Qui ne risque rien n'est rien… sur le chemin de Damas, alors que les opinions ont cédé face aux faits…
on ne le dit assez : un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi, ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances.

lundi 31 août 2015

Ougarit - Ras Shamra [رأس شمر]


Le Palais royal d’Ougarit

Le royaume de l’Ougarit était situé sur la côte syrienne, bordé à l’Ouest par la Méditerranée et à l’Est par la chaîne côtière qui surplombe la profonde faille géologique nord-sud où coule l’Oronte.

Carte de l'Ougarit

Sa superficie de 2000 km2 environ correspond à peu près à celle de l’actuelle province de Lattaquié. Le dégagement de la capitale éponyme du royaume, située à une dizaine de kilomètres au Nord de cette dernière localité, a débuté il y a près de 80 ans. Mentionnée dans les textes d’El Amarna, la ville d’Ougarit a été identifiée par des tablettes akkadiennes découvertes dès le début des fouilles. Entre 1929 et 1939, le dégagement du sommet de la colline archéologique de Ras Shamra a permis de mettre au jour deux temples-tour. Dans le même secteur, un important lot de tablettes d’argile inscrites en akkadien et dans une écriture cunéiforme encore inconnue formait ce qu’on a appelé la bibliothèque du Grand Prêtre. Rapidement identifié comme alphabétique, ce nouveau système d’écriture fut déchiffré en moins de quinze mois grâce aux efforts cumulés d’Hans Bauer, Paul-Édouard Dhorme et Charles Virolleaud.

Tablette d’acquisition immobilière akkadienne avec cachet égyptien


On a pu ainsi découvrir une littérature composée de légendes et de mythes, écrits dans la langue ouest-sémitique locale. Depuis sa résidence montagneuse du Sapanou, aujourd’hui le Gabal Al Aqra, Haddou-Baal, dieu de l’orage et de la fertilité, combat la sécheresse mortifère incarnée annuellement par Môtou. De plus, son affrontement avec Yam "la Mer", dieu dont il faut réduire les fureurs, et sa protection des troupeaux de bovins, font de ce dieu le principal recours des agriculteurs, des marins et des éleveurs. Ceux-ci formaient les trois principales catégories socio-professionnelles du royaume comme l’illustre admirablement la stèle du Baal au foudre du Musée du Louvre. 


La stèle du Baal au foudre

Patère de la chasse


Patère de la chasse (détail)

Au contraire de ces mythes, bien intégrés dans les paysages du royaume, la légende de Kirta, qui est peut-être une épopée de la dynastie d’Ougarit est située dans un temps et dans un lieu indéfinissables et celle d’Aqhatou, fils de Danilou, est localisée dans la Beqaa libanaise. La piété populaire des Ougaritains est documentée par de nombreux textes rituels.

Un sondage poursuivi jusqu’au sol vierge a révélé une occupation ininterrompue du site depuis l’époque néolithique jusqu’au XIIIe siècle av. J.-C. Des tombes familiales précédées d’un escalier étaient construites dans les fondations des maisons qui comportaient au moins un étage. Dégagé à partir de 1948, le palais royal comportant plusieurs cours intérieures a livré une masse de textes diplomatiques et administratifs qui ont fait connaître les relations de la métropole avec les villes du royaume, avec ses homologues syriens ainsi qu’avec le pouvoir hittite. De 1973 jusqu’à 2002, la fouille de la maison d’Ourtenou a porté le total approximatif des textes akkadiens à 2500 et à 2000 celui des tablettes en cunéiforme alphabétique et les huit langues distinctes attestées à Ougarit, notées au moyen de cinq systèmes d’écriture permettent de considérer cette civilisation de l’Âge du Bronze comme un véritable carrefour culturel.


La Montagne des dieux














Ras Shamra - Ougarit


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La Télévision syrienne est venue interroger certains membres du groupe, in situ, à Ougarit…
"الرحلة التضامنية للوفد الفرنسي "سورية مهد الحضارات" في شهرأب 2015


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