Qui ne risque rien n'est rien… sur le chemin de Damas, alors que les opinions ont cédé face aux faits…
on ne le dit assez : un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi, ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances.

dimanche 8 janvier 2017

Flanby a ignoré Noël dans ses vœux aux Français, ses amis "modérés" réparent cette omission à Alep !



"Un commanditaire ne devrait pas dire ça"…

Les amis "modérés" à Flanby adressent un message de Noël aux députés français, Thierry Mariani, Nicolas Dhuicq et Jean Lassalle venus à Alep célébrer la fête de la Nativité !…



Échec d'une opération "homo" contre trois députés français venus partager les fêtes du Noël orthodoxe avec les Alépins… Déceptions des médias en France… Tous les assassinats ciblés ne sont pas couronnés de succès !…
















mercredi 28 décembre 2016

"La Propreté est fille de la Foi " - "النظافة مِنَ ٱلإيمان "



"La Propreté est fille de la Foi" - "النظافة مِنَ ٱلإيمان"

النظافة مِنَ ٱلإيمان

La Propreté est fille de la Foi…
jusque dans les chiottes seront traqués les GI'distes


Dans Alep libérée, constat de la désolation semée par les GI'distes agents de l'OTAN




Cendres, ruines, tristesse, désolation… pourtant, images furtives : palmiers altiers, tels ces Syriens fiers face à la lâcheté de cette coalition manipulant le terrorisme… bouquets de bougainvilliers tentant encore de sourire, tels ces Syriens dont courage et espérance restent inébranlables. Invincible et immortelle Syrie !


dimanche 25 décembre 2016

Alep libérée, les Syriens affirment ici comme partout volonté de vivre et reconstruire…





مسيحيو حلب يحتفلون بعيد الميلاد
 



Les chrétiens d'Alep célèbrent Noël pour la première fois en cinq ans


Après la libération d'Alep, première messe ce dimanche 25 décembre, jour de Noël, en la cathédrale maronite Saint-Élias

Quatre ans durant la vieille ville d'Alep a été l'un des fronts les plus violents. Les "rebelles modérés" ouvertement soutenus par la France ont semé la désolation, en cette cathédrale comme partout ailleurs dans la vieille ville et les quartiers Est d'Alep. Trois jours seulement après la libération de la ville les fidèles sont revenus dans la cathédrale maronite Saint-Élie déterminés à  y célébrer la toute prochaine messe de minuit à Noël… Et d'abord il s'agissait de ressusciter malgré tout une crèche… Une volonté de vivre et de reconstruire partout affirmée en Syrie dès que l'agresseur a été repoussé…









Le toit de la cathédrale s'est effondré sous les bombardements des islamistes soutenus par la France















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Regardez cette vidéo tournée juste avant Noël : chacun sans exception est déterminé à s'engager dans la reconstruction… Reconstruire mieux que ce n'était avant !



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C'était le 26 avril 2015 : 

! انا مسيحي


Ce dimanche 26 avril, la cathédrale maronite Saint-Élie d'Alep, déjà plusieurs fois attaquée, a été totalement détruite par les terroristes de l'Armée syrienne libre. Les terroristes ont pu progresser vers la vieille ville loyaliste à partir d'un tunnel… Rappelons que l'Armée syrienne libre est inconditionnellement appuyée par la France et la Turquie ainsi que l'Arabie saoudite et le Qatar… Une haine des Chrétiens qui ne peut que rappeler les heures les plus sombres de la Révolution française et de la franc-maçonnerie… un acharnement contre la civilisation chrétienne aujourd'hui réactivé en France par la franc-maçonnerie… Les combats en Syrie nous concernent tous… et ne sont que les prémisses de ceux qui viendront en Europe.


Another success for the revolution and its Al-Qaeda allies: Aleppo's beautiful Maronite cathedral and a very large area...
Posted by Camille Alexandre Otrakji on dimanche 26 avril 2015








Depuis deux ans et demi, les habitants d’Alep, deuxième ville de Syrie, vivent sous les bombes. Ce calvaire s’est intensifié ces dernières semaines. Les islamistes dirigent précisément leurs tirs de missiles sur les quartiers chrétiens et les églises. Et cela, dans l’indifférence des politiques occidentaux !

Face à la détresse des chrétiens d’Orient, François Hollande fait le sourd. Nicolas Sarkozy reste aveugle. Pour Laurent Fabius, les fanatiques du front Al-Nosra, la banche syrienne d’Al-Qaïda à l’œuvre à Alep, « font du bon boulot ». C’est effectivement du très bon boulot. À Alep la cathédrale maronite et l’archevêché grec melkite catholique ont été détruits. Abandonnés de tous, les habitants en sont réduits à crier leur détresse sur les réseaux sociaux. Leurs photos montrent des cadavres et des immeubles éventrés, comme dans le quartier de Souleimaniyeh, où, il y a une quinzaine de jours encore, on sortait en famille presque sans crainte.

Ces gens sont impitoyablement massacrés en raison de leur appartenance à une religion et une communauté. Ils sont tués simplement parce qu’ils sont chrétiens. Cela se passe AUJOURD’HUI, au grand jour. Il s’agit d’un nouveau génocide. Il se déroule sous nos yeux, aux portes de l’Union européenne. Nul ne pourra dire qu’il ne savait pas.

Allez-vous laisser mourir les chrétiens sans rien faire ? Allez-vous tranquillement attendre qu’il soit trop tard pour dénoncer un nouveau crime contre l’humanité ? Allez-vous laisser prospérer la base arrière de tous les terroristes désireux de frapper la France et de multiplier les attentats contre des innocents ?



SOS CHRÉTIENS D’ORIENT RÉCLAME :
- Un cessez le feu immédiat à Alep, pour que cesse le massacre des chrétiens ;
- L’obligation, pour la France, de suivre les résolutions 2161 et 2170 de l’ONU, interdisant de fournir des armes aux terroristes du Front Al-Nosra ;
- La levée des sanctions internationales et l’autorisation, pour les organisations humanitaires, de venir au secours des victimes du conflit.




Soldats de l'Armée arabe syrienne en prière avant le combat


Sources : This Is Christian Syria, La Syrie enchaînée, Fondation d'Alep, SOS Chrétiens d'Orient

Explosion de la cathédrale maronite d’Alep

Cathédrale Saint-Élie d'Alep

Alep : la cathédrale maronite d’Alep sérieusement endommagée lors des bombardements ciblés sur le quartier chrétien

Syrie: la situation critique des chrétiens à Alep


TVL : Benjamin Blanchard de retour de Syrie pour "SOS Chrétiens d'Orient"






Les chrétiens d'Alep célèbrent Noël pour la première fois en cinq ans


Avec la Communauté Syrienne de France, manifestation de soutien à la Syrie à Paris



وعادت حلب
أحتفالا بعودة الأمن والامان الى حلب خرج أبناء الجالية السورية في فرنسا وبمشاركة اتحاد الطلبة السوريين الى ساحة جوفرية بباريس يوم السبت 24 كانون الاول محيين الجيش العربي السوري لما فدمه من انجازات ووقفوا دقيقة صمت على أرواح الشهداء ورددوا هتفات يأكدون من خلالها تمسكهم وتأييدهم لسياسة حكومتهم لمحاربة الارهاب في كامل سورية، كما استنكروا السياسة الفرنسية في دعم المجموعات المسلحة والتزييف الاعلامي الممنهج لتدمير سورية ...مؤكدين فشل المخطط الامبريالي والصهيوني بانتصار سورية وعودة حلب لحضن الوطن




Alep de retour au sein de la Mère Patrie…
La Communauté Syrienne en France en partenariat avec l'Union des Étudiants Syriens s'est rendue, ce samedi 24 décembre, place Joffre à Paris pour manifester sa joie après le retour de la paix et de la sécurité à Alep… D'abord a été exprimée leur reconnaissance à la glorieuse Armée Arabe Syrienne pour sa bravoure et ses sacrifices. Une minute de silence a été observée pour le repos de l'âme des martyrs. Ensuite la foule a longuement scandé son soutien et sa confiance dans la politique du Gouvernement légitime de la Syrie dans sa lutte contre le terrorisme sur l'ensemble du territoire national. Également ont été condamnées la politique française de soutien aux groupes armés et la falsification systématique des informations en complicité avec le plan impérialiste sioniste de destruction de la Syrie… La victoire d'Alep et son retour au sein de la Nation inflige à tous ceux-là ennemis de la Syrie un cuisant échec !


La Communauté Syrienne de France et l'Union des Étudiants Syriens célèbrent la victoire d'Alep à Paris



Prise de parole d'Ali Ismaël et de Roueida Khoury…  entretien avec Bassam Tahhan,
place du Maréchal Joffre à Paris le 24 décembre 2016






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Vendredi 23 décembre, déjà une première manifestation de la Syrie authentique à Paris
en faveur du président Bachar al-Assad et de la Russie






samedi 24 décembre 2016

Bienvenue à Idlib, patrie d’al-Nusra et prototype américain de ville syrienne



Après avoir enfin sécurisé Alep, Bachar al-Assad a déjà exprimé publiquement son prochain objectif stratégique, la province et la ville d’Idlib. Il faut s’attendre au même battage médiatique occidental que pour Alep. Alors faisons le point sur la situation actuelle de cette ville.




Un rapport publié par The Century Foundation (TCF), un groupe de réflexion sur les politiques américaines, aide à éclairer le fonctionnement interne de la petite ville du nord de la Syrie, Idlib.

Idlib est à l’organisation terroriste Jabhat al-Nusra (également connue sous le nom de Jabhat Fateh al-Sham ou al-Qaïda en Syrie), ce que la ville d’al-Raqqa est au soit disant État islamique, sa « capitale ».

Mais la ville abrite également un large éventail d’autres groupes militants coopérant avec l’organisation terroriste, ainsi qu’une myriade d’organisations non gouvernementales (ONG) financées et dirigées par les États-Unis, l’Europe, la Turquie et les États du Golfe.

Bien que de grands espoirs soient proclamés dans les déclarations des politiciens des États-Unis, de l’Europe et du Golfe, espoirs répercutés par leurs plates-formes médiatiques respectives, pour le rôle possible de cette ville comme « capitale » alternative pour un « gouvernement » alternatif, c’est-à-dire opposé à l’État et à la nation syrienne, ce rapport est une douche froide sur ce qui n’était qu’une étincelle, pas même une flamme d’espoir.

L’« opposition » n’existe que grâce au soutien d’intérêts étrangers

@deSyracuse Syria civil war (2 November 2016) par deSyracuse — Accéder à la carte interactive, cliquer  ICI

Le rapport intitulé Garder les lumières allumées dans l’Idlib rebelle, décrit une ville si dangereuse et dysfonctionnelle que les auteurs du rapport n’ont même pas pu s’y risquer pour réaliser leurs entrevues, qui ont plutôt été menées à distance de l’autre côté de la frontière turco- syrienne. Le rapport admet même que le « conseil provincial », destiné à remplacer le gouvernement syrien, est resté en Turquie pendant des années et y maintient encore un bureau.

Ce rapport dit :

« Dans la province d’Idlib détenue par les rebelles en Syrie, les habitants ont créé des organes locaux de gouvernance qui fournissent les services nécessaires et posent simultanément un défi politique au régime de Bachar al-Assad. Aucune autorité dominante n’a remplacé l’État après qu’il a été évincé d’Idlib. Les groupes armés islamistes et jihadistes détiennent le pouvoir au niveau local et ont développé des organes de coordination des services relativement sophistiqués. Pourtant, le pouvoir décisionnel ultime reste généralement entre les mains des organisations donatrices étrangères. »

Le rapport souligne que les groupes armés sont en compétition non seulement pour exercer une influence au sein d’Idlib, mais aussi pour avoir accès au flux constant de ressources dont disposent les bailleurs de fonds étrangers. Le rapport admet que cette aide étrangère (dominée par l’USAID) soutient les occupants d’Idlib qui n’ont pas la capacité d’unifier la ville, de financer leurs activités, et encore moins de contester l’État syrien par eux-mêmes.

Le rapport admet également qu’au départ, le gouvernement syrien était en mesure de protéger les centres urbains d’Idlib et qu’ils ne sont tombés qu’après la prise de possession de la frontière de Bab al-Hawa, qui rejoint la Turquie. Cela suggère qu’un afflux d’armes, de fournitures et de combattants passant par la frontière turque, avec le soutien des Turcs et d’autres sponsors étatiques, ont aidé à inverser la tendance contre les forces syriennes, et non l’élan du « soulèvement » lui-même.

La province d’Idlib est maintenant l’une des rares régions du pays qui a encore une frontière non sécurisée avec la Turquie, ce qui explique qu’Idlib continue à échapper au contrôle du gouvernement syrien. Le rapport admet également que les organisations terroristes (Ahrar al-Sham et al-Nusra) dominent cette région, contrairement à la rhétorique américaine et européenne [qui l’a dit aux mains de « modérés », NdT].

Le dysfonctionnement d’Idlib reflète ceux de la Libye ou de l’Afghanistan

Le rapport de TCF explore les différentes facettes du dysfonctionnement qui afflige Idlib, y compris la corruption, le népotisme et l’ingérence des groupes armés. La dépendance à l’égard de l’aide étrangère et les luttes intestines constantes ne sont pas qu’un avant goût des choses à venir dans tout le pays si le gouvernement syrien était renversé, c’est aussi le reflet de la situation en Libye et en Afghanistan après l’intervention des États-Unis et de l’OTAN.

Avec des entrepreneurs intéressés seulement par être payés, et des groupes locaux consumés par les luttes intestines, Idlib fournit le dernier exemple de l’échec de la politique de « construction de nation » occidental. Idlib une ville faillie, présiderait un État failli.

Le rapport présente Idlib comme un « microcosme de la guerre ». Il stipule :

« L’administration et le secteur des services d’Idlib ont été, à bien des égards, un microcosme de la guerre syrienne et du mode de gouvernance des rebelles. Comme pour l’opposition armée de la province, une tendance au localisme et des flux disparates et non coordonnés de soutien extérieur ont abouti à un secteur des services déchiré et inefficace. »

Même si les États-Unis et leurs alliés pensaient qu’il était politiquement possible de présenter Idlib comme une « capitale » pouvant remplacer Damas, en réalité un tel rôle lui serait impossible à assumer. Entre sa petite taille, le fait qu’elle soit dominée de façon transparente par des terroristes armés et complètement dépendante de l’aide étrangère signifie qu’Idlib ne peut même pas s’auto-administrer, ni la province dans laquelle elle réside, et encore moins tout le pays. Tout État soumis au pouvoir de la ville défaillante d’Idlib serait sans aucun doute un État failli.

Idlib ne sert qu’à entretenir l’illusion d’une opposition viable. L’administration de la ville et de la province est aussi artificielle que le conflit armé qui est la cause de son état actuel de dysfonctionnement. L’administration municipale et provinciale dépend entièrement du soutien étranger qui ne s’intéresse qu’au renversement de Damas, pas à la paix ni à la prospérité d’Idlib. Comme l’Afghanistan, l’Irak et la Libye, une fois la guerre terminée et le changement de régime accompli, les entrepreneurs chercheront à faire autant d’argent que possible sur la reconstruction, plus intéressés à retourner à la maison pour dépenser leurs nouvelles fortunes qu’à partir en laissant un État-nation libre et fonctionnant bien.

Le rapport conclut sur la question de savoir si oui ou non le gouvernement syrien peut se réinstaller à Idlib. Le gouvernement syrien possède absolument tout ce qui manque aux « administrateurs » actuels d’Idlib, à savoir l’unité, la capacité et les ressources. Tout comme ce qui se passe à Alep, quand les zones sont finalement retournées au contrôle syrien et la fourniture d’aide étrangère sous forme d’armes a été arrêté, l’illusion d’une opposition s’est d’elle-même arrêté.

Ulson Gunnar

Sources :







Joyeux Noël de la part des Chrétiens de Syrie






vendredi 23 décembre 2016

Alep : Éric Denécé dénonce la falsification de l'information face au terrorisme islamique






Alep : Éric Dénécé dénonce la falsification de l'information par les médias (LCI, 21/12/16, 23h37)



Transcription :
Éric Dénécé : Un autre point me paraît tout à fait important de signaler, c'est ce qui se passe à Alep en ce moment. Parce que là, on est à mon sens sur une falsification de l'information qui est énorme. Bien sûr qu'il y a une guerre civile en Syrie, bien sûr que la situation est inadmissible. Ceci dit, ça ne concerne que 30% d'Alep, ça concerne soit des civils qui sont pris en otage par des djihadistes, soit des gens qui refusent de quitter les quartiers parce qu'ils soutiennent ces mêmes djihadistes. On ne vous parle pas de tout ce qui se passe ailleurs en Syrie.

Yves Calvi : On se fait rouler dans la farine avec Alep ?

Éric Dénécé : On se fait rouler dans la farine avec Alep. Ca ne veut pas dire qu'il n'y a pas des victimes innocentes qui périssent mais j'insiste sur ce point...

Yves Calvi : Il y a bien une ville qui est détruite quand même.

Éric Dénécé : Non. Il y a un tiers du quartier d'Alep, seulement un tiers, qui sont victimes des bombardements, et j'insiste, c'est un tiers de la ville dans lequel des djihadistes dangereux sont présents. Et ce sont ces djihadistes qui depuis des années tirent sur les quartiers chrétiens, tirent sur le reste de la ville, ce dont on ne parle jamais. On ne parle pas non plus du massacre humanitaire que conduisent les Saoudiens aujourd'hui au Yémen où systématiquement des hôpitaux sont ciblés, où des sites archéologiques sont détruits. Un de nos contacts qui est rentré du terrain l'autre jour nous disait la chose suivante : il nous disait qu'en Syrie, il y a des tas d'endroits où les choses se passent bien. C'est vrai qu'on peut aller dîner dans la rue le soir dans les quartiers de Damas, les gens de Damas vont passer l'été dans des bungalows à Lattaquié au bord de la mer...

Yves Calvi : Je rappelle que c'est une situation qu'on a connue notamment au Liban.

Éric Dénécé : Voilà, donc le pays n'est pas à feu et à sang. Au Yémen, c'est totalement différent, il n'y a quasiment pas 1 km² qui ne soit pas bombardé par les Saoudiens, dans lequel des combats n'aient pas lieu, et on ne parle pas de cela. Il y a un autre point que je voudrais évoquer, c'est que nous avons eu dans les années 90, dans une ancienne colonie française, le Congo, une guerre civile qui a fait 400 000 morts sur 4 millions d'habitants, c'est-à-dire 10% de la population. On n'en parle pas non plus. Donc aujourd'hui, le focus qui est mis sur la Syrie d'une part et sur Alep avec les désinformations qui les accompagnent est une falsification complète de la réalité, ce qui ne veut pas dire qu'on défende Bachar al-Assad, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y ait pas de victimes civiles qui disparaissent, mais il y a quelque chose d'extrêmement dangereux : pour un jeune islamiste aujourd'hui, la façon dont les médias occidentaux présentent la crise d'Alep est une motivation pour passer à l'action.

Yves Calvi : Comment expliquez-vous justement cette situation, ce manque de lucidité ? En l'occurrence, ce que vous êtes en train de nous expliquer l'a été à ma surprise aussi en partie très largement par les invités de l'émission que nous avons consacrée la semaine dernière à Alep, donc...

Éric Dénécé :Je pense qu'il y a une stratégie...

Yves Calvi : ...je vous le dis franchement, je m'inquiétais tout simplement d'être en train de faire une émission révisionniste sur ce qui est en train de se passer au même moment et qui tire des larmes au monde entier...

Éric Dénécé : Par exemple, ce qui est très frappant, on voit la communauté syrienne en France et dans d'autres pays européens qui est absolument scandalisée de voir la façon dont les médias présentent la situation. Alors je pense que nos médias en France (et je suis obligé de rester un peu général) sont un peu suivistes du mainstream médiatique qui est impulsé et imposé par les médias anglo-saxons et par les médias arabes qui, eux, ont intérêt à présenter la situation en Syrie comme quelque chose d'absolument scandaleux. Et comme toujours, 300 000 morts dans cette guerre, 5 ans de guerre civile, c'est quelque chose d'horrible. Il y a à peu près 90 000 militaires qui ont été tués, il y a à peu près 60-70 000 personnes soutenant le régime ou en tout cas neutres qui ont été massacrées, on nous présente les faits comme si Bachar avait tué 90% de la population, ce qui est inexact, ce qui ne veut pas dire que ce soit un saint.

Yves Calvi : C'est extrêmement grave ce que vous nous dites, parce que ça veut dire que nous participons d'une façon ou d'une autre à la naissance des djihadistes et des assassins de demain.

Éric Dénécé : De deux façons : en étant toujours en relation avec des États qui encouragent directement ou indirectement le djihadisme - par le wahhabisme notamment, l'Arabie Saoudite et le Qatar -, et de l'autre côté, sur ce qui se passe aujourd'hui à Alep, le fait de mettre le focus en montrant à tort que les pauvres populations islamistes de ces quelques quartiers d'Alep sont des victimes de l'Occident, eh bien on redonne du carburant à ceux qui dans nos banlieues ou à l'étranger considèrent que le peuple arabe dans le monde est victime de l'ostracisme occidental, et ça les pousse à passer à l'action.

Yves Calvi : Et on a aussi des attentats sur le sol français.




Interview intégrale d'Eric Dénécé, directeur du CF2R - Alep, Terrorisme (LCI, 21/12/16, 23h30)


Interview le 21 décembre 2016 sur LCI d'Éric Dénécé (directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement - CF2R) qui s'exprimait sur Alep et sur le terrorisme. EXTRAITS :

"On est à mon sens sur une falsification de l'information qui est énorme. Bien sûr qu'on est sur une guerre civile en Syrie, mais ça ne concerne que 30% d'Alep, ce sont soit des civils qui sont pris en otage par des djihadistes, soit des gens qui refusent de quitter les quartiers parce qu'ils soutiennent ces mêmes djihadistes. On ne vous parle pas de tout ce qui se passe ailleurs en Syrie. On se fait rouler dans la farine avec Alep. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de victimes innocentes qui périssent (...) Seul 1/3 d'Alep est victime des bombardements, et j'insiste, c'est 1/3 de la ville dans lequel des jihadistes dangereux sont présents qui depuis des années tirent sur les quartiers chrétiens et le reste de la ville, ce dont on ne parle jamais. On ne parle pas non plus du massacre humanitaire que conduisent les Saoudiens aujourd'hui au Yémen où systématiquement des hôpitaux sont ciblés, des sites archéologiques détruits. Un de nos contacts qui est rentré du terrain l'autre jour nous disait qu'en Syrie, il y a des tas d'endroits où les choses se passent bien où on peut dîner dans la rue le soir dans les quartiers de Damas, aller au bord de la mer, donc le pays n'est pas à feu et à sang. Au Yémen, c'est totalement différent, il n'y a quasiment pas 1 km² qui ne soit pas bombardé par les Saoudiens, et on ne parle pas de cela. Dans les années 90, dans une ancienne colonie belge, le Congo, une guerre civile a fait 400 000 morts sur 4M d'habitants, soit 10% de la population. On n'en parle pas non plus. Aujourd'hui, le focus qui est mis sur la Syrie d'une part et sur Alep avec les désinformations qui les accompagnent est une falsification complète de la réalité, ce qui ne veut pas dire qu'on défende Bachar El Assad, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y ait pas de victimes civiles qui disparaissent, mais il y a quelque chose d'extrêmement dangereux : pour un jeune islamiste aujourd'hui, la façon dont les médias occidentaux présentent la crise d'Alep est une motivation pour passer à l'action.

(Yves Calvi fait remarquer qu'Eric Dénécé tient les mêmes propos que les invités qu'il avait reçus la semaine précédente qui dénonçaient aussi la présentation biaisée de la crise d'Alep https://www.youtube.com/watch?v=k0XkDfi8OnY)

La communauté Syrienne en France et dans d'autres pays européens est absolument scandalisée de voir la façon dont les médias présentent la situation. Nos médias en France sont suivistes du mainstream médiatique qui est impulsé et imposé par les médias anglo-saxons et par les médias arabes qui, eux, ont intérêt à présenter la situation en Syrie comme quelque chose d'absolument scandaleux. Et comme toujours, 300 000 morts dans cette guerre, 5 ans de guerre civile, c'est quelque chose d'horrible, 90 000 militaires tués, 70 000 personnes soutenant le régime ou en tout cas neutres massacrés, on nous présente les faits comme si Bachar avait tué 90% de la population, ce qui est inexact, ce qui ne veut pas dire que ce soit un saint.

(Nous participons à la naissance des djihadistes et des assassins de demain) en étant toujours en relation avec des États qui encouragent directement ou indirectement le djihadisme - par le wahhabisme notamment - comme l'Arabie Saoudite et le Qatar. Et de l'autre côté, sur ce qui se passe aujourd'hui à Alep, le fait de mettre le focus en montrant à tort que "les pauvres populations islamistes" de ces quelques quartiers d'Alep sont des victimes de l'Occident, on redonne du carburant à ceux qui dans nos banlieues ou à l'étranger considèrent que le peuple arabe dans le monde est victime de l'ostracisme occidental, et ça les pousse à passer à l'action."

"Faire de la lutte antiterroriste, c'est chercher une aiguille dans une botte de foin. C'est ce qu'il y a de plus dur. Plus on augmente la taille de la botte de foin, plus le travail est dur. Ca veut dire qu'on cherche toujours que des aiguilles, ça veut pas dire que les migrants sont un danger en tant que tel mais à chaque fois qu'on fait rentrer 1 millier de migrants, il y a probablement 1 ou 2 terroristes. Donc, plus on fait rentrer de migrants, sans avoir les moyens de les filtrer, plus on augmente la difficulté du traitement du risque antiterroriste derrière, et c'est ce que les Allemands ont fait de manière un peu inconsidérée."