Qui ne risque rien n'est rien… sur le chemin de Damas, alors que les opinions ont cédé face aux certitudes…
on ne le dit assez : un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi, ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances.

samedi 25 février 2017

Quand la Syrie s'éveillera…


InfoSyrie emprunte au site realpolitik.tv animé notamment par Aymeric Chauprade, spécialiste français très en vue des questions de géostratégie, cette présentation vidéo où l’historien Philippe Conrad – rédacteur en chef des revues Histoire Magazine et Terres d’Histoire – rend compte du livre Quand la Syrie s’éveillera, paru en janvier 2011 chez Perrin :

Écrit par Richard Labévière, rédacteur en chef de Défense, revue de l’Institut d’études de Défense nationale, et Talal el-Atrache, correspondant à Damas de plusieurs médias français, et par ailleurs arrière-petit-fils d’un des leaders de la révolte syrienne contre le mandat français, le livre retrace l’histoire de la Syrie politique, depuis l’avortement du grand royaume arabe promis par les Anglais et l’établissement du mandat français sur la région en 1920 jusqu’à l’avènement à l’été 2000 de Bachar al-Assad à la tête de l’État. Et on y trouve une analyse de la société syrienne actuelle, qu’on pourra lire avec profit à la lumière des actuels événements.
Entre autre choses, Labévière et el-Atrache rappellent les contentieux opposant historiquement Damas et Paris : détachement arbitraire du territoire libanais dès 1920, politique systématique de morcèlement de la Syrie sur des bases communautaires, cession du Sandjak d’Alexandrette à la Turquie, révoltes locales durement réprimées (notamment en 1925 et 1945). À quoi répondent, côté français, la longue amitié, au temps de la guerre froide, entre la Syrie baasiste et l’URSS, les accusations de manipulations de groupes terroristes au Liban dans les années 80, et l’imputation à Damas, pour le moins hâtive, de l’assassinat de Rafik Hariri en 2005, sans oublier, surtout depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, l’alignement français sur les positions américaines qui voient dans la Syrie baasiste un obstacle aux projets de « remodelage » du Proche-Orient dans le sens des intérêts de Washington et de Tel Aviv.

Tout ceci est à l’origine de l’image caricaturale dont pâtit la Syrie, en France et en Occident. Image contre laquelle s’insurge dans sa préface Alain Chouet, ex-responsable du service de renseignement de sécurité de la DGSE et fin connaisseur du Proche-Orient : oui, dit-il, la Syrie est un État autoritaire, mais pas plus répressif que la Tunisie de Ben Ali et l’Égypte d’Hosni Moubarak soutenus jusqu’au bout par les Occidentaux ; oui c’est un État resté ferme face aux prétentions et agissements des Américains et Israéliens, mais qui avait choisi l’Occident contre Saddam Hussein en 1990, et que, plus récemment, Sarkozy avait voulu intégrer dans son « Union pour la Méditerranée » mort-née.

L’intérêt de l’ouvrage est qu’il a été écrit juste avant le mouvement de contestation actuel. Dans sa préface, Alain Chouet envisage des scenarii pour l’avenir. L’un d’entre eux, qui semble se confirmer, est le raffermissement d’un nouveau « front du refus » unissant la Syrie, l’Iran, et les nationalistes irakiens anti-américains ; l’autre, qui ne semble pas vraiment ratifié par l’actualité en cours, imagine un rapprochement de Damas avec Paris et l’Union européenne – mais il ne faut pas oublier qu’en 2008, Bachar était jugé très fréquentable par Sarkozy, qui l’invitait même à la revue du 14 juillet…

Régulièrement présentée par les médias occidentaux comme une sorte de dictature ubuesque appartenant à l'axe du mal, la Syrie carrefour des civilisations égyptienne, perse, grecque, romaine, byzantine et turque fut pendant une trentaine d'années sous administration française. La Syrie demeure également l'un des berceaux de la chrétienté où vivent, dans une totale liberté de culte, près de 2 millions de chrétiens. Ce pays est en effet l'un des rares États arabes laïcs à garantir un égal accès aux fonctions publiques et privées à tous ses citoyens, hommes et femmes, quelle que soit leur confession. Fruit de nombreuses années de reportage sur le terrain, de sources inédites et d'entretiens exclusifs avec des témoins capitaux, dont le président Bachar al-Assad, ce portrait de la Syrie d'aujourd'hui nous offre un éclairage original sur la situation actuelle du Proche-Orient. De la naissance du nationalisme arabe et de la création d'Israël à l'héritage piégé d'Hafez al-Assad et aux conséquences de la chute de Bagdad en 2003, les auteurs nous révèlent aussi comment l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri a favorisé une tentative de renversement du régime syrien et comment la guerre mondiale contre le terrorisme a ajouté au chaos mondial. Néanmoins, la Syrie est incontestablement redevenue le pays pivot du Proche-Orient : il était temps de mieux le connaître.



Richard Labévière est rédacteur en chef de Défense, la revue des auditeurs de l'IHEDN (Institut des hautes études de défense nationale). Spécialiste du Proche et du Moyen-Orient, il est l'auteur d'une quinzaine de livres dont "Les Dollars de la terreur : les États-Unis et les islamistes" et "La Tuerie d'Ehden ou la malédiction des Arabes chrétiens". Talai el-Atrache est correspondant de la presse française et libanaise à Damas. Arrière-petit-fils de Sultan el-Atrache, le chef de la Grande révolte syrienne (1925-1927), il est lauréat du prix Lorenzo Natali 2007 décerné par la Commission européenne.







mardi 14 février 2017

Saint-Valentin… fête des amoureux, un jour seulement ?



Images d'amour et de fidélité glanées cette dernière année…

À Petropavlovsk du Kamtchatka


Autour des saints Pierre et Paul











À Vladivostok


Autour des saints Cyrille et Méthode
Cyrille et Méthode sont fêtés ce 14 février par l'Église catholique…














Ailleurs, 


… sur une des allées menant au parloir d'une prison…









samedi 11 février 2017

Robert Boissières : 11 février 1942 - 12 avril 1962



Une pensée pour Robert Boissières, né le 11 février 1942 à Toulouse, odieusement assassiné à vingt ans devant le domicile de ses parents le jeudi 12 avril 1962 à Alger par une bande d'aviateurs de l'armée française en vadrouille. Troufions éméchés fervents degaullistes quillards de l'Appel à la capitulation du 19-Mars… Agression gratuite, lâche, imbécile, criminelle.
Geste de Français ordinaires…
Seigneur, voici couler le sang de nos garçons,
Il a tout recouvert la Patrie déchirée.
Quand verrons-nous jaillir, ô tardive saison
De tout ce sang versé, la moisson désirée ?

Faire-part édité et diffusé clandestinement par l’Association générale des étudiants d'Alger (AGEA) :
(Maquette réalisée par Josseline Revel-Mouroz et Hélène Mattéi - AGEA)




 
Robert Boissières, 20 ans
(photo prise peu avant son assassinat)


Aspects de la France, jeudi 19 avril 1962

Nouvelles d’Alger 
(Copie intégrale d’un article non signé publié par Aspects de la France, le jeudi 19 avril 1962. L’original de cette coupure de journal m’a suivi jusque dans mon exil asiatique.)
Le 12 avril 1962, vers 23 heures, un peu avant le couvre-feu, un jeune Français de 20 ans, étudiant en 1ère année de Droit, Robert Boissières, a été tué par les « forces de l’ordre », une patrouille de gendarmerie de l’Air, près du Rectorat, route du Golf à Alger. 
Il venait, avec quatre camarades, dont son frère, âgé de 18 ans, d’apposer des inscriptions "O.A.S." dans le quartier.
Ils rentraient chez eux lorsque, entendant une voiture militaire, ils se cachèrent dans le rebord du talus, parmi les herbes. C’est là que sans sommation aucune, Robert Boissières fut exécuté d’une rafale de mitraillette, tandis que son camarade, Jean Zonza, 21 ans, étudiant en Médecine, était grièvement blessé.
Le quartier fut mis en émoi par cette rafale et en particulier les parents de Robert qui habitent au Clair Logis des P.T.T. Son père, inquiet, descendit immédiatement sur les lieux du drame. Il rencontra un militaire qui lui annonça froidement qu’il venait de « fusiller » un jeune, en même temps qu’il lui tendait la carte d’identité de sa victime. Douleur du pauvre père lorsqu’il reconnut que c’était celle de son fils.
Les Agences de Presse ont donné différentes versions, des versions fausses surtout. On a prétendu qu’un coup de feu avait été tiré. C’est faux. Ces garçons n’étaient pas armés. Mais on use du mensonge pour essayer d’excuser un acte odieux…
Les obsèques de la jeune victime ont été célébrées ce matin, lundi 16 avril, à 9 heures, à la "sauvette". On avait interdit tous faire-part et communiqués dans les journaux. On craignait l’affluence… J’y suis allé avec mes enfants et deux camarades de Robert Boissières.
Malgré toutes les précautions prises par les autorités, il y avait plus d’un millier de personnes à suivre ce malheureux convoi de quelques mètres dans le cimetière de Saint-Eugène, entre la morgue et le dépositoire. Mais obsèques émouvantes, bouleversantes dans leur simplicité, dans leur clandestinité. Foule digne, très impressionnée… Les martyrs de la foi en ont eu d’identiques, et de telles morts, de telles obsèques ne peuvent qu’affermir une religion ou un idéal…
Le jeune frère de Robert, retenu à l’école de police d’Hussein Dey, n’a pas été autorisé à rendre ce dernier hommage… Quelle tristesse.
Ce n’est pas avec de tels assassinats, de tels procédés pour essayer d’étouffer nos sentiments qu’on parviendra à l’apaisement d’une population française de plus en plus survoltée.
Après cette pénible cérémonie, je suis allé ensuite, seul, me recueillir sur les lieux du drame. À l’endroit où est tombé ce pauvre enfant : des bouquets de fleurs, quelques-uns avec ruban tricolore et contre le tronc d’un arbre mort trois lettres sont épinglées : celle d’une mère bouleversée, et deux autres écrites par des camarades de la victime. Lettres qui crient une indignation bien légitime…

Le rédacteur, sous la menace de la censure et de la saisie du journal, malgré son émotion, reste très réservé. Il ne précise pas que la caserne de ces aviateurs jouxte l’immeuble du Clair Logis des P.T.T. Il ne s’interroge pas sur ce que faisaient réellement à cette heure hors de leur base ces aviateurs ? Retour de beuverie ? Ce qui est avéré est que le militaire assassin qui proclama froidement qu’il venait de « fusiller » un jeune, ses acolytes et toute la troupe, jusqu’à tard dans la nuit, fêtèrent ce haut fait de guerre sous les fenêtres des familles des victimes. De plus, nous ne pouvons manquer de nous interroger sur la sanction de cet acte de bravoure. L’assassin et ses complices furent-ils par la suite décorés ? La haine et la bêtise degaullistes n’excluent rien.

Depuis, en France, sur le territoire français métropolitain, partout, chacun risque de croiser l’un de ces ivrognes. Pourquoi ne serait-ce pas celui-ci ? Pourquoi pas celui-là ? De toute façon par leurs votes successifs, et d’abord celui en faveur de l’abandon de l’Algérie, les Français ont sans cesse réaffirmé leur complicité avec ces assassins… Décidément, ce pays m’est définitivement infréquentable… À présent, mon vœu le plus cher reste de n'avoir jamais à vivre dans ce pays d’infâmes, la France,… ni d'y crever,… ni que mes cendres y soient souillées.

Adimad : Robert Boissières

Souvenons-nous… 




lundi 6 février 2017

6-Février : "La mort en face"… Robert Brasillach, le poète assassiné

Robert Brasillach, le poète assassiné

Robert Brasillach, lors de son procès

La mort en face
6 février 1945

Si j'en avais eu le loisir, j'aurais sans doute écrit le récit des journées que j'ai vécues dans la cellule des condamnés à mort de Fresnes, sous ce titre. On dit que la mort ni le soleil ne se regardent en face. J'ai essayé pourtant. Je n'ai rien d'un stoïcien, et c'est dur de s'arracher à ce qu'on aime. Mais j'ai essayé pourtant de ne pas laisser à ceux qui me voyaient ou pensaient à moi une image indigne. Les journées, les dernières surtout, ont été riches et pleines. Je n'avais plus beaucoup d'illusions, surtout depuis le jour où j'ai appris le rejet de mon pourvoi en cassation, rejet pourtant prévu. J'ai achevé le petit travail sur Chénier que j'avais commencé, j'ai encore écrit quelques poèmes. Une des mes nuits a été mauvaise, et le matin j'attendais. Mais les autres nuits, ensuite, j'ai dormi bien calmement. Les trois derniers soirs, j'ai relu le récit de la Passion, chaque soir, dans chacun des quatre Évangiles. Je priais beaucoup et c'est la prière, je le sais, qui me donnait un sommeil calme. Le matin, l'aumônier venait m'apporter la communion. Je pensais avec douceur à tous ceux que j'aimais, à tous ceux que j'avais rencontrés dans ma vie. Je pensais avec peine à leur peine. Mais j'essayais le plus possible d'accepter.
Robert Brasillach, Poèmes de Fresnes




Au berceau de l’enfant Honneur
On a vu deux fées apporter
Deux présents pour l’enfant Honneur
Le courage avec la gaieté.

- A quoi, dit-on à la première,
Sert un présent comme le vôtre ?
– Presqu’à rien répond la première
A donner du courage aux autres.

- L’autre, dit-on à la seconde,
N’est-il pas de trop pour l’Honneur?
– Un enfant, répond la seconde,
A toujours besoin d’une fleur.

Robert Brasillach (30 janvier 1945)


*   *    *

6 février 1945 à 9 heures du matin

Robert Brasillach à Maître Isorni :
« Vous savez, j’ai parfaitement dormi ! »

À 8 heures 30, devant les grilles du Palais de Justice, se forme le cortège des six voitures noires qui doivent conduire à Fresnes les personnes requises par la loi et l’usage pour l’exécution. Tout le long du parcours un important service d’ordre constitué par des gardiens de la paix armés de mitraillettes. Aux abords de Fresnes, le service d’ordre est beaucoup plus dense. Dans l’allée de la prison des gardes mobiles font la haie. Nous attendons quelques instants avec les différentes personnalités devant la grille d’accès au grand couloir qui mène à la détention.

À 9 heures juste, nous nous rendons, suivis d’un peloton de gardes mobiles, à la division des condamnés à mort. Le commissaire du gouvernement François ouvre la porte de la cellule de Robert Brasillach et lui annonce d’une voix sèche que son recours en grâce a été rejeté.

Je pénètre à ce moment dans sa cellule avec Maître Mireille Noël et l’aumônier. Robert Brasillach nous embrasse tous les trois. Puis il demande à rester seul avec l’aumônier. Deux gardiens viennent lui retirer ses chaînes. Après sa confession et quelques minutes d’entretien avec le prêtre il me fait appeler ainsi que Mademoiselle Noël. Il me donne alors ses dernières lettres qu’il a préparées pour sa mère, pour sa famille, pour ses amis, pour Mademoiselle Noël et pour moi-même.

Il me donne également les manuscrits des poèmes écrits en prison et une feuille contenant quelques lignes avec ce titre : « La mort en face ». De temps en temps il me regarde avec un bon sourire d’enfant. Il avait compris, dès hier, que ce serait pour ce matin.

« Vous savez, me dit-il, j’ai parfaitement dormi ! »

Comme il doit revêtir son costume civil à la place du costume du condamné à mort qu’il porte, Mademoiselle Noël se retire et je demeure seul avec lui.

« Oui, restez près de moi », me dit-il.

Il me montre la photographie de sa mère et celle de ses deux neveux.

Il les met dans son portefeuille et m’exprime le désir de mourir avec ces photographies sur son cœur. À ce moment, il a une légère défaillance, il pousse un soupir, et des larmes coulent de ses yeux. Il se tourne vers moi et dit, comme s’il voulait s’excuser : « C’est un peu naturel. Tout à l’heure je ne manquerai pas de courage. Rassurez-vous ».

Il s’habille alors tranquillement, avec beaucoup de soin, refait la raie de ses cheveux devant sa petite glace, puis, songeant à tout, retire d’une miche de pain un petit canif et une paire de ciseaux qu’il y avait dissimulés et qu’il me remet. Il m’explique : « pour que personne n’ait d’ennuis ».

Il range ses affaires personnelles dans un grand sac. À ce moment, il a soif. Il boit un peu d’eau dans sa gamelle. Puis il achève sa toilette. Il a le pardessus bleu qu’il portait au procès. Autour de son cou il a passé un foulard de laine rouge.

Il demande à s’entretenir avec Monsieur le Commissaire du Gouvernement Reboul.

Celui-ci s’avance. Il est raidi par l’émotion, le visage tourmenté, d’une grande pâleur.

D’une voix sourde, Brasillach lui fait alors la déclaration suivante :

« Je ne vous en veux pas, Monsieur Reboul, je sais que vous croyez avoir agi selon votre devoir ; mais je tiens à vous dire que je n’ai songé, moi, qu’à servir ma patrie. Je sais que vous êtes chrétien comme moi. C’est Dieu seul qui nous jugera. Puis-je vous demander un service ? »

Monsieur Reboul s’incline. Robert Brasillach continue :

« Ma famille a été très éprouvée, mon beau-frère est en prison, sans raison, depuis six mois. Ma sœur a besoin de lui. Je vous demande de faire tout ce que vous pourrez pour qu’il soit libéré. Il a été aussi le compagnon de toute ma jeunesse ».

Le commissaire du Gouvernement lui répond : « Je vous le promets ».

Robert Brasillach lui dit pour terminer : « Consentirez-vous, Monsieur Reboul, à me serrer la main ? »

Le commissaire du Gouvernement la lui serre longuement.

Robert Brasillach m’embrasse une fois encore. Il embrasse également Maître Mireille Noël qui vient de rentrer et lui dit : « Ayez du courage et restez près de ma pauvre sœur ».

Il est prêt. Il ouvre lui-même la porte de sa cellule. Il s’avance au devant des personnalités qui attendent et leur dit : « Messieurs, je suis à vos ordres ».

Deux gardes mobiles se dirigent vers lui et lui passent les menottes. Nous gagnons le grand couloir de la sortie. En passant devant une cellule, d’une voix claire, Robert Brasillach crie : « Au revoir Béraud ! » et, quelques mètres plus loin : « Au revoir Lucien Combelle ! ».

Sa voix résonne sous la voûte, au-dessus du bruit des pas.

Lorsque nous arrivons à la petite cour où attend la voiture cellulaire, il se retourne vers Mademoiselle Noël et lui baise la main en lui disant : « Je vous confie Suzanne et ses deux petits ». Il rajoute : « C’est aujourd’hui le 6 février, vous penserez à moi et vous penserez aussi aux autres qui sont morts, le même jour, il y a onze ans ».

Je monte avec lui dans la voiture qui va nous conduire au fort de Montrouge. Il s’est assis, impassible, en me prenant la main. À partir de ce moment, il ne parlera plus.

Le poteau est dressé au pied d’une butte de gazon. Le peloton, qui comprend 12 hommes et un sous-officier, nous tourne le dos. Robert Brasillach m’embrasse en me tapotant sur l’épaule en signe d’encouragement. Un sourire pur illumine son visage et son regard n’est pas malheureux. Puis, très calme, très à l’aise, sans le moindre tressaillement, il se dirige vers le poteau. Je me suis un peu détaché du groupe officiel. Il s’est retourné, adossé au poteau. Il me regarde. Il a l’air de dire : « Voilà… c’est fini ».

Un soldat sort du peloton pour lui lier les mains. Mais le soldat s’affole et n’y parvient pas. Le maréchal des logis, sur ordre du lieutenant essaye à son tour. Les secondes passent… On entend la voix du lieutenant qui coupe le silence : « Maréchal des logis !… Maréchal des logis !… ».

Robert Brasillach tourne lentement la tête de gauche à droite. Ses lèvres dessinent un sourire presque ironique. Les deux soldats rejoignent enfin le peloton.

Robert Brasillach est lié à son poteau, très droit, la tête levée et fière. Au-dessus du cache-col rouge elle apparaît toute pâle. Le greffier lit l’arrêt par lequel le pourvoi est rejeté.

Puis, d’une voix forte, Robert Brasillach crie au peloton : « Courage ! » et, les yeux levés : « Vive la France ! ».

Le feu de salve retentit. Le haut du corps se sépare du poteau, semble se dresser vers le ciel ; la bouche se crispe. Le maréchal des logis se précipite et lui donne le coup de grâce. Le corps glisse doucement jusqu’à terre. Il est 9 heures 38.

Le docteur Paul s’avance pour constater le décès. L’aumônier et moi-même le suivons et nous inclinons. Le corps est apparemment intact. Je recueille, pour ceux qui l’aiment, la grosse goutte de sang qui roule sur son front.

Fait à Paris le 6 février 1945,

Jacques Isorni, avocat à la Cour d’Appel


Pierre Fresnay


Robert Brasillach, « Poèmes de Fresnes » dits par Pierre Fresnay 1/3


Robert Brasillach, « Poèmes de Fresnes » dits par Pierre Fresnay 2/3


Robert Brasillach, « Poèmes de Fresnes » dits par Pierre Fresnay 3/3

Le 6 février 1945 Robert Brasillach était fusillé, victime des vagues de l'Épuration… L'avocat général Philippe Bilger retrace le parcours de Robert Brasillach ainsi que son procès dans son livre : "20 minutes pour la mort, Robert Brasillach : le procès expédié" publié aux éditions du Rocher.

Un procès qui n'a duré que 6h et dont le délibéré a pris 20 minutes (du jamais vu) pour aboutir à la sentence de mort. 20 minutes pour tout revoir, tout peser, tout analyser. Bref, 20 minutes pour rien, car tout était déjà décidé bien avant l'heure :
"… rien, jamais, ne parviendra à justifier cette froide résolution mise en œuvre par une cour d'exception et validée par un général de faire disparaitre un esprit, une âme, une vie de la surface de la France."









dimanche 5 février 2017

François Fillon, martyr d'un simulacre de démocratie



Le meilleur article, je pense, parmi tous ceux qui ont été écrits sur cette affaire… Un article magistralement argumenté et dont le propos n'a pas pour objet de défendre François Fillon mais de porter un regard distancié et réfléchi sur cette affaire pour en comprendre les ressorts. L'objet de cet article n'est pas d'innocenter ou d'excuser les comportements de François Fillon mais de décrire et donner une explication de ce phénomène de lynchage médiatique. Il s'agit de prendre de la hauteur et d'échapper au tumulte.

Il est urgent pour tout citoyen de s'extirper des slogans et gros titres de la presse qui se succèdent pour s'interroger sur les vrais motifs de ce qui se passe. La naïveté serait de croire que tout ce brouhaha médiatique a pour objet de défendre la morale, la droiture et la légalité. Si cela était le cas, toute cette affaire serait sortie il y a déjà bien longtemps et si cela était encore le cas, de nombreux autres hommes politiques devraient subir le même sort.






Les masques tombent, l’affaire François Fillon se révèle être un modèle d’assassinat politique.

Ce matin, sur France Info, un journaliste s’indignait de la réaction de ceux qui critiquent la charge médiatique sur François Fillon en vociférant (enfin presque) « mais on fait notre travail de journaliste ! ». Cette proclamation « On fait notre travail de journaliste » m’a laissé rêveur quand on songe à ce que nous dit, en creux, cette affaire Fillon sur le mode de fonctionnement de notre démocratie.

Pour décrypter et comprendre ce que cache l’affaire Fillon, il convient évidemment de s’abstraire du tumulte médiatique pour poser à plat les données de cette affaire, en apprécier la portée, voir les mécanismes de pouvoir en jeu et essayer d’identifier qui sera bénéficiaire de tout ce brouhaha médiatique.

La mise à plat de l’affaire Fillon

Que se passe-t-il dans la maison Fillon ? La révélation, au moment où François Fillon est devenu le candidat de la droite à l’élection présidentielle française, d’une pratique commune dans le microcosme politique : rémunérer ses proches à des postes laissés à discrétion de l’élu.

La rémunération de Pénélope Fillon par François Fillon

François Fillon a ainsi rémunéré sa femme sur un poste d’attaché parlementaire. Sur ce sujet, rien de neuf dans le monde politique. La plupart des élus, si ce n’est la totalité, emploient des proches sur des postes directement rattachés à l’exercice de leur mandat électif : la femme, l’époux, les enfants, la maitresse ou l’amant et parfois d’autres parents, sont rémunérés sur des postes d’attaché parlementaire. La pratique est courante, non interdite par la loi et connue de la presse depuis des lustres. C’est légal, mais évidemment moralement douteux dans un pays où tant de gens sont au chômage et où on invoque à tout bout de champ la nécessité de faire ses preuves. Certains, dans notre République, bénéficient de piston, de rente de situation en étant les parents ou ami(e)s intimes d’un élu. C’est triste mais ce n’est affreusement pas nouveau.

Ce que l’on peut reprocher à François Fillon sur ce point, c’est d’avoir été comme les autres élus, ni plus, ni moins vertueux. Or, on attend d’un candidat à la présidence de la République une droiture certaine et une exemplarité de fait. Bon, ça c’est dans un monde idéal. Dans nos démocraties du 21ème siècle, la droiture et la moralité sont en dose limitée dans le sang du politique. En somme, sur la question du principe de la rémunération de Pénélope Fillon par François Fillon, il est difficile de faire les vierges effarouchées qui découvrent comment on fait des enfants sauf à avoir une sacré dose d’hypocrisie.

Un autre argument est abondamment déversé par la presse afin d’effarer le citoyen électeur : le montant des salaires versés.

Des salaires pharamineux perçus par Mme Fillon ?

Les parlementaires rémunèrent leurs collaborateurs en puisant dans une enveloppe mise à leur disposition par les institutions. Le montant mensuel de cette enveloppe est de 9 561 euros (si l’Assemblée Nationale est en charge de la gestion du contrat de travail et paye les charges sociales) ou de 14 341 euros (dans ce cas c’est l’élu qui gère le contrat de travail et qui verse lui-même les charges patronales à prélever dans cette enveloppe).

Mme Fillon a été rémunérée de 1989 à 2013 pour un montant de 830 000 euros… bruts ! Et oui, la presse brandit ce montant proche du million d’euros en omettant de préciser que la somme est en euros bruts. En net, Mme Fillon a perçu 639 000 euros et l’État a récupéré 191 000 euros ! En salaire mensuel net, sur la période considérée, Mme Fillon a donc perçu 2 218,75 euros. C’est une jolie somme, mais le travail d’un attaché parlementaire correspond à un travail d’agent de catégorie A de la fonction publique et le montant du salaire net n’est pas manifestement choquant ni déraisonnable.

Les salaires perçus par Mme Fillon sont-il pharamineux ? La réponse est non et cette réponse résulte des chiffres eux-mêmes et non d’un sentiment ou d’une opinion personnelle sur ce que devrait être le salaire d’un attaché parlementaire.

Autre argument avancé pour déstabiliser la candidature de François Fillon : l’effectivité du travail réalisé par Mme Fillon.

Mme Fillon a-t-elle perçu une rémunération de complaisance ?

Une interview de Mme Fillon circule dans laquelle elle dit qu’elle n’avait pas travaillé pour son mari. Là, c’est désastreux. Ou bien Mme Fillon a perçu 2 218,75 euros nets par mois pour un travail effectif ou bien elle a perçu cet argent sans contrepartie. Comment répondre à cette question à la place du principal et de la principale intéressée ? En essayant de suivre un raisonnement logique. Si Mme Fillon n’a pas travaillé pour son mari pendant 24 ans alors quelqu’un d’autre a exercé ces fonctions d’attaché parlementaire car il est impossible à un élu national d’exercer son mandat électif sans l’aide d’un attaché. Or, que pouvons-nous observer ? Un grand silence de la presse à ce sujet. Personne ne nous dit qui a réellement travaillé et surtout qui a travaillé pendant 24 ans pour les beaux yeux de François Fillon, c’est-à-dire gratuitement puisque l’enveloppe réservée à la rémunération de l’attaché parlementaire de M. Fillon servait à rémunérer une femme qui ne faisait rien.

Vous connaissez beaucoup de gens qui travaillent pendant 24 ans sans percevoir de salaire ? Moi non. La logique veut que Mme Fillon ait bel et bien travaillé pour son mari. Alors cette interview ? Rappelons que cette interview a été sortie de son contexte, est ancienne et est l’interview d’une femme qui ne considérait sans doute pas que travailler pour son mari était un travail classique, voire un travail tout court. Je ne vais pas écrire que le couple Fillon est innocent et que le travail a été effectif en l’absence de preuves matérielles mais le bon sens et la logique doivent nous interpeller et nous conduire à poser les bonnes questions. Qui aurait alors travaillé pendant 24 ans sans rémunération pour François Fillon ? Personne assurément. De fait, Mme Fillon n’est certainement pas restée inerte pendant toute cette période. Avant de hurler à la mort politique du candidat Fillon, les journalistes qui font leur travail devraient creuser cette question.

Tout ceci nous interpelle sur le contexte dans lequel surgit cette affaire…

Le contexte

François Fillon, à la différence par exemple d’Emmanuel Macron, n’est pas un jeune nouveau dans le paysage politique. Il a détenu différents portefeuilles ministériels et il a été Premier ministre de Nicolas Sarkozy pendant cinq années… Cinq années au cours desquelles son épouse a perçu une rémunération d’attaché parlementaire. Étrange que la presse qui fait son travail ne se soit pas emparée de cette question à l’époque. Curieusement, ce sujet qui est un vrai sujet légitime, n’est évoqué qu’au lendemain de la primaire de la droite et à quelques mois de l’élection présidentielle. Les Français et les électeurs ne sont pas des gens dénués de sens critique. Il est clair que tout ce remue ménage à un but : tuer politiquement François Fillon. Pourquoi le tuer ? Assurément pour l’empêcher d’accéder au poste de Président de la République. Pour comprendre les vrais motifs du lynchage médiatique de François Fillon, il convient de voir en quoi François Fillon se distingue des autres candidats et quel(s) autre(s) candidat(s) à l’élection présidentielle est susceptible de tirer les marrons du feu.

Sans se lancer dans une analyse approfondie du programme de François Fillon, ce qu’il conviendrait de faire pour mettre en parallèle ce programme avec celui du (des) candidat(s) avantagé(s) par cette affaire, on peut déjà identifier quelques lignes de force qui distinguent François Fillon des autres : sa volonté de réforme, sa vision d’un monde multipolaire, son catholicisme affiché, sa volonté de renouer les liens avec Moscou et la Syrie, sortir le pays d’une situation d’endettement, l’idée de redonner à la France une place forte au sein de l’Union européenne. En clair, François Fillon est une « horreur » pour le système qui depuis des décennies est aux commandes. Quel est ce système : celui du monde financier dont le seul dieu est l’argent et dont le moteur est la consommation des masses sans cesse développée grâce à l’endettement. Système dont le rêve est celui d’un monde globalisé, bipolaire (et à terme unipolaire) où les populations se distinguent par leur indistinction car toutes soumises au dictat de la dépense avec pour finalité à l’existence : consommer pour vivre et vivre pour s’endetter. Je sais, je force le trait mais il n’est pas nécessaire de trop appuyer le feutre sur le papier pour le forcer.

Dans cette affaire, François Fillon a eu le tort de ne pas être le candidat du système en place. Les électeurs de la primaire ont placé en tête de leur choix un candidat qui ne satisfaisait pas aux critères du système. Or, vous le savez bien, qui a l’argent possède le pouvoir. Dans un monde ou plus de 99% des richesses sont entre les mains de 1% de la population, il est hors de question que la démocratie, qui par nature est la loi de la majorité donc des moins fortunés, laisse passer des candidats qui ne sont pas autorisés et souhaités par le système. Ce que les électeurs citoyens doivent comprendre dans cette affaire, c’est que nos démocraties contemporaines sont des simulacres. Oui, on choisit les candidats puis celui qui occupe la fonction suprême mais à la condition que ces candidats soient validés et pré-filtrés par le système lequel est le système financier et le lieu de pouvoir de ces 1% de la population qui possède plus de 99% de la richesse mondiale (8 personnes au monde possèdent même en patrimoine ce que possède la moitié de la population planétaire la plus pauvre cela donne le vertige et permet de comprendre que nos démocraties sont aujourd’hui des simulacres).

La désignation inattendue de Fillon par les électeurs de la primaire a coupé l’herbe sous le pied de ceux qui attendaient la désignation d’Alain Juppé, un candidat en tout point conforme aux désirs du système. Il était donc nécessaire de virer Fillon et nous assistons aujourd’hui à son assassinat politique pour que ce dernier n’accède pas à la fonction présidentielle.

Cette mise à l’écart de Fillon est d’autant plus nécessaire qu’un autre beau et jeune candidat, sorti de presque nulle part, est en vogue et correspond en tout point au profil du candidat du système : Emmanuel Macron. Méditons sur le beau travail des journalistes qui laissent dans l’ombre cette fameuse histoire des 120 000 euros (80% de l’enveloppe budgétaire de représentation du ministère de l’Économie) consommée par Macron avant son départ de Bercy pour financer des prestations sans lien avec le ministère de l’Économie mais en très fort lien avec la préparation de sa candidature présidentielle. Sur ce sujet, mutisme de la presse. On objectera que si 120 000 euros c’est une somme, elle est toujours inférieure aux 639 000 euros de Mme Fillon, heu pardon, reprenons la méthode de désinformation des médias… les 830 000 euros de Mme Fillon. C’est moins important mais cela s’est produit sur une échelle de temps bien plus courte. Mais vu l’efficacité de la dépense de M. Macron, je vous laisse calculer ce que cela aurait représenté sur 24 ans d’activités politiques… cela donne des frissons. M. Macron ne vient pas vraiment de nulle part mais de la banque Rothschild… eh oui M. Macron est un pur produit du système financier et du monde de l’argent. Regardons ses soutiens : Jacques Attali, Pierre Bergé ou le maire de Lyon qui récemment hurlait sa douleur existentielle en déclarant que vivre qu’avec 4 000 euros par mois c'était insupportable… Jamais un candidat se déclarant anti-système n’aura été un candidat à ce point issu du système et validé par ce système.

Enfin la chronologie des évènements parle de façon assez claire : le 25 janvier 2017, le Canard enchaîné publie son article sur l’affaire « Pénélope Fillon », le 26 janvier 2017, le Parquet national financier ouvre une enquête judiciaire et le lendemain plusieurs témoins sont auditionnés… Il faut vite virer Fillon.

En conclusion

Vous l’avez compris : la démocratie a « dérapé » en plaçant François Fillon candidat de la droite française et candidat susceptible d’être élu à la présidence de la République. Le système a vite réagi pour sortir ce candidat gênant de la scène politique et tracer un boulevard à un autre candidat construit, façonné et adulé par le système. Si ce dernier candidat, que l’on peut supposer être Emmanuel Macron, ne devait pas percer, alors ce n’est pas un problème car le nouveau candidat de la droite fera l’affaire car, quel qu’il soit, il sera forcément le candidat désigné de force par le système. Sauf erreur d’analyse de ma part, François Fillon va être sommé de renoncer à l’élection présidentielle pour être remplacé par un candidat cautionné par le système. Les millions d’électeurs qui se sont prononcés lors de la primaire sont donc désavoués et rappelés à l’ordre : vous deviez désigner celui qui était le favori des sondages ! Pour la première fois, jamais le simulacre de la démocratie ne se sera dévoilé avec autant de pertinence aux citoyens qui acceptent d’ouvrir les yeux et de raisonner en dehors de tout mouvement d’humeur.

Un conseil, pour l’élection présidentielle, comme tout est joué d’avance, autant aller à la pêche et conserver en vous une place pour le souvenir de François Fillon, martyr du simulacre de démocratie.




L'​"Affaire"​ Pénélope. Ras le c..!




samedi 4 février 2017

De Lattaquié à la plaine du Ghab… en passant par Qardaha




Aux environs de Qardaha, un panorama magnifique sur le Ghab s'offre à nous chaque fois qu'avec la Communauté Syrienne de France nous faisons le trajet entre Aïn el-Kroum et Lattaquié ou en sens inverse de Lattaquié vers la plaine du Ghab… Lors de chacun de nos voyages, nous nous sommes longuement attardés dans cette région baignée par l'Oronte, la plaine du Ghab et ses environs au cœur de la Syrie occidentale…

Vue panoramique sur la plaine du Ghab depuis les environs de la ville de Qardāḥah - ©Ashraf Zeinah, photographe

Ashraf Zeinah est un photographe au talent immense résidant à Lattaquié… Ici Ashraf Zeinah nous offre une magnifique vue panoramique sur la plaine du Ghab [سهل الغاب] depuis le sanctuaire de Bani Hashem [مقامات بني هاشم], ce sanctuaire ismaélien situé près de la ville de Qardaha [قرداحة], sur le djebel al-Noasrah [جبل النواصرة] aussi dénommée djebel Ansarieh [جبال الأنصارية] ou monts Alaouites [جبل العلويين], chaîne montagneuse de 110 km, culminant à 1 562 mètres au Nebi Younès [جبل نبي يونس ] et séparant la région côtière de la plaine du Ghab…   

Qardaha [قرداحة], cette petite ville de Syrie à environ 30 km de Lattaquié où réside une forte communauté alaouite est aussi le berceau de la famille Assad et le lieu de naissance notamment d'Hafez el-Assad. Une majestueuse statue de Hafez al-Assad se dresse au centre-ville ainsi qu'un immense mausolée où reposent Hafez al-Assad et son fils ainé Bassel al-Assad [باسل الأسد].

Avec ses villages environnants, le district de Qardaha [منطقة القرداحة] atteignait il y a peu de temps environ 17 000 habitants, mais la ville elle-même, à l'habitat dispersé, avec une seule rue principale, dépassait à peine les 2 000 habitants. L'aéroport international Bassel al-Assad [مطار باسل الأسد الدولي] de Lattaquié se trouve à proximité sur le territoire de la commune de Qardaha.
Après Qardaha aventurons-nous vers la plaine du Ghab…

D'Aïn el-Kroum à Lattaquié par une belle route accidentée, vue sur la plaine du Ghab




Notre chemin avec la Communauté Syrienne de France, de Lattaquié à Aïn el-Kroum, en passant par Qardaha




Dans le Ghab…


Dans le Ghab nous nous rendrons principalement à Ain el-Kroum [عين الكروم], Saqiyet Najem [ساقية نجم‎‎], à la citadelle d'Abu Qobeis [قلعة أبو قبيس],
puis al-Skeibyeh [السقيلبية] dans la partie sud et plus au nord à Tahouna el-Haloua [طاحونة الحلاوة], Nobol el-Khatib [نبل الخطيب],
le village d'al-Bahsa [البحصة]‎‎ (balisé "B" en rouge), dans la commune de Jourine [جورين]…

Nous avons longuement sillonné le Ghab, cette plaine où coule l'Oronte (نهر العاصي - Nahr al-ʿĀṣī - le fleuve Insoumis : à l'opposé des autres fleuves de la région, il coule du sud vers le nord) et dont la Syrie moderne a su faire une zone de développement modèle. En effet, jusqu'en 1930, le Ghab n'était qu'une plaine désolée où sévissait le paludisme, occupée en hiver par un immense marécage, où des pêcheurs vivaient dans des huttes misérables ; en été, les montagnards descendaient du djebel Alaouite pour pratiquer, sur les terres libérées des eaux, de médiocres cultures de sorgho, et les Bédouins y trouvaient des pâturages. Les premiers projets de mise en valeur sont élaborés en 1934-1935 pour y installer les réfugiés assyro-chaldéens d'Irak. Ce n'est qu'en 1954 que l'État syrien entreprend un grand projet d'assainissement (drainage) et d'assèchement des marécages, d'irrigation et de développement de l'infrastructure socio-économique. Plusieurs dizaines de milliers d'hectares sont irrigués (riz, betterave à sucre, coton)… …

*   *   *



Une longue soirée de papotages et d'échanges personnels…

Retourner dans le Ghab, c'est d'abord une halte à Aïn el-Kroum [عين الكروم] où nous accueillent toujours avec attention Saloua [سلوى] et Hazem [حازم] ainsi que notre vieil ami, le maître de maison… chez qui nous nous attarderons jusque tard dans la nuit dans de longues conversations, chez qui nous recevrons nos repas, chez qui nous dormirons… et de chez qui partirons toutes nos explorations aux alentours…


Le repas est servi…


Ce soir là, un officier supérieur de l'Armée Arabe Syrienne est venu se joindre à nous et anime la conversation… Il se présente. Dit que dans la région de Raqqa, ses hommes et lui ont été assiégés par les djihadistes, n'étant ravitaillés que par parachutage… deux longs mois avant qu'ils ne soient libérés par l'Armée Arabe Syrienne… Sur son smartphone des photos insoutenables de soldats torturés puis exécutés, de femmes et enfants mutilés… La conversation devient ensuite plus politique. Il tient à ce que nous sachions bien que le conflit actuel est d'origine étrangère… Avec lui nous ne parlerons pas économie, pétrole et gazoducs… L'agression contre la Syrie, selon lui, se fomentait depuis l'assassinat au Liban de Rafic Hariri, ami de Jacques Chirac et homme d'affaires allié privilégié autant de la France que de l'Arabie saoudite. Cet assassinat sera imputé sans preuves à la Syrie voisine. L'invasion de la Syrie malicieusement cadrée dans le contexte des "printemps arabes" sera dès 2011 soutenue et orchestrée par la France, le Royaume-Uni, les États-Unis… La Syrie sera envahie à l'ouest depuis le Liban et la Turquie… L'ouest syrien où opéreront les terroristes "rebelles modérés" de l'Armée syrienne libre (ASL), chers au président Hollande et à Laurent Fabius, inféodés à al-Qaïda rebaptisé "al-Nosra". Autour de ces deux entités étroitement imbriquées, portant barbe ou cravate, soudées par la même adhésion à l'islamisme, se greffent de nombreuses factions aux effectifs mouvants. L'Armée Arabe Syrienne neutralise de nombreux terroristes ; sur ceux qui sont pris l'on découvre très souvent des papiers à la fois de plusieurs groupuscules terroristes : l'engagement des "djihadistes" fluctue vers les plus offrants… Depuis la Turquie et le Sandjak d'Alexandrette c'est la région d'Idleb qui est prioritairement occupée. De l'est, l'invasion viendra d'Irak avec l'État islamique en Irak et au Cham [الدولة الاسلامية في العراق والشام] - [داعش], acronyme transcrit en caractères latins : "Daesh"… Daesh, soutenu par les pétromonarchies du Golfe, et par la Turquie contre les Kurdes…

Aïn el-Kroum [عين الكروم], Saloua [سلوى] et Hazem [حازم]


Aïn el-Kroum… retrouver le maître de maison, un vieil ami


Intense moment d'émotion lorsque nous avons été invités dans cette maison, vers Aïn el-Kroum [عين الكروم], dont trois des fils sont tombés au front face à l'invasion terroriste… sacrifice qui ne fait que conforter la détermination au combat des autres frères… Dans le salon de cette maison, comme ailleurs dans d'autres maisons et sur les murs des villes de Damas aux coins les plus reculés de Syrie s'imposent ces portraits parfois immenses et la présence des martyrs… Communion permanente des vivants et des morts dans un combat juste contre la barbarie et qui ne doit au bout que connaître la victoire…









Dans le Ghab nous avons été, chaque fois, exclusivement accueillis par des communautés syriennes locales. Rencontre des cœurs. Se nouaient des échanges individuels authentiques intenses. Les uns et les autres nous confiaient des témoignages sur leur quotidien, leurs difficultés, leurs espoirs, leur vision d'une situation. De notre côté, outre une écoute et une manifestation de sympathie, nous apportions modestement, du matériel scolaire à une école fréquentée par très jeunes enfants - certains nés après le début du présent conflit.










Rencontre avec de très jeunes enfants dans une école dans le Ghab…



Partout dans les rues d'Aïn el-Kroum sont présents les portraits des enfants de la ville, martyrs tués au combat. Si la ville n'a  jamais été atteinte par l'envahisseur islamiste, ses enfants sont partis défendre leur Patrie là où le devoir les appelait…











À l'est d'Aïn el-Kroum, al-Skeibyeh [السقيلبية] dont la population est constituée en grande majorité de chrétiens orthodoxes orientaux, …  Là, à Al-Skeibyeh, réception au centre du Croissant Rouge Syrien, puis par la municipalité, accueil encore par les autorités de l'église orthodoxe de la ville…


Sur la bordure est du Ghab, le djebel Zaouiyé (935 m) où se situe Apamée reste encore malheureusement tenu par les terroristes… Apamée (Qal`at al-Madhīq - [قلعة المضيق]) n'a pu être découverte qu'avec des jumelles depuis la terrasse d'une maison de al-Skeibyeh [السقيلبية], régulièrement bombardée…




Tout au fond, le djebel Zaouiyé et Apamée : lors de notre visite encore occupée par les agresseurs djihadistes étrangers


Apamée (Qal`at al-Madhīq - [قلعة المضيق]) n'a pu être découverte qu'avec des jumelles depuis une terrasse régulièrement bombardée 


Cette maison d'Al-Skeibyeh [السقيلبية], régulièrement bombardée par les terroristes…


Situation de la terrasse, notre poste d'observation sur Apamée…



En compagnie de notre hôte, le mukhtar,  autrement dit le chef de la communauté



Après Al-Skeibyeh, retour à Aïn el-Kroum, où les femmes restées à la maison ont préparé un repas que nous partagerons dans un hôpital de campagne…  La Communauté Syrienne de France a également préparé une modeste aide en médicaments et nécessaires de pansements… Direction le nord, vers Nobol el-Khatib [نبل الخطيب]… où est installé un hôpital de campagne proche d'un front de combats, au sud de Jisr al-Choghour [جسر الشغور] aux confins du gouvernorat d'Idleb.  Tentes avec lits de première hospitalisation, ambulances blindées, bloc opératoire mobile de campagne… Le jour de notre visite l'hôpital recevait trois blessés, immédiatement évacués après les premiers soins d'urgence vers Lattaquié ou Hama… La veille c'était huit blessés et sept morts… La journée la plus dramatique, nous confiera le général médecin-chef, c'était 322 morts et de très nombreux blessés… 

Le général médecin-chef qui nous a accueillis a invité plusieurs personnalités de la région… Un membre de Hezbollah est présent… Tout le personnel hospitalier participe au repas ainsi que de nombreux soldats…



Avec Tony Dawood, infirmier à l'hôpital de campagne

















Collation prise en commun à l'hôpital de campagne… Au fond on aperçoit la voiture du  bloc opératoire 


Avec notre ami Tony Dawood, infirmier à l'hôpital de campagne



À la tombée de la nuit, après un rapide repas pris en compagnie de l'équipe médicale de l'hôpital et ses invités, le maire de Jourine [جورين] présent parmi les personnalités propose à l'officier qui nous accompagne d'aller vers un village tout récemment libéré, à la rencontre de jeunes soldats veillant au front… En convoi, depuis Nobol el-Khatib, nous nous rendons au nord de Jourine. Sur la route maisons incendiées ou bombardées, carcasses de véhicules militaires, chars immobilisés… Nous poursuivons notre route jusqu'au village al-Bahsa [البحصة‎‎], à seulement trois km du front face aux positions encore tenues par les islamistes. Nous sommes au sud de Jisr al-Choghour [جسر الشغور], aux confins du gouvernorat d'Idleb.
Il a plu… C'est la tombée de la nuit… Ce n'est que désolation… Un village dont la plupart des maisons ont été détruites… Toujours déserté par ses habitants… Seules quelques maisons encore debout sur l'artère principale du village… Deux mois durant al-Bahsa a été occupé par les bandes armées islamistes. Une cinquantaine de ses habitants ont été exécutés, décapités. Al-Bahsa a été repris il y a peu aux djihadistes d’al Nosra… Soudain surgissent au balcon d'une de ces maisons sans lumière un groupe de jeunes soldats… Ils se sont rhabillés à la hâte pour nous saluer… Puis, de la nuit jaillit une colonne d'autres soldats, fatigués, sales… après avoir été relevés, ils reviennent du front tout proche…
Ce sont de jeunes soldats volontaires. Ils sont arrivés là d'un peu partout de Syrie. Notre accompagnateur dans son statut d'officier de l'Armée Arabe Syrienne leur explique la raison de notre présence. Puis il leur adresse une brève mais chaleureuse harangue de félicitation et d'encouragement. Il nous fait remarquer que ces combattants-là ont été et seront toujours insensibles aux tentatives de corruption, quelles que soient les sommes offertes par envahisseurs et leurs complices. Jamais ils ne se laisseront acheter… Alors que sur le mur d'en face on peut encore lire l'inscription djihadiste : « Nous sommes venus vous égorger », le poing levé ou le doigts en V de la victoire ils répondent en chœur :

« Dieu… et la Syrie… et Bachar, c'est tout » !

« Avec notre âme, avec notre sang, nous nous offrons à la Syrie » !


Au nord de Nobol el-Khatib [نبل الخطيب], le village d'al-Bahsa [البحصة]‎‎(balisé "B" en rouge), dans la commune de Jourine [جورين]


Sur le mur de cette maison occupée par les soldats de l'AAS les inscriptions des armés islamistes n'ont pas été effacées…
Leurs intentions se résument par cette déclaration aussi "modérée" que possible :
"Nous sommes venus vous égorger"

L'image ci-dessus est particulièrement significative quant à la nature et aux objectifs des djihadistes… Significatif aussi que les jeunes soldats ayant chassé les envahisseurs terroristes et logeant dans cette maison n'aient pas effacé ces inscriptions dont ils ont perçu tout le néant… Y sont dévoilés tout à la fois :
- leur blasphème par l'invocation de "dieu" pour une récompense des actes criminels d'un de leurs comparses :
« Abou Laith, on ne t'oublie pas… et que "dieu" te donne ta place au paradis »
- le fractionnement des djihadistes en groupuscules armés, sur ce seul village trois factions terroristes islamistes ont envahi les lieux et apposent leur signature :
« Adjnad al-Chame, al-Mouetassem Bi Allah, Abou Hourira al-Chami »
- la seule mission de ces groupes armés : égorger !
« Nous sommes venus vous égorger »


Encourageons et disons toute notre admiration à ceux qui, sur le front, se battent vaillamment










Après al-Basha, retour vers Aïn el-Kroum… En chemin nous faisons une halte dans le village Tahouna el-Haloua  [طاحونة الحلاوة], le Moulin des Douceurs ! Nous sommes accueillis dans une grande maison propriété du maire de la commune… Le maire a mis sa maison à la disposition de déplacés… Ils sont là une trentaine environ. Quelques hommes, des femmes des enfants… Un thé nous est offert…  Certains nous disent comment ils sont arrivés là et les sévices subis de la par des islamistes… Heureux d'être encore en vie… Tous ont connu dans leur famille des personnes assassinées… Qui un père… Qui un frère… Qui un fils… La plupart d'entre eux viennent de Qalaat al-Madiq [قلعة المضيق], Apamée… que nous avons pu observer avec des jumelles depuis al-Skeibyeh [السقيلبية]…   


… apporter un peu de réconfort à ceux, déplacés, blessés ou endeuillés, victimes d'une agression venue de l'étranger




Des médicaments encore et des vêtements chauds en ce début d'hiver rigoureux au Croissant Rouge Syrien et à un Centre d'accueil de déplacés à Hama… Loin de Damas nos repas étaient toujours pris en commun avec ceux que nous rencontrions et nous recevaient…
Partout, hors de Damas, les activités de solidarité ont laissé le tourisme au second plan…  Une visite à Abu Qubeis fera exception…









De la côte méditerranéenne au Ghab, nous avons franchi le djebel Ansarieh… Gravissons à nouveau cette chaîne montagneuse aux environs d'Aïn el-Kroum,  pour une visite de la citadelle ismaélienne de Abu Qubeis, Qalaat Abu Qobeis [قلعة أبو قبيس]… Vue panoramique sur la plaine du Ghab… avec ses innombrables villages… Lequel est majoritairement alaouite ? Lequel serait sunnite ? Lequel peuplé de chrétiens orthodoxes ?  Des questions que poseront des visiteurs occidentaux mais qui ne semblent pas préoccuper nos accompagnateurs syriens ayant parfaitement intégré une conception vraie de la laïcité… Seule exception… Il fait déjà sombre, il est tard dans l'après-midi et il y a eu de l'orage… Au loin, d'un village l'on n'aperçoit que peu de lumière… "Ce village là-bas est occupé par les djihadistes"…  Lesquels ? Les connexions entre les différentes factions sont inextricables et mouvantes… Les villageois qui ont pu fuir se sont réfugiés autant que possible dans le voisinage… Souvent les frontières ne sont pas étanches, des secours en vivres et médicaments s'organisent avec les zones libres… et ne devraient bénéficier qu'aux seuls citoyens syriens… Quand la situation est trop grave dans un vaste périmètre, alors la population fuira massivement est sera accueillie dans des centres de déplacés…








*   *   *


Dans le Ghab entre Aïn el-Kroum [عين الكروم] et Al-Skeibyeh [السقيلبية]… puis Muhradah [محردة] et Hama [حماة]…

Quittons le Ghab en direction de Hama. À Hama, accompagnés d'une forte équipe du Croissant Rouge Syrien, visite d'un centre de déplacés installé dans une école réquisitionnée… Contact avec ces enfants peut être encore plus empreint d'émotion que lors de rencontres avec des soldats… Perception de leur malheur actuel mais aussi impossibilité de ne pas penser qu'eux aussi risquent un jour d'être impitoyablement appelés au front… Difficile de retenir quelques larmes… surprises mêmes dans les yeux de la responsable du Croissant Rouge Syrien qui nous guidait, elle pourtant au contact quotidien de ces enfants et de leurs famille… Larmes inopportunes très vite séchées face à l'accueil de ces enfants, leurs jeux, leurs démonstrations d'affection, leur apparente insouciance malgré un fond de grande tristesse… Des enfants qui sont parfois avec leurs parents… mais malheureusement très souvent orphelins… L'islam interdisant toute rupture avec la filiation biologique, l'adoption telle que conçue en Occident est impossible. Ces orphelins pourront certes être aidés, accueillis dans des familles mais resteront toujours pupilles de l'État syrien.





















Ces déplacés, ayant fui massivement les zones investies par le terrorisme - État islamique, al-Nosra et autres groupuscules terroristes tous gavés de Captagon - et leurs exactions, sont malheureusement nombreux à Hama, Damas comme dans les autres grandes villes libres. Leur condition est extrêmement difficile… écoles surpeuplées, maisons surpeuplées… S'ils ne sont pas pris en charge dans des centres d'accueil ils ont à faire face à des prix de loyers en hausse constante du fait de la pression du nombre de déplacés… Si les nourritures ne manquent pas, ces déplacés appauvris n'y ont souvent accès que grâce à la solidarité de leurs nouveaux voisins, les habitants des villes d'accueil ou à des aides publiques… Ce sont sans doute eux, enfants comme adultes, qui ont le plus besoin d'une aide venue de l'extérieur… Les voyages de solidarité organisés par la Communauté Syrienne de France, modestement, peuvent contribuer à les soulager, eux, les plus miséreux ou les plus courageux qui n'ont pas cédé à l'appel néfaste à l'exil, encouragé par la propagande étrangère… Venir en Syrie aider directement ces déplacés, c'est aussi lutter contre une immigration désastreuse…



Avant de quitter Hama, une brève halte s'imposait pour admirer les norias sur les rives de l'Oronte


Pour poursuivre aux environs du Ghab, sur l'Oronte, à la découverte des "Assassins" voir les articles suivants écrits à l'occasion de visites avec la Communauté Syrienne de France :

À Masyaf siège d'assassins d'un autre temps…

À Muhradah [ محردة ], malgré la guerre, la vie ne perd jamais ses droits…

De la plaine du Ghab à Lattaquié… en passant par Qardaha