Qui ne risque rien n'est rien… sur le chemin de Damas, alors que les opinions ont cédé face aux certitudes…
on ne le dit assez : un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi, ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances.

mardi 21 juillet 2015

Pot-pourri




Frédéric Pons, rédacteur en chef du service Monde, s'est rendu à Erbil, en Irak, à la rencontre des réfugiés chrétiens. Victimes des islamistes qui cherchent à les déraciner géographiquement et culturellement, ces chrétiens d'Orient s’étonnent qu'il en soit de même en Europe : entre la suppression de l'enseignement du Latin, du Grec, le remplacement d'églises par des mosquées... Certains gouvernements occidentaux emploient des méthodes perçues comme celles de "néo-daech".

Source : Valeurs Actuelles



Violences urbaines, mais qui sont tous ces "jeunes" ?
"J'ai fait LV1 "journalope" avec option "langue de pute". Je suis donc plus que qualifié pour vous traduire le langage journalistique concernant ces jeunes." (PierrePetrus)

Source : chaîne PierrePetrus


Quand Jacques Attali nous explique comment les juifs falsifient la Sainte Écriture



Pour [le judaïsme], le sens de la création du monde, le rôle de l’homme sur la terre, est à la fois la réparation du monde (le tikkoun olam) laissé imparfait par Dieu et la réparation de l’homme (le tikkoun HaAdam), laissé lui aussi imparfait par Dieu.

C’est d’ailleurs l’objet de l’histoire du fondateur du peuple hébreu, Abraham, bien avant même qu’une Loi ne soit transmise à ce peuple par Moise. (…) Le verset biblique qui introduit cette histoire ([Genèse] 12, 1-9) peut être traduit littéralement de l’hébreu par : « Va pour toi, de ta terre, du lieu de ta naissance, de la maison de ton père, vers la terre que je te montrerai. »

En apparence, Abraham prend ainsi conscience de ce qu’il doit devenir sur ordre de Dieu. Son destin n’est donc pas un acte de liberté, c’est seulement un ordre, une injonction d’obéissance à une loi divine.

En fait, la signification de ce texte est beaucoup plus subtile, car la traduction citée plus haut n’est pas la seule possible.

En particulier parce que, dans la traduction officielle, l’ordre des mots est bizarre : quelqu’un qui aurait quitté son pays aurait nécessairement déjà quitté la ville de sa naissance et, avant encore, la maison de son père. Dieu aurait donc dû dire en bonne logique à Abraham : « Quitte ta maison, puis quitte ta ville et va même jusqu’à quitter ton pays ».

Pour donner un sens à l’ordre étrange des mots qui le composent, il convient de relire autrement ce court texte ; on découvre alors qu’une autre logique, une autre chronologie l’explique et permet de le comprendre comme un premier mode d’emploi du « devenir-soi », un premier exercice de liberté.

Au lieu de traduire les premiers mots Lek Lekha, Me’Eretsera (littéralement « Va vers toi, de ta terre ») par « Quitte ton pays », on peut les traduire par « Va vers toi, quitte ta volonté », car le mot Erets, qui désigne la terre, a la même racine que Ratson, qui désigne la volonté.

Il faut donc entendre que prendre le pouvoir sur soi suppose dans un premier temps d’échapper aux illusions de ses désirs, de se délivrer de ce qu’on croit être sa volonté, de lâcher prise. Telle est la première étape de cette libération.

La deuxième étape du « devenir-soi » consiste donc, selon ce verset de la Bible, non pas à quitter le « lieu de sa naissance », mais, métaphoriquement, à abandonner ses convictions les plus intimes, celles qui sont enracinées, depuis sa naissance, dans sa propre culture. Et en particulier celles qui peuvent conduire à la violence.

La troisième étape consiste non pas à « quitter la maison de son père », mais à renoncer à son éducation familiale, celle qui semble la plus justifiée, puisque enracinée dans les générations précédentes au point qu’on est censé à son tour l’incarner et la perpétuer. Et à renoncer aux idoles telles qu’elles étaient adorées dans la « maison paternelle ».

Autrement dit, Abraham doit « lâcher prise », s’éloigner de son propre désir, oublier sa vision du monde, puis renoncer à ses convictions profondes telles qu’elles découlent de cette vision, enfin s’éloigner de la volonté d’autrui, en particulier de sa famille tant biologique qu’intellectuelle.

Jacques Attali – Devenir-soi (2014)

Source : Bibliothèque de Combat

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