Qui ne risque rien n'est rien… sur le chemin de Damas, alors que les opinions ont cédé face aux certitudes…
on ne le dit assez : un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi, ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances.

dimanche 20 octobre 2019

Jacques Rigaut… "Mon livre de chevet, c'est un revolver"



Jacques Rigaut quelques jours avant… :
Condamné à l'élégance,
selon un courant d'air fatal,
condamné à l'élégant désespoir des jeunes gens doués,
fait à la hauteur de mon cercueil.

Jean-Luc Bitton : Jacques Rigaut, le suicidé magnifique
Préface d'Annie Le Brun
Hors série Littérature, Gallimard
Parution : 24-10-2019

Paris, novembre 1929 : les « Années folles » s'achèvent. Dans sa chambre d'une maison de désintoxication, un jeune homme se tire une balle dans le cœur. C'est Jacques Rigaut ; le plus beau, le plus radical des dadaïstes. Ce non-conformiste absolu avait prévenu : « Essayez, si vous le pouvez, d'arrêter un homme qui voyage avec son suicide à la boutonnière ». Tous ses amis écrivent, photographient, tournent des films : ils s'appellent René Clair, André Breton, Paul Éluard, Pierre Drieu la Rochelle, Man Ray ou Tristan Tzara. Lui, en dandy désinvolte, ne laisse que quelques fragments et des dettes. Après son mariage avec Gladys Barber, une riche héritière américaine, il vit quelque temps à New York. C'est en passant à travers un miroir, dans une villa de Long Island, qu'il fait la connaissance de son double littéraire : Lord Patchogue.
De retour à Paris, brisé, Rigaut se perd dans les nuits du Bœuf sur le toit, la drogue, l'alcool et les femmes. Personne ne parvient à sauver le fondateur de l'« Agence générale du suicide ». Des années plus tard, André Breton lui rend hommage dans son Anthologie de l'humour noir. Mais c'est surtout Drieu la Rochelle et Louis Malle qui le font entrer dans la légende : Le Feu follet, c'est lui. Rigaut n'est pas mort ; il hante toujours les avant-gardes et la contre-culture des deux côtés de l'Atlantique.
À ce « suicidé magnifique » disparu à l'âge de 30 ans, dont Gallimard a publié les rares Écrits en 1970, Jean-Luc Bitton lui consacre pour la première fois une biographie monumentale. Fruit de quinze années de recherche, illustrée de nombreuses photographies et de documents inédits, cette somme se lit comme le grand roman des « Années folles » et de la « génération perdue ».


Jacques Rigaut, le suicidé magnifique
à paraître le 24 octobre 2019



Un bel article dans Livres Hebdo le magazine de l’actualité livresque




Jean-Luc Bitton : "Jacques Rigaut s'est suicidé le 6 novembre 1929 à la Vallée-aux-Loups, il y aura 90 ans le mois prochain. Le 6 novembre de chaque année, je me rends sur sa tombe pour un petit pèlerinage, la nettoyer et y déposer une rose. J'avais noté lors ma dernière visite que le bac à fleurs était désespérément vide. J'ai décidé d'y planter quelques bruyères. Aurélie Joly et Franck Chevalier qui m'accompagnaient cette année m'ont aidé à la tâche de jardinage et de nettoyage. J'en profite pour les remercier. La tombe était sale, couverte de fientes de pigeons, seules quelques fleurs en plastique déposées par une main aimable égayait l'endroit. On me demande souvent où se trouve la tombe de Lord Patchogue, raison pour laquelle je publie ci-dessus la situation exacte de la sépulture. Avant de quitter le cimetière Montmartre, nous sommes allés rendre visite à l'ami Daniel Darc qui repose à quelques mètres de la tombe de J.R. Deux frères de cœur."











Préparation du matériel pour la vitrine de la librairie L’Écume des pages dans le cadre de la rencontre-signature du vendredi 15 novembre



Livre "Debord" de Jean-Luc Bitton, de son travail sur Jacques Rigaut, du biographe à l'œuvre...
Site de Jean-Luc Bitton

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