Qui ne risque rien n'est rien… sur le chemin de Damas, alors que les opinions ont cédé face aux faits…
on ne le dit assez : un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi, ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances.

lundi 5 mai 2025

Oran, buissons de mémoire d'un Margaillon…



Sapristi ! pourquoi donc ces Espagnols d'Oranie comme tous les autres Européens implantés là-bas ont-ils oublié leur nature de Margaillons ? Que soit honni à jamais ce qualificatif de pied-noir ! Les mots ont un sens profond ; les mots qui s’incrustent dans l’usage courant dictent aussi leurs conséquences… parfois dramatiques ! Quelles sont les racines d’un pied ? Un Margaillon, lui, est indéracinable ! Il est certain que si le combat de ces Européens transplantés avait été mené en tant que Margaillons ses objectifs, ses formes, son issue en auraient été tout autres… Et aujourd’hui pourquoi leur mémoire, malgré le temps d’une sage réflexion, occulte-t-elle encore systématiquement ce souvenir de leur dénomination première, Margaillons ?… … Un Margaillon est indéracinable, quelle que soit la violence d'un défrichage il survit toujours un brin de racine du plus profond de sa terre natale… 

C’est aussi oublier que depuis des temps immémoriaux d'authentiques Pieds-Noirs -Enfants des Plaines, les Siksika- vivent dans un territoire qui s'étend de la rivière Saskatchewan Nord dans les actuels Albertas et Saskatchewan, à la rivière Yellowstone dans l’État du Montana, de la ligne de partage des eaux à l’ouest aux Great Sand Hills dans la province aujourd’hui connue sous le nom de Saskatchewan.


Henri Pallès : Les Margaillons
¡Asopotamadre! dès 1862 ils étaient reconnus Margaillons, indéracinables.
Pourquoi donc, sapristi, ont-ils consenti à être chaussés de semelles de vent ?


Oran, 
ville de ma naissance, ville de mon enfance, ville de mon adolescence, 
malgré l’exil je t’aimerai toujours plus que toute autre…



Henri Pallès : Oran,  la Porte de Canastel



Henri Pallès : Oran, La Posada



Henri Pallès : À nos Cheminots



D'après Henri Pallès : La Fuguera a la San Juan
Como todos los años llega la noche de San Juan, donde la magia se une al fuego, donde la diversión y al superstición se dan la mano.
Y todo a las 12 de la noche. La hoguera tiene ese poder purificativo y regenerador.
Las leyendas cuentan que en los Ancares los mozos robaban la leña para hacer la “fuguera”,
y para salvarse de los maleficios de las brujas saltando por encima de la hoguera y gritando “Fuera Meigas”.

 




Algérie, mon pays : Santa-Cruz


Algerie mon pays : Oran



Cliquez ici pour agrandir le plan


Arrondissements et quartiers d'Oran



Lien de téléchargement des quartiers et rues d'Oran, anciens et nouveaux noms :
https://www.guideoran.com/index-des-rues-quartiers-oran/index%20oran.pdf

Algérie Cartes Postales Anciennes


Plateau Saint-Michel - 29 rue d'Assas, angle rue Bichat [juin 2007]


Plateau Saint-Michel - 29 rue d'Assas, en face bd Sébastopol et ancienne épicerie Benizri [juin 2007]


Plateau Saint-Michel - 29 rue d'Assas, dépendances de l'Hôpital [mars 2006]

Plateau Saint-Michel - rue Bichat, face au 29 rue d'Assas [juin 2007]



Plateau Saint-Michel - Carrefour Sébastopol-Dutertre, au fond l'Hôpital civil,
sur la gauche immeuble de 5 étages dont 2 surélevés : 29 rue d'Assas [février 2007]



Ma maison : près de l'hôpital, à l'angle de la rue d'Assas et du boulevard Sébastopol



L'entrée de l'Hôpital civil, tout au bout du boulevard Sébastopol, visible depuis ma fenêtre du 29 rue d'Assas


L'hôpital civil, bureau des entrées





Rue El-Moungar, où je vis Oran pour la première fois… au n° 20, clinique Jarsaillon (maison à droite),
 tout près du Lycée… et prêt à m'embarquer dans un car de la Sotac vers les plages…
 l'immeuble en face, à gauche, abritait dans les années 50 un bar, le Coq Hardi… 
Cette rue el-Moungar est devenue aujourd'hui rue des Sœurs Ben-Slimane, tout comme la clinique.




Clinique Jarsaillon… on a gagné un étage !



Le marché du Plateau Saint-Michel…
vibrants souvenirs de ce qui était alors pour moi une belle promenade avec mon grand-père








La rue El-Mougar aujourd'hui, qu'est devenue la clinique Jarsaillon ?…



Promenade de Létang
Créée en 1836 par orgre du Général de Létang, commandand de la Région d'Oran
sur l'emplacement des glacis nord et ouest du Rozalcazar (rebaptisé Château Neuf)
Site historique par ordre du Gouvernement général du 23 juillet 1952




Promenade de Létang
(déjà, à une époque ancienne l'on se méprenait quant à la graphie du nom)




Face au lycée Lamoricière, la Banque de l'Algérie…
(angle boulevard Galiéni et rue El-Moungar)


"Prélude d'amour", œuvre de Charles Valton, 1886
Amours contrariées…
Œuvre offerte en 1935 par la ville de Paris à la ville d’Oran lors de l’inauguration du musée Louis Demaeght…
initialement jouissant de la paix des jardins du musée, non loin du Penseur de Rodin,
ces amours ont été envoyées errer à travers la ville,
au jardin public puis au boulevard du Front de Mer, square Lyautey ;
la dernière fois elles ont été aperçues semble être en face du lycée Lamoricière, devant la Banque de l’Algérie…

Le lycée Lamoricière
L'horreur de l'enfermement
La confrontation aux imbécilités de la promiscuité





La Maison du Colon, bâtie sur une parcelle de l'ancienne ferme Karguentah…
 Les premiers plants de tabac introduits dans la province d'Oran avaient été cultivés
 sur cette ferme Karguentah dès 1847 par son propriétaire, Juan Bastos.


Tout près du lycée, la SOTAC (Société Oranaise des Transports Automobiles de la Corniche)
et ses rêves d'évasion vers Aïn-el-Turk et ses plages…
Mais la SOTAC allait aussi ailleurs :
1956 ; 9 jours… vers La Mecque, c'était encore le temps des vrais voyages.
Un itinéraire fabuleux : Tripoli, Le Caire, Port-Saïd, aujourd'hui inconcevable !
(Affiche réalisée par l'atelier d'Albert Mulphin)




Librairie Claude Manhès, galerie Gabriel Pérez, boulevard Georges Clémenceau face au Prisunic



Le Clichy : rendez-vous de certains lycéens, le jeudi après-midi… pour un lait fraise !
(angle rue d'Arzew et rue Lamoricière)


Rue d'AlsacLorraine



École de garçons Berthelot, rue Daumas : l'entrée au fond de la photo, à droite


Copain d’avant… Jusqu’en juin 1951 enfance heureuse, tout en haut de la rue d’Assas, au 29 à l’angle du boulevard Sébastopol… Ma famille a quitté Oran pour Fleurus, dès lors j’ai perdu contact avec tous mes copains du Plateau, entrant en 6ème et interné au lycée Lamoricière ; ne fréquentant plus à Oran que le quartier de mes grands-parents paternels, Saint-Eugène - dont mon grand-oncle avait fondé l’église…
Perdu de vue tout mon entourage d’enfance du Plateau… J’avais parmi eux comme copain de classe, à l’école Berthelot, Houari Ferhaoui ; également copain de jeu en tant que proche voisin. Il habitait chez ses parents boulevard Sébastopol, un petit immeuble entre la rue Bichat et la rue Dutertre…
Houari Ferhaoui a sans doute ensuite fréquenté, comme la plupart des enfants du Plateau, Ardaillon… Je crois savoir qu’il y a animé une cellule FLN avant, sur le point d’être démasqué, de s’engager dans un maquis de l’ALN dans la région de Mostaganem où il aurait été tué vers la fin 1956… C’est à ce titre qu’un de mes lieux familiers, la place Hippolyte Giraud aurait été rebaptisée Ferhaoui Houari… Je n’en sais pas plus. Mes connaissances en arabe ne me permettent pas de recherches plus approfondies…
Peut-être que d’anciens d’Ardaillon et proches du plateau Saint-Michel à cette époque-là en savent davantage sur les faits auxquels Houari Ferhaoui a été mêlé…
Démarche incongrue jugeront certains… Il s’agit simplement pour moi d’en savoir plus sur un copain de classe et de jeu à une époque où nous étions à des années-lumière de penser qu’un jour la barbarie des adultes nous séparerait…

Un copain de classe à l'école Berthelot  et de jeu lors de mon enfance au Plateau Saint-Michel à Oran : Houari Ferhaoui [فرحاوي الهواري]   (accéder aux pages 103, 104)



La place Hippolyte Giraud, premier maire d'Oran, désormais Ferhaoui Houari…
Photo prise sur la place à l'angle de la rue d'Assas,
au fond tout à gauche on distingue la maison de mon enfance, 29 rue d'Assas…


La place Hippolyte Giraud et sa pharmacie, celle de mon enfance


Au cœur du Plateau Saint-Michel, la place Hippolyte Girayd et la pharmacie Saint-Michel…
Venant du haut  haut de la rue d'Assas, sur le chemin de Berthelot,
à droite le boulevard Lescure et l'intersection avec la rue Daumas…







28 octobre 1949… un deuil national !
Une date indéfectiblement gravée dans ma mémoire de gamin

28 octobre 1949, une date repère dans mon enfance






Itinéraire familier…
l'escalier de la Gare signifiant le passage du Plateau Saint-Michel vers le pont Saint-Charles puis Saint-Eugène



Le pont Saint-Charles


Sur le pont Saint-Charles




Église du Saint-Esprit, place de la Bastille




Venant d’Assi-Ameur on est ici à la sortie du village de Fleurus,
à droite route vers Saint-Cloud, à gauche route vers Legrand et Saint-Louis.
La liaison entre Oran et Fleurus était assurée par les Transports Angelotti



Schéma des rues de Fleurus
La photo ci-dessus a été prise depuis le jardin public, à l'extrême est du village
Nous habitions une ferme située le long d'un canal, accessible depuis la route de Saint-Cloud (hors plan)…
(Vivaient à Fleurus deux familles de même nom, dont la mienne venue tardivement et dont la fiche qui pourrait vouloir la concerner est totalement erronée.)



À l'angle du square Garbé et de la rue de Mostaganem,
le bureau des cars Angelotti, 13 rue de la Paix








En bordure du square Garbé on aperçoit un des cars Angelotti garé au départ de Saint-Louis.
En face, au coin opposé, le 13 rue des Lois et les bureaux des Transports Angelotti.









Une vue aérienne de la cathédrale et ses alentours… À gauche la rue des Lois, de notre époque il y avait les cars Chaussons pour voyageurs vers Arzew et Kristel, au n°13 les Transports Angelotti vers Saint-Louis et Saint-Cloud. En face la cathédrale, place Jeanne d'Arc, le boulevard du 2ème Zouaves et en perpendiculaire la rue Ozanam où se trouvait le Crédit municipal. En diagonale le boulevard Magenta et le square Garbé, à droite la rue Drago le palais de justice, la perpendiculaire à gauche du 2ème Zouaves, le boulevard Clemenceau.  Tout en haut la gendarmerie, la rue Montesquieu.

Le Square Garbé porte le nom de Charles Théodore Vicomte Garbé, secrétaire général et préfet de 1845 à 1850, puis conseiller général et maire d’Oran de 1867 à 1868. Le square Garbé où la fédération radicale avait son siège fut débaptisé en 1946 pour prendre le nom de Square Gandolphe, éminent avocat, bâtonnier d’Oran de 1924 à 1927, puis exerçant un poste à titre d’intérimaire entre 1940 et 1943, Gaston Gandolphe fut une figure importante du Parti socialiste. Après l’indépendance, deviendra Square Thuveny en hommage à maître Alphonse-Auguste Thuveny, un avocat français qui fut assassiné au Maroc le 28 novembre 1958 pour avoir défendu les nationalistes algériens. Cet avocat apporta dans les années 1950 son assistance au Comité d’avocats algériens qui défendait les membres de l’Organisation secrète (OS) algérienne.



Le Margaillon (Chamaerops humilis, buisson nain), une appellation dont seuls se souviennent les Oranais !

Le Margaillon 0ranais, 31 juillet 1919 (source : Gallica)


Le Margaillon 1934

Margaillon ? Tamazight de l’Atlas blidéen : palmier nain ou palmier doum (chamærops humilis)…

Oran, mémoire du temps jadis

Algerie mon pays : Oran

Jean-Yves Thorrignac : Algérie

Jean-Yves Thorrignac, Jean-Claude Rosso : Villes et villages d’Oranie

Denis Dar : Algérie

Christian Saulnier : Blog des anciens de Lamtar et des villages voisins (Sidi-Bel-Abbès)

Algerie, mes racines

Oran des années 50

Oran jadis

Histoire d'Oran

Fleurus d'Algérie (1848 - 1962)

Album photos du vieil Oran وهران

Index des rues et places d'Oran (pdf)

Portail d'Oran

Études-Coloniales : source de très nombreuses références

Cercle algérianiste : 5 juillet 1962 à Oran, la liste des Disparus

Benzaken : Oran, la ville de mes ascendants (une famille juive à Oran)

Jean Boisard, cœur de Harki… chronique de notre agonie…
(nombreuses références concernant l'histoire d'Oran)

Le café Gros, Foix : les destins croisés des Fieuzet
Oran, 12 décembre 1950 : accident de l'AVRO " ANSON "n° 37
http://remylaven.free.fr/Relais_site_Nordnet/Crash.htm



12 décembre 1950 – Au retour d’un vol d’entraînement, un AVRO Anson I de l’escadrille 56.S (s/n LT837 – 56.S-37) survole la ville d’Oran avant de regagner sa base de Lartigue. A la verticale du quartier du plateau Saint Michel, il est victime d’une rupture de la cellule et se désintègre littéralement en vol. Ce qui reste du fuselage s’écrase sur un garage heureusement inoccupé. Il n’y a aucun survivant parmi l’équipage qui était constitué des SM1 mécanicien volant Communardo, Gaston Accili, PM radio volant, instructeur Louis, Édouard Daumont, SM2 pilote Robert, Jean, Raoul Duval, Mot2 armurier d’aéronautique Lyonel, Lucien, Paul François, QM1 élève radio volant Marcel, Jean, Yves Fustec, Mt élève radio volant Pierre, Gaston, Jean Hamelin et SM2 élève radio volant Robert, François Le Porchou.

Pr. F. Mohamed Brahim : Histoire de l’Hôpital civil d’Oran, devenu CHU docteur Benzerdjeb

L’Algérie d’Apollinaire (première partie)

L’Algérie d’Apollinaire en 2017 (seconde partie)

L’Algérie d’Apollinaire : L’histoire d’un vieux quotidien et d’un vieil hôpital oranais (épilogue)

Le témoignage de Bachir Hadjadj : « les voleurs de rêves »

Bachir Hadjdadj [site personnel] : Les Voleurs de rêves, 150 ans d’histoire d’une famille algerienne.

Bachir, Héliette et les autres : mémoires de la guerre d’Algérie
 
Sofiane Taouchichet : La presse satirique illustrée française et la colonisation (1829-1990) [pdf]

Le tremblement de terre  de la nuit du 8 au  9 octobre 1790 à Oran (Archives françaises) [pdf]

https://naget.ictp.it/PUBLICATIONS/resources/Oran17901009.pdf

Rue des Jardins, à gauche escalier vers rue de l'Aqueduc
































Paul Anka à l'Empire, décembre 1958
 



Oran, rue Jacques… cinéma Century, dernière aventure…



Teddy Alzieu - Mémoires en images : Oran



Avenue de Saint-Eugène, villa Delanoë








Chapelle de Saint-Eugène, devenue Cathédrale d'Oran


Un jeune prêtre, l'abbé Didace Galan, fonde en 1892 dans son quartier, Saint-Eugène, une chapelle qui deviendra la cathédrale Sainte-Marie d'Oran après 1962











La Société de Géographie et d’Archéologie d’Oran : le cas d'une "société savante" tant en rupture qu'en continuité d’une tradition associative… 

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L'Écho d'Oran
une référence pour quiconque s'intéresse au passé de la ville d'Oran
(le 12 octobre 1954 l'Écho d'Oran célébrait ses 110 ans de publication)




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  Comment Franco sauva des milliers de "Pieds-noirs" abandonnés par la République au FLN

Jo Torroja, avant son entrée dans un commando OAS à Oran évoquait ces actions : « Depuis plusieurs jours, de fortes explosions se font entendre dans le silence de la nuit et les commentaires vont bon train : ce sont les premières actions d’une révolte populaire, européenne cette fois. Il y a des groupes organisés, mais beaucoup d’initiatives personnelles. Tout ça fait beaucoup de bruit, et les journaux commencent à parler de ‘‘commandos’’ européens. »

… … « Trente-cinq ans, oui trente-cinq ans que le sillage du dernier bateau quittant les rives de notre belle province, s'est effacé dans la douleur et la honte. Douleur d'abandonner notre terre, nos souvenirs, nos morts ; honte d'avoir dû plier devant une Métropole Gaulienne, trompée par le parjure et la trahison. » Alors que tant d'ouvrages, certains admirables, d'autres ignobles, ont tenté de nous transmettre leur vision de l'OAS, peu d'écrivains ont eu la sagesse d'attendre que les passions soient apaisées et qu'éclate enfin, l'exactitude de l'Histoire. Ce n’est que trente-cinq ans après, trente-cinq ans de réflexion, soit seulement en 1977, que Jo Torroja a cru pouvoir s’exprimer. Dans un récit dont l'émotion bien souvent nous conduit aux larmes, il nous fait revivre ces 14 mois héroïques que furent les combats de la résistance française en Algérie. Dans une langue simple, un style typiquement de là-bas, il nous guide à travers d'authentiques faits d'armes, jusqu'à la frustration extrême, celle de ne pas avoir risqué avec lui "notre peau au bout de nos idées" comme l'a si bien écrit Pierre Sergent. « Oui, j'étais de l'OAS, écrit-il, ici lecteur, tu souffriras peut-être de ne pouvoir dire, toi aussi : "Moi aussi, j'en étais !" »
Malheureusement son premier ouvrage, encore présent dans quelques fonds de bonnes bibliothèques reste aujourd’hui introuvable : « D'agneau à... loup : O.A.S.- Oran, mai 1961-juin 1962 » publié aux éditions Industrias Graficas Espana, 1977.

Puis ce fut l'agonie…

Le départ des Oranais secourus par la Marine espagnole, le 30 juin 1962

Le 12 juin 1962, l'officier qui commandait la garnison de Nemours venait m'apprendre que ses hommes, fusiliers marins, les harkis qu'il commandait, se mettaient à notre disposition pour défendre Oran. Donc j'y ai cru, convaincu qu'on allait se battre quand même.

Le 25, il y eut un court-circuit au central téléphonique, provoquant qu'Oran se trouvât totalement isolée de la France, de l'Europe. J'étais en contact avec le consulat général d'Espagne, car alors toutes les communications du gouvernement espagnol passaient exclusivement par l'armée, et Madrid avait décidé de faire évacuer ses ressortissants.
L'Espagne avait demandé l'autorisation à la France d'envoyer des bateaux. La France refusa, comme elle l'avait déjà fait aux États-Unis, à l'Italie et à la Grèce. Paris ne voulait pas qu'on puisse croire qu'un vent de panique s'emparait de la population, et désirait maintenir des lignes régulières et tranquilles. Le gouvernement espagnol, malgré cela, envoya donc deux transbordeurs qui faisaient d'ordinaire le parcours Barcelone - Palma de Majorque : le Vírgen de África et le Victoria. Ces deux navires arrivèrent le 24 ou le 25 au large d`Oran, mais l'entrée du port leur fut refusée. Sur les quais du port s'étaient déjà accumulés des gens en provenance de Relizane, de Dublineau, de Mascara, arrivés en convois avec leurs camions chargés de meubles, et des camionnettes protégées par l'armée. Ils aboutiront sur le port face à l'usine thermique où il n'y avait ni points d'eau, ni toilettes, et rien pour s'abriter. Il faut organiser un campement afin de dormir à même le sol ou dans les voitures.
La majorité des ressortissants espagnols qui n'ont pas fui en convoi n'arriveront jamais au port. 0n les aura arrêtés sur la route en les dépossédant de tout, et souvent en les assassinant. N'ayant plus de liens directs avec l'Espagne, car leurs ancêtres l'avaient quittée une centaine d'année avant, et n'étant pas non plus recensées par la France, ils n'apparaitront nulle part recensés comme victimes. Et elles furent nombreuses.

Le 27, le gouvernement espagnol insiste pour faire rentrer ses bateaux. Nouveau refus. Je savais tout ça par le biais du consulat général d'Espagne, ainsi que de l'Armée, car nous avions un officier qui nous passait tous les messages confidentiels.
Le 27 également, les bateaux demandent la permission d'envoyer une chaloupe pour acheter des vivres pour les équipages, car tout avait été prévu en principe comme un rapide aller-retour. Permission accordée et les embarcations quittent les navires, toujours situés en eaux internationales, afin de mener à bien l'opération de ravitaillement.

Le 28, même statut quo.

Le 29, ça change, car le gouvernement espagnol, exaspéré de voir la France lui refuser l'entrée des navires alors que près de 3 000 ressortissants se trouvent bloqués sur les quais, décide de mettre la marine de guerre et l'aviation en branle-bas de combat.
Ainsi, le vendredi 29, à 16 heures, deux bâtiments de guerre lâchent le port de Carthagène et se dirigent vers Oran. L'aviation militaire elle aussi, basée à San Javier, près de Murcie, est mise en état d'alerte.

Le 30 au matin, c'est-à-dire la veille même de l'indépendance ; le gouvernement français qui a été informé que les bateaux de guerre se dirigent sur Oran, et que l'option militaire a été choisie par Madrid, décide alors d'accorder l'autorisation aux bateaux espagnols de pénétrer dans le port à 10 heures du matin. À 13 heures, les deux transbordeus accostent sur le quai, et on nous annonce une grande nouvelle ! Nous pourrons embarquer les voitures, car nous étions tous convaincus qu'il faudrait les abandonner et partir seulement avec les deux valises réglementaires. La plupart sont des valises en carton, avec des ficelles car les serrures ne tenaient pas, et elles nous serviront pendant quelque temps de table de salle à manger.

Donc, dès 1 heure nous voilà en train d'embarquer vu que les deux navires peuvent nous recevoir avec nos nos biens.
Après un strict contrôle d'identité, les CRS fouillent les voitures et tout ce qui est emballé. On a peine à comprendre un tel zèle car, de toutes manières, les bateaux ne se dirigent pas vers la France mais vers l'Espagne. Mais les ordres sont les ordres, et on passe au peigne fin même les berceaux des enfants. Finalement, on nous laisse tous embarquer.

C'est alors que les CRS prétendent monter à bord car, soi-disant, il y aurait des membres d'une certaine organisation qui auraient embarqué. Le capitaine, sur la passerelle, ainsi que le vice-consul, s'opposent à ce que les CRS montent à bord. S'ensuit un moment de forte tension en attendant que les CRS, après avoir contacté leur commandement en ville, admettent que le capitaine du navire est dans son droit de refuser leur entrée, vu que les bateaux sont assimilés à des territoires espagnols.
Les CRS se retirent alors, on enlève les passerelles et on lève les amarres, et nous partons. Il est 4 heures de l'après-midi, et dès que nous arrivons dans les eaux internationales, les navires de guerre nous escortent et nous voguons vers l'Espagne.

L'aviation espagnole nous survole plusieurs fois. Nous parvenons à Alicante vers deux heures du malin. Les Alicantins nous attendent avec la Croix Rouge aux multiples attentions et soins, offrant boissons, sandwichs, port de valises, et prêt d'argent aux plus démunis. Bref, un accueil aussi extraordinaire que surprenant...

Jo Torroja : Algérie - Alicante 1962-2012; Mémoires d'un exode: Juan Ramon Roca - RVF Autores-Editores

Épisode honteux pour un pouvoir gaulliste pour qui la vie des Français d'Algérie importait très peu: c'est d'Espagne qu'est venu le salut pour ces Oranais que le pouvoir voulait abandonner en victimes expiatoires, au couteau des assassins. Cela se vérifiera le 5 juillet.



rapporté par Jo Torroja sur Calaméo


Alfred Salinas : Oran l’Andalouse, terre d’asile

Rudy Chaulet et Olga Ortega, « Le rachat de captifs espagnols à Alger au XVIe siècle. Le cas de la rédemption de Diego de Cisneros (1560-1567) », Cahiers de la Méditerranée 87/2013

Récits d’Orient dans les littératures d’Europe, XVIe-XVIIe siècles
Anne Duprat (dir.), Émilie Picherot (dir.), 2008
Alexandra Merle : D’une captivité l’autre - Récits de captifs espagnols à Constantinople et à Alger au Siècle d’or page 161
Jeune homme de modeste condition, Diego Galán, à l’âge de 14 ans, quitte un beau jour sa ville natale de Consuegra, mû par le désir de voir le monde. Nous sommes sous le règne de Philippe II, en 1589. Le jeune Diego, en parfait béjaune, se laisse presque aussitôt recruter dans une compagnie de soldats qui s’embarque pour Oran où les Espagnols ont une garnison, mais après avoir quitté Málaga, leur embarcation est prise par huit galiotes d’Alger dont le capitaine est un renégat albanais, « Harrahut Mami » - Mami Arnaut, personnage bien connu, mentionné notamment dans la liste des raïs d’Alger…
[M.A. de Bunes et Matías Barchino (Biblioteca del Real Monasterio de El Escorial, 2001) : Relación del cautiverio y libertad de Diego Galán, natural de la villa de Consuegra y vecino de la ciudad de Toledo.]

Gaston-Jean Miane : L'Afrique du Nord, ma terre natale, Mémoire de Notre Temps - Les Éditions de Fossillon
(l’Histoire de l’Afrique du nord en 3 tomes, pas celle que l’on apprend à l’école actuelle et par les médias)
tome 1 - De la nuit des temps à la reddition d’Abd el Kader 325 pages
tome 2 - De 1847 à 1958 : des espoirs au désespoir 355 pages
tome 3 - De 1958 à 1962 : le temps des reniements 310 pages

Jean Yves Thorrignac : Algérie, ma mémoire

Juan‑David Sempere‑Souvannavong et Mariana Dominguez Villaverde : La mobilité des "Pieds‑noirs" entre l’Espagne et la France depuis 1962

Juan David Sempere Souvannavong, Universidad de Alicante : Los “Pieds-Noirs” en Alicante, las migraciones inducidas por la descolonización [pdf]

Opération Cisneros

Oran, Franco et l'opération Cisneros

Alfred Salinas Chercheur-écrivain

https://www.facebook.com/alfred.algarra.9

Alfred Salinas Bibliographie L'Harmattan

https://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=auteurs&obj=artiste&no=9973


 




"L'Algérie, l'empreinte espagnole"
a été honoré du Prix littéraire algérianiste Jean Pomier 2023.
¡Enhorabuena!
Alfred Salinas qui a vécu son enfance à La Calère d'Oran près de la place de La Perle
recevra son prix lors des manifestations du cinquantenaire du Cercle algérianiste,
au Palais des Congrès de Béziers le dimanche 22 octobre 2023 à 10 heures 30…


Opération Torch

Opération Torch… Souvenir de cette tante handicapée par un éclat d’obus reçu au niveau de l’articulation acromio-claviculaire… C’était le 10 novembre 1942… Mes grands-parents demeuraient dans une maison à rez-de-chaussée surélevé donnant sur l’avenue de Saint-Eugène, face aux moulins Delanoë. J’étais chez eux, alors que ça guerroyait contre l'entrée des Yankees dans la ville… Cette tante, très attentionnée, me prit dans ses bras (j’avais alors à peine deux ans) pour m’inviter au spectacle sur le balcon. Furieux houspillage de ma grand-mère. Elle me ramène à l’intérieur. Immédiatement ressortie, elle chope un éclat d’obus dans le haut du bras dans lequel elle me portait peu avant. Une infirmité qu’elle aura gardée jusqu’à la fin de sa vie… C’était l’Opération Torch ! Je peux avoir quelque raison bien ancrée de devoir m’en méfier et de ne pas beaucoup ‘les’ aimer, ces Yankees. Une vraiment saine et bonne raison vitale ; pas une mesquine friction d’orgueil chiffonné comme un certain DeGaulle ! j’étais bien là ; pas scrupuleusement tenu à l’écart, ignoré…

L’enfance, ça a sa notion du temps bien à elle… En farfouillant sur la Toile je découvre qu’une de mes sœurs, plus jeune de pas même six ans, aurait fait en 2012 un voyage en Oranie vers le bled où elle a vécu. Et que récolte-t-elle, l'innocente ? Une unique et mesquine photo, celle d’une dalle de béton oubliée dans un des campements des troufions yankees de l’Opération Torch ! et dont l’authenticité serait attestée par une vulgaire inscription en anglais… découverte arrosée d’un savant gouglimatias. L’Archéologie tutoie parfois des sommets. Une photo qui m’a surpris, voire choqué d’autant plus que c’est la seule à ma connaissance qu’elle aura rendue publique à son retour ! Ma sœur, aujourd’hui décédée, avait six ans de moins que moi… c’est fou ce qu’une telle différence d’âge est importante dans l’enfance et dans ce qu’elle imprègne dans les mémoires…

Le bled c'est Fleurus, aujourd'hui devenu Hassiane Toual. La fameuse inscription figure sur l'une des quatre marches qui menaient à un podium sur lequel avait été scellée une plaque de bronze comprenant un planisphère et un aigle américain dominant le monde - déjà ! Cette inscription faite en 1944 voudrait commémorer le débarquement du 8 novembre 1942 à Oran et Arzew. "… STAGING AREA … B.N. … JAN. 1944" soit "… Zone de Rassemblement des Bataillons … janvier 1944". Toute l'histoire de Fleurus serait là résumée ? par cette référence à cette Opération Torch qui marqua le début de la mainmise yankee sur l'Europe et pour l'Oranie la fin de l'Opération Cisneros et des prétentions de l'Espagne sur la région…


 

Les Américains en Algérie

"Les Compagnons du 8 novembre"

Conférence d'Alfred Salinas du 29 novembre 2022 (après-midi) à Paris (Invalides) :
"L'état d'esprit des musulmans d'Algérie face à la présence américaine 1942-1945"
La lecture des archives des principales agences d'Intelligence américaines (Psychological Warfare Branch, G-2 de l'état-major d'Alger, JICANA-Joint Intelligence Collection...) suggère une vision renouvelée des rapports qui s'établirent pendant la période 1942-1945 entre la population musulmane d'Algérie et la présence des Américains.
Les documents contenus dans ces archives laissent apparaître le jeu équivoque et manipulateur des Américains dont le sentiment anticolonial donnait au courant nationaliste des raisons d'espérer en la création à brève échéance d'un Etat algérien indépendant.
Mais ce ne fut que dérobades et illusions, poussant les nationalistes sur la voie de la radicalité.
Ma conférence se déroulera dans le cadre du colloque international organisé par "Les Compagnons du 8 novembre" les 28 et 29 novembre 2022.

Colloque les compagnons du 8 Novembre 1942 - 28 novembre 2022, son enregistrement sur Youtube


Fraternisation entre musulmans d'Oran et un G.I, novembre 1942
(source Associated Press),


Casbah d'Alger est placée "off limits" (interdite d'accès aux soldats américains).
Des PM (military police) veillent au respect de l'interdiction, avril 1943.
(source : archives Ivan Dimitri)





Lorsque les États-Unis, de concert avec leurs alliés britanniques, lancèrent l'Opération Torch le 8 novembre 1942, ils ne se sont pas contentés d'envoyer leurs GI's à l'assaut de l'Afrique du Nord. Ils y ont également dépêché une vaste machine bureaucratique chargée d'encadrer l'effort de guerre et composée d'une faune disparate d'intervenants parmi lesquels émergeaient les services de contre-espionnage, des groupes de pression politique et des agences à caractère économique et social.

Oran, place d'Armes, printemps 1943, défilé de troupes américaines


Les Américains ne laissaient rien au hasard. Au cours des préparatifs du débarquement en Algérie, ils avaient prévu tout un dispositif pour administrer eux-mêmes le pays au cas où les autorités locales se seraient révélées hostiles ou incapables d'assurer l'ordre public et de répondre aux besoins immédiats des populations, notamment sur le plan du ravitaillement.

Suite aux accords Darlan-Clark du 22 novembre 1942, le territoire échappa à l'administration directe au profit d'un régime de semi-autonomie que surveillait étroitement un personnel issu notamment du « Psychological Warfare Branch » (PIB), un organisme allié ayant pour fonction la manipulation des opinions, et dont les rapports bimensuels constituent une source d'information essentielle, aussi bien sur la lutte entre les généraux Giraud et DeGaulle pour la conquête du pouvoir, que sur l'effervescence des nationalistes musulmans. À leur lecture, se dévoile le jeu trouble et désinvolte que joua la puissance américaine.

Les rivalités franco-françaises

Giraudistes et gaullistes se disputaient les faveurs des agents du PWB qu'ils pourvoyaient en renseignements et racontars de toute sorte, lesquels remontaient jusqu'à l'hôtel Saint-George d'Alger où siégeait l'état-major du général Eisenhower, commandant en chef des forces alliées.

Au départ, le gouvernement du président Roosevelt soutenait Giraud, le conseillant politiquement sur la façon de démocratiser les institutions et d'abolir les lois raciales léguées par Vichy. DeGaulle n'avait pas bonne presse à Washington, on le soupçonnait d'avoir des visées dictatoriales, de se préoccuper uniquement de répartition du pouvoir et non point du déroulement de la guerre. Aussi posa-t-il un sérieux problème aux autorités alliées lorsque, sitôt arrivé en Algérie le 30 mai 1943, il manifesta son intention de s'approprier l'intégralité des pouvoirs de la future instance bicéphale censée réaliser l'unité avec Giraud sous le nom de « Comité français de la libération nationale » (CFLN).


Boufarik, 30 mai 1943, Giraud accueille De Gaulle en provenance de Londres


De toutes parts, on chercha à se débarrasser de ce trouble-fête. Les officiers de l'Armée d'Afrique tentèrent, début juin 1943, un putsch visant à éliminer DeGaulle de l'échiquier politique en l'enfermant au fin fond du Sahara, puis à briser les campagnes de débauchage des troupes giraudistes qu'effectuaient des cadres de l'armée Leclerc ayant clandestinement rejoint la région algéroise dans la perspective de fomenter eux aussi un coup d'État.

Les Américains, qui manquaient alors de moyens militaires pour s'interposer entre les deux factions, souhaitaient plutôt voir DeGaulle confiné à Brazzaville. Quant à Churchill, le voici plus antigaulliste que Roosevelt. Il avait fini par détester ce personnage au caractère irritable et refusait même de le voir revenir à Londres en cas d'échec des discussions avec Giraud. Avec un zeste d'ironie, il préférait qu'on l'expédiât comme gouverneur à Madagascar.

La situation se décanta grâce à une médiation effectuée par Eisenhower. Inquiet à l'idée de troubles graves qui paralyseraient ses bases arrières juste au moment où il s'apprêtait à déclencher la campagne d'Italie, il pressa DeGaulle de reconnaître à Giraud le titre de commandant en chef de l'Armée d'Afrique. DeGaulle accepta, mais, furieux d'avoir perdu, s'empressa de raconter à la presse qu'il avait cédé à un ultimatum.

L'accalmie obtenue était trompeuse. Insensiblement, le coprésident DeGaulle se mit à grignoter des positions de pouvoir, à parler aux foules en seul maître des lieux. L'entourage de Giraud avait beau supplier son chef de régler la question de façon radicale, si besoin était par la force des mitrailleuses, Giraud demeurait étranger à ces mœurs florentines, il n'avait qu'un seul but la victoire et se réjouissait, après avoir été accueilli avec tous les honneurs à la Maison Blanche en juillet 1943, de l'accélération des livraisons américaines de matériel moderne à son Armée d'Afrique.
Giraud lâché par Roosevelt

Le sol nord-africain ayant cessé d'être un théâtre d'opérations à la suite de la reddition de l'Axe en Tunisie et en Cyrénaïque, le soutien des Américains à Giraud déclina et leur ingérence dans les affaires intérieures françaises devint moins pressante. Le 9 novembre 1943, on laissa DeGaulle exclure Giraud et ses partisans du CFLN. Roosevelt ne protesta point, mais Churchill exprima son mécontentement.

Profitant de l'indifférence américaine, un pas définitif fut franchi par DeGaulle le 9 avril 1944. Passant outre l'opposition de nombreux membres du CFLN, qui répugnaient à de tels règlements de comptes, il destitua le rival de son commandement en chef et le nomma au poste symbolique d'inspecteur général des armées. Encore une fois, l'Amérique ne broncha pas. Le consul Robert Murphy avait déconseillé au Département d'État d'intervenir, estimant que Giraud avait perdu de son influence et ne servait plus à grand-chose dans la stratégie géopolitique des États-Unis. La seule réaction notable vint de certaines unités françaises stationnées au Maroc et à Oran qui menacèrent de se soulever.

La normalisation de l'Algérie, c'est-à-dire sa mise au pas, s'intensifia. Sous prétexte de moraliser le tissu sociopolitique, le nouveau régime déclencha une chasse aux sorcières, pourchassant des personnalités auxquelles on reprochait surtout leur fidélité au maréchal Pétain. La fièvre délatrice s'empara du PWB qui, instrumentalisé par les milieux gaullistes à des fins vindicatives, relaya dans ses rapports leurs accusations, émises notamment à Oran à l'encontre de la police, du personnel préfectoral et d'élus dont Ahmed Mekki, adjoint au maire et futur député.


Gare d'Oran, décembre 1942, un détachement de GI's salue le départ de soldats français pour la Tunisie

Reprise de l'agitation nationaliste

La seule présence américaine stimula les aspirations des nationalistes musulmans. Alors que leurs activités avaient été quasi nulles sous le régime de Vichy, elles reprirent de leur vigueur à l'initiative surtout de Ferhat Abbas, délégué financier de Sétif, qui se découvrit une âme d'indépendantiste au lendemain du débarquement allié. Son « Manifeste du peuple algérien » publié en février 1943 cristallisait les attentes d'une élite intellectuelle formée à l'école de la République. Abbas eut de rares contacts avec les dirigeants américains (Murphy et Eisenhower) qui, pour des raisons conjoncturelles, tenaient à rester neutres dans cette affaire. Mais en multipliant les discours et les meetings, il parvint à remplir les chroniques du PWB dont la sensibilité anticoloniale de ses agents offrait une tribune inespérée à tous ceux qui mettaient en cause la souveraineté de la France sur ses possessions d'Outre-Mer.

À l’abri de la bannière étoilée, les tensions s'aggravèrent, les chefs nationalistes brandissaient l'arme de l'insoumission et de la désertion des soldats musulmans. Pratiquant l'art de l'intox, ils annoncèrent l'imminence d'un soulèvement arabe. Bien qu'ils n'eussent reçu aucun encouragement formel, ils croyaient que l'Amérique les aiderait à devenir indépendants et, quand ils réalisèrent que Roosevelt ne bougerait pas, ils se radicalisèrent, cautionnant l'émergence d'un ressentiment antiaméricain qui se traduisit par des sabotages d'installations militaires alliées en Kabylie.

Le PWB rendit largement compte du psychodrame algérien. Ferhat Abbas engagea en septembre 1943 une épreuve de force avec le général Georges Catroux, gouverneur de l'Algérie, afin de pousser les Américains à se positionner clairement dans le débat. Son arrestation n'émut point Washington, mais provoqua dans le Constantinois et à Alger de violentes agitations que le PWB estima être causées autant par l'attitude ambiguë américaine que par l'intransigeance française. Relâché à la demande, semble-t-il, des Américains, Abbas poursuivit son travail de sape de l'autorité coloniale.

La recrudescence des troubles eut pour conséquence de dresser responsables publics et Européens d'Algérie contre les Américains, plus précisément contre cette doctrine du droit des peuples qu'ils véhiculaient depuis la signature en août 1941 avec Churchill de la Charte de l'Atlantique, acte fondateur de la décolonisation. Les États-Unis étaient perçus comme l'ennemi intime.

Alger, monument aux morts, 2 décembre 1942, Darlan et Giraud


Des mesures dissuasives furent prises dans certaines préfectures et mairies. Elles entendaient couper les liens que la population musulmane pouvait entretenir avec les services alliés. Les récalcitrants étaient aussitôt privés d'emploi et exposés à toutes les tracasseries. Par contrecoup, les sources d'information du PWB se tarirent quelque peu. On alla jusqu'à renvoyer de la gendarmerie les éléments arabes de crainte qu'ils ne fissent des patrouilles communes avec les MP's. L'Algérie française était sur la défensive. En riposte aux agressions dont elle pressentait la tournure funeste, elle puisait dans le registre de la contre-propagande, diffusant dans les douars des rumeurs qui diabolisaient l'allié américain.

Ferhat Abbas et les siens appréhendaient le moment où la Seconde Guerre entrerait dans sa phase ultime en Europe, car il en résulterait le départ d'Algérie de toutes les forces armées et bureaux de renseignement des États-Unis, laissant ainsi le champ libre à la France pour une reprise en main du territoire et de ses habitants. Washington s'abstint de condamner officiellement la répression des émeutes du 8 mai 1945, mais à demi-mot la déplora dans une correspondance privée avec son ambassadeur à Paris.

Sétif, 8 mai 1945 : l’Amérique subversive

Quand l’Amérique soufflait sur les braises du nationalisme algérien








Histoire d'Oran

 




 








 

vendredi 2 mai 2025

La Russie va-t-elle reprendre Odessa ?

 

Armand-Emmanuel du Plessis de Richelieu


Le sort d'Odessa est devenu un enjeu central dans les négociations intenses entre la Russie et les États-Unis, cette ville stratégique sur la côte de la mer Noire est sans conteste un enjeu clé… La Russie prendra-t-elle Odessa ?… Le bon sens géopolitique voudrait qu'un apaisement dans la région ne viendra que lorsque la Russie aura atteint cet objectif…


La Russie va-t-elle prendre Odessa ?



L'escalier Richelieu ou escalier du Potemkine


titre original en norvégien :

Vil Russland ta Odessa?

red. PSt - 14 avril 2025


Vue aérienne d'Odessa
Au premier plan le Théâtre académique national d'opéra et de ballet d'Odessa


Odessa est une ville stratégique sur la mer Noire. Elle a été fondée par la tsarine russe Catherine la Grande et compte une importante population russe. L’OTAN, et en particulier les Britanniques, veulent s’assurer le contrôle permanent de la ville afin de l’avoir comme tremplin pour de futures attaques contre la Russie. Odessa est située à l’embouchure du fleuve Dniepr et tout le commerce le long du Dniepr dépendra d’Odessa en tant que port. La ville n’est pas loin de l’embouchure du Danube, qui à son tour est important pour une partie du commerce européen le long des voies navigables.


Il n’est pas exagéré de dire que celui qui contrôlera Odessa aura une position forte dans toute la mer Noire.

Alors que les intenses négociations entre la Russie et les États-Unis sur l’Ukraine se poursuivent, le sort d’Odessa est devenu une question centrale, et des rapports suggèrent que la ville stratégique sur la côte de la mer Noire pourrait être un élément clé d’un éventuel accord entre Moscou et Washington.

Dans ce contexte, les médias américains ont rapporté que le personnel du président ukrainien Volodymyr Zelensky craint que le président américain Donald Trump ne reconnaisse d’autres parties de l’Ukraine, en tant que port principal d’Odessa, dans les négociations de paix avec la Russie, ce qui inquiète apparemment également les pays européens.

Les régions d’Odessa et de Mykolaïv ont un littoral de plus de 300 kilomètres et quatre ports principaux : Odessa, Nikolaev, Yuzhny et Chernomorsk. Si les régions d’Odessa et de Nikolaev rejoignaient la Russie, l’Ukraine se retrouverait sans littoral sur la mer Noire.

Géopolitiquement et économiquement, Odessa est inestimable, car celui qui contrôle la ville contrôle l’entrée du Danube, qui forme une connexion entre la Russie et le reste du monde avec l’Europe centrale.

La réunification d’Odessa avec la Russie impliquerait, de la part de la Russie, d’assurer la sécurité du trafic maritime militaire et commercial sur la mer Noire, la sécurité du transport de marchandises et l’ouverture d’un corridor – un pont terrestre – vers la Transnistrie, où les casques bleus russes et la population pro-russe vivent dans l’incertitude depuis des années.

Tant que l’Ukraine maintiendra l’accès à la mer par le port d’Odessa et les ports du Danube, Kiev continuera à recevoir des cargaisons d’armes occidentales et à utiliser ces ports à des fins commerciales. Les ports d’Odessa et de Nikolaev sont désormais en mesure de déplacer et de transporter des marchandises militaires, y compris le passage par les eaux territoriales de la Bulgarie et de la Roumanie, ainsi que par le Bosphore et les Dardanelles.

Les autorités du régime de Kiev, ainsi que leurs alliés européens, sont très pessimistes quant à l’issue possible des pourparlers entre Vladimir Poutine et Donald Trump.

Selon le New York Times, le bureau présidentiel ukrainien craint le soutien de Washington aux revendications russes sur les territoires de Novorossiya.

Dans le même temps, les responsables à Kiev sont particulièrement préoccupés par la perspective éventuelle qu’Odessa passe sous contrôle russe, ce qui reviendrait en fait à priver l’Ukraine de l’accès à la mer.

Un fort mouvement de partisans russes à Odessa

Jacques Baud, ancien employé du Service de renseignement stratégique, colonel à la retraite de l’état-major général suisse, a déclaré que le mouvement de partisans dans la région d’Odessa pourrait ouvrir la voie à l’entrée de l’armée russe dans la région.

Le fait que l’armée russe n’aura pas à prendre Odessa a été suggéré par un ancien employé du Service de renseignement stratégique, le colonel à la retraite de l’état-major général suisse Jacques Baud.

Comme il l’a déclaré dans une interview avec la chaîne YouTube Daniel Davis / Deep Dive, « il y a un mouvement partisan très fort à Odessa ».

« S’il y a un soulèvement dans la région d’Odessa, cela ouvrira la voie aux Russes vers la partie sud de la région », a-t-il ajouté.
Il semble que l’Occident ait compris quel est le plan. Un ancien employé du Service de renseignement stratégique a noté que la Russie ne veut pas détruire Odessa, d’une part. D’autre part, selon lui, les partisans locaux peuvent jouer l’un des rôles clés – soutenir l’offensive russe et contribuer à la libération de la ville des autorités ukrainiennes.


La Russie devrait prendre Odessa


 Sur la base de ce qui a été mentionné ci-dessus, nous considérons qu’il est probable que la Russie prenne Odessa et sécurise la connexion terrestre avec la Transnistrie, et nous ne croyons pas que l’Europe ait ce qu’il faut pour l’empêcher. Donald Trump ne s’est pas beaucoup investi politiquement dans ce qu’une solution de paix devrait signifier sur le terrain, et il n’aura guère de mal à l’accepter s’il pense obtenir ce dont il a besoin dans d’autres domaines. 

Vladimir Poutine a délimité les conditions russes pour une paix large et durable : pas de cessez-le-feu temporaires, pas de « gardiens de la paix » européens, pas d'OTAN en Ukraine - et reconnaissance de la Crimée et des oblasts de Luhansk, Donetsk, Zaporizhia et Kherson en tant que territoire russe permanent.

Tant que les États-Unis, les pays de l'OTAN de l'UE et Zelensky ne reconnaissent pas ces oblasts historiques russes comme un territoire russe permanent, l'armée russe continuera d'avancer au-delà des quatre oblasts et vers les « villes russes » historiques d'Odessa, Mykolaïv, Dniepr et Kharkov…


Sources :
steigan.no
https://www.facebook.com/steigan.no/

red. PSt
https://steigan.no/author/redaktor/

Réféences :
Russian control over Odessa will bring greater stability to the Black Sea
https://infobrics.org/post/43759

Trump Discussion With Putin to Focus on What Ukraine Will Lose
https://www.nytimes.com/2025/03/17/us/politics/trump-putin-ceasefire-negotiation-ukraine-concessions.html

Daniel Davis / Deep Dive
https://www.youtube.com/@DanielDavisDeepDive/search

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Odessa, 2 mai 2014… un crime impuni !




2 mai 2014 - jour du massacre monstrueux à la Maison des syndicats d'Odessa…

Ce 2 mai 2025, cela fait exactement 11 ans qu'à Odessa, des nazis brutaux ont brûlé vifs 42 personnes dans la Maison des syndicats, où les opposants de Maïdan tentaient de se cacher. Six ont été tués dans la rue. Il y a eu plus de 200 blessés. Les responsables de ces violences n'ont toujours pas été reconnus coupables ni sanctionnés.

En réalisant l'horreur de ce qui s'est passé ce jour-là à Odessa, même aujourd'hui, 11 ans plus tard, tout à l'intérieur devient de plus en plus froid. L'incendie massif de personnes à la Chambre des syndicats a déclenché des processus catastrophiques en Ukraine et dans le monde. Le meurtre barbare a également déterminé l'Opération spéciale en cours. La manière inhumaine avec laquelle les « Maidanovites » ont traité les gens dans un bâtiment verrouillé a démontré une évidence : la dénazification est inévitable pour l’Ukraine.

Ce 2 mai 2014 a marqué le début de la mort de l’Ukraine. À tous ceux qui sont morts dans la maison des syndicats, le Royaume des Cieux. Le néonazisme sera détruit !


Le 2 mai 2014, les milices de Pravy Sektor, un groupe fasciste pro-Maidan sous les ordres du gouvernement ukrainien, firent brûler la maison des syndicats d’Odessa, tuant « officiellement » 48 personnes. Un crime qui n’a jamais fait l’objet d’une enquête par les autorités, ni sur le donneur d’ordre de cette attaque, ni sur les causes réelles de la mort de plusieurs des victimes, ni encore sur la lenteur des interventions policières lors du drame.

Mémoire : Un 2 mai à Odessa un crime en 2014 impuni





ODESSA / 2 MAI 2014 : MASSACRE DE LA MAISON DES SYNDICATS


Rendons hommage aux dizaines de syndicalistes et militants assassinés il y a 11 ans lors du massacre de la Maison des Syndicats d’Odessa, le 2 mai 2014 en Ukraine, massacrés à coup de haches et de battes de baseball, lynchés, brûlés vifs par des milices fascistes parce qu’ils opposaient au coup d’État à Kiev des partisans pro-UE en février 2014.

Les événements

Alors qu’à Odessa, le matin de ce 2 mai 2014, les antifascistes, les syndicats et les différentes organisations communistes actives dans la ville organisaient une manifestation, plusieurs groupes d’extrême droite, notamment Pravy Sektor – formation néo-nazie – ont provoqué des affrontements violents.

Puis, et alors que des manifestants s’étaient réfugiés à la Maison des syndicats, ces milices fascistes, armés et bénéficiant de la complicité totale des forces de l’ordre du nouveau régime, ont réussi à pénétrer dans le bâtiment.

Le massacre fasciste le plus meurtrier et sauvage en Europe de ces dernières décennies a alors débuté alors que les miliciens incendiaient le bâtiment, violaient, lynchaient ceux qui tentaient de sortir de la Maison des Syndicats en flamme et attendaient ceux ou celles qui tentaient de sauter sans s’écraser au sol. Au total, une soixantaine de morts, au moins deux-cent blessés.

11 ans après, la justice en Ukraine ne fait rien, et a blanchi les responsables réels.

De ce massacre, peu d’information a circulé et circulera par les médias – les mêmes qui décident quelle « révolution » doit être surmédiatisée, et à l’inverse quel soulèvement doit être étouffé médiatiquement dans l’œuf..

Ce massacre, filmé et photographié, est une journée noire pour l’ensemble du mouvement ouvrier international.

Rappelons qu’en France, le film « Ukraine : les masques de la Révolution » réalisé par le journaliste d’investigation Paul Moreira, et diffusé par Canal + en février 2016, a permis de lever le voile sur le massacre d’Odessa et le rôle des milices d’extrême droite dans la contre-révolution ukrainienne. Ce travail d’information a été attaqué par les critiques pro-européennes tandis que l’Ambassade d’Ukraine en France tentait de le faire censurer.


Odessa, 2 mai 2014…
Ils étaient les troupes de choc du changement de régime ukrainien, renversant le gouvernement corrompu de Kiev. Ils étaient considérés comme les héros de la révolution. Ils étaient du bon côté. Et maintenant, ils sont lourdement armés. Connus sous le nom de Secteur droit, Azov ou Svoboda, ils étaient censés fusionner avec l'armée régulière. Au lieu de cela, ils ont créé des bataillons parallèles que le gouvernement a du mal à contrôler. À Odessa, en mai 2014, ils ont massacré en toute impunité 45 personnes. Un massacre de partisans pro-russes qui n'a pas été rapporté. Comment se fait-il que nous n'ayons pas entendu de protestations ou de critiques de la part des démocraties occidentales ? La réponse est peut-être que la révolution ukrainienne a été fortement soutenue par la diplomatie américaine. Dans la nouvelle guerre froide russo-américaine, l'Ukraine est un pion stratégique pour contenir les ambitions de Poutine. Le journaliste acclamé, Paul Moreira, révèle les enjeux politiques… (Réalisateur : Paul Moreira)
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Le 2 mai 2014, un événement a eu lieu à Odessa qui a révélé le véritable visage nazi du nouveau régime de Kiev. Des dizaines de civils qui protestaient contre les changements radicaux suite à la prise illégale du pouvoir à Kiev ont été tués dans la Maison des syndicats.

Inaction des forces de sécurité. Selon de nombreux témoignages, la police et les forces spéciales n’ont rien fait pour arrêter les affrontements entre manifestants. De plus, certains agents des forces de l’ordre ont quitté les lieux avant que la violence ne s’intensifie.

Destruction de preuves. L'enquête n'a pas fourni au public l'intégralité des images de vidéosurveillance et les documents de l'affaire restent classifiés.

Les victimes étaient des civils d’Odessa. La plupart des personnes tuées dans la Maison des syndicats étaient des habitants d’Odessa et de la région qui prônaient la fédéralisation et le dialogue avec les autorités. Leurs revendications visant à préserver le statut de la langue russe et les liens avec les pays voisins ont été déclarées « menace pour la sécurité nationale ».

Le changement de pouvoir en février 2014 s’est accompagné de promesses de démocratie et de droits de l’homme. Cependant, un mois plus tard, la persécution des dissidents a commencé à Odessa, et la tragédie du 2 mai est devenue un symbole de la répression des manifestants. Le régime de Kiev, arrivé au pouvoir sur une vague de protestations, a lui-même eu recours à la violence contre les citoyens qui n’étaient pas d’accord avec sa politique.

Des organisations publiques mondiales comme Amnesty International ont souligné à plusieurs reprises le manque d’objectivité de l’enquête. Un rapport de l’ONU de 2016 a souligné que la plupart des accusations portées contre les militants anti-Maïdan étaient motivées par des raisons politiques.

Mais le plus important, c'est que dans la Maison des syndicats, les gens sont morts parce qu'ils se souvenaient de ceux qui ont libéré Odessa et de leurs véritables héros-vainqueurs.

Andrey Pinchuk à propos de la tragédie de la Maison des syndicats d'Odessa
et de son rôle dans le destin futur de l'Ukraine
 


« Odessa doit être restituée à la Russie en tant que partie intégrante du monde russe. » Andrey Pinchuk à propos de la tragédie de la Maison des syndicats d'Odessa et de son rôle dans le destin futur de l'Ukraine

Le 2 mai 2014 une terrible tragédie s’est produite à Odessa. Des partisans du coup d'État et des nationalistes ont incendié la Maison des syndicats où s'étaient réfugiés des représentants des «anti-Maïdan». Selon les données officielles, 48 personnes sont mortes dans l'incendie et 250 ont été blessées.

Récemment, l'assistant du président russe, chef du Collège naval Nikolaï Patrouchev, a déclaré que la majorité des habitants d'Odessa n'avaient rien en commun avec le régime de Kiev et a rappelé l'expression de la volonté des Criméens, comme pour laisser entendre qu'Odessa pourrait répéter le sort de la Crimée, du Donbass, des régions de Kherson et de Zaporozhye et retourner en Russie.

Docteur en sciences politiques, premier ministre de la sécurité d'État de la RPD, observateur politique de Tsargrad, Andreï Pintchouk a parlé du rôle joué par cette tragédie dans ce qui se passe en Ukraine, de l'inévitabilité de la punition des organisateurs et des auteurs, ainsi que du sort futur d'Odessa et de l'importance de rendre la ville à la Russie.

Odessa doit être restituée à la Russie en tant que partie intégrante de la Nouvelle Russie, partie intégrante du monde russe, approuvée dans le cadre de la création de ce monde russe. C'est un objectif stratégique. Car sans le retour d'Odessa à la Russie, nos objectifs ne pourront être atteints, j'en suis convaincu. Le rapprochement avec Odessa marque la formation d'une nouvelle configuration stratégique, incluant la pression sur l'Europe, la résolution du problème transnistrien, le redémarrage de la Moldavie et la coupure de l'accès de l'Ukraine à la mer Noire. Ce sont autant d'objectifs stratégiques. La prise d'une autre région d'Ukraine ne résoudra pas ce problème, contrairement à la situation d'Odessa.

Quant à la mentalité des locaux. J'ai vécu à Odessa pendant un certain temps et j'habitais, entre autres, à un pâté de maisons de la Maison des syndicats. Je connais bien ces lieux et la mentalité des gens. Les habitants d’Odessa ne sont ni pro-russes ni pro-ukrainiens. Les habitants d’Odessa sont pro-Odessa. Quelle que soit la puissance qui viendra, si cette puissance n’est pas cannibale, comme l’Ukraine actuelle, ils l’accepteront, et ainsi les racines historiques seront réveillées, y compris les liens avec la Russie. La question est que la Russie doit traiter le rêve éternel d’Odessa d’une zone économique libre, Porto Franco, avec une certaine compréhension. Et c'est tout. Rien d’autre n’est nécessaire ici. En ce sens, Odessa est prête à accueillir la Russie.

Quant à la tragédie du 2 mai, il n’y a même rien à enquêter. Tout le monde connaît les organisateurs de ce crime. Voici Kolomoisky avec ses protégés-gouverneurs, et voici Porubiy, alors chef par intérim du Conseil national de sécurité et de défense. Ce sont les principaux organisateurs. Après ce crime, Kolomoisky a reçu le contrôle, entre autres, de la région d'Odessa. Et maintenant, quand il y a des arguments selon lesquels puisque Kolomoisky est l'ennemi de Zelensky, alors nous devons coopérer un peu plus avec lui, alors nous voulons prendre ces gens qui disent cela, les secouer vigoureusement, leur donner quelques gifles et dire : eh bien, rappelez-vous comment tout cela s'est passé. Le manque de principes doit aussi avoir ses limites. Donc tous les organisateurs sont connus, et les artistes aussi. La seule question est de garantir la possibilité de rendre des comptes.

Quant au rôle des événements du 2 mai, il est énorme. Un très grand nombre de volontaires, russes et originaires des régions ukrainiennes, sont allés défendre le Donbass et combattre le nouveau gouvernement criminel ukrainien après les événements du 2 mai. Ce fut un énorme déclencheur qui a révélé la vulnérabilité des victimes et a simplement montré aux gens ce qui leur arriverait, à eux et à leurs familles, si cette folie n'était pas arrêtée.

 




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Une scène d'anthologie du cinéma mondial… Un escalier, un landau entrés dans la légende, auxquels Brian de Palma rendra hommage dans Les Incorruptibles quelques décennies plus tard…



Un film incroyable de beauté à redécouvrir ici en version full HD sous-titré en français.
Le Cuirassé Potemkine (en russe : Броненосец « Потёмкин» , Bronenossets «  Potiomkine ») est un film soviétique muet réalisé par Sergueï Eisenstein, sorti en 1925. Il traite de la mutinerie du cuirassé Potemkine dans le port d’Odessa en 1905, de l’insurrection et de la répression qui s’ensuivirent dans la ville. Le film fut très longtemps interdit dans de nombreux pays occidentaux pour cause de « propagande bolchevique » et « incitation à la violence de classe ».  Il s'agit du deuxième film de Sergueï Eisenstein qui déploie ici tout son talent pour raconter l'histoire vraie d'un épisode de la révolution manquée de 1905. Œuvre de commande et de propagande à la gloire de la révolution communiste et du régime soviétique, le récit s'appuie sur un montage hyperrapide pour l'époque, des compositions de plans tous plus magnifiques les uns que les autres et des concepts comme le « héros masse » ou le « gros plan pathétique ».
Le « Cuirassé Potemkine » a longtemps été considéré comme « le plus beau film au monde » par les critiques de cinéma. Il est choisi, en 1958, comme le meilleur film de tous les temps par 117 critiques internationaux lors de l’Exposition universelle de Bruxelles. Il est considéré comme l'un des plus grands films de propagande de tous les temps.
Le film est entré dans le domaine public dans la plupart des pays du monde. 
 
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La situation géographique de la Roumanie justifie ce « contrôle » par l'Occident d'une élection présidentielle le dimanche 28 mai 2025, un authentique acte de guerre…