Qui ne risque rien n'est rien… sur le chemin de Damas, alors que les opinions ont cédé face aux faits…
on ne le dit assez : un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi, ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances.

mercredi 23 décembre 2015

Lettre de Noël de l'archevêque métropolitain melkite de Bousra et Houran, en Syrie




L’archimandrite Nicolas Antiba
Métropolite de Bousra et Houran et Jabal Al Arab



Noël 2015

Mes chers amis,

Noël, une de nos grandes fêtes, s’approche à grands pas et s’annonce une nouvelle fois plein d’espoir de paix.

Le « Prince de la paix », notre Seigneur Dieu, émigre de son ciel pour venir habiter parmi nous dans notre « tente » terrestre et se fait « petit enfant » dans une crèche.

Il est accueilli par les bergers et les animaux, l’étoile et les mages, tandis que les puissants de ce monde refusent de l’accepter comme roi et prince, car Il les dérange. Malgré tout cela, Il prend chair d’une jeune fille vierge que lui-même a choisi. Quelle joie pour les anges voyant leur prince s’incarner ! Ils se révoltent contre les grands pour clamer : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur terre aux hommes de bonne volonté ».

Pas d’exception, la paix est gratuitement donnée à tous ceux qui la cherchent. Nous aussi, nous la demandons de cet enfant né, Dieu éternel. Nous Lui prions de l’accorder en changeant le cœur des belligérants et en insufflant la réconciliation ! Puisse ce « Petit » de la crèche embaumer nos blessures et faire de nous une « nouvelle créature » !

[…] Jour après jour, le nombre des orphelins augmente ! En effet, le tunnel de la guerre est sombre et voilà que l’émigration s’accroît légalement et illégalement vers l’Eldorado de l’Europe via la Turquie ! Seul, le village de Khabab, siège de l’évêché, voit partir déjà dans les environs de 550 personnes ; le village voisin 350… Ce sont des jeunes qui partent ! C’est une vraie plaie qui frappe nos communautés chrétiennes !

Un autre élément qui pousse à cette émigration est la peur. Je prends courage en mentionnant l’événement suivant. La dernière semaine de septembre, les rebelles du front Al-Nusrah, ont, pendant trois jours consécutifs, lancé des obus (environs 70) sur notre village de Khabab et pas loin de l’évêché. Je remercie le Seigneur et tous les saints qui nous ont protégés. Il y a eu beaucoup de dégâts matériels et plusieurs blessés, mais pas de morts ! Après le premier jour, les écoles fermées, plusieurs familles ont fui le village pour la ville de Damas. Le calme est maintenant revenu, mais la peur y persiste. D’autre part, la salle paroissiale du village de Kharaba a été confisquée par le même groupe de terroristes qui en a fait leur quartier général. Que dirai-je alors des troubles que vous avez récemment eu à Paris, véritable carnage causé par ces attaques barbares ? Nous vivons ces événements tous les jours ! Le lendemain de l’attaque, on a célébré la Divine Liturgie à l’évêché à leurs intentions.

Mais j’ai confiance en Dieu et compte beaucoup sur vos prières. Je mentionnerai ici, à titre d’exemple, nos jumeaux de Biarritz qui ont créé une chaine de prières. Ils sont toujours là à nous aider par leurs prières et faciliter l’accès coûteux aux médicaments pour le prêtre cancéreux de la cathédrale, grâce aux soins des Chevaliers de Malte.

La vie doit continuer malgré toutes les vicissitudes du temps présent. L’année scolaire a repris avec les réunions préparatoires pour la catéchèse. On a ré-ouvert le centre catéchétique dans le village de Izraa. On compte cette année, bien que le nombre ait diminué, presque 1 600 élèves avec 106 catéchètes, distribués sur cinq centres dans le district du Houran seulement. Merci mon Dieu pour Ta bienveillance ! […]

Dans la deuxième moitié de novembre, dans notre patriarcat de Damas s’est tenu l’assemblée des patriarches et évêques catholiques de Syrie, qui a duré trois jours. Beaucoup de discussions et de réflexions :

- sur la situation actuelle de la Syrie,
- le problème de l’émigration,
- les difficultés de l’aide aux besogneux à cause de l’embargo européen et américain,
- la question de l’unification de la date de Pâques…

Tout le monde s’efforce de trouver les moyens de subventions pour son « troupeau ».

Les choses vont de mal en pis ! Malgré tout cela, le Seigneur n’abandonnerait pas les siens grâce aux multiples associations européennes caritatives qui nous ont aidées dans notre situation difficile ; plusieurs parmi vous ont contribué à cette aide !

Entretemps, le patriarcat Syriaque orthodoxe, à l’occasion du centenaire de génocide des syriaques, a mis sur scène une symphonie à l’opéra de Damas. Tout le monde fut invité ; un souffle d’air frais !

Le mois de décembre qui s’approche très vite annonce les fêtes. Cette année, comme vous êtes déjà au courant, le Pape a annoncé l’ouverture d’une année sainte et demandé à tous les hiérarques de la célébrer dans leur diocèse respectif. Ainsi, j’ai demandé à tous mes prêtres de s’associer à moi le samedi 12 pour la fête de saint Nicolas et l’ouverture de l’année sainte. Ce sera aussi l’occasion de distribuer des cadeaux aux enfants, si les subventions arrivent, pour la Noël et le Nouvel An. C’est mon désir et mon espoir !!!

Je remarque que cette missive à l’occasion de la Noël s’allonge et perd de son esprit festif et joyeux. J’arrête ici pour me confier à vos prières après avoir imploré le Seigneur Dieu pour votre protection et la nôtre.

Je tiens, de nouveau, à vous remercier de tout cœur pour votre soutien moral et financier durant ces épreuves. Priez pour moi comme je le fais à votre intention.

Je vous envoie mes meilleurs vœux pour une Sainte Fête de Noël et une Nouvelle Année dans la joie et la paix. Je vous embrasse avec mes amis, les petits, dans le Seigneur en vous saluant « Le Christ est né ! » ; « Glorifions-Le ! »

+ Mgr Nicolas Antiba

Votre Abouna

Source : L'Œuvre d'Orient

Église Grecque-Melkite Catholique - Métropole de Bosra et du Hauran


Rivarol dénonce la propagande délibérée en faveur de Daech sur Radio France





Le 12 décembre dans la rubrique de France Culture « Le Secret des Sources », un étonnant échantillon d’agit-prop a été offert aux auditeurs. On doit bien comprendre qu’aucun représentant, porte-parole, intellectuel, militant de la mouvance d’extrême droite ou de la tradition catholique n’a jamais été reçu à cette antenne et s’il est arrivé exceptionnellement que l’on parla d’eux, ce fut dans une dénonciation systématique par leurs adversaires de ce qu’ils disent et de ce qu’ils sont censés penser.

Outre Frédéric Barreyre, était présent un bel aréopage de techniciens tous contempteurs de Bachar el-Assad et, en réalité, admirateurs honteux de Daech.

Hala Kodmani, une Syrienne opposée à la famille El-Assad depuis des décennies avec sa sœur Bassa. L’une dirigeant l’association Souria Houria, pour le renversement de Bachar el-Assad, l’autre le Conseil National Syrien qui depuis Paris organise une des résistances armées au gouvernement de Damas. L’une et l’autre étant responsables de l’émergence de Daech. Hala tient la rubrique Syrie à Libération, ce qui donne la mesure de l’indépendance des opinions diffusées par ce quotidien sur le Moyen-Orient.

Éric Thompson est un ancien correspondant de RFI à Tunis. Il est l’auteur d’un ouvrage, Les Français djihadistes, dans lequel il exalte ces jeunes gens, convertis ou pas, pour lesquels le nouveau graal s’appelle Syrie. Dans une interview surréaliste qu’il aura donnée à la journaliste de France 24, Armelle Charrier, il explique qu’il y a dans son livre un parti pris : « Donner la parole exclusivement à 18 jeunes djihadistes, à l’exclusion de leurs familles, des services judiciaires, policiers... ». Ce qu’il définit comme “objectivité”. La journaliste, très excitée, enthousiaste, l’interroge : « Il y a un témoignage qui est fantastique parce qu’il raconte une jeune fille qui est derrière son ordinateur, dans un petit village de France, dans une famille catholique et qui cherche comment se convertir sur Google ». (sourire extatique de Melle Charrier).

Éric Tompson : « Clémence, au moment où elle se convertit n’a jamais rencontré un musulman de sa vie. Elle est allée au catéchisme. Elle a eu ses sacrements. Elle est pratiquante [Rien de cela n’est crédible !]. Elle a toujours quelque chose qui la gêne dans le catholicisme et un jour, par hasard, elle tombe sur un exemplaire du Coran : elle a une révélation. Ensuite elle poursuit son apprentissage de l’Islam sur Internet en autodidacte… Elle s’éloigne des mosquées et poursuit sur les forums et les réseaux sociaux. Aujourd’hui elle est en Syrie ». Un véritable conte de fée ! Il résumera toute cette histoire d’une phrase péremptoire : « C’est l’islam qui nous a rendu notre dignité parce que la France nous a humiliés ». Tout au long de l’émission il reprendra ces thèmes faisant une apologie non déguisée de ces jeunes assoiffés d’identité et de spiritualité… dit-il. Il s’étendra longuement d’ailleurs sur la qualité des opérateurs et des programmateurs des services de propagande de l’État islamique.

Puis intervient Éric Biegala, chef du Service Étranger de France Culture qui, inlassablement, discrédite tous ceux qui ont encore un souffle de respect pour les racines européennes, au premier rang desquels la Russie de Poutine. Mais qui passe une partie de ses journées sur les sites de Daech. « Afin de s’informer », dit-il. Sauf que cela est le travail des cellules spécialisées, pas des journalistes. Qui alors ne sont que les relais de cette propagande. Chaque fois que l’un d’entre eux répercute un slogan de Daech c’est une victoire pour lui.

Luc Mathieu, enfin, Prix Albert Londres sur la Syrie, est journaliste à Libération, qui cadenasse donc ce débat. Tous les Syriens, dit-il, qu’il a fréquentés au cours de ses séjours combattent contre le régime syrien. On n’en sort pas. Sous le prétexte de dénoncer la propagande de Daech nous serons bombardés pendant trois quarts d’heure par une véritable opération de communication de l’État islamique. Chacun des participants en est pleinement intoxiqué. On aura droit aux chants patriotiques dont Mme Kodmani nous fera une relation chaleureuse, aux harangues, aux reportages héroïques. La description de scènes de décapitation. On ne nous épargnera pas les journaux radio que M. Biegala aura enregistrés : « Chers auditeurs nous vous présentons le bulletin d’information pour le mardi 19 du mois de Safar de l’année 1437 de l’Hégire… ». On ne manquera pas de nous démontrer à quel point ces gens sont sérieux, professionnels et méthodiques. Mathieu regrettera qu’il n’y ait pas de porte-parole de Daech en Syrie. Auquel les braves journalistes pourraient s’adresser. À ceci près qu’il y a deux agences officielles syriennes opérant à l’intérieur du pays et qui sont systématiquement ignorées parce qu’elles seraient au service du Pouvoir. En revanche depuis le début des troubles ils “s’informent” exclusivement auprès d’une officine infiniment plus douteuse, l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme.

Pour le moment c’est Daech qui gagne. Sa voix est relayée sur tous les réseaux médiatiques d’Occident par les armées de kollabos bénévoles qui y sévissent.

Source : Article extrait de Rivarol n° 3216 daté du jeudi 24 décembre 2015 



mardi 22 décembre 2015

Carte actualisée de la situation militaire en Syrie…





Une carte exceptionnelle. On voit très bien que le territoire hier encore occupé par l'État Islamique (Daesh, ISIS...) se trouve aujourd'hui morcelé, réduit à des poches. Les bombardements russes et l'action de l'Armée Arabe Syrienne et de ses alliés ont désorganisé la secte des Assassins. Outre la localisation précise des positions militaires respectives, cette carte montre très bien la concentration d'ISIS autour des puits de pétrole de l'Est du pays. Un or noir qui faisait la richesse des coupeurs de tête et leur nerf de la guerre. La présence des bandes de l'État Islamique autour des puits de pétrole est significative quand on connait le trafic avec la Turquie.

Cliquer sur la carte pour l'agrandir.


Pour suivre la situation au jour le jour consulter le lien :

КАРТА СИРИИ (КАРТА ОБСТАНОВКИ В СИРИЙСКОЙ АРАБСКОЙ РЕСПУБЛИКЕ НА 21 ДЕКАБРЯ 2015 г.)





lundi 21 décembre 2015

Un Français, Kraiba Safy, soupçonné de meurtre et trafic de drogue arrêté en Thaïlande…



Conférence de presse de la police thaïlandaise au sujet de nouvelles arrestations
de 110 migrants clandestins ou en dépassement d'autorisation de séjour, principalement d'Afrique et d'Asie du Sud
(Photo Bangkok Post de Wichan Charoenkiatpakul)




Le Français Kraiba Safy particulièrement distingué lors de cette conférence de presse


Le Français, Kraiba Safy, 26 ans




Un ressortissant français, dénommé Kraiba Safy, a été tout spécialement distingué lors d'une conférence de presse de la police thaïlandaise tenue au Bureau de l'Immigration de Bangkok ce lundi  21 décembre 2015.

Lors de cette conférence de presse 110 individus en situation de séjour illégal étaient présentés aux journalistes. En marge de ces arrestations figure un citoyen français inculpé de tentative d'assassinat, de détention de drogue et de vol, a précisé la police thaïlandaise.

Kraiba Safy, 26 ans, piteux ambassadeur de la France, a été arrêté le 18 décembre dans le quartier de Silom à Bangkok sur un mandat d'arrêt émis le 11 décembre 2015 par un tribunal de Draguignan sur le soupçon de vol qualifié, tentative d'assassinat d'un compatriote et trafic de drogue.


The Nation : Police nab 110 foreigners in overstay, criminal cases

StickBoy Bangkok : French Drug Gang Leader Arrested In Silom

ตม.แถลงจับคู่ชก ‘บัวขาว’ อยู่ไทยเกินกำหนด-หนุ่มรัสเซียหนีคดีฉ้อโกง-ฟอกเงินกบดานในไทย



samedi 19 décembre 2015

SALAZAR le regretté : dans les ténèbres du monde contemporain, un exemple à méditer…


Salazar, chef du Portugal nationaliste, l’État nouveau, de 1926 à 1968. Peu connu des nationalistes français il transforma ce petit pays, fort d’un empire gigantesque que beaucoup trouvaient anachronique et que certains convoitaient, en une nation moderne. Et, 40 ans après sa mort, 41% des Portugais le considèrent comme le plus grand de leurs compatriotes, devant le navigateur Vasco de Gama… Loin des clichés véhiculés par les tenants de la pensée unique, cette biographie que nous propose Jean-Claude Rolinat remet les choses à leur place.




Synthèse nationale propose depuis le début de l'année 2012 une collection "Les Bouquins de Synthèse nationale"… Une activité éditoriale destinée à renforcer la formation, à la fois historique, idéologique et culturelle des peuples d'Europe.

Le premier ouvrage de cette collection "Les Bouquins de Synthèse nationale", rédigé Jean-Claude Rolinat a été publié en février 2012. Il est consacré à un homme malheureusement trop peu connu aujourd'hui dans les milieux nationalistes : Antonio de Oliveira Salazar (1889-1970), à la tête du Portugal de 1926 à 1968. Antonio de Oliveira Salazar reste un modèle incontestable de chef politique intègre et soucieux du bien commun.

Profondément catholique, Salazar a conduit le pays avec cette conscience de la primauté du spirituel. Ce qui ne l’empêcha pas d’assainir les finances de l’État portugais en instituant un système corporatif qui fit ses preuves. Mais Salazar a protégé tant qu’il a pu son pays et son peuple de cette mentalité matérialiste qui a envenimé l’Europe de l’Ouest.

« Et si, grâce à un travail encore plus intense, à un dévouement encore plus profond, à un sacrifice encore plus généreux, il est possible de rendre le Portugal plus digne, plus riche et plus aimé, et plus facile et plus heureuse la vie de tous les Portugais, si malgré cela nous n’avons ni converti ni désarmé un seul des ennemis de cette œuvre de salut national, au moins aurons-nous pris sur eux la plus belle vengeance, à la manière chrétienne » écrivait Salazar.

Son exceptionnelle probité et son humilité naturelle le distinguent radicalement des politiciens que nous subissons aujourd'hui. Ainsi, illustration parmi d’autres de cette probité, Salazar président du Conseil portugais réglait-il à l’État le loyer de sa résidence d’été ! Nous sommes loin de la mentalité régnant à l’Élysée…

Pourquoi j’ai aimé « Salazar le regretté »

Certains chefs d’État fascinent. On autopsie leur carrière et leur psychisme, pour porter des jugements qui ne sont que celui de l’auteur. Certains autres, plus discrets, restent cachés dans les plis frileux de l’histoire passée. Et puis un jour, on se souvient d’une anecdote, d’une loi ou d’une directive, on tire le fil, et on découd le suaire. On découvre un homme oublié parce qu’il était discret, parce qu’il était discrédité, aux poubelles de l’histoire disait-on. Et on apprend, on se surprend. C’est le cas d’Antonio de Oliveira Salazar. La curiosité éteinte des historiens se réveille alors. Il est encore trop tôt pour scannériser des sagas complètes et objectives, des tentatives heureuses mais non définitives ont eu lieu, mais il faut commencer par le commencement. C’est ce que j’ai aimé dans ce livre.

Aborder ce dictateur en restant simple et lisible est une gageure que Jean-Claude Rolinat a réussie. Ouvrage court, lisible, synthétique mais précis, justifié et référencé, facile à lire. Malgré les épidémies pré-conditionnées, l’auteur ose proposer la description d’une dictature éclairée dépourvue des oripeaux dont on affuble toujours les gouvernements non réellement parlementaires et d’aborder ce sujet en extirpant le diable des idéologies négatives. L’arrivée d’une dictature est toujours le fruit d’un contexte, d’une situation historique qui cristallisa les opinions, les amenant à accepter un régime politique que les démocraties ne peuvent que juger lâchement et sévèrement, lorsque les tempêtes se sont calmées et que le pouvoir leur a été rendu. L’un de ces dictateurs est mal connu : Antonio de Oliveira Salazar, qui régna sur le Portugal pendant 42 ans. Nous apprenons comment il fût amené à prendre en main l’empire portugais menacé, comment il le maintint dans les tempêtes des indépendances, et face à la menace d’une Europe fédérale. Nous apprenons aussi qui était l’homme : certes, séducteur célibataire, mais dévoué d’abord à son pays enraciné dans le christianisme portugais encore intact. Contradictions qu’il convertissait en dynamismes unitaires : tradition et modernité, conservatisme et mouvement, dictature et probité, intégrité, honnêteté, ordre non fascisant. Telle est la source de sa réussite et de la belle image qu’il garde encore aujourd’hui au Portugal. Vertus, bases philosophiques de gestion qui donneraient le haut le cœur aux gouvernements de nos républiques. Patrie unitaire axée sur le bien commun, pouvoir exécutif fort, nationalisme inspiré par une compétition pacifique liée à un néo-corporatisme d’inspiration maurrassienne laissant l’État à sa place, hors du privé dont il ne connaît rien aux ressorts.

Lorsqu’arrivent les tsunamis des indépendances, boursouflés par le vent d’est et celui de Cuba, les résistances, la crise angolaise, la barrière brisée de l’empire, mythe d’une communauté de destin supra-racial qui le protégeait contre les ploutocraties et les marxismes. La question mal connue des états indiens portugais, Ajuda la petite et les poussières d’empire, avec une comparaison judicieuse avec l’Algérie. Puis la « Révolution des œillets », la révolution, opium du peuple. Celui que l’on a en mémoire comme un pantocrator distant et terrible nous apparaît comme un être humain normal, que les vagues du destin déposa à un poste où il s’est convaincu d’avoir à donner le mieux de lui-même à son pays. Certes, l’auteur a la nostalgie de l’homme : n’a-t-il pas baptisé son livre Salazar, le regretté ? Mais il ne s’agit pas d’un résumé hagiographique de la vie de Salazar. Rien n’est caché, par exemple, de l’affaire Delgado, comme des conflits sociaux qui imitaient souvent les méthodes subversives françaises. Ce qui reste, le Portugal post-Salazar, et pour beaucoup de Portugais, le regret. Pas la nostalgie, mais la tristesse de voir leur patrie devenue un petit pays chancelant, étourdi par les maladies européennes.

L’historien qui se penche sur des événements récents prend un risque énorme. Le siècle dernier a été en grande partie le siècle des dictateurs. Le bon sens voudrait que l’on puisse s’y intéresser sans être aussitôt accusé de faire leur apologie. Encore une contradiction positive.


Bernard Chupin, Présent n°7665 du mercredi 15 août 2012


Médias-Presse-Info : Salazar le regretté (Jean-Claude Rolinat)






vendredi 18 décembre 2015

Le colonel Jacques Hogard de retour de Syrie témoigne





Ancien Chef des Forces Spéciales françaises au Kosovo, le Colonel Hogard est l’auteur d’un livre, révélateur pour nombre d’entre nous, sur les dessous de la politique européenne qu’il n’a jamais approuvés : L'Europe est morte à Pristina. Un ouvrage essentiel pour quiconque souhaite comprendre ce qui arrive aujourd’hui. Outre de nombreuses analyses publiées, Jacques Hogard a préfacé Le Septième Scénario, de Stratediplo, qui dresse le bilan alarmant des Forces armées françaises.





*    *    *

Paris le 16 novembre 2015, retour de Syrie
J’étais à Damas vendredi soir avec une importante délégation française composée notamment de cinq députés courageux et de quelques représentants non moins courageux de la « société civile », tous concernés par la situation de la Syrie aux avant-postes de la guerre contre « l’État islamique », quand est tombée la cascade de nouvelles tragiques nous parvenant de Paris où « Daech » venait de déclencher une suite d’attentats terroristes sans précédent contre la France et le peuple français.
Cette attaque terroriste, nous savions tous qu’elle aurait lieu mais nous n’en connaissions bien sûr ni l’heure ni le lieu, ni la forme ni l’ampleur qu’elle prendrait.
Le lendemain matin, la délégation française qui était arrivée en Syrie le mercredi précédent afin de s’informer sur le terrain de la situation, notamment celle des minorités chrétiennes, a été reçue dans un climat de grande franchise par le Président Bachar el-Assad en personne.
Avec gravité et simplicité, celui-ci nous a présenté ses condoléances à l’intention des familles éprouvées et du peuple français ; il nous a dit aussi que nul n’était mieux placé que lui pour comprendre le drame que constituaient ces attaques faisant tant de victimes innocentes, tant la Syrie est en effet elle-même confrontée depuis cinq ans à des tragédies quotidiennes de cette nature.
Ce voyage en Syrie nous aura permis de rencontrer la quasi-totalité des autorités religieuses, du grand Mufti de Syrie au représentant du Patriarche syriaque-orthodoxe en passant par le Cheikh Hekmat al-Hajri, chef spirituel des Druzes de Syrie, mais aussi des autorités politiques du pays, du président du Conseil du Peuple syrien (l’équivalent de notre Assemblée nationale) au Président de la République arabe syrienne, en passant par un ou deux ministres ainsi que de nombreux députés, appartenant à toutes les confessions.
Il nous aura aussi permis de rencontrer de nombreux représentants de la société civile (dont de nombreux chrétiens), le président et les membres de la Chambre de commerce syrienne, des dirigeants de sociétés, des médecins et chirurgiens, le directeur des musées de Syrie, etc. Enfin, nous aurons effectué trois visites très particulières :
- Celle du village martyr de Maaloula, à 60 kilomètres au nord-est de Damas, où les habitants chrétiens ont été attaqués, violentés, chassés par les hordes sauvages du groupe islamiste al-Nosra qui en ont pris le contrôle de longs mois durant, de septembre 2013 à avril 2014, tuant, assassinant, pillant, brûlant, enlevant même des religieuses mais aussi des jeunes chrétiens (trois d’entre eux, s’ils sont toujours en vie, sont toujours aujourd’hui entre leurs mains).
Ce que j’ai vu à Maaloula, les graves dommages causés aux très anciens monastères de Saint-Serge - Saint-Bacchus et de Sainte-Thècle, les icônes volées ou bien dégradées par haine du christianisme, les souffrances infligées aux habitants par ces nouveaux barbares… m’a rappelé étrangement ce que j’ai moi-même vu au Kosovo et Métochie en 1999 où l’UCK persécutait les moines et moniales orthodoxes et brûlaient leurs monastères et leurs églises, tuait, enlevait, torturait les civils serbes, cherchant obstinément à faire du passé table rase.




Réaliser, comme nous l’ont rappelé les chrétiens rencontrés sur place, que ce fameux groupe islamiste al-Nosra n’est autre que celui que le gouvernement français a choisi de soutenir en lui fournissant armes et munitions a de quoi susciter quelques interrogations très fortes !
Comment avons-nous pu, nous la France, nous fourvoyer de cette sorte ?
Au nom de quelle cause, au nom de quel principe avons-nous pu ainsi aider ces barbares, ces terroristes qui s’en prennent aux populations innocentes, de préférence d’ailleurs quand elles sont chrétiennes ?
Il faudra bien que des réponses claires soient données un jour.
Pour la vérité de l’Histoire et l’Honneur de la France.
- Et puis, nous avons visité l’hôpital militaire de Tichrine à Damas. Le plus grand hôpital militaire du pays. Nous y avons vu de nombreux blessés, rescapés des rudes combats que mène l’armée syrienne contre les bandes islamistes, qu’elles se revendiquent d’al-Nosra ou de Daech, peu importe d’ailleurs, car comment en effet faire la différence « entre bonnet vert et vert bonnet » ?
Nous y avons vu ces jeunes conscrits syriens dont certains sont dans leur cinquième année de service, marqués dans leur chair, devenus infirmes pour certains, mais tous frappés dans leurs âmes et dans leurs esprits par les horreurs auxquelles ils ont été confrontés.
Nous y avons vu aussi les bien tristes résultats de l’embargo pratiqué sur les médicaments et autres matériels médicaux indispensables au diagnostic et traitement des blessés de guerre…
- Enfin nous nous sommes rendus à l’hôpital français de Damas, l’hôpital Saint-Louis, dirigé par une jeune religieuse libanaise à la foi rayonnante, sœur Lamia, et servi par une équipe exceptionnelle de médecins, de religieuses, d’infirmières et de personnel de soutien.

L'hôpital Saint-Louis dit "l'hôpital francais", rue al-Kassa à Damas (non loin de Bab Touma… et de Jobar !)

Cet hôpital est situé à quelques centaines de mètres du réduit islamiste du quartier de Jobar. Il en reçoit régulièrement son quota d’obus. Mais surtout, dans une ambiance de tension extrême, d’où la conscience du danger n’est jamais absente, il fait un travail extraordinaire, avec de quasi bénévoles, dans un état de grand dénuement en médicaments et produits de première nécessité… Il sauve, traite, soigne, en particulier des enfants, de toutes confessions.
Mais il faut reconnaître que les enfants chrétiens sont particulièrement nombreux parmi eux. Il faut dire qu’al-Nosra les vise tout particulièrement, comme ce jeudi dernier 12 novembre où une attaque à la bombe est déclenchée contre un bus scolaire transportant des écoliers quittant leur école. Bilanv: 27 enfants morts ou blessés, estropiés à vie, ayant qui perdu deux jambes, qui perdu un œil, du fait des attaques terroristes de ces barbares… mais qui donc cela intéresse-t-il ailleurs qu’en Syriev?
En remettant en perspective cette visite de quelques jours en Syrie, confrontés à la réalité de sa situation mais aussi de la nôtre aujourd’hui en France, il ressort clairement quelques enseignements élémentaires :
D’abord que notre politique étrangère, anti-syrienne et anti-russe, totalement inféodée aux États-Unis et à l’Union Européenne son fidèle vassal, est totalement à revoir.
C’est dans le nord de la Syrie et de l’Irak que se situe aujourd’hui « l’empire du Mal ». C’est donc là que nous devons frapper : à la source.
Mais jusqu’à présent notre obstination à vouloir frapper Daech (d’ailleurs assez timidement lorsqu’on compte le nombre d’interventions sur un an de notre aviation de chasse : moins de 260, pas même une par jour !) tout en soutenant activement al-Nosra afin de faire chuter à tout prix le régime syrien, a surtout souligné notre grande incohérence !
Les Russes depuis le début de leur intervention récente, parce qu’ils sont déterminés et qu’ils y mettent les moyens (40 sorties/jour en moyenne), mais aussi parce que leur aviation agit en coordination avec les troupes au sol, celles de l’armée syrienne et celles de ses alliés iraniens et du Hezbollah, ont une efficacité de très loin supérieure.
Les faits sont là :
En un an d’intervention alliée en Syrie et en Irak, Daech a continué à progresser et à s’étendre inexorablement.
Seule l’intervention russe, en trente jours, a enfin fait reculer pour la première fois les barbares.
Il serait donc temps d’en tirer les leçons et de se décider à rejoindre les Russes et d’apporter sans états d’âme un soutien franc et entier à l’État syrien dans sa lutte contre le cancer islamiste.
Certes cela nécessitera un certain courage : celui de modifier sensiblement nos alliances en commençant par mettre de la distance entre les monarchies pétrolières du Golfe, Qatar et Arabie Saoudite, fermes soutiens des terroristes et nous.
Et en osant dénoncer le double jeu de la Turquie d’Erdogan auquel Daech doit tant.
Il serait temps de constituer une seule et même coalition sincère et unie contre l’islamisme, cette forme moderne des grandes invasions barbares.
Ensuite, et tous nos interlocuteurs nous l’ont demandé instamment, il s’agit de mettre un terme, par tous les moyens, aux flux migratoires, qui en submergeant l’Europe, vident la Syrie et l’Irak. Pour cela, il faut bien évidemment éradiquer Daech, afin de ramener la paix et la concorde dans les régions que le califat a dévastées ces dernières années. Mais il faut aussi simultanément fermer nos frontières, refuser le principe même des immigrés clandestins et cesser de vouloir à tout prix en faire des « réfugiés politiques ». Cela nous a été demandé avec insistance par ces responsables conscients des grands troubles que ne manqueront pas de créer le laxisme et les atermoiements actuels.
Enfin, il faut parallèlement mettre un terme à l’islamisation de la France. Et ce n’est pas la prétendue « laïcité républicaine » qui sera à même de le faire.
Celle-ci a en effet d’ores et déjà échoué. Elle a en effet montré combien elle n’est pas neutre mais systématiquement déséquilibrée, en faveur bien entendu de l’islam, sans doute au nom d’une certaine volonté d’accueil, généreuse mais follement utopique et dangereuse.
Il n’y a pas de laïcité qui fonctionne sans référence claire à une identité. Or celle de la France est chrétienne, n’en déplaise à certains hiérarques au pouvoir.
La France doit donc retrouver et assumer sans complexe son identité et sa culture chrétienne, son héritage judéo-chrétien, ses racines gréco-romaines. La défense de notre civilisation est à ce prix. Elle doit être réaffirmée pour être mieux défendue. La nature a horreur du vide ; du vide spirituel et culturel comme du reste.
Ce sont nos interlocuteurs syriens, les chefs religieux en particulier, qui nous ont recommandé le retour à notre identité comme meilleure garantie face à la décomposition de l’État, de la Nation et de la Patrie.
Alors halte au prosélytisme islamiste financé par nos pseudo « alliés » saoudiens, qataris ou turcs, halte aux minarets et aux écoles coraniques. Halte à la colonisation de notre pays. Accueillons en nombre raisonnable avec humanité ceux qui souhaitent s’intégrer sans faux semblant et arrière-pensées. Mais raccompagnons sans faiblesse dans leurs pays d’origine ceux qui ne veulent ni ne peuvent s’intégrer. C’est parmi eux que se trouve l’avant-garde du terrorisme islamiste dans notre pays, qui sera bientôt rejointe si nous n’y mettons bon ordre, par les djihadistes infiltrés parmi les flots d’immigrés.
En Syrie comme en France, le combat est le même : il s’agit du combat sans merci que livrent les nouveaux barbares au monde civilisé pour le détruire et imposer leur loi infâme.
La Syrie de Bachar el-Assad n’est certainement pas parfaite. Mais la France de François Hollande l’est-elle seulement ? L’ennemi est commun, il est un et un seul. Son nom peut changer mais il s’agit du fondamentalisme wahhabite, que j’ai déjà personnellement vu à l’œuvre sur le sol européen au Kosovo il y a quinze ans et qui continue d’y prospérer sous l’œil bienveillant des États-Unis et de l’Union Européenne.
Il est temps d’ouvrir les yeux, de prendre conscience des graves dangers qui menacent les générations à venir. Celles de nos enfants et de nos petits-enfants.
Un sursaut est encore possible.
Comme l’a écrit récemment Philippe de Villiers, « il n’y a plus ni précaution à prendre ni personne à ménager. Il faut que les Français sachent ».
Je souhaite que le sacrifice de tous ces morts et blessés innocents, de Beyrouth, de Damas ou de Paris, ne soit pas vain. Je souhaite qu’il permette une prise de conscience amenant nos dirigeants à un sursaut salutaire, pour la défense de notre civilisation, de nos libertés, sans laquelle la vie ne vaut rien.

Colonel Jacques Hogard


Blog du général Jean-Bernard Pinatel : Retour de Syrie par le colonel Jacques Hogard

Diaconescotv : Retour de Syrie (par le Colonel Jacques Hogard)



Débat : Philippe de Villiers face à Zemmour et Naulleau… bataclan et compagnie…






* Bataclan : Attirail insolite et encombrant (cf. Larousse)


samedi 12 décembre 2015

Philippe de Villiers : “Le moment est venu de les déférer pour haute trahison”



Un grand moment d'humour visionnaire au service de la Nation…

Philippe de Villiers : “Le moment est venu de les déférer pour haute trahison”

Philippe de Villiers au Salon du Livre de Renaissance Catholique… Quelques semaines après l’énorme succès de son ouvrage “Le moment est venu de dire ce que j’ai vu”, Philippe de Villiers est allé à la rencontre de ses lecteurs au Salon du Livre de Renaissance Catholique. Une occasion pour lui de s’amuser des politiques qu’il dépeint sans complaisances… et d’annoncer une suite…