Source : http://laportelatine.org/publications/bienfait/82/82.php#

Guy Pervillé : "Oran, 5 juillet 1962. Leçon d’histoire sur un massacre"


Guy Pervillé est professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université de Toulouse-le Mirail, spécialiste de l’histoire de l’Algérie coloniale ainsi que de la guerre d’Algérie. Il a notamment publié Pour une histoire de la guerre d’Algérie (Paris, Picard, 2002), La Guerre d’Algérie (PUF, Que-sais-je ?, 2007), Atlas de la guerre d’Algérie (Autremeent, 2003), Les accords d’Évian, succès ou échec de la réconciliation franco-algérienne (Armand Colin, 2012), et chez Vendémiaire, La France en Algérie, 1830-1954 (2012, prix Lyautey 2012 de l’Académie des sciences d’outre-mer).




Oran, 5 juillet 1962. Leçon d’histoire sur un massacre. (2014) Paris, éditions Vendémiaire, 2014, 317 p. (l'ouvrage ne sera disponible qu'après le 1er mai) :

De tous les événements liés à la guerre d’Algérie, aucun n’a subi une occultation aussi complète que le massacre subi à Oran, le 5 juillet 1962, soit quelques mois après les accords d’Évian et deux jours après la proclamation officielle de l’indépendance de l’Algérie, par une partie de la population européenne de la ville. C’est pourtant celui dont le bilan est, de très loin, le plus lourd : en quelques heures, près de 700 personnes ont été tuées ou ont disparu sans laisser de traces.

Qui a organisé ce massacre ? S’agit-il d’un mouvement de foule spontané, dans une ville ravagée depuis des mois par les attentats de l’OAS ? Ou d’un règlement de compte entre les diverses tendances du nationalisme algérien ? Et pourquoi l’armée française, pourtant dûment informée, et-elle-restée des heures sans intervenir ? A Paris, le gouvernement était-il au courant et a-t-il délibérément laissé dégénérer une situation dont le règlement reveanit désormais à l’Algérie indépendante ?

Reprenant les témoignages, les ouvrages des journalistes et les travaux des historiens sur la question, Guy Pervillé propose ici une magistrale leçon d’histoire pour comprendre cet événement tragique, ainsi que le silence qui l’entoure.



Oran, le 5 juillet 1962… le "Mur des Disparus", Perpignan


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Stupéfiant… Robert Ménard, né à Oran un 6 juillet 1953, prétendu grand reporter, n'a eu connaissance des massacres du 5 juillet 1962 d'Oran que 50 ans après, en 2012 !!! Entretien émouvant. Très émouvant incontestablement… Magnifique ramage. Mais pour quelle efficacité ? Découvrir son enfance à 61 ans passés, c'est quand même un peu tard… Que n'a-t-il, devenu grand enfant,  davantage interrogé sa grand'mère… Si petit Robert ou un peu plus grand avait attentivement écouté sa grand'mère il aurait retenu que celle-ci n'a sans doute jamais parlé de "piénoirs" mais, étant catholique, se serait toujours identifiée comme "Européenne"… Petit Robert aurait appris et retenu que ce sobriquet "piénoirs" n'a été donné aux malheureux exilés que par les indignes patos qui par lâcheté, ces "veaux" avaient voté pour entériner la capitulation de DeGaulle… Mettre à part et déconsidérer ces pestiférés qu'ils avaient condamnés à l'exil, réflexe récurrent des coupables celui de diminuer leurs victimes… Petit Robert saurait que si en un autre temps certains avaient été contraints de porter une étoile, rose ou jaune, ces piénoirs débarqués en France malgré eux ont eu aussi leur marque longtemps indélébile : leurs vieilles voitures, celles qui avaient pu les accompagner dans l'exil, ont alors été systématiquement immatriculées dans des séries spéciales… Revenons à ce 5-Juillet longtemps ignoré de petit Robert… …  J'y pense : Perpignan, c'est quand même pas très éloigné de Béziers… Le grand chef des "grands reporters" n'a-t-il donc pas appris qu'y est érigé un "Mur des Disparus", voilà déjà bien plus qu'un an, plusieurs années même ! Craignons que dans cette poignante et "naïve" confession il n'y ait une belle part d'opportunisme… Bon réveil, Robert !

Un de mes amis né en 1961 - j'écris bien : né en 1961 - prétend avoir participer à l'action de l'OAS… En fait, son père fortement engagé dans la Secrète cachait ses armes dans le berceau de son bébé… Né en 1961, mais un héros par rapport à bien des piénoirs…




mardi 22 avril 2014

Souvenous-nous d'Avril-1961 : Hommage au 1er RCP et au lieutenant Roger Degueldre…


"Le Soldat n’est pas un homme de violence. Il porte les armes et risque sa vie pour des fautes qui ne sont pas les siennes. Son mérite est d’aller sans faillir au bout de sa parole tout en sachant qu’il est voué à l’oubli…"
Antoine de Saint-Exupéry



Roger Degueldre, lieutenant au 1er Régiment Étranger de Parachutistes, créateur des commandos Delta en 1961, assassiné le 6 juillet 1962… au 6ème coup de grâce…



Manifestations organisées, soutenues ou encouragées par l'ADIMAD

Manuel Gomez : La grande muette grogne de plus en plus fort



Camerone 2014 : "Des étrangers au service de la Liberté"…









Le 30 avril prochain, à Aubagne, pour la célébration du 151ème anniversaire de Camerone, c’est le lieutenant-colonel (er) Zlatko Sabljic qui portera la main du capitaine Danjou. Devant les légionnaires, les officiers, les anciens, les autorités et les invités dont, vraisemblablement, le prince Albert II de Monaco, dont la présence est espérée depuis plusieurs mois*.

Engagé en 1974, ce croate d'origine servit dans tous les grades et distinction de militaire du rang et de sous-officier - y compris celui de major - au 2è Régiment Étranger de Parachutistes (REP, Calvi). Participant en 1978 à l'opération Bonite à Kolwezi, l'une des très nombreuses missions extérieures accomplies par ce képi blanc qui termina sa carrière en 2012, comme adjoint au chef de la DSPLE (division statistique et protection de la Légion étrangère). Quelques semaines après avoir quitté le service actif, Zlatko Sabljic devint directeur de la Maison du légionnaire, fondée par le général Rollet en 1934. Il est officier de la Légion d'honneur.


C’est le lieutenant-colonel (er) Zlatko Sabljic qui portera la main du capitaine Danjou

Vous avez assisté à tellement de Camerone…mais le 30 avril, c’est vous qui porterez la main du capitaine Danjou !
Oui… quarante précisément dont trente huit en activité de service… et jamais, à aucun moment, je n’ai pensé y assister autrement qu’en spectateur.

Comment appréhendez-vous cette cérémonie ?
Comme le point d’orgue de ma carrière… Porter la main, symbole de la fidélité à la parole donnée et de l’accomplissement de la mission à tout prix, est bien évidemment l’honneur suprême que fait la Légion étrangère à l’un de ses serviteurs. Au-delà de ma fierté personnelle cette désignation fait, cette année plus particulièrement, honneur à tous ces étrangers venus servir volontairement la France et qui y ont trouvé la liberté, une patrie à aimer, une famille…Et c’est bien ce qui est absolument extraordinaire dans la Légion étrangère et qui me fascine encore, que cette aptitude à forger des serviteurs émérites, attachés à leur nouvelle patrie jusqu’au sacrifice de leur vie, à partir d’hommes aussi différents qui, pour certains, se haïraient, voire s’entretueraient s’ils n’étaient légionnaires ou anciens légionnaires.

Vous incarnez cette Légion : l’étranger au service de la France, la cohésion, l’intégration…
On peut effectivement penser que je suis un exemple d’intégration réussie. Jeune candidat à l’engagement j’étais étranger, non-francophone, dépourvu de bagages universitaire et technique. Je suis parti de presque rien, sans rien… Et cette intégration s’est faite tout naturellement avec le temps, avec l’acquisition de la langue française et grâce, en particulier, à ce style de commandement « à la française » en usage à la Légion étrangère. Je me sens un citoyen français à part entière : je pense en français, je vote, je suis heureux de payer mes impôts, j’ai une vie de famille en France, beaucoup d’amis. Ma vie et mes centres d’intérêt sont définitivement ici.

Képi blanc, vous terminez votre carrière lieutenant-colonel. À quoi rêvait le jeune croate ?
A quoi rêve un gamin de 18 ans, dont les parents ne possédaient pas même la carte du Parti dans un pays du bloc communiste ? Je me suis évadé de mon pays natal tout simplement pour vivre une vie « meilleure » que celle qui m’était promise.

Pourquoi avoir rejoint la Légion ?
J’avais tout d’abord une image très « romantique » de la France, qui m’avait été donnée par son histoire telle qu’elle était enseignée dans mon lycée. Ensuite, j’ai entendu parler de la Légion étrangère par des amis, anciens légionnaires, et ce que j’en ai entendu –sa réputation de meilleure troupe du monde entre autres- m’a convaincu. Le surlendemain de l’obtention de mon baccalauréat et moins de quarante huit heures après avoir franchi les frontières, je me présentais au Bas Fort Saint-Nicolas à Marseille. Le légionnaire Sablek venait de naître…

L’heure de la retraite a sonné il y a quelques mois. Pourquoi aujourd’hui diriger la Maison du légionnaire ?
Si j’avais pu continuer à servir, je serais encore en activité ! A cinquante sept ans, j’ai atteint la limité d’âge statutaire de mon grade. La Maison du légionnaire est un maillon important de la chaîne de solidarité. L’opportunité de continuer à servir l’Institution s’est ainsi présentée dans ce poste qui me permet de rendre à la Légion étrangère et aux légionnaires, un peu de tout ce que j’ai reçu…

* Présence du prince Albert II de Monaco annoncée par le site de la Fédération des sociétés d’anciens de la Légion étrangère (FSALE) et par celui du quotidien Var-Matin. Un détachement de la compagnie des carabiniers du Prince pourrait, également, être présent.


Source : http://www.chemin-de-memoire-parachutistes.org/t15073-camerone-2014

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Joyeuses fêtes de Camerone ! … 150 ans !

Ados, Français et djihadistes… Mais où est l'offre opposée ?… L'Appel de la Russie ?…

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Jean-Pax Méfret : Camerone

Garçon
Si par hasard sur ton livre d'histoire,
Tu tombes sur ce nom :

Camerone,

Garçon Regarde bien cette page d'histoire,
Et n'oublie pas ce nom :

Camerone

Le ciel de feu du Mexique
A jamais se souviendra
De ce combat héroïque
Dans les murs de l'Hacienda.

Dans ce décor gigantesque
La terre se désaltérait
Du sang qui courait, dantesque,
Sur la prairie qui brûlait.

A Camerone,

A Camerone

Garçon,
Sur le chemin qui conduit à la gloire,
Tu dois trouver ce nom :

Camerone.

Garçon
Si ton destin exige une victoire,
N'oublie jamais ce nom :
Camerone.

Pour l'honneur de la Légion :
Sachant qu'ils allaient mourir,
Jusqu'au bout de leur mission,
Fiers de tomber pour l'Empire

Ils étaient soixante-deux,
Face à deux mille cavaliers
Le soleil baissa les yeux
Lorsqu'ils furent exterminés.

A Camerone,
A Camerone

Ce nom qui sonne
Et qui résonne,
Ce nom qui tonne
Et qui t'étonne

Camerone, Camerone, Camerone.
Camerone, Camerone, Camerone.
Camerone, Camerone, Camerone.




dimanche 20 avril 2014

Thingyan à Yangon…


Thingyan c'est en Birmanie, comme au Laos, au Cambodge ou en Thaïlande, le nouvel an bouddhiste theravāda… La fleur de Padauk (Pterocarpus marcrocarnus) est partout… Des très nombreux jardins de Yangon jaillit la lumière des fleurs de cet arbre splendide omniprésent… Mais chacun a aussi cueilli, acheté, s'est vu offert son bouquet, pour sa maison, son échoppe, sa voiture, un collier… Surtout ne pas confondre la fleur du Padauk (Pterocarpus macrocarpus) avec celle de Cassia fistula (Ngu shwe wah en birman), également présente à Yangon mais qui est la fleur symbole de la Thaïlande voisine !

Le Padauk (Pterocarpus macrocarpus) offre sa pleine floraison en avril…


12 avril veille du grand jour, devant l'Hôtel de Ville la batterie de jets d'eau est fin prête… Au fond on aperçoit le paya Sule
De nombreuses stations de toutes tailles et de toutes "puissances" ont ainsi été érigées partout dans la ville…
Chacune, avec ses moyens, aura son propre style d'animation… et de fréquentation…
Souvent, les plus petites et les plus familiales, après la bénédiction et de la purification rituelles offriront une collation à leurs visiteurs…

Dimanche 13 avril, devant l'Hôtel de Ville face au jardin Mahabandoola la fête a commencé…







Une petite "station",  avenue Anawrahta, près du carrefour avec l'avenue Sule Pagoda



Avenue Anawrahta, carrefour avec la rue 19 : parmi les stations les plus animées et fréquentées par la jeunesse de Yangon…

Rue 19, carrefour avec l'avenue Anawrahta : les pompiers apportent leur logistique…

Montée vers la porte Est de Shwe Dagon, ces enfants préfèrent des jeux moins violents…

Du samedi 12 au mardi 22 avril tout sera fermé à Yangon, même les restaurants…
on ne mourra pourtant pas de faim…


Lundi 14 avril, retour à l'Hôtel de Ville… mais aujourd'hui c'est jour de pleine lune… une visite à Shwe Dagon s'impose…








Y'en a qui ne plaisantent pas…













L'avenue Anawrahta vue du carrefour avec l'avenue de Shwe Dagon :
des centaines de voitures se pressent vers les stations situées au niveau des rues 20 et 19…



















Retour vers le calme de l'avenue Mahabandoola…







samedi 19 avril 2014

Dieu, pour les catholiques et les chrétiens uniates arabophones, est bien Allah…


Un iBréviaire en arabe…



Pour les catholiques, les uniates arabophones et tous les autres chrétiens de langue arabe ou dérivée de l'arabe Dieu est bien Allah, n'en déplaise aux tribunaux de Malaisie

Un prêtre italien, le Père Paolo Padrini, 41 ans, féru de technologies informatiques et qui travaille dans le domaine des nouveaux médias sociaux pour le Saint-Siège, vient de développer une application en langue arabe de son iBréviaire déjà disponible, depuis 2008, en différentes langues. Celui qu’on nomme au Vatican le iPadre, a fait traduire en arabe le Bréviaire, l’office divin d’usage quotidien pour tous les prêtres de l’Église latine. Il est notamment destiné aux prêtres et religieux – voire aussi aux laïcs… – de langue arabe se trouvant dans des pays où l’importation, la possession et l’usage du Bréviaire est formellement interdit… « Cette application, précise le prêtre, ouvre une porte à la liberté religieuse » en contournant la censure imposée dans certains pays musulmans. Ce iBréviaire pourra être gratuitement téléchargé : il sera disponible dans deux ou trois semaines pour iPad et cet été pour Androïd. À la condition que le téléchargement soit possible…


iBreviary: an instrument for the Church

The Eastern Patriarchates and Arabic Culture

vendredi 18 avril 2014

L'impossible révolte des peuples d'Occident

"Consommer, c’est être libre et heureux. Réfléchir est futile et ennuyeux. Le vocabulaire est réduit, le sens des mots dévoyé, de sorte qu’il n’est plus possible de penser la réalité. L’éducation est réduite à une sorte de conditionnement à la servitude et d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité, et plus sa pensée est bornée à des préoccupations futiles, moins il peut se révolter…"


Malgré les crises, malgré les inégalités, malgré le règne de la finance, les peuples d'occident restent passifs, comme anesthésiés par le système médiatique, politique et consumériste. Cette vidéo et celles que vous trouverez en versions fragmentées sur le site inter-agir.fr sont extraites du film « Dette, crise, chômage : qui crée l'argent ? », ci-après :



La monnaie fait partie de notre quotidien. Elle est au cœur de nos économies : elle permet les échanges des biens et des services. Pourtant, personne ne sait vraiment qui la fabrique, ni comment elle fonctionne. En partant de ce que tout le monde connait, ce document explique les fondements des systèmes monétaire et bancaire, et en décrypte certaines conséquences. Car c'est bien l'incompréhension du système monétaire par la majorité des citoyens, des journalistes, des politiciens et de nos élites au sens large, qui permet à la finance et aux banques de régner sans entraves.

Ce document citoyen n'a aucune couleur politique. Par des exemples simples, didactiques, il décrit les mécanismes bancaires peu connus, énonce des faits et matérialise des liens avec les principaux enjeux de notre temps. Il débouche sur une critique des systèmes financier, politique et médiatique, et se termine par des objectifs et alternatives fondamentaux pour le monde de demain.

Avec la supervision de deux spécialistes du domaine que sont Gérard Foucher et André Jacques Holbecq, tous deux auteurs de nombreux ouvrages sur le système monétaire, ainsi que des analyses techniques précises comme celle de Jean Bayard, Gabriel RABHI a mis à profit ses compétences en imagerie. La sélection des informations et des principes à exposer, leur simplification sans induire d'erreurs, ainsi qu'une orientation critique de la création monétaire a nécessité six mois de travail.

À diffuser largement sous toute forme utile. A faire publier par les blogs et les sites de réinformation. D'autres vidéos, extraits, informations, bibliographie et liens : http://www.inter-agir.fr

Notions abordées :

La monnaie centrale / la monnaie scripturale / la banque centrale / les banques commerciales privées / le mythe du troc / le crédit à l'époque Sumérienne / l'invention de la monnaie / la monnaie papier et les orfèvres / la couverture partielle des dépôts / la monnaie fiduciaire / lien états - banques / le cours légale / conversion entre monnaie scripturale et centrale / définition d'un dépôt bancaire / transfert intra-bancaire / transfert interbancaire / le règlement bancaires / la compensation / les chambres de compensation / la disparition potentiel des dépôts / le trésor public / le risque systémique / les actifs / les créances / actifs financier, actifs matériels / bilan financier / bilan d'une banque / dépôts au passif / créances à l'actif / la monétisation / le crédit bancaire / la création monétaire ex-nihilo / destruction monétaire / le risque de contrepartie / la circulation de la monnaie / la masse monétaire / la croissance / une système de Ponzi / évolution exponentielle de la masse monétaire / les agrégats monétaires / variation des agrégats monétaires / le refinancement / prise en pension de titres par la banque centrale / le marché interbancaire / l'effet domino / crise de liquidité / crise de 2008 / les saisies bancaires / le sauvetage bancaire / l'assouplissement quantitatif / notions des endettements / l'usure / la concentration des richesses / rôle de la banque centrale / évasion fiscale / l'état et les marchés financiers / les intérêts de la dette / la planche à billet / inflation et déflation / l'hyperinflation / lien entre forces armées et monnaie / la réserve fédérale américaine / la banque des règlements internationaux / démocratie / aristocratie / oligarchie / le gouvernement représentatif / finance et médias / l'union européenne / le lobbying / la destruction de la planète / la décroissance / l'esclavage par la dette / la création de monnaie centrale / la monnaie du futur / intérêt général et intérêt particulier / la dictature parfaite / le conditionnement des peuples / le prêt à penser / les solutions et alternatives.

mardi 15 avril 2014

Printemps Français - Lettre nº45 du 15 avril 2014




Newsletter du Printemps Français.
Lettre nº45 du 15 avril 2014
Printemps Français                                                                                           

L’article de la semaine
La critique du libéralisme, il n’y a que ça d’urgent, en ce moment. Michéa s’y est attaqué à belles dents depuis longtemps. Frédéric Lordon, dont nous avons souligné les mérites, pense que Michéa a tort : c’est surtout parce que Lordon aimerait voir triompher le socialisme, mais son analyse critique est aigüe. Cela dit, on peut penser que Michéa a raison (ouf) : et voilà un très bon article pour bien définir la common decency.

L'action de la semaine

 « Sentinelles, veilleurs...»

Face aux sentinelles cette semaine, les forces de l'ordre ne lâchent rien : tous les moyens, surtout les plus ridicules, sont bons!( voir photo ci-dessus).
Les Veilleurs, fêtaient également leur un an de résistance. Ils se sont réunis ce mercredi 9 avril dans 75 villes de France. Une belle réussite, et une certitude : nous ne lâchons rien.

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Éditorial

De quelques combats à venir
La scène est dressée, les acteurs connaissent leur texte, on pourrait presque prédire le dénouement : mais non ! D’une part parce que les vieux clivages droite/gauche se fissurent et craquent ; d’autre part parce que les vieux soutiens du système ne savent plus à quels saint se vouer : Cambadélis prêche contre l’Europe ! Bon, il en profite pour expliquer qu’il faut qu’une bonne partie des dépenses ne soient plus comptabilisées : c’est tellement idiot que ça en est brillant (« effaçons les écritures, ça effacera la dette ! ») et ça peut même donner des idées : supprimez les impôts, vous supprimerez la fraude !
Nous avons encore contre nous des idéologues, des hypocrites et des crétins. Ils sont dangereux mais le vent tourne : les manifestations rassemblent du monde, nos combats gagnent les esprits et font perdre les élections comme le prouvent les succès des manifestations éthiques et la déroute des socialistes (vigilance ! aucun parti ne garantit réellement la protection de la famille et de la vie !).
• Sur l’Europe, vantée dans ce clip admirable, les Européens y croient de moins en moins : l’Islande se retire, l’Angleterre se fatigue, la Grèce n’en peut plus, la Macédoine se tâte. Il n’y a plus qu’Obama pour y croire – forcément sans arrière-pensées. Continuez à parler autour de vous du Traité Atlantique et du rapport Lunacek.
• Sur la famille, tout est à craindre avec Rossignol mais le Président Valls (vas-y, Manuel ! On avait annoncé ça depuis plus d’un an !) peut-il encore s’offrir de grands désordres ? La nouvelle secrétaire d’État met de l’eau dans son vin. Cela dit, le rapport Théry est une bombe… Mais c’est nous qui avons transformé le “débat” ! C’est nous qui avons fait en sorte que ces pures formalités sociétales deviennent, précisément, objet de discussion ! Et de discussions passionnées, heureusement, non pas de discussions d’experts secs. Nous avons inscrit dans le paysage la nécessité de composer avec le peuple plutôt que de lui demander de suivre aveuglément les gourous de la nouvelle humanité.
Et les déculottées des municipales ont enseigné aux dirigeants que le peuple ne lui appartient pas, qu’aucun territoire n’est sanctuarisé et qu’aucune déclaration n’est suffisante. Le peuple, c’est nous, le pouvoir, c’est nous, la légitimité, c’est nous. Continuons les combats.

On ne lâche rien!

Printemps Français
 


La question de la semaine

« On continue les actions de rue ? »

C’est une bonne question. Nous avons la réponse : bien sûr. Il suffit d’un veilleur pour énerver le gouvernement, et les CRS se donnent le ridicule de vouloir disperser une seule personne (site pourri, mais c’est bien que ça circule partout, non ?) : on ne va se priver de ce plaisir. Ni de celui de proposer d’autres manifestations, d’autres actions transgressives, d’autres modes d’actions que la non-violence. Sur le long terme, aucune stratégie ne peut être exclusive et l’occupation du terrain est la seule règle, surtout avec un pouvoir qui veut nous faire disparaître des rues et des médias. Soyons visibles.

Le conseil de la semaine

Devenez “numériquement faible” !

On vous dit souvent de donner dans la participatif : avec ce site, par exemple. Mais en revanche, il y a des projets pourris : celui-là, par exemple (les livres pour enfants ont TOUJOURS été un territoire de lutte). Alors pour cette semaine, nous allons plutôt nous entrainer à nous déconnecter, à nous effacer, à lutter contre les transnationales numériquesTechniques de fichage commercialrespect de la vie privée, le champ est vaste. Commencez petit. Et sinon, signalez à Facebook et aux autorités les pages qui vous heurtent : à force, ça marche (pour les irréductibles, un bon article sur l’open-source, qui est un moindre mal).