Qui ne risque rien n'est rien… sur le chemin de Damas, alors que les opinions ont cédé face aux certitudes…
on ne le dit assez : un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi, ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances.

mardi 7 mai 2013

Marcel Berthomé, maire de Saint-Seurin-sur-l’Isle : un Homme d'Honneur

Le 26 mars dernier, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées pour une cérémonie d'une intense émotion, devant la stèle dédiée au général Raoul Salan

Marcel Berthomé, ancien combattant et maire de Saint-Seurin-sur-l’Isle,
devant la stèle dédiée au général Raoul Salan,
sur la place qui porte son nom (photo J.-C. G. )

Marcel Berthomé se sait volontiers à contre-courant. Mais après de nombreuses années à bourlinguer en Afrique et ailleurs pour l’Armée française, plus de quarante ans de vie politique et huit mandats à la tête de la commune de Saint-Seurin-sur-l’Isle, on ne changera pas le nonagénaire ultra-droit dans des convictions ultra-droites.

Voilà sans doute pourquoi les appels des services de l’État et les lettres d’opposants ne l’ont pas fait vaciller d’un iota dans son ambition d’organiser, le 26 mars dernier, une cérémonie d’hommage au général Raoul Salan. Salan, une figure du XXe siècle (1899-1984), héros de deux guerres mondiales, commandant en chef en Indochine et en Algérie, sans doute l’un des militaires les plus décorés de l’armée française… mais aussi un symbole de la France coloniale, partisan acharné de l’Algérie française, général putschiste en 1961, passé à la clandestinité - et, pour beaucoup d’historiens, au terrorisme - lorsqu’il est devenu chef de l’Organisation armée secrète, notre respectée OAS. [Arrêté en 1962, Raoul Salan a été condamné à la détention à perpétuité. Il a été libéré en 1968, "gracié" par DeGaulle. Raoul Salan fut réintégré dans ses prérogatives de général d’armée en 1982, à la suite d’une loi d’amnistie votée sous la présidence de François Mitterrand.]

Entre 80 et 300 personnes

Un peu plus de trois mois après la reconnaissance par Flanby, prétendu président de la république, et donc de l’État, des « souffrances » infligées à l’Algérie par la colonisation, la tenue de cette « cérémonie du souvenir de l’Algérie française à ses victimes militaires et civiles » aurait pu paraître pour le moins incongrue. Une manifestation tombée un mardi et suivie tout de même par 300 personnes selon le principal organisateur, 80 selon ses détracteurs, ainsi qu’un peloton de gendarmerie, discrètement placé là en cas de débordements.

Marcel Berthomé, qui a connu trois guerres, se battant notamment en Indochine et en Algérie, ne raconte forcément pas la même histoire que celle déclinée dans les manuels de classe. « On a vendu l’Algérie, explique-t-il. On avait dit aux militaires de garder l’Algérie française […] Le drame, c’est qu’on a gagné la guerre mais qu’on a donné l’Algérie. Aujourd’hui, on célèbre le 19 mars, mais c’est un jour de deuil et de honte. »

À Saint-Seurin, le maire a choisi le 26 mars, commémoration de la fusillade de la rue d’Isly à Alger, jour au cours duquel des partisans du statu quo de l’Algérie française avaient été pris pour cible par l’Armée française. Et la cérémonie s’est tenue devant une double stèle dédiée au général Salan, « général d’armée, dernier soldat de l’Empire au service exclusif de la France » et aux « fusillés, patriotes, résistants, disparus tombés pour que la France reste en Algérie. »

Dans le cortège de Saint-Seurin le 26 mars dernier, outre le fils du général, Victor Salan, on recensait aussi les représentants d’associations proches des anciens de l’Algérie française, particulièrement de l'Adimad et du Collectif du Non au 19 Mars.  

« La vraie France »

Louis Martinez, délégué pour l’association 4ACg (Association des anciens appelés en Algérie-Tunise-Maroc contre la guerre et leurs amis), fut l’un de ceux qui ayant demandé l’annulation d’un tel rassemblement, écrivant au préfet de la Gironde : « Nous vous demandons […] de bien vouloir interdire cette initiative qui ne peut être que douloureuse pour toutes les victimes civiles et militaires de ces factieux qui veulent poursuivre leurs détestables actions de division de 1962 […] ». Présent « en catimini » le 26 mars dernier, Louis Martinez a observé « un homme en tenue de camouflage, trois autres avec des bérets rouges qui sentaient fort la nostalgie », et écouté les discours, notamment celui qui s’est terminé « en parlant de la vraie France ».  « Mais qu’est ce qu’il y a dans cette expression ? », s’interroge-t-il. 

Sourd aux polémiques, le maire entend bien renouveler l’hommage l’année prochaine

Pas question en tout cas pour le maire Marcel Berthomé de plier devant la polémique. Le 26 mars 2014, sans aucun doute, une nouvelle cérémonie sur la place du Général-Raoul-Salan (le maire a rebaptisé cet espace municipal en 2006) - devrait être organisée : « Nous sommes un certain nombre à avoir vécu cette période. Tant que nous serons encore en vie, nous ferons vivre son souvenir ».


Sud-Ouest : Quand Saint-Seurin célèbre le chef de l’OAS

Sud-Ouest : Un nouvel hommage au chef de l’OAS à Saint-Seurin-sur-l’Isle (33) l'année prochaine

Toulouse : Le pont de l'Infâmie… 19 mars 1962, le "maire" Cohen ose célébrer une capitulation !!!



1 commentaire:

  1. Bravo à ce valeureux maire qui honore l'un des généraux les plus décorés de l'Armée française, dont beaucoup ignorent (ou feignent d'ignorer…) qu'il était sous la IV° République proche de la SFIO, que c'est un gouvernement de gauche qui l'avait nommé général commandant en chef en Algérie, et que, par voie de conséquence, il n'était par aimé des gaullistes… La suite de son parcours est dans la ligne droite de sa rectitude morale : le refus de l'abandon de l'Algérie après 1961 et l'échec du putsch des généraux d'avril 1961, contre le pouvoir gaulliste de l'époque et sa politique d'abandon et de capitulation face au FLN :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Raoul_Salan
    J'ajouterai que c'est en 1982 qu'une loi d'amnistie définitive, voulue par le président François Mitterrand, réintégra cet officier (et tous les autres…) dans ses prérogatives de général et de grand-croix de la Légion d'Honneur. À l'heure où certains vont déposer des gerbes sur les sépultures des terroristes du F.L.N. et de leurs complices, l'action de ce maire mérite d'être hautement saluée.

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