Qui ne risque rien n'est rien… sur le chemin de Damas, alors que les opinions ont cédé face aux certitudes…
on ne le dit assez : un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi, ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances.

vendredi 30 septembre 2016

Saluons en Hollande le digne successeur et continuateur de l'œuvre néfaste de DeGaulle…





Les relations troubles avec l'Arabie saoudite ne datent pas d'aujourd'hui… Hollande là encore s'affirme comme le digne successeur de DeGaulle, qui dès 1967 s'acoquinait avec le roi Faysal… DeGaulle et Hollande : même combat ! Hollande digne continuateur de l'œuvre de DeGaulle… pour la consolider ! Le seul au niveau de DeGaulle parmi tous les présidents de la Ve République ! Ainsi Hollande parachève l'œuvre dont DeGaulle avait établi les bases. Ce que confirme explicitement Bertrand Besancenot, l'ambassadeur de France en Arabie Saoudite sur le site officiel de son ambassade :
"La France et l’Arabie Saoudite sont liées par un véritable partenariat stratégique qui connait aujourd’hui un nouvel élan.
Depuis la rencontre entre le Roi Faysal et le Général de Gaulle en 1967, notre relation passe d’abord par les contacts personnels au plus haut niveau. Cette tradition reste forte : le Président de la République, François Hollande, est venu à quatre reprises en Arabie saoudite depuis son élection."

Au tableau de chasse (très partiel) de DeGaulle :
- plus de 250 000 Harkis et leurs familles livrés à l'égorgement ;
- l'usine de la mort au Camp Boiro en Guinée-Conakry ;
- l'exode de leur terre natale de plus d'un million d'Européens…

Au tableau de chasse de Hollande :
- la mort de plus de 300 000 Syriens ;
- plusieurs millions d'exilés ;
- plusieurs millions de déplacés…




Bel aboutissement de la voie ouverte par DeGaulle !



Confidences de Mouammar Kadhafi :
"Alain Juppé, le plus salopard parmi les meilleurs d'entre eux, sera le plus digne d'assurer la continuité"


Il fût un temps où les traîtres étaient fusillés. Aujourd'hui ils ont été ou sont présidents… Et, ceux qui n'ont pas encore été présidents, toujours cooptés par le Groupe de Bilderberg, sont les plus probables futurs élus…





Ambassade de France à Riyad : Message de l'Ambassadeur

Paris : une princesse saoudienne ordonne à son garde du corps de "frapper" et "tuer" un artisan :
Anticipation saoudienne… Ils font déjà comme si la conquête de l'Europe était gagnée !



dimanche 25 septembre 2016

Magistral réquisitoire contre l'œuvre destructice de la France du traître DeGaulle



25 septembre : journée des Harkis
Ni oubli, ni pardon
Que l'infâme DeGaulle soit maudit à jamais !


« … Que les Français, en grande majorité aient, par referendum, confirmé, approuvé l'abandon de l'Algérie, ce morceau de la France, trahie et livrée à l'ennemi, qu'ils aient été ainsi complices du pillage, de la ruine et du massacre des Français d'Algérie, de leurs familles, de nos frères musulmans, de nos anciens soldats qui avaient une confiance totale en nous et ont été torturés, égorgés, dans des conditions abominables, sans que rien n'ait été fait pour les protéger : cela je le pardonnerai jamais à mes compatriotes : La France est en état de péché mortel.
Elle connaîtra un jour le châtiment. »
Maréchal Alphonse JUIN, 2 juillet 1962
Voilà que cette malédiction s'accomplit…

Tous ceux qui auront écouté cet enregistrement en entier, malgré ses deux heures et plus, auront compris qu'en France rien de durable ne pourra se faire, autant dans le choix des institutions que de ceux qui les servent, tant que le mythe gaulliste, ses tenants et aboutissants n'auront pas été éradiqués… Refuser cette éradication c'est être complice de ceux qui ont fait, continuent à faire, feront encore le malheur de la France. Prétendre restaurer un minimum de dignité nationale sans ce nettoyage de la France du gaullisme c'est pédaler dans la choucroute…

Flanby s'affirme de plus en plus fermement comme le clone politique de DeGaulle ! Flanby par sa démission face à ses responsabilités de chef de l'État offre aux séquelles des méfaits de DeGaulle l'opportunité d'exhaler tous leurs miasmes… Ainsi l'on se retrouve aux pires temps du gaullisme pris dans les rets inextricables de l'ennemi…

Tout comme le maréchal Philippe Pétain a refusé de prendre DeGaulle dans son gouvernement, le président François Mitterrand n'a jamais voulu de Hollande comme ministre. Voilà qui donne à réfléchir !

Tout comme DeGaulle son alter ego en malfaisance, Flanby ce minus est entré dans l'Histoire…
- N'oublions pas que l'Histoire n'est faite que de mensonges… et a de bien mauvaises fréquentations.
- N'oublions pas que DeGaulle responsable de l'égorgement de 250 000 Harkis, soldats de France, est bien lui aussi dans l'Histoire… et la Légende !
Après le coup d'État des gaullistes et des communistes le général (à titre temporaire) déserteur à Londres, sa camarilla et les idiots utiles ont embarqué la France dans son abaissement et sa ruine. La France en subit aujourd'hui, des décennies plus tard, toutes les conséquences avec l'immigration invasion islamique et l'influence néfaste des atlantistes et judéo-maçonniques plus que jamais puissante. Pour sortir du néant dans lequel est plongé le pays, il faudra rompre définitivement avec les mensonges véhiculés par le jugement de Nüremberg en 1945 et surtout par 1789 matrice de tous nos maux.






Manuel Gomez : J'accuse De Gaulle






Dr Jean-Claude Perez : "De Gaulle, l'accélérateur majeur de la décadence occidentale"

La France blanchit son armée en 1944… plus raciste que DeGaulle tu meurs…

R…appel pour un 18 juin !

Dans son délire criminel, DeGaulle avait ourdi l'assassinat du général Raoul Salan

Les collabos de ces égorgeurs du FLN : plus lâches que les lâches fellaghas…

18 juin 2011 à Vitrolles : DeGaulle déserte à nouveau

Christian Estrosi et ses amis…

La trahison de Marine Le Pen, dernier rempart contre l'effondrement de l'ordre établi…

Bécassine s’emmourache de DeGaulle…



samedi 24 septembre 2016

"Nos ancêtres les Gaulois"… sommes-nous tous Gaulois, vraiment ?




Baptême de Clovis. Chroniques de Burgos.
Gundisalvus de Hinojosa. XIVe.



Sommes-nous tous des Gaulois ?

Nicolas Paul Stéphane Sarközy Nagy-Bocsa, fils d’immigré hongrois, et petit-fils par sa mère de Bénédict Malah, juif séfarade de Thessalonique, n’a pas une goutte de sang gaulois dans les veines. Quand il était, en 2006, ministre de l’Intérieur, il se réjouissait que l’expression « Français de souche » eût disparu du langage courant, car la diversité, disait-il, est une richesse… Aujourd’hui candidat à la présidence et désireux d’arracher des voix au Front national, voilà qu’il se met à vouloir nous donner des leçons d’histoire à la façon d’Henri Salvador et à ressortir des souvenirs de l’héroïsme de Vercingétorix. Ne croyons pas que la grâce ait touché ce fils d’immigré ! La référence à « nos ancêtres les Gaulois » date d’après la Révolution de 1789 et elle n’a servi qu’à renforcer le patriotisme jacobin : il fallait à la République, par ce bourrage de crânes simpliste et raciste, faire oublier aux Français que l’élément fondateur et unificateur de leur nation avait été le christianisme. Élu, Nicolas Sarkozy ne nous libérerait donc point du tout du laïcisme qui étouffe la France.

LIGURES ET GAULOIS

En fait, nos tout premiers ancêtres connus furent les Ligures, bruns et de stature moyenne, mais ils furent submergés par les envahisseurs celtes du VIe siècle avant Jésus-Christ. Ces Celtes, rejoints deux siècles plus tard par leurs cousins les Gaulois qui allaient donner son premier nom à notre terre, étaient de grands hommes blonds, vaillants et généreux, impulsifs, aimant les rêves, la poésie, les longs discours et les légendes, hommes de guerre incapables de s’unir en une nation cohérente, épris de lointaines incursions et de pillages. Il semble que, peu à peu, les Gaulois, auxquels il faut ajouter les Belges d’entre Meuse et Seine, s’attachèrent à notre contrée limitée par la mer, les monts et l’eau du Rhin ; ils firent alors de ce sol fertile le pays de la vigne, du blé, de l’orge, du seigle et ils apprirent à nommer et à travailler le hêtre, le chêne, le saule et le bouleau et à fabriquer des tonneaux. Connaissant depuis des temps immémoriaux l’usage du fer, ils se fabriquèrent des outils. À l’abri des immenses forêts, leurs druides, prêtres, juges et maîtres d’école, animaient de vastes assemblées savantes et mystiques, et enseignaient la Création, l’immortalité de l’âme, le mépris de la mort.

Or la conformation de la Gaule se prêtait à toutes sortes d’échanges de courants, ceux du sang, ceux des idées… C’était un isthme, une voie de grande communication entre le Nord et le Midi. La fusion des races commença dès les âges préhistoriques avec l’absorption des Ligures ou de leurs prédécesseurs inconnus, par les Gaulois. Ce qui permettait à Jacques Bainville d’écrire que « le peuple français est un composé. C’est mieux qu’une race. C’est une nation. »

La Gaule aurait pu être grecque. Par Marseille, colonie des Phocéens, elle recevait, outre les produits de l’Orient, l’alphabet grec, les leçons grecques, mais les Grecs n’apportèrent point l’ordre politique dont les Gaulois avaient le plus besoin. Toutes les cités gauloises, tous les cantons, toutes les familles étaient divisés en partis rivaux.

ROMAINS

Cette anarchie causa la perte des Gaulois, car Rome les surveillait, n’ayant pas oublié les incursions celtes du IIIe siècle qui avaient semé la terreur jusque dans la Ville éternelle. En outre, la Gaule était sans cesse menacée par les Germains, et les druides durent demander aux Romains du secours contre ceux-ci. Il se trouva qu’au même moment, Rome éprouvait le besoin d’étendre son influence en Occident pour contrebalancer les richesses asiatiques et africaines qu’elle avait conquises et qui risquaient de lui faire perdre son âme primitive.

Les campagnes de César en Gaule (58- 51 av. J.-C.) furent grandement facilitées par les jalousies et les rivalités des tribus. À aucun moment, même sous le noble et courageux Vercingétorix, la Gaule ne parvint à présenter un front uni. Seulement des coalitions ! Rome trouva des sympathies et des intelligences chez les Rèmes de Reims, chez les Éduens de la Saône, ou chez les Helviens de mon futur Vivarais, rivaux des Allobroges du futur Dauphiné et de la future Savoie… Ainsi la guerre civile livra-t-elle le pays aux Romains. Jacques Bainville avait raison d’insister : « Un gouvernement informe, instable, une organisation politique primitive, balancée entre la démocratie et l’oligarchie : ainsi furent rendus vains les efforts de la Gaule pour défendre son indépendance. » En un sens, les Français d’aujourd’hui donnent toujours une image de Gaulois…

GALLO-ROMAINS

À la Gaule, Rome, par une conquête rude et cruelle, apporta ses bienfaits habituels : l’ordre, l’unité de gouvernement, l’idée d’une justice supérieure aux particularismes, un grand réseau de routes, des aqueducs grandioses, des arcs de triomphe, et surtout sa langue : le latin des soldats, des marchands et des voyageurs, qui allait porter vers les dieux les prières des hommes. Les Gaulois, par eux-mêmes, ne se seraient jamais élevés à la civilisation : romanisés, devenus des Gallo-Romains, ils firent de leur pays la perle de l’Empire.

Rome apportait aussi ses divinités et, sans le savoir, elle fut l’introductrice de la religion du Christ qui vaincrait celle de César. Dès le IIe siècle, dans la ville de Lyon, la resplendissante Blandine, le vieil évêque Pothin, son successeur Irénée avaient fécondé par leur sang la terre de Gaule et ce sang avait été une semence de chrétiens. Au IIIe siècle la persécution avait redoublé et saint Denis, venu d’Orient pour être évêque de Lutèce (Paris), apportant sa tête tranchée à une pieuse femme, illustrait le rôle de la Gaule désormais destinée à recevoir et à transmettre la foi chrétienne.

NOS ANCÊTRES LES CHRÉTIENS

Saint Martin, dont nous fêtons en cette année 2016 le 1700e anniversaire de la naissance à Sabaria (Hongrie), venait de fonder aux environs de Poitiers le monastère de Ligugé et regroupait des âmes éprises de sainteté héroïque et désireuses de se forger pour l’épreuve : un village se fondait tout autour ; ainsi s’ébauchait le paysage campagnard français avec ses paroisses… Martin allait ensuite être évêque de Tours et créer le diocèse-type dont le cadre allait survivre jusqu’à nos jours, tandis qu’au monastère de Marmoutier, sur les bords de Loire, il formait l’armature du futur clergé français. Quand il mourut le 8 novembre 397, ce destructeur d’idoles avait tissé le maillage surnaturel de la prochaine France et installé pour toujours notre pays en chrétienté.

Moins d’un siècle plus tard, en 476, l’Empire romain d’Occident s’effondrait sous les coups du Wisigoth Odoacre, un barbare ! C’était, pour la Gaule, l’annonce d’un avenir de ténèbres et de terreur. Aucune force ne pourrait plus protéger ce pays qu’envahissaient des foules d’immigrés fuyant devant des hordes encore plus barbares. Les leçons de saint Martin allaient être prodigieusement fécondes.

LES HORDES BARBARES

Déjà les Wisigoths, refoulés du Danube, s’étaient vus offrir par le faible empereur Honorius des terres en Aquitaine et autour de Toulouse. Au Nord, les Francs étaient une confédération des peuples germains qui, après avoir constitué des troupes auxiliaires pour Rome, s’étaient établis en Belgique seconde (région de Tournai) et occupaient des terres allant de Reims à Amiens et à Boulogne.

Les Burgondes, d’origine norvégienne, avaient quelque temps gardé la frontière rhénane pour les Romains, avant de s’établir autour de Genève puis de déborder sur la Saône, Lyon et la vallée du Rhône.

Seul le centre du 
pays restait gallo-romain, avec 
les évêques et les
 officiers qui maintenaient à bout de 
bras les légions,
 mais leurs hommes 
étaient de plus en
 plus d’origine barbare. Les évêques 
regroupaient les
 populations apeurées : crosse en main, ils parvenaient parfois à arrêter dans ses pillages le Barbare quand même assez sensible au mystère ! Dans le même sens avait œuvré naguère Ætius, maître de la milice romaine, lequel parvenait à conserver de bonnes relations avec toutes les peuplades. Avec les Huns, ce fut une troupe de bêtes féroces qui déferla et Ætius ne serait jamais venu à bout de leur roi Attila, le « fléau de Dieu », si sainte Geneviève, vingt-huit ans, vierge consacrée de Nanterre, d’origine mi-franque mi-gauloise, n’avait prié fort et forcé les femmes de Lutèce à se refuser à leurs maris si ceux-ci parlaient de fuir. Alors, ce fut la victoire des Champs Catalauniques en 451, à laquelle participèrent ensemble Gallo-Romains, Wisigoths, Burgondes et Francs. Parmi toutes ces peuplades, il est difficile de dire qui sont nos ancêtres…

Le plus grave était que les Burgondes, et encore plus, les Wisigoths fussent devenus les adeptes fanatiques d’une fausse religion : l’arianisme — un christianisme au rabais qui, comme l’islam aujourd’hui, faisait l’impasse sur le “scandaleux” mystère du Dieu fait homme, dévaluait le sacrifice de la Croix et ne reconnaissait nul médiateur entre la créature et son tout-puissant Créateur.

L’on ne pouvait plus rien attendre de la petite enclave gallo-romaine regroupée à Soissons autour de Syagrius, chef de la fantomatique milice romaine, successeur d’Ætius. La seule force apparaissant non hostile au christianisme et capable d’unifier le pays était celle des Francs. Saint Remi, évêque de Reims, s’était attiré l’amitié de leur roi Childéric, que fascinait l’héritage de Rome et qui avait un fils, Clovis, né vers 466. Dès que Clovis devint roi des Francs, à quinze ans, en 481, Remi lui écrivit pour le féliciter. Le jeune roi se montrait soucieux d’agrandir son royaume et défia Syagrius sur le champ de bataille, puis il accepta de se laisser marier avec l’adorable Clotilde, nièce de Gondebaud, roi des Burgondes, laquelle avait échappé à l’arianisme dans un monastère catholique. La mariée n’avait posé qu’une condition : que les enfants nés de cette union fussent baptisés. Clovis eut un peu de mal à renoncer à ses idoles « de bois et de pierre » mais, en 496, alors que la bataille de Tolbiac contre les Alamans s’annonçait mal, sa fierté même le poussa à proclamer le vœu de se convertir au Dieu de Clotilde s’Il lui donnait la victoire.

NAISSANCE D’UNE NATION CHRÉTIENNE

Nous savons la suite : le baptême fut fixé à Reims à Noël de la même année, ce fut le pacte de Reims, non celui d’une personne qui promettait d’être fidèle à Dieu mais de tout un peuple dont les chefs d’alors (3000 de ses officiers) s’engagèrent, pour les générations à venir, à reconnaître la Vérité et à y conformer leur vie personnelle et la vie de la cité. Le sang des martyrs avait manifesté la volonté de Dieu sur la Gaule : il fallait désormais que cette volonté divine rencontrât une volonté politique pour que pût commencer l’Histoire de France (comme allait alors s’appeler notre pays). Le roi des Francs, dévot de saint Martin, voyant très intelligemment la forte identité chrétienne de ce peuple politiquement désemparé par tant d’invasions, en adoptait la religion pour lui donner l’armature institutionnelle qui lui manquait. Tout discours sur l’identité française qui oublie que la France est née d’un baptistère n’est que mauvaise (et mensongère) littérature.

Demander si la France est chrétienne, c’est tout simplement demander si la France existe ! D’autant que si Clovis avait suivi les Wisigoths et les Burgondes dans leur hérésie théocratique et n’avait point montré, en se faisant baptiser catholique, son refus de toute confusion entre les pouvoirs spirituel et temporel, la France ne serait jamais née puisqu’elle aurait été entraînée dans une vaste fourmilière “européiste” tissée par les Wisigoths et leurs cousins de l’autre côté des Alpes, ariens eux aussi : les Ostrogoths. Serait alors née une sorte de Gothie, où la France aurait été noyée. En naissant chrétienne, notre nation affirmait déjà son indépendance ! Il lui fallut ensuite se soumettre les Burgondes et chasser les Wisigoths qui se montraient trop hostiles à la religion catholique.


Donc l’essentiel n’est pas de se référer aux Gaulois qui n’ont en fait pas pesé lourd dans la formation de notre identité, mais de constater que notre pays est un composé qui, sous le signe de l’universalisme catholique fondateur de son identité et de son unité, a vocation à rassembler et à assimiler des peuples divers en une nation forte et bienfaisante. Parler de « nos ancêtres les Gaulois » aujourd’hui, cela ne peut servir à Nicolas Sarkozy qu’à se dresser un paravent si le ciel lui tombait sur la tête en avril-mai 2017…

Michel FROMENTOUX.


Source : Rivarol n°3251 du 29/9/2016

Saint Éleuthère, évêque de Tournai et martyr - 531

*   *   *

« Nos ancêtres les Gaulois » : ils sont fous ces historiens !


L’école gratuite, obligatoire et laïque a fait croire aux Français qu’ils descendent des Gaulois. Le Petit Lavisse, le manuel phare de la 3e République, commençait ainsi :

« Autrefois, notre pays s’appelait la Gaule et ses habitants, les Gaulois. »

Aujourd’hui encore, dans les livres du cours moyen, après « les temps préhistoriques », la Gaule et Vercingétorix continuent de marquer le début de l’histoire et semblent donc confirmer que les « vrais Français » remontent aux « Gaulois », les autres n’étant que des pièces rapportées.

Comprendre que les ancêtres gaulois sont une fiction récente et que la question des ancêtres et de l’histoire doit être posée autrement n’est donc pas inutile. Alors d’abord, qu’est-ce que la « Gaule » ?

Royaumes « romano-barbares » et royaume des Francs : la Gaule, une notion romaine

Contrairement aux manuels qui évoquent l’arrivée des Celtes en « Gaule », comme si celle-ci existait déjà, la Gaule, Gallia en latin, est une invention linguistique des Romains.

Ces derniers nommaient galli les tribus qui, à partir du IVe siècle av. J.-C., menacent le nord de la péninsule italique. Gallia correspond à l’espace occupé par ces galli. La première « Gaule » est donc en Italie !


Gaulois et autres peuples de l’Europe antique vus en 1882


Au fur et à mesure qu’ils poursuivent leur conquête, les Romains distinguent la Gallia cisalpina en Italie et la Gallia transalpina de l’autre côté des Alpes. Quand César, au milieu du Ier siècle av. J.-C., atteint le Rhin, il décrète que le fleuve est la frontière entre Gallia et Germania. Espace purement géographique, cette Gaule est un territoire morcelé entre des peuples nombreux et César lui-même parle de la guerre des Gaules.

Jusqu’à la chute de l’Empire romain d’Occident, la Gaule est une fiction géographique. Au IVe siècle ap. J.-C., aucune entité administrative de l’Empire ne porte ce nom. Les grandes migrations de peuples venus de l’est et du nord, qui ont contribué à la disparition de l’Empire romain, font naître de nouvelles configurations aux limites flottantes, les royaumes dits « romano-barbares ». Citons par exemple la Burgondie (future Bourgogne), l’Aquitaine des Visigoths, l’Allemanie, l’Austrasie…

Au début du VIe siècle, les Francs – l’un de ces peuples venus de l’est –, réussissent, grâce aux succès militaires de Clovis, petit roi de Tournai soutenu par l’Église, à imposer leur domination sur la plupart des autres royaumes.

Dans la deuxième moitié du VIIIe siècle, tandis qu’au sud des Pyrénées, des califes arabo-musulmans gouvernent l’Espagne, Pépin le Bref, un grand d’une autre famille franque, les Pipinides (futurs Carolingiens), s’empare de la royauté franque par un « coup d’État » et est sacré roi des Francs par le pape. Charles (Charlemagne), son fils, est proclamé empereur en 800.

Les royaumes placés sous la souveraineté des Carolingiens s’étendent de l’océan à l’Elbe, la Bretagne restant à l’extérieur. L’histoire des conflits et des partages ultérieurs du grand royaume des Francs est complexe et mouvante. L’important est de comprendre que cette histoire est, si l’on veut, européenne, et que l’idée qu’il s’agit de l’enchaînement d’une histoire « de France » se déroulant des Gaulois aux rois capétiens est fausse.

Un royaume dit « de France » (regnum Franciae en latin) n’apparaît dans les textes que vers le XIIIe siècle. Annexer Clovis et Charlemagne à l’« histoire de France » est donc abusif.

Populations métissées et langues multiples : pas d’horizon « gaulois »

Ces siècles ont connu, en Europe occidentale, des brassages, des métissages de populations et une très lente transformation des parlers. Dans le cloisonnement de ruralités aux communications difficiles, les langues foisonnent, le latin demeurant celle de l’écrit, des manuscrits, des clercs et des chancelleries. De grands ensembles linguistiques encadrent cette diversité.

Au sud, les langues d’oc sont fortement marquées par le latin, sauf l’insolite enclave basque des deux côtés des Pyrénées atlantiques.

Entre Loire et Meuse, les langues d’oïl, brassage de parlers francs, celtes et latin abâtardi, offrent de multiples variétés.

Au nord et à l’est, les langues restent germaniques, tandis que dans l’Armor, les Bretons immigrés de (Grande-)Bretagne aux IVe et Ve siècles ont (re)celtisé les parlers.

À cet univers multiethnique et multilingue, la puissante Église catholique, régie par le pape et les évêques, a conféré au long des décennies une unité spirituelle. Elle cautionne aussi le système de relations – la féodalité – qui se diffuse au IXe et au Xe siècles : la société dite d’ordres qui établit une stricte hiérarchie entre ceux qui prient, ceux qui combattent et ceux qui ‘travaillent’ pour nourrir tous les autres.

Des communautés juives, dont certaines implantées dès l’Empire romain, sont disséminées en petits noyaux jusque sur le Rhin. Elles cultivent leurs propres traditions, non sans contacts avec l’environnement chrétien en pays d’oc, musulman et chrétien en Espagne. La grande persécution des Juifs par les chrétiens ne commence vraiment qu’avec la première croisade, prêchée par le pape en 1090.

Le Xe siècle voit la lente ascension d’une nouvelle famille franque venue d’Austrasie, les Robertiens, futurs Capétiens. On leur chercherait en vain des ancêtres gaulois. La notion romaine de Gaule survit fugitivement dans les hautes sphères de l’Église. Mais les ancêtres des Capétiens, ‘rois de France’ au XIIIe siècle, sont de valeureux guerriers francs descendant des légendaires Troyens vaincus par les Grecs au temps du roi Priam.

L’origine troyenne des Francs est racontée dans la première grande histoire à la gloire des rois de France rédigée au XIIIe siècle par les moines de l’abbaye de Saint-Denis. Pas trace d’ancêtres gaulois dans ces grandes ‘Chroniques de France’ ni dans aucune ‘histoire de France’ jusqu’au XIXe siècle !

Du mythe troyen au mythe gaulois : les effets pervers de l’origine gauloise

Les Gaulois vont d’abord apparaître avec les grands bouleversements intellectuels et techniques des XVe et XVIe siècles : l’humanisme, l’imprimerie, la redécouverte des textes de l’Antiquité.

Certains écrivains qui, comme tous les contemporains, pensent que l’origine de l’humanité est écrite dans la Bible, vont substituer les Gaulois aux Troyens comme ancêtres des Francs. Ils les décrivent comme un peuple fabuleux descendant de Noé, le patriarche dont l’arche a sauvé l’humanité du Déluge.

Au XVIIIe siècle, les débats autour des ‘Gaulois’ se modifient en s’idéologisant. Ancêtres du peuple, ils s’opposent aux ‘Francs’ qui sont les ancêtres des aristocrates. La Révolution voit donc le triomphe des ‘Gaulois’.

Un peu partout en Europe, l’idée se diffuse que les nations nouvelles ou à former descendent d’un peuple primitif. Pour les historiens français héritiers de la Révolution, les Gaulois sont ce peuple primitif. Ils deviennent alors l’objet de savantes études ou d’imageries populaires (grands, blonds, longues chevelures, teint clair…).

Le personnage de Vercingétorix est alors imaginé, à partir d’une phrase ambiguë de César, comme le premier de nos héros (inconnu avant le XIXe siècle). Il entre en fanfare dans les manuels d’histoire du Second Empire puis de la République.

Cette lecture du passé français à travers la grille d’une Gaule qui préfigurerait la ‘nation’ est obsolète et non sans effets pervers. D’une part elle conditionne spatialement le passé autour du seul Hexagone, excluant de ce passé tout ce qui géographiquement lui est extérieur, comme les Antilles ou même la Corse.

Elle confère à la durée de la présence sur le sol hexagonal présumé ‘gaulois’ une vertu quasi-magique au nom d’une antériorité généalogique qui serait synonyme de supériorité.

Une garantie de l’unité et l’indivisibilité nationale pour les fondateurs de la République

D’autre part, et c’est le plus grave, l’idée d’une souche gauloise ethnicise fantasmatiquement la ‘véritable’ nation et nie la diversité raciale et culturelle qui a constamment accompagné la création historique de la France.

Le royaume en son commencement du XIIIe siècle juxtapose des pays aux parlers et coutumes différentes. Les Antilles esclavagistes du XVIIe siècle ajoutent un nouveau volet à cette histoire. L’histoire de la France ‘Gaule’ et d’un peuple français d’origine ‘gauloise’ fabriquée au XIXe siècle correspond à la vision des fondateurs de la République et garantit à leurs yeux l’unité et l’indivisibilité nationale.

Or, paradoxalement, cette histoire coïncide avec les premières grandes vagues d’immigration de travailleurs italiens, belges, polonais et Juifs venus ‘d’ailleurs’, et avec l’expansion coloniale qui élargit l’espace ‘français’ à l’Afrique et à l’Indochine.

Et cette version de ‘nos ancêtres les Gaulois’ a ainsi été imposée dans les écoles des lointaines colonies. Mais cette histoire de la France ‘Gaule’ est aujourd’hui obsolète pour décrypter une identité française aux multiples racines post-coloniales et mondiales.




lundi 19 septembre 2016

Bêtifier toujours plus, pour conquérir les foules : l'Élysée réinterpréte les expos coloniales…



Flanby serait-il jaloux de la renommée de Sawtche, la "Vénus hottentote" ?… L'Élysée transformé en zoo humain ! Flanby parqué et exposé comme aux plus beaux temps des expos coloniales…
Pourquoi ne pas rendre cette expo itinérante ? Le Gabon serait intéressé. Damas aussi… Et pourquoi ne pas commencer par Moscou ?


"Dis papa, tu crois que j'ai le droit de lui donner à manger ?"



La "Vénus hottentote"





dimanche 18 septembre 2016

La situation dans le Donbass dans le contexte des processus géopolitiques contemporains



Le Parloir Chrétien du Colombier


Emmanuel Leroy : Les causes cachées de la guerre dans le Donbass

Emmanuel Leroy est le président de l’association humanitaire Urgence Enfants du Donbass, qui a déjà réalisé trois missions d’assistance aux enfants de Donetsk depuis mai 2015. Il analyse ici les causes profondes de la guerre du Donbass et de la déstabilisation de l’Ukraine, prélude à la déstabilisation de la Russie, que l’oligarchie anglo-américaine prépare depuis des décennies, voire des siècles.

« Ce n’est pas une guerre civile, contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire, entre Ukrainiens de l’Est et Ukrainiens de l’Ouest, c’est la suite de la guerre de Crimée de 1856, des deux Guerres mondiales et de beaucoup d’autres. Bref, c’est la poursuite du Grand Jeu de Kipling, qui ne cessera que le jour où l’idéologie anglo-saxonne aura triomphé ou plutôt, ce que j’espère, aura été vaincue. La Russie, de mon point de vue, représente aujourd’hui le dernier point de résistance contre l’Empire anglo-saxon et ses métastases, le Donbass est aux avant-postes de cette guerre sans merci. »




Cette conférences au "Cercle de l'Aéropage" reprend les termes d'une conférence tenue à l'Université de Donetsk, le 10 mai 2016. Ci-après le compte rendu de cette conférence de Donesk par Erwan Castel par son blog d'actualités "Donbass ! Le jour où le cœur de l'Europe s'est remis à battre…".




L'analyse d'Emmanuel Leroy lors de la Table ronde
Université de Donetsk, le 10 mai 2016.


Je vais essayer de vous présenter ma vision de la guerre que l’Occident mène dans le Donbass depuis bientôt deux ans, par l’intermédiaire de ses supplétifs de Kiev ou par les mercenaires venus du monde entier pour casser du Moskal, comme certains disent à Lvov.

La grande erreur, de mon point de vue, serait de s’en tenir aux apparences et même de celles qui ont été peu médiatisées, du moins en Occident. Ainsi par exemple, tous ici nous savons, grâce à madame Victoria Nuland, que les États-Unis ont investi 5 milliards de dollars depuis 1991 en Ukraine. Officiellement, cet argent a été investi pour – je cite Mme Nuland – « favoriser la participation citoyenne et la bonne gouvernance […] et aider l’Ukraine à devenir prospère, sûre et démocratique ». Il est certain que lorsque l’on vient en Ukraine aujourd’hui, on voit partout la prospérité, la sécurité et la démocratie !

Je ne connais pas le détail de l’affectation de ces 5 milliards de dollars, mais j’ai observé que pendant ces années post-soviétiques en Ukraine, comme dans d’autres pays de l’ancien Pacte de Varsovie, on avait vu de nombreux pasteurs évangélistes venir convertir les populations, car la propagande religieuse est une des armes qu’utilisent les Anglo-saxons pour subvertir les esprits. Une partie de ces 5 milliards a certainement été utilisée aussi pour transformer les manuels scolaires et les ukrainiser, afin de favoriser l’émergence d’un sentiment national ukrainien qui se dresserait contre Moscou ou tout ce qui représente l’âme russe. De la même façon, ont dû être financées par Mme Albright, M. Soros et leurs amis, des associations culturelles ou religieuses pour développer les sentiments anti-russes.

Depuis l’élection de Léonid Kravtchouk en 1991 jusqu’à nos jours, c’est-à-dire pendant un quart de siècle, les Américains auraient donc investi 5 milliards de dollars pour arracher l’Ukraine à la sphère d’influence de Moscou. Cet argent aura été employé dans les sphères politiques, religieuses, artistiques et culturelles, économiques, afin d’influencer les esprits et provoquer des mutations profondes dans la pensée des gens par la réécriture de l’Histoire, la désinformation, l’occultation de certains faits ou la déformation de ceux-ci. Voilà très exactement la définition de ce que les Américains appellent eux-mêmes le soft power.

Ce concept, développé dans son livre Bound to Lead par le professeur américain Joseph Nye dans les années 1990 du siècle dernier, soutient qu’il est possible d’affirmer sa puissance aujourd’hui par la persuasion et la contrainte douce, sans avoir à utiliser d’emblée la puissance militaire ou les moyens de rétorsion. Mais comme les Américains n’ont gardé de leur médiocre mythologie et de leur courte histoire que les bagarres entre les cow-boys et les Indiens, ils ont donc ajouté à ce concept de soft power celui de smart power, ou pouvoir intelligent, c’est-à-dire une combinaison de la force pure (Afghanistan, Irak, Libye, Syrie…) et de la contrainte, qui peut s’appliquer par exemple sous la forme de sanctions économiques, comme celles dont souffre la Russie aujourd’hui ou comme l’ont subi des pays comme l’Iran ou Cuba, et bien d’autres encore.

Mais ces méthodes de soft power peuvent s’appliquer aussi aux alliés, je dirais plutôt aux vassaux, c’est-à-dire à des pays comme la France, à qui on interdira de vendre des bateaux à la Russie (en violation totale de toute les règles commerciales et du droit international) et à qui on infligera des sanctions financières colossales, comme l’amende de 9 milliards de dollars imposée à la BNP parce qu’elle avait couvert des transactions commerciales avec l’Iran (interdites par les USA) et au motif qu’elle avait utilisé des dollars pour cela.

Bref, comme nous le voyons, ce qu’ils appellent le soft ou le smart power ressemble beaucoup aux méthodes de la mafia, où il faut faire beaucoup de révérences au Parrain pour qu’il vous laisse manger votre os dans votre gamelle et qui vous brise les reins si vous l’offensez ou s’il estime qu’il doit vous voler ce que vous possédez.

Mais revenons à la notion de temps. On disait tout à l’heure que les Américains se vantaient d’avoir investi 5 milliards depuis 1991. Une première impression serait de se dire qu’ils travaillent vraiment sur le long terme et qu’il y a au Département d’État à Washington ou au Pentagone, des hommes et des femmes en place depuis l’élection de George Bush père, qui ont une haine rabique de la Russie et qui continuent, année après année, à porter des coups aux descendants d’Ivan Grozny.

Mais cette première impression, même si elle n’est pas fausse, est largement insuffisante pour comprendre la véritable nature des ennemis de toutes les Russie. Nous allons voir tout à l’heure que les prémisses de cette lutte pour la domination du monde, car c’est de cela dont il s’agit, remontent beaucoup plus loin que les années 1990 du siècle dernier, et même bien avant la Guerre froide.

Nous étions en février dernier à Moscou, avec mes amis Xavier Moreau et Nikola Mirkovic ici présents, invités par le prestigieux Institut russe d’analyses stratégiques (RISI) pour une conférence bilatérale franco-russe sur la lutte contre le terrorisme. Dans mon intervention, j’ai tenté de démontrer que la lutte contre le terrorisme nous ramenait inévitablement vers ceux qui en sont les promoteurs et qui utilisent la haine des musulmans salafistes contre tout ce qui n’est pas l’islam, pour déstabiliser les sociétés que les USA ont décidé de détruire.

J’en veux pour preuve cet extraordinaire aveu paru dans le New York Times du 23 janvier 2016. Je cite :

« Lorsque le Président Obama a secrètement autorisé la Central Intelligence Agency à commencer à armer les combattants rebelles de Syrie en 2013, l’agence d’espionnage savait qu’elle aurait un partenaire disposé à aider à financer l’opération clandestine. C’était le même partenaire sur lequel la CIA s’est appuyée pendant des décennies pour son argent et sa discrétion dans les conflits lointains : le royaume d’Arabie saoudite. »


« Depuis lors, la CIA et son homologue saoudienne maintiennent un accord inhabituel pour la mission d’entraînement des rebelles, à laquelle les Américains ont donné le nom de code de Timber Sycamore. Avec cet accord, selon d’actuels et anciens hauts fonctionnaires, les Saoudiens fournissent à la fois des armes et de grosses sommes d’argent, et la CIA dirige l’entraînement des rebelles au maniement des fusils d’assaut AK-47 et des missiles antichars. »


« Le soutien aux rebelles syriens n’est que le chapitre en cours d’une relation qui dure depuis des dizaines d’années, entre les services d’espionnage d’Arabie saoudite et les États-Unis, une alliance qui a traversé le scandale Iran-Contra, le soutien des moudjahidines contre les Soviétiques en Afghanistan et les combats par procuration en Afrique… »


[…] « Ils ont compris qu’ils ont besoin de nous, et nous comprenons que nous avons besoin d’eux », a déclaré Mike Rogers, originaire du Michigan, ancien membre républicain du Congrès […]


« [… ] Les hauts fonctionnaires n’ont pas révélé le montant de la contribution saoudienne, bien plus importante que celle des autres nations, au programme d’armement des rebelles contre l’armée du président Bachar el-Assad. Mais on estime le coût total de l’armement et de l’entraînement à plusieurs milliards de dollars… »

Fin de citation.

Pourquoi parler du terrorisme et de la guerre en Syrie dans une intervention consacrée aux racines de la guerre dans le Donbass ? Eh bien, tout simplement parce que ces événements sont liés. Derrière les extrémistes de Praviy Sektor ou les mercenaires polonais, baltes ou anglo-saxons envoyés par le régime fantoche et illégitime de Kiev, il y a les mêmes ONG, les mêmes banques internationales, les mêmes sociétés multinationales, les mêmes think tanks que ceux qui opèrent en Syrie, au Yémen ou en Libye aujourd’hui, ou qui intervenaient en Tchétchénie et en Géorgie hier.

Mais toutes ces actions terroristes, ces révolutions de couleur, ces renversements de régime, ne sont que les symptômes aigus d’une pathologie bien plus grave et bien plus enkystée dans le monde et que j’ai baptisée l’idéologie anglo-saxonne. Et cette idéologie a pris racine en Angleterre voilà de nombreux siècles.

Qu’est-ce que l’idéologie anglo-saxonne et comment est-elle née ?

Il faut pour cela à mon avis remonter à la période élisabéthaine de la monarchie anglaise, à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe. Cette époque est marquée par les guerres de religion provoquées par l’irruption du protestantisme et par l’affrontement de la monarchie française avec la dynastie des Habsbourg sur la scène européenne. En 1600, l’Angleterre ne compte que 4 millions d’habitants quand la France en compte près de 20 millions. Cette faiblesse démographique, comparée aux puissances continentales de l’époque, France et Empire des Habsbourg, et la menace extrême qu’a représenté la tentative d’invasion de l’Angleterre par l’Invincible Armada du roi d’Espagne Philippe II, sont probablement à l’origine de la politique suivie depuis lors par les élites britanniques (politique du faible au fort), à savoir provoquer la division et l’affrontement chez tous leurs ennemis potentiels. Leur seul atout est la puissance maritime et il leur faudra l’exploiter à fond, par tous les moyens, notamment la piraterie et le commerce.

Le grand rêve de puissance et d’hégémonie mondiale des Anglais est né, selon moi, au retour de l’expédition autour du monde du pirate Francis Drake le 26 septembre 1580, où la part du butin volé aux Espagnols et réservée à la reine Élisabeth représentait selon certaines sources une fois et demie le budget annuel du royaume.

Francis Drake est probablement devenu après ses exploits le modèle à suivre et parmi ses nombreux admirateurs, un en particulier mérite d’être retenu, William Raleigh (cf. controverse École de la nuit), car il est le premier, selon les sources dont je dispose, à avoir « conceptualisé l’hégémonie anglo-saxonne sur le monde lui-même ».

En effet, ce gentilhomme, probablement athée, un peu pirate lui aussi, un peu aventurier et qui finit décapité à la tour de Londres, eut le temps d’écrire avant sa mort un ouvrage intitulé en toute simplicité "L’Histoire du monde" et dans lequel il affirme : « Qui tient la mer tient le commerce du monde, qui tient le commerce tient la richesse, qui tient la richesse du monde tient le monde. »

Donc c’est là, à mon avis, à partir de la prise de conscience de cet exploit de piraterie exceptionnel, qu’est née cette idée de parvenir à la suprématie mondiale par la puissance maritime et l’accaparement des richesses d’autrui.

Mais cette idée, véritablement révolutionnaire, s’est transmise de génération en génération à travers les siècles dans le monde anglo-saxon (par deux sources, souvent liées : source exotérique universitaire et source ésotérique franc-maçonne), notamment chez le Britannique Mackinder, dont la formule maîtresse est : « Qui tient l’Europe orientale tient le Heartland, qui tient le Heartland domine l’île mondiale, qui domine l’île mondiale domine le monde », et qui s’est transformée chez l’Américain Nicholas Spykman dans la formule plus ramassée « Qui contrôle le Rimland gouverne l’Eurasie ; qui gouverne l’Eurasie contrôle les destinées du monde ».

Ce qui est extraordinaire, c’est qu’à trois siècles de distance, ces trois personnages partagent tous l’idée de domination du monde et c’est là véritablement qu’il faut comprendre la nature profonde de cette idéologie anglo-saxonne : c’est en toute simplicité l’hégémonie totale sur les affaires du monde, ce qu’ils appellent aujourd’hui la gouvernance mondiale et qui n’est que la continuation du Grand Jeu dont parlait Rudyard Kipling au XIXe siècle.

Et dans ce Grand Jeu, la plupart des grands acteurs de la scène mondiale ont été vaincus les uns après les autres, souvent par procuration, par le petit peuple britannique qui ne comptait que 4 millions d’individus il y a à peine quatre siècles et qui a essaimé à travers le monde avec les pseudopodes du Commonwealth et de la grande Amérique : ce qu’ils appellent eux-mêmes les Fives Eyes (Royaume-Uni, USA, Australie, Canada et Nouvelle Zélande).

Voilà, mes chers amis, les raisons pour lesquelles des obus explosent tous les jours dans le Donbass aujourd’hui et tuent indifféremment des hommes, des femmes, des enfants.

Ce n’est pas une guerre civile entre Ukrainiens de l’Est et de l’Ouest, c’est la suite de la guerre de Crimée de 1856, des deux guerres mondiales et de beaucoup d’autres. Bref, c’est la poursuite du Grand Jeu de Kipling, qui ne cessera que le jour où l’idéologie anglo-saxonne aura triomphé ou aura été vaincue.

La Russie représente aujourd’hui le dernier point de résistance contre l’empire anglo-saxon et ses métastases. Le Donbass est aux avant-postes de cette guerre sans merci.

Stavaï Donbass ! Tenez bon, la liberté du monde dépend de vous

Emmanuel Leroy


Source : Erwan Castel : L'analyse d'Emmanuel Leroy





mercredi 14 septembre 2016

La Syrie unie fête l'Exaltation de la Sainte Croix, comme toujours







La fête de l'Exaltation de la Sainte-Croix est célébrée le 14 septembre chez les Catholiques et le 27 septembre chez les Orthodoxes.





Prière d’invocation à la Sainte Croix 

« Dieu tout-puissant, qui avez souffert la mort à l'arbre patibulaire pour tous nos péchés, soyez avec moi ;
Sainte Croix de Jésus-Christ, ayez pitié de moi ;
Sainte Croix de Jésus-Christ, soyez mon espoir ;
Sainte Croix de Jésus-Christ, repoussez de moi toute arme tranchante ;
Sainte Croix de Jésus-Christ, versez en moi tout bien ;
Sainte Croix de Jésus-Christ, détournez de moi tout mal ;
Sainte Croix de Jésus-Christ, faites que je parvienne au chemin du salut ;
Sainte Croix de Jésus-Christ, repoussez de moi toute atteinte de mort ;
Sainte Croix de Jésus-Christ, préservez moi des accidents corporels et temporels, que j'adore la Sainte Croix de Jésus-Christ à jamais.
Jésus de Nazareth crucifié, ayez pitié de moi, faites que l'esprit malin et nuisible fuie de moi, dans tous les siècles des siècles.
Ainsi soit-il !
En l'honneur du Sang Précieux de Notre Seigneur Jésus-Christ, en l'honneur de Son Incarnation, par où Il peut nous conduire à la vie éternelle, aussi vrai que Notre Seigneur Jésus-Christ est né le jour de Noël et qu'Il a été crucifié le Vendredi Saint. Amen. »























Historique

Chacun se souvient comment la Vraie Croix avait été retrouvée par sainte Hélène, mère de l'empereur Constantin[1] (Sainte Hélène 18 août). En 335, l'empereur Constantin, invite pour le trentième anniversaire de son avènement, les Pères réunis à Tyr à la dédicace des deux basiliques[2] qui doit avoir lieu le 13 septembre à Jérusalem.

Le lendemain de la dédicace, le dimanche 14 septembre, l'évêque de Jérusalem montre pour la première fois à la foule le bois sacré de la Croix (l'Hyposis) et, sur ordre de Constantin, les Pères décrètent la célébration annuelle de la dédicace et de l'exaltation, au 14 septembre. Un morceau de la Croix étant apporté à Constantinople, on y célèbre la même fête avec l'Hyposis. Cette fête est répandue dans tout l'Orient dès le VII° siècle, et on la trouve à Rome au plus tard au temps du pape Serge I° (687-701) à la notice duquel, dans le Liber pontificalis, on trouve la mention suivante : En la sacristie du bienheureux apôtre Pierre, se trouve un reliquaire où est renfermée une précieuse et considérable portion du bois salutaire de la Croix du Sauveur… Au jour de l'Exaltation de la sainte Croix, le peuple chrétien baise et adore cette relique dans la basilique constantinienne du Saint-Sauveur[3].

Il est aujourd’hui de bon ton, pour prétendre être pris au sérieux, d'afficher un souverain mépris pour les reliques en général et pour celles de la Vraie Croix en particulier. La perfide doctrine des anciens réformés, pilleurs de sacristies et ravageurs d'œuvres d'art, est devenue celle des catholiques à la mode : « on ne saurait adorer les os d'un martyr qu'on ne soit en danger d'adorer les os de quelque brigand ou larron, ou bien d'un âne, ou d'un chien, ou d'un cheval.[4] » Ainsi, depuis que certains catholiques se sont persuadés qu'ils sont les héritiers des Lumières, on enlève les reliquaires de la vénération des fidèles pour les séquestrer dans la crasse des arrières-sacristies quand on ne les a pas vendus à d’avides antiquaires.

Pour faire taire les résistants, la propagande iconoclaste se réclame de l’esprit de Vatican II dont la lettre, pourtant, dans la Constitution sur la sainte Liturgie recommande que l’on vénère les reliques authentiques des saints (n° 111), et que le droit de 1983, application directe de Vatican II, interdit absolument de vendre les saintes reliques ou de les aliéner en aucune manière, voire de les transférer définitivement (canon 1190). Dans le Catéchisme de l’Église catholique (1992), l’index thématique de l’édition française a beau avoir oublié le mot, on trouve cependant la chose dans le texte qui présente la vénération des reliques comme une des expressions variées de la piété des fidèles dont la catéchèse doit tenir compte (n° 1674). D’aucuns, à la vantardise plus savante, font remarquer doctement que le culte des reliques est inconnu dans l’antiquité chrétienne ; ils mentent effrontément puisque les actes du martyre de saint Polycarpe, en 156, en font une attestation certaine : « prenant les ossements plus précieux que les gemmes de grand prix et plus épurés que l’or, nous les avons déposés dans un lieu convenable. Là même, autant que possible, réunis dans l’allégresse et la joie, le Seigneur nous donnera de célébrer l’anniversaire de son martyre en mémoire de ceux qui sont déjà sortis du combat, et pour exercer et préparer ceux qui attendent le martyre. » On se souvient aussi, en 177, d’une lettre où l’Église de Lyon regrettait de n’avoir pu conserver les restes de ses martyrs[5].

La tradition rapporte généralement que l’on doit à l’impératrice Hélène la découverte[6] de la Vraie Croix. La mère de Constantin, suivit son fils à Constantinople où elle souffrit durement des excès de l’Empereur qui avait fait assassiner sa seconde femme pour avoir fait exécuter Crispus, fils d'un premier lit. En expiation, Hélène qui venait de fêter son soixante-dix-huitième anniversaire, s'en alla en pèlerinage à Jérusalem.

Il convient de rappeler que l'empereur Adrien (76-138), après avoir détruit Jérusalem et chassé les Juifs de ce pays (136), rebaptisa la ville Aelia Capitolina et la fit reconstruire en y enlevant jusqu'au souvenir judéo-chrétien ; sur le Golgotha, lieu du Calvaire, fut élevé un temple à Vénus. Sainte Hélène ne trouva que décombres et ruines païennes dans la Ville Sainte.

« Elle apprit, par révélation, que la Croix avait été enfouie dans un des caveaux du sépulcre de Notre Seigneur, et les anciens de la ville, qu'elle consulta avec grand soin, lui marquèrent le lieu où ils croyaient, selon la tradition de leurs pères, qu'était ce précieux monument ; elle fit creuser en ce lieu avec tant d'ardeur et de diligence, qu'elle découvrit enfin ce trésor que la divine Providence avait caché dans les entrailles de la terre durant tout le temps des persécutions, afin qu'il ne fût point brûlé par les idolâtres, et que le monde, étant devenu chrétien, lui pût rendre ses adorations. Dieu récompensa cette sainte impératrice beaucoup plus qu'elle n'eût osé l'espérer : car, outre la Croix, elle trouva encore les autres instruments de la Passion, à savoir : les clous dont Notre Seigneur avait été attaché, et le titre qui avait été mis au-dessus de sa tête. Cependant, une chose la mit extrêmement en peine : les croix des deux larrons, crucifiés avec Lui, étaient aussi avec la sienne, et l'Impératrice n'avait aucune marque pour distinguer l'une des autres. Mais saint Macaire, alors évêque de Jérusalem, qui l'assistait dans cette action, leva bientôt cette nouvelle difficulté. Ayant fait mettre tout le monde en prière, et demandé à Dieu qu'il lui plût de découvrir à son Église quel était le véritable instrument de sa Rédemption, il le reconnut par le miracle suivant : une femme, prête à mourir, ayant été amenée sur le lieu, on lui fit toucher inutilement les deux croix des larrons ; mais dès qu'elle approcha de celle du Sauveur du monde, elle se sentit entièrement guérie, quoique son mal eût résisté jusqu'alors à tous les remèdes humains et qu'elle fût entièrement désespérée des médecins. Le même jour,saint Macaire rencontra un mort qu'une grande foule accompagnait au cimetière. Il fit arrêter ceux qui le portaient et toucha inutilement le cadavre avec deux des croix ; aussitôt qu'on eut approché celle du Sauveur, le mort ressuscita. Sainte Hélène, ravie d'avoir trouvé le trésor qu'elle avait tant désiré, remercia Dieu d'une grande ferveur, et fit bâtir au même lieu une église magnifique ; elle y laissa une bonne partie de la Croix, qu'elle fit richement orner ; une autre partie fut donnée à Constantinople ; enfin le reste fut envoyé à Rome, pour l'église que Constantin et sa mère avaient fondée dans le palais Sessorien (demeure de l'Impératrice) près du Latran qui a toujours depuis le nom de Sainte-Croix-de-Jérusalem. »

Certes, Eusèbe de Césarée (263-339), dans La Vie de Constantin le Grand, parle bien de l'édification de la basilique, mais ne souffle mot de la découverte de la Vraie Croix ; de surcroît, transcrivant le discours de la dédicace de la Basilique, il ne parle pas de l'évènement mais seulement du signe sauveur. Voilà qui suffit aux iconoclastes pour dire que la tradition est une vaste blague. Avant de courir à une telle conclusion, il serait prudent de s'aviser que ledit Eusèbe de Césarée rejetait tout culte des images du Christ « afin que, écrit-il à Constancia, nous ne portions pas, à la manière des païens, notre Dieu dans une image. » Ajoutons, comme l'a si bien démontré Paschali, que la Vita Constantini n’est pas l'œuvre originale car sa révision interrompue par la mort d'Eusèbe, fut publiée à titre posthume avec des ajouts et des restrictions pour justifier la politique de Constantin II. De toute façon, un silence d’Eusèbe de Césarée ne saurait constituer une preuve, et l’on doit considérer d'autres témoignages. Les archives mêmes d’Eusèbe, comme celles de Théodoret de Cyr (393-460) et celles de Socrate (380-439), conservent une lettre de Constantin au patriarche de Jérusalem : « La grâce de Notre Sauveur est si grande que la langue semble se refuser à dépeindre dignement le miracle qui vient de s'opérer ; car est-il rien de plus surprenant que de voir le monument de la Sainte Passion, resté si longtemps caché sous terre, se révélant tout à coup aux Chrétiens, lorsqu'ils sont délivrés de leur ennemi ? »

À part quelques détails secondaires, des auteurs dont l’enfance est contemporaine du voyage de l’Impératrice ou ceux de la génération qui suit, attestent de l'Invention de la Sainte Croix par sainte Hélène et de son culte ; ainsi peut-on se référer à saint Cyrille de Jérusalem (mort en 386), à saint Paulin de Nole (mort en 431), à saint Sulpice Sévère (mort en 420), à saint Ambroise de Milan (mort en 397), à saint Jean Chrysostome (mort en 407), à Rufin d’Aquilée (mort en 410), à Théodoret de Cyr ou à l'avocat de Constantinople, Socrate.

Déjà saint Cyrille, deuxième successeur de saint Macaire au siège de Jérusalem, mentionne que des parcelles de la Vraie Croix sont dispersées à travers le monde entier, ce qu’attestent par ailleurs deux inscriptions datées de 359 relevées en Algérie, l’une près de Sétif et l’autre au cap Matifou.

Si saint Ambroise de Milan décrit l'adoration de la Crux Realis par sainte Hélène, saint Jérôme raconte, dans une lettre à Eustochie, comment sa propre mère, sainte Paule, vénéra le bois sacré de la Croix à Jérusalem.

Saint Jean Chrysostome dit que les chrétiens accouraient pour vénérer le bois de la Croix et tâchaient d'en obtenir de minuscules parcelles qu'ils faisaient sertir dans des métaux précieux enrichis de pierreries.

Saint Paulin de Nole envoie une de ces parcelles à saint Sulpice Sévère en lui recommandant de les recevoir avec religion et de les garder « précieusement comme une protection pour la vie présente et comme un gage de salut éternel. »

Le 5 mai 614, les Perses s'emparèrent de Jérusalem, pillèrent les églises et envoyèrent ce qui restait de la Croix à leur empereur, Chosroës II[7]. Après plus de dix ans de malchance, Héraclius[8] battit les Perses et obligea le successeur de Kosroës à restituer la relique de la Croix qu'il rapporta en triomphe à Jérusalem. Héraclius entra dans la ville, pieds nus, portant la Croix sur ses épaules (21 mars 630). Le bois de la Croix séjourna quelques années à Sainte-Sophie de Constantinople puis retourna à Jérusalem. Le bois de la Croix a été partagé en trois grandes parts, elles-mêmes fractionnées, pour Jérusalem, Constantinople et Rome. Ce qui restait du morceau de Jérusalem fut caché pendant l'occupation musulmane et ne réapparut que lorsque la ville fut prise par les Croisés qui s'en servirent souvent comme étendard, de sorte qu'il fut pris par Saladin à la bataille d'Hiltin (1187) et ne fut rendu qu'après la prise de Damiette (1249) pour être partagé entre certains croisés dont Sigur de Norvège et Waldemar de Danemark.

Le 14 septembre 1241, le saint roi Louis IX alla solennellement au-devant des reliques de la Passion qu'il avait achetées à l'empereur de Constantinople : c'étaient un morceau de bois de la Vraie Croix, le fer de la lance, une partie de l'éponge, un morceau du roseau et un lambeau du manteau de pourpre. Elles furent déposées à la Sainte-Chapelle en 1248.

Luther a dit qu'avec les reliques de la Vraie Croix on pourrait construire la charpente d'un immense bâtiment et Calvin affirma que cinquante hommes ne porteraient pas le bois de la Vraie Croix. L’avis des deux hérétiques fut admis comme une vérité révélée et chacun les répéta en souriant. Or, d'après le travail minutieux de M. Rouhault de Fleury, on peut supposer que la Croix du Seigneur représentait cent quatre-vingt millions de millimètres cubes. Si l'on met ensemble les parcelles que l'on conserve et celles qui ont été détruites mais dont on connaît la description, on totalise environ cinq millions de millimètres cubes. Rouhault de Fleury, généreux, multiplie les résultats de son enquête par trois pour ce qui pourrait être inconnu ; on est loin du compte !

Le 14 septembre 1241, le saint roi Louis IX alla solennellement au-devant des reliques de la Passion qu'il avait achetées à l'empereur de Constantinople : c'était un morceau de bois de la vraie Croix, le fer de la lance, une partie de l'éponge, un morceau du roseau et un lambeau du manteau de pourpre. Elles furent déposées à la Sainte-Chapelle en 1248.

Il existait, à Paris, une église Sainte-Croix de la Cité qui devint une paroisse, probablement vers 1107, lorsque furent dispersées le moniale de Saint-Éloi qui y avaient une chapelle dès le VII° siècle. Le curé tait à la nomination de l'abbé de Saint-Maur-des-Fossés. L'édifice qui s'élevait à l'emplacement de l'actuel Marché aux Fleurs, avait été construit en 1450 et dédié en 1511, il fut détruit en 1797.


[1] Elle commença par visiter les Lieux saints ; l’Esprit lui souffla de chercher le bois de la Croix. Elle s’approcha du Golgotha et dit : « Voici le lieu du combat ; où est la victoire ? Je cherche l’étendard du salut et ne le vois pas. » Elle creuse donc le sol, en rejette au loin les décombres. Voici qu’elle trouve pêle-mêle trois gibets sur lesquels la ruine s’était abattue et que l’ennemi avait cachés. Mais le triomphe du Christ peut-il rester dans l’oubli ? Troublée, Hélène hésite, elle hésite comme une femme. Mue par l’Esprit-Saint, elle se rappelle alors que deux larrons furent crucifiés avec le Seigneur. Elle cherche donc la croix du milieu. Mais, peut-être, dans la chute, ont-elles été confondues et interverties. Elle revient à la lecture de l’Évangile et voit que la croix du milieu portait l’inscription : « Jésus de Nazareth, Roi des Juifs ». Par là fut terminée la démonstration de la vérité et, grâce au titre, fut reconnue la Croix du Salut (saint Ambroise).
[2] Les basiliques du Mont des Oliviers et du Saint-Sépulcre.
[3] La basilique du Saint-Sauveur est depuis devenue la basilique Saint-Jean de Latran, cathédrale de Rome.
[4] Calvin : Traité des reliques
[5] Voir au 2 juin ; « Lettre des serviteurs du Christ qui habitent Vienne et Lyon, en Gaule, aux frères qui sont en Asie et en Phrygie, ayant la même foi et la même espérance de la rédemption. »
[6] On disait autrefois : « L’invention de la sainte Croix » ; invention vient du latin inventio qui signifie : « acte de trouver, de découvrir » ; il y avait d’ailleurs une fête particulière de L’Invention de la sainte Croix qui était célébrée le 3 mai. Dans certains calendriers, on célèbre l'Invention, c'est-à-dire la découverte du corps ou des reliques d'un saint.
[7] Chosroès II le Victorieux, roi sassanide de Perse de 590 à 628) qui fut élevé au trône par une révolte des féodaux, durant les troubles provoqués par le soulèvement de Vahram Tchubin. Celui-ci, qui prétendait descendre des Arsacides, se proclama roi sous le nom de Vahram VI, et Chosroès dut aller se placer sous la protection de l'empereur Maurice. Avec l'aide militaire des Byzantins, il réussit à reconquérir son trône (591) et maintint pendant plus de dix ans la paix avec Byzance. En 602, après l'assassinat de l’empereur Maurice par Phocas, il rouvrit les hostilités contre l'empire d'Orient, sous prétexte de venger Maurice. Ses armées envahirent la Syrie et l'Anatolie, atteignirent la Chalcédoine et le Bosphore et menacèrent directement Constantinople (608). En 6l4, elles firent la conquête de Jérusalem, qui fut mise au pillage pendant trois jours, puis les Perses pénétrèrent en Égypte et s'emparèrent d'Alexandrie (616). Chosroès II avait ainsi reconstitué l'ancien Empire perse des Achéménides et porté à son apogée la puissance sassanide. Allié des Avars, il vint bloquer Constantinople (626), mais l'Empire byzantin se ressaisit avec Héraclius. Après la victoire des Byzantins à Ninive (628), Chosroès dut fuir Ctésiphon, sa capitale, et fut déposé par son fils Khavad II, qui le fit tuer quelques jours plus tard.
[8] Héraclius, né en Cappadoce vers 575, fut empereur d'Orient 610 à 641. Venu au pouvoir en renversant l'usurpateur Phocas, il trouva l'Empire au bord de la ruine. Les Perses envahissaient l'Asie Mineure, s'emparaient de Jérusalem (614) et de l'Égypte (619) ; les Avars parvenaient sous les murs de Constantinople. Heraclius déclencha contre les Perses une véritable croisade (622-628), remporta sur Chosroès II la victoire décisive de Ninive (12 décembre 627) et reconquit tous les territoires perdus en Orient ; en mars 630, il rapporta en grande pompe à Jérusalem la Vraie Croix, qui avait été enlevée par Chosroès II. Mais cet effort offensif avait épuisé l'Empire, qui se retrouva impuissant devant le déferlement de l'invasion arabe : l'écrasement de l'armée byzantine à Yarmouk (636) provoqua la perte, cette fois définitive, de la Syrie, de Jérusalem (638), de la Mésopotamie (639), de l'Égypte (639-642) Le règne d'Héraclius s'achevait ainsi par un désastre, qu'avait préparé, à l'intérieur, la grande querelle religieuse du monophysisme. Il mourut à Constantinople le 10 février 641.


Prière d’invocation à la « Sainte Croix de Jésus-Christ »

Le 14 septembre, nous fêtons l'universelle Exaltation de la précieuse et vivifiante Croix (jour de jeûne, même si la fête tombe un dimanche. On fait dans ce cas seulement dispense de vin et d'huile.)

Calendrier orthodoxe - Fêtes et Saints de l'Église Orthodoxe

Sainte Hélène - Biographie

Sylvia Chiffoleau : "Fêtes et processions de Maaloula : une mise en scène des identités dans l’espace d’un village chrétien" (2006)

Fête de l'Exaltation de la Sainte Croix… de Maaloula… à Saint Julien le Pauvre

L'Éthiopie célèbre Meskel, la Vraie Croix, celle retrouvée par Sainte Hélène…


Célébrations Orthodoxes en France : Parlons d'Orthodoxie


lundi 12 septembre 2016

Père Joseph Nasrallah : Le culte de Marie en Syrie [in revue "Marie", mai-juin 1949]



Le culte de Marie en Syrie
par le père Joseph Nasrallah
(texte d'origine : revue "Marie" mai-juin 1949 )






La dévotion à Marie est l’héritage d’un patrimoine commun à toutes les Églises d’Orient. Toutes les Communautés chrétiennes qui se partageaient la Syrie avant la Conquête musulmane, Orthodoxie chalcédonienne, Monophysisme, Monothélisme, rivalisaient de zèle dans leur dévotion à la Mère de Dieu et dans l’extériorisation de leur culte envers elle. Les liturgies lui appliquaient les épithètes les plus douces [1] ; architectes et artistes élevaient à sa gloire de belles basiliques ou représentaient ses prérogatives en des œuvres où leur tendresse envers la « Mère des Hommes » s’alliait avec le respect et la vénération dus à la « Toute Pure, la Panagia » et à la Théotokos, « la Mère de Dieu ». « À la piété pour Marie, de cet Orient Grec, nous devons, en partie du moins, ce que la dévotion à la Sainte Vierge a versé dans notre Christianisme, de tendresse, de joie, de confiance et d’esprit filial [2]. »

Les premières traces d’une dévotion à Marie sont à rechercher dans les Évangiles, Évangiles Canoniques, Évangiles Apocryphes, dans les écrits des premiers Pères, en particulier d’Origène et de saint Hippolyte, et dans quelques manifestations de l’art chrétien des catacombes. Au IVe siècle, nous sommes en présence d’un culte extérieur indubitable rendu à la sainte Vierge. La Syrie a été l’une des premières à apporter son hommage filial à Marie. Si la plus ancienne église dédiée à la Sainte Vierge, Maria Antigua, appartient à Rome et date de la première moitié du IVe siècle, une pauvre bourgade de l’est syrien, El Hazimé, au nord-est de Hama, peut se glorifier d’avoir eu la seconde. Elle date en effet de 390-391 [3]. L’Église d’Éphèse lui est postérieure d’une trentaine d’années.

« Peut-être sur la fin du IVe siècle, et sûrement au début du Ve siècle, dans certaines Églises d’Orient et d’Occident, on commence à honorer Marie d’un culte public par une fête spéciale. En certains endroits elle fait partie de ce qu’on appelle l’Avent primitif, qui se célèbre le dimanche qui précède la fête de Noël du 25 décembre. Elle est communément désignée sous le nom de Mémoire de Sainte Marie [4]. » Des Églises de Syrie furent les premières à adopter cette fête. Suivant A. Baumstark [5], Antioche la célébrait dès avant 375. Elle était solennisée au Hauran au début du Ve siècle ; nous en avons pour preuve deux homélies d’Antipater, évêque de Bosra (mort vers 458) [6].

La condamnation de Nestorius fut le triomphe extérieur rendu à Marie. Le peuple chrétien eut à cœur de réparer la diminution de la gloire de Marie, issue de la doctrine nestorienne ; il éleva une multitude d’églises en son honneur, il l’invoqua plus ardemment dans sa liturgie [7].

L’inventaire archéologique de la Syrie n’est pas achevé ; le mauvais état de conservation des monuments chrétiens ne nous permet pas toujours de reconnaître le patron auquel les églises étaient dédiées ; et pourtant nous retrouvons une quantité de basiliques de la Vierge, datant de l’époque byzantine. Dans le nord syrien, Édesse possédait un grand sanctuaire de la Théotokos qui occupait l’emplacement de l’École des Perses ; trois autres églises y étaient consacrées à Marie [8]. À Amid, les chrétiens avaient bâti leur église de la Vierge sur l’emplacement d’une synagogue [9] ; à Zeugma, une église de la Vierge fut élevée à la fin du VIe siècle [10]. Antioche avait au moins une église de la Vierge ; elle était nommée la Justinienne [11]. Au nord-est de Hama, dans cette région où depuis de longs siècles la prière chrétienne ne s’est plus élevée vers le ciel, M. Lassus a relevé trois sanctuaires de la Vierge, celui d’El Hazimé [12], celui de Hawa [13] et celui de Rouweida [14]. Un oratoire, datant des années 533-534, s’élevait aussi à Mariammé dans l’Apamène [15]. Salamia, au sud-est de Hama, avait son église de la Vierge, datant du début du VIIe siècle [16]. L’Expédition de Princeton a découvert à Hama un « refuge » dédié à la Vierge [17]. Nous glanons à travers les Villes Mortes de la Syrie une église de la Vierge à Sheikh Suleïmân (dans le Gebal Sim’ân) [18], un oratoire de la Vierge, mentionné dans deux inscriptions de Raam el Hadjal [9].

Dans la Damascène, Damas avait une grande basilique de la Vierge, al Mariamyat ; elle resta aux chrétiens après la Conquête Musulmane [20] ; Yabroud possédait deux églises, Macloula, une [21], et Saïdnaya, une [22].

L’étude du monachisme syrien nous révèle le nom de plusieurs couvents ayant Marie pour patronne et protectrice. La littérature monastique syrienne ne manque pas de témoignages touchants de la dévotion à la Sainte Vierge. Jean Moschus, qui visita les retraites isolées et misérables des anachorètes de Syrie et d’Égypte, y rencontra d’humbles images de la Panagia devant lesquelles brûlaient de petites chandelles allumées. Le pieux voyageur se plaît à énumérer les pratiques par lesquelles les moines honoraient la Mère de Dieu, tel le charmant prodige du cierge que ce bon anachorète allumait dans sa grotte devant une image de Marie chaque fois qu’il partait en voyage, en lui demandant de veiller à ce qu’il ne s’éteigne pas et qu’au retour il retrouvait allumé et intact, fut-ce après des mois d’absence [23]. Nous trouvons dans le Pré Spirituel de nombreux indices d’une dévotion profonde à Marie et d’un culte de ses prérogatives [24].

Il n’entre nullement dans notre plan d’étudier le culte de Marie dans les œuvres des Pères de l’Église. Nous ne pouvons pas cependant ne pas faire remarquer que c’est dans les écrits de deux Pères de Syrie, Saint Éphrem [25] et Saint J. Damascène [26] que nous recueillons les accents de dévotion les plus touchants envers la Sainte Vierge. Dans les strophes de Romanos le Mélode, autre Syrien, la piété envers Marie s’attendrit. « Alors qu’ailleurs on voit un être voisin de l’abstraction, qui ne pose pas pied sur terre, qui se réduit presque à une forme – maternité divine – chez Romanos, la Mère, la Vierge, la femme, la jeune fille, tout se distingue, tout luit admirablement. C’est une jouissance, pour un dévot de notre temps, de trouver là des expressions suaves, dont l’absence fait souffrir chez les grands docteurs où, par un naïf anachronisme, nous voudrions trouver la tendresse de Saint Bernard [27]. »

De très nombreuses inscriptions attestent le culte de la Vierge en Syrie, du Ve au VIe siècle [28]. Quant aux monuments iconographiques, ils sont peu nombreux, mais relativement importants par rapport aux autres monuments du monde chrétien. H. C. Butler en a publié deux [29]. J. Lassus en a ajouté deux autres provenant de la région de Hama, l’un de l’église de Hawa [30] et l’autre de celle de Rouweyda [31]. Nous y joignons deux autres, l’un de Salamia, obligeamment communiqué à nous par le Directeur du Services des Antiquités de Syrie, l’émir Ga’far, et l’autre recueilli par nous-même dans la cathédrale de Yabroud. Ce dernier monument représente une Nativité. On peut lui appliquer à la rigueur cette judicieuse remarque de Delahaye, prononcée à propos des peintures des Catacombes : les personnages qui y figurent sont plutôt là « comme acteurs dans les scènes bibliques choisies d’après un plan qui s’est constitué sans aucune influence du culte des saints  [32] ». On ne peut guère l’appliquer pour les autres représentations. Marie y est représentée pour elle-même, elle figure dans un cadre (comme à Khanaser) ou sur un trône (à Zebed), portant l’Enfant Jésus sur son sein. C’est bien la Vierge Théotokos triomphante, après sa victoire du concile d’Éphèse.

Avions-nous en Syrie, avant la Conquête musulmane, un lieu de pèlerinage vers lequel les foules accouraient pour honorer la Vierge Marie ? Il ne semble pas. Nous ne pouvons pas parler de pèlerinage avant le IVe siècle. C’est à partir de cette date, à partir du VIe siècle surtout, que les mouvements de pèlerinage se sont dessinés. Des Chrétiens venaient de loin retremper leur piété au contact des Lieux sanctifiés par Jésus et sa Sainte Mère. Or, en Syrie, aucun sanctuaire ne conserve le souvenir d’un passage de Marie. Les foules se pressaient, il est vrai, autour de Stylites célèbres de l’époque, comme Saint Siméon ; elles venaient des régions éloignées de Syrie, de Mésopotamie. Mais rien de semblable pour les sanctuaires de Marie, jusqu’au VIIe siècle.

À en croire certains pèlerins occidentaux du XIIIe au XVe siècle, comme Thietmar (1217), Mathieu Paris († 1259), Ludolphe de Sudheim (1348), c’est à l’époque byzantine qu’il faut faire remonter l’origine du couvent de la Vierge de Saïdnaya (à quelques dizaines de kilomètres au nord de Damas), qui attirera tant de foules au Moyen Âge. Une pieuse dame de Damas, désirant quitter le monde, se retira près du village et y bâtit un petit sanctuaire. C’est là qu’un moine venant de Jérusalem déposa une icône de la Vierge, après la manifestation miraculeuse de la volonté de Marie [33]. Des voyageurs du XVIIe-XVIIIe siècles, comme Maundrell (1697), Parsky (1728), Pococke (1738) et plusieurs sources orientales manuscrites  [34] attribuent à Justinien la construction du monastère ; d’autres à Euxodie [35Ø. Quoi qu’il en soit de la question de la fondation du couvent, qui est certainement d’origine byzantine, nous n’avons aucun renseignement sur les pèlerinages qui pouvaient y accourir avant la Conquête arabe.

L’Islam respecta cette tendre dévotion de l’Orient envers Marie. Un ancien hadith ne nous rapporte-t-il pas que Mahomet, après sa victoire sur les Mecquois, entra dans la Ka’ba et s’adressa à l’un de ses suivants, Shibat ibn Othman, en indiquant les murs : « Shibat, efface toute image peinte, sauf celle cachée par mes mains », et en disant cela il ôta ses mains de sur une fresque représentant Isa, fils de Mariam, et de sa mère [36].

Cependant après l’époque de tolérance des premiers califes Rachidites et Ommayyades, les Chrétiens d’Orient eurent à souffrir des vexations et des persécutions des Abbassides. Les manifestations extérieures du culte ne furent plus tolérées ; plus de construction de nouveaux sanctuaires ; plus de pèlerinages, plus de processions, plus de cloches. Les Chrétiens n’avaient plus pour soutenir leur foi que la récitation des hymnes liturgiques. Oh ! avec quelle ferveur ne devaient-ils pas répéter ces strophes brûlantes d’amour et de confiance en Marie « protectrice des affligés », « refuge des opprimés » et « force des persécutés » : « Vous êtes notre refuge et notre force, ô Mère de Dieu, ô secours puissant du monde. Protégez par votre intercession vos serviteurs, de toute épreuve, vous, la seule bénie [37]. » « Vous êtes la joie de tous les affligés, le secours des persécutés, la nourriture des affamés, la consolation des étrangers, le bâton des aveugles, la visitatrice des malades, le refuge et la protection de ceux qui sont dans l’accablement, et le secours des orphelins, Mère du Dieu Très-Haut. Vous qui êtes pure, nous vous prions de délivrer vos serviteurs [38]. »

C’est à cette foi filiale en Marie, à ce recours confiant et continu à elle, que nos ancêtres durent de se maintenir dans leurs croyances, malgré plusieurs siècles de vexations, d’avanies et de persécutions.

Au XIe siècle surgissent les Croisades. Les armées chrétiennes ne purent délivrer leurs frères de Syrie ; leurs établissements ne dépassèrent pas la région d’Édesse, celle d’Antioche et la côte méditerranéenne. Cependant, s’ils furent souvent en guerre avec les princes seljoukides qui se partageaient le pays, il y eut parfois de longues trêves, où Croisés et musulmans fraternisaient et vivaient côte à côte. Les Chrétiens indigènes profitèrent de ces moments d’accalmie et grâce à la présence de leurs frères d’Occident, ils jouirent d’une certaine liberté religieuse. Le couvent de Saïdnaya qui n’avait reçu, durant la période précédente, que des princes et des poètes musulmans, avec leur bruyante escorte, venus, loin des yeux indiscrets, goûter aux délices de son vin, ouvrir ses portes au pèlerin pieux et confiant, accouru présenter ses hommages à « Nostre Dame ». D’autres sanctuaires de la Vierge furent restaurés ou édifiés et devinrent des lieux de pèlerinage fréquentés.

Durant toute la première Croisade, on n’entend pas encore parler de Saïdnaya. C’est probablement durant l’inutile siège de Damas par Conrad III et Louis VII que les Croisés connurent Notre Dame et ses nombreux miracles. À partir de cette date, Nostre Dame de Sardenaye devint un centre célèbre de pèlerinage, à tel point que Shihab ad Dîn al Omari (1301-1348), qui occupa le poste de chef de la chancellerie des sultans mameluks du Caire affirme que « des groupes Chrétiens francs se rendaient à ce couvent et y venaient en pèlerinage. Je les voyais demander expressément au sultan l’autorisation de le visiter s’il leur était accordé de se rendre en pèlerinage à Qumâma (Église de la Résurrection), sans que Saïdnaya y soit mentionné  [39] ». Un anonyme du XIIIe siècle nous laissa une énumération des principaux lieux de pèlerinage de Terre Sainte ; le couvent de Sainte Marie de Sardinalli y est compris ; c’est dire l’importance de ce lieu aux yeux de l’Occident [40]. Un chroniqueur des premières Croisades, Mathieu Paris, rapporte ce qui suit : « Lorsqu’on était en paix avec les Sarrasins de Damas, les Templiers envoyaient prendre la liqueur miraculeuse (de Sardenaye), pour la distribuer aux pèlerins afin qu’ils publiassent dans toutes les parties du monde les merveilles opérées par la Mère de Dieu. Et, fait étonnant, un traité spécial avec le sultan de Damas, facilitait, à l’époque, le pèlerinage de Sardenaye. » Nombreux sont les chroniqueurs et les pèlerins occidentaux qui abondent en détails intéressants sur le monastère, l’icône qu’on y vénérait, le baume qui en découlait et ses nombreux prodiges [41]. « Nous constaterons… surtout au Moyen Âge, que la vertu miraculeuse de l’Icône sainte bouleversera l’Orient chrétien et que dans les châteaux d’Europe, dans les veillées, des chevaliers francs, des poètes, revenant de Terre Sainte, chanteront les miracles de Notre-Dame de Sardenaye [42]. »

Les foules de l’Orient n’accouraient pas moins empressées au sanctuaire de Marie. Les pèlerins venaient nombreux aux mois d’août et de septembre, surtout à la fête de la Nativité, fête patronale de l’Église. Le pèlerin Ulrich Léman (1472-1480) les évalua à 50 mille [43]. Même en faisant la part de la pieuse exagération, le chiffre est assez respectable. Trois siècles plus tôt, Amba Mikhaïl, évêque de Damiette, qui visita le monastère en 1184, donne le chiffre de quatre à cinq mille [44]. Ces pèlerins ne venaient pas tous pour prier. Il faut faire une part pour les curieux et les noceurs. Ces foules appartenaient à toutes les Églises chrétiennes d’Orient, melchite, jacobite, nestorienne, maronite. Car, comme au Saint Sépulcre, chacune de ces confessions tenait à avoir son autel ou son oratoire dans le célèbre monastère [45]. Les musulmans et les juifs ne se faisaient pas fort d’accourir eux aussi ; et bon nombre parmi eux venaient présenter leurs offrandes à Marie ou accomplir un vœu en son honneur [46].

Notre Dame de Tortose n’eut pas la même renommée que Notre Dame de Sardenaye. Bâtie au XIIe siècle et remaniée au siècle suivant, la basilique fut rendue célèbre par la croisade de Saint Louis. Il est vrai aussi que Mélissinde, la princesse lointaine de Jaufré Rudel, qui se rendait souvent à Tortose prier la Vierge toute sainte de veiller sur les destinées de Tripoli, contribua beaucoup de son côté à l’éclat de cette église. Mais seules les Chroniques de Joinville nous entretiennent des miracles de Notre Dame. « Il y avait là, raconte l’aimable chroniqueur, un très grand pèlerinage pour ce que c’est le premier autel qui oncques feust fait en l’honneur de la Mère de Dieu sur Terre. » Joinville, qui visita le sanctuaire, vit « les moult granz miracles » que Notre Dame de Tortose accomplissait, surtout en faveur des Croisés. Ces derniers chassés de la ville en 1291 emportèrent avec eux, à Nicosie, l’image miraculeuse de la Vierge.

La chapelle de la Vierge de Safita (Chastel-Blanc) et l’abbaye cistercienne de Balamand, érigée sous le vocable de Notre Dame de Belmont, remontent aussi aux Croisades (XIIe siècle). Mais rien ne nous dit s’ils furent à l’époque des centres de pèlerinage.

Avec la fin des Croisades cessa la popularité de Notre Dame de Tortose. Saïdnaya continua encore à être célèbre. Au XVe siècle, alors que la Syrie n’avait plus un croisé, le grand maître de Rhodes, Philibert de Neilhac, et le roi de Chypre réclamèrent en 1403, par un traité avec le sultan d’Égypte et de Syrie, un droit spécial sur Sainte Marie de Sardenaïra. Pèlerins et voyageurs du XVe au XVIIIe siècle continuaient à affluer au monastère [47]. L’attrait religieux n’était pas le seul motif déterminant de leur visite ; la curiosité y tenait une bonne part. Mais cela nous montre toujours l’importance du sanctuaire aux yeux des indigènes et des étrangers.

Les pèlerins orientaux [48] arrivaient aussi nombreux à Saïdnaya et à son sanctuaire, malgré le passage à l’Islam d’un certain nombre de villages environnants. Signalons d’une façon spéciale les pèlerins poètes. Ces trouvères, comme Mikhaïl ibn Hatem al Homsy, Yuhanna ibn al Masri, Yuhanna as Samin, Isa al Hazzâr, Ni’mat ibn al Khuri Tûma, Mikhail Tûma, etc., laissèrent dans un arabe dialectal, pauvre de facture et de style, des poésies touchantes de tendresse et d’amour filial envers Marie [49]. Notre Dame de Balamend eut un regain de popularité au XVIIIe siècle et le poète Mikhail Tûma la célébra en plus d’une poésie [50].

Marie, d’ailleurs, tient un rang privilégié dans la poésie arabe chrétienne du XVe au XVIIIe siècle même chez des poètes qui ne visitèrent pas ses sanctuaires. Poètes en langue dialectale ou de langue littéraire lui consacrèrent de longues strophes, chantèrent sa pureté virginale, sa maternité divine et sa puissance. Concert de louanges et d’amour qui tranche dans cette poésie habituée à chanter le vin et le plaisir.

Le XVIIIe siècle marque un tournant prononcé dans la vie intérieure des Églises d’Orient. Travaillées depuis la fin du XVIe siècle par des missionnaires latins, des fractions de fidèles, plus ou moins nombreuses, se détachèrent de leurs Églises respectives pour s’unir définitivement à Rome. Des branches catholiques de toutes les confessions orientales furent ainsi constituées. La Congrégation de la Propagande s’étant rendu compte qu’une action menée par le clergé indigène aurait plus d’efficacité que celle des missionnaires, multiplia le nombre des Orientaux étudiant Rome. Ce jeune clergé rapporta avec lui nombre de pratiques occidentales de dévotion et de piété. La dévotion à Marie, qui, jusqu’à présent était surtout liturgique – même dans les familles, c’était les hymnes liturgiques qu’on récitait – s’enrichit de formules neuves et se renouvela au contact de la piété occidentale. Elle conserve même de nos jours ce mélange de culte officiel et liturgique, d’aspect oriental, et ce culte privé d’allure latine.

La Syrie n’est plus un pays où domine le Christianisme. Aussi la dévotion populaire ne peut-elle pas s’y étaler comme elle le désire. Point de calvaires sur les chemins, point de ces niches où brûle une veilleuse devant une image de la Sainte Vierge, comme nous trouvons aux tournants des routes du Liban, point de médailles de Marie attachées au volant des automobiles. Le culte et la dévotion à Marie ne sont exercés que dans les sanctuaires et leurs alentours, les jours de fête patronale, ou dans les familles.

Nous pouvons distinguer dans ce culte deux aspects, l’un officiel ou liturgique et l’autre privé.

Nous ne dirons qu’un mot du premier, la question ayant été traitée dans les articles antérieurs. Les Confessions chrétiennes qui se partagent la Syrie ont chacune leurs fêtes mariales. Si certaines leur sont communes, d’autres sont particulières à l’une ou l’autre Église. Ces Églises ont aussi leurs pratiques liturgiques, office des vendredis du carême où se chante l’hymne acathiste, quinzaine préparatoire à l’Assomption, durant laquelle se récite la Paraclisis, dans l’Église melchite, catholique et orthodoxe ; jeûne et office précédant le 15 août dans l’Église syriaque ; mois du Rosaire, mois de Marie dans les communautés latines et maronites et dans beaucoup de paroisses melchites, catholiques et syriaques des centres ruraux. Dans ces centres où l’éducation de la jeunesse est confiée aux Religieuses des SS. Cœurs, fondées vers 1850, par les Jésuites, de nombreuses pratiques mariales, d’origine latine, jeûne du samedi, mois de Marie [51], du Rosaire, bénédiction de l’image sont suivies indistinctement par tous les rites catholiques. Le jeûne et l’office de la Paraclisis sont rigoureusement suivis dans l’Église melchite. Beaucoup de chrétiens manquant volontiers leur messe du dimanche se font un scrupule de ne pas assister à cet office ou de ne pas jeûner, le plus souvent à l’huile, le carême de l’Assomption. Il n’est pas rare de voir cette dévotion strictement observée par des musulmans ou des juifs.

Le culte privé de la Sainte Vierge revêt de multiples aspects. « De nos jours, en Orient, il n’est point d’église, point d’oratoire, point de maison où on ne trouve (son image) sans cesse répétée [52]. » Cette image, souvent fleurie, devant laquelle brûle une veilleuse, est l’objet d’une tendre dévotion. C’est autour d’elle que la famille s’assemble pour réciter le chapelet ou d’autres prières. « Dans les familles pieuses, on récite souvent en commun l’hymne acathiste et le petit canon paraclétique [53]. »

Le chapelet, le scapulaire, les médailles de Marie, surtout la Médaille Miraculeuse, « toutes choses excellentes et qui n’ont rien d’opposé au rite grec, quoi que veuillent en dire certains esprits bizarres [54] », sont des dévotions très répandues. Nous connaissons certaines régions du Hauran, contrée déshéritée de Syrie, où grâce à l’influence d’un saint prêtre, la récitation quotidienne du chapelet est de règle. Nous y avons rencontré souvent des paysans aller au labour, le chapelet en main.

Les Congrégations Mariales [55] sont en honneur dans toutes les paroisses : Congrégation de Notre Dame de Pompéi (surtout dans les églises syriaques), Congrégation de l’Immaculée-Conception pour les dames et les jeunes filles, Congrégation de l’Annonciation pour les hommes et les jeunes gens. Cette dernière date depuis plus de cent ans et c’est le patriarche melchite catholique d’Antioche, Maximos Mazloum (1779-1852), qui en composa l’office.

Marie est invoquée en Syrie sous tous les titres dont elle est connue dans l’Église universelle. Aucun exclusivisme dans son culte. Les catholiques invoquent, sans distinction, N. Dame du Perpétuel Secours, N. D. de Pompéi, N. D. de Lourdes, etc. L’image de N. Dame de Saïdnaya, la Shagoura, et de N. Dame de Bhamdoun sont surtout populaires dans les milieux orthodoxes. N. Dame du Liban, N. Dame de Bikfaya et N. Dame de Bzoummar sont invoquées dans les communautés maronites et arméniennes. Les neuvaines à N. Dame du Perpétuel Secours et à N. Dame de Pompéi sont assez répandues.

L’onomastique locale n’est pas sans être influencée par la dévotion populaire à la Sainte Vierge. Le nom de Marie, en effet, y est très répandu. Il est porté sous les formes les plus différentes ; sous sa forme sémitique de Mariam et de ses diminutifs, Marrum et Marrumi ; sous sa forme occidentale de Marie, Maria, et de ses nombreux composés, Marie-Rose, Marie-Claire, Marie-Reine. Le nom de Regina n’est pas inconnu. Il n’est pas rare de trouver aussi des hommes portant le nom de Bshâra (Annonciation).

Aujourd’hui, comme avant les progrès de l’Islam, le sanctuaire de la Vierge au couvent de Seydnaya… « domine une large part de la vie mystique des populations qui habitent le deuxième et le troisième plateau de Qalamûn. Seydnaya, en raison de sa proximité de Damas, a pris un caractère assez spécial : c’est un centre de piété populaire, mais c’est également un sanctuaire que l’on pourrait qualifier de mondain. Visiter la Vierge est un but d’excursion plus que de prière pour beaucoup de chrétiens de Damas. Nombreuses sont les familles orthodoxes qui estivent à Seydnaya : de juin à octobre, le couvent prend des allures de maison de famille où l’on se retrouve sans pieuse arrière-pensée [56] ». Les foules accourent de tous les coins de Syrie et du Liban, surtout le 8 septembre. Malgré les réjouissances populaires et foraines que cette réunion de pèlerins occasionne, la prière de la foule croyante ne manque pas de monter humble et pressante vers le trône de Marie. Il n’est pas rare non plus d’y rencontrer des âmes désireuses de paix et de recueillement. « De loin déjà, le pèlerin découvre, avec émotion, la silhouette blanche et majestueuse (du sanctuaire), son aspect de chrétienté dominante… Au seuil de la chapelle où veille l’image de la Vierge, nous nous déchaussions. Ma mère s’était agenouillée devant le tabernacle renfermant l’icône miraculeuse, visage contre terre. Debout, pieusement, je me tenais à ses côtés. Les nonnes commencèrent une prière. Leurs voix, d’une chantante monotonie émouvante et grave, psalmodiaient al BaraKlissi, vieille litanie en l’honneur de la Vierge sainte. Un refrain revenait sur leurs lèvres, comme une plainte, « Ô Toi, la très sainte Mère de Dieu, sauve-nous ! » Paupières closes, l’âme illuminée, je sentais vivre en moi des images, des visions, devrais-je dire. J’avais pris, dans le recueillement, une décision [57]. »

La spécialité de la Vierge de Saydnaya est de faire cesser la stérilité. C’est là une grande vertu en cet Orient où la naissance d’un enfant, d’un garçon, est le plus grand des évènements. « La suppliante dort devant l’Iconostase qui cache l’image miraculeuse et, au réveil, elle avale la mèche (al ftîlé) de la veilleuse. Cette pratique est non seulement connue de toute la Syrie, mais on cite même des jeunes femmes venues tout spécialement d’Égypte à Seydenaya pour avaler la ftîlé [58]. Si la grâce d’être mère est demandée par une musulmane, celle-ci promet le plus souvent de faire baptiser l’enfant dans le sanctuaire ; et la promesse est scrupuleusement accomplie. Les miraculées syriennes promettent généralement un ex-voto en or à la Shagoura. Aussi, parmi la multitude des ex-voto, découvre-t-on souvent dans la chapelle des icônes un enfant en or, témoignant d’un miracle de la fécondité. Les cas de guérisons miraculeuses ne sont pas rares à Saydnaya.

Les autres sanctuaires de Marie en Syrie ont perdu de leur popularité. Notre Dame de Balamend et Notre Dame de Tortose ne sont qu’un souvenir historique. La Vierge de Safita conserve quelque renommée parmi les chrétiens et les musulmans du pays alaouite.

Notre Dame de Harissa, au Liban, ne manque pas, depuis quelques années, d’attirer au mois de mai, de nombreux groupes de pèlerins syriens. Vers Notre Dame de Bzommar et Notre Dame de la Délivrance de Sharfé, seuls quelques arméniens catholiques ou quelques syriaques de Damas et d’Alep viennent déposer leurs offrandes ou demander une faveur.

Un sanctuaire qui est aujourd’hui en territoire libanais, mais qui garde l’affection et l’amour des chrétiens de Syrie, est celui de Notre Dame de Râs Baalbeck. Il est en très grande vénération dans toute la BQa’. Le serment le plus sacré qu’un métouali de la région puisse faire est celui prononcé au nom de Notre Dame, Sitt as Saîdé. Sa fête patronale tombe le 15  août ; des foules en nombre y viennent du Liban, de la Syrie, surtout de la région d’Alep.

En divers points du territoire, la Vierge Marie veille sur les chrétientés de Syrie, chrétientés désunies par le schisme et l’hérésie, mais ayant toutes ce trait commun, une tendre dévotion à Marie. La Sainte Vierge qui, à travers plusieurs siècles de persécutions et de vexations, garda vivace la foi chrétienne dans ces Églises, saura un jour les réunir dans son amour et dans celui de son Divin Fils, sous l’égide d’un seul Pasteur.


Père Joseph NASRALLAH (Harissa, Liban),  en la fête de l’Assomption, 1948.


[Paru dans la revue Marie en mai-juin 1949]


1 - Cf. les études précédentes. Nous ajoutons pour l’Église Byzantine, L’ARCHIMANDRITE MICHEL ASSAF, La place de la Vierge Marie dans le rite Byzantin, in AR RIÇALAT AL MOUKHALLISSIAT, XV, 1948, pp. 535-540.

2 - A. MOLIEN, La Liturgie des Saints, la Vierge Marie et St Joseph, Avignon, 1935, pp. 20-21.

3 - JEAN LASSUS, Inventaire Archéologique de la Région au nord-est de Hama, in Documents d’Études Orientales de l’Institut Français de Damas, t. IV, 1935, pp. 163-164.

4 - MARTIN JUGIE, La Mort et l’Assomption de la Ste Vierge. Étude Historico-doctrinale. Studi e Testi, n. 114, Cité du Vatican, 1944, p. 58.


5 - Das Kirchenjahr in Antiocheia swischen 512 et 518, in Roemische Quartalschift, 1897, pp. 55-56 ; cf. aussi M. JUGIE, La Première fête mariale en Orient et en Occident. Échos d’Orient, XXII, 1923, p. 137.


6 - Ces deux homélies sont reproduites dans la Patrologie Grecque de Migne, t. LXXXC, col. 1763-1792 ; cf. à ce sujet M. JUGIE, art. cit., pp. 135-136.


7 - « La querelle autour du Théotokos montre même que c’est par l’atteinte portée au culte populaire de la Vierge que Nestorius et les autres disciples de Théodore de Mopsueste heurtaient le plus vivement la sensibilité chrétienne.» J. LASSUS, Sanctuaires Chrétiens de Syrie, Paris, 1947, p. 306.


8 - R. DEVREESE, Le Patriarcat d’Antioche depuis la paix de l’Église jusqu’à la Conquête Arabe, Paris, 1945, p. 294.


9 - J. STRZYGOWSKI, Amida, Heidelberg, 1910, pp. 166, 187-195.


10 - MICHEL LE GRAND, Chronique, édition Chabot, II, p. 360.


11 - ÉVAGRE, V. 21 ; MALALAS, p. 423 ; PROCOPE, De Aedif., II, 10, 24, cité in DEVREESSE, op. cit., p. III. Cette église est antérieure au VIe siècle, puisque Sévère d’Antioche demande à ses auditeurs, dans l’une de ses homélies, de contribuer par des dons généreux à l’agrandissement et à l’embellissement de l’ancienne église Ste Marie, cf. MAI, Spicilegium Romanum, t. X, p. I, p. 220.


12 - Inventaire, p. 163.


13 - Op. cit., pp. 98-99.


14 - Op. cit., p. 123.


15 - Le Patriarcat d’Antioche, p. 183.


16 - W. K. PRENTICE, Syria. Publications of the Princeton University, arch. Exp., Sect. B. Northern Syria, n. 287.


17 - Op. cit., n. 350.


18 - Op. cit., pp. 338-341.


19 - L. JALABERT et R. MOUTERDE, Inscriptions grecques et latines en Syrie, pp. 319-320.


20 - J. NASRALLAH, Les Souvenirs Chrétiens de Damas, I, Les Souvenirs de St Paul, 1944, passim.


21 - Sur les deux localités, cf. J. NASRALLAH, Inventaire Archéologique du Qalamûn (en préparation).


22 - Histoire de Saidnaya, par HABIB ZAYAT, Harissa, 1932, p. 61 sq.


23 - Le Pré Spirituel, introduction et traduction de M. J. ROUET DE JOURNEL, in Les Sources Chrétiennes, n. 12, pp. 236-237.


24 - Op. cit., n. 45, 46, 47, 61, 75.


25 - « Parmi les Pères du IVe siècle, le docteur syrien St Éphrem est certainement celui qui a donné à Marie les plus belles louanges. » MARTIN JUGIE, La Mort et l’Assomption de la Ste Vierge, p. 59.


26 - C. CHEVALIER, La Mariologie de St Jean Damascène, in Orientalia Christiana Analecta, 109, Rome, 1936, 262 pp.


27 - C. CHEVALIER, Mariologie de Romanos, le roi des mélodes, in Recherches de Science religieuse, t. XXIII, 1938, p. 70, cité in P. REGAMEY, Les Plus Beaux Textes sur la Vierge Marie, Paris, p. 73.


28 - PRENTICE, Syria, en signale quelques-unes, cf. ns. 860, 880, 911, 953, 1024, 1149, 1151, 1149, 1212.


29 - Early Churches in Syria, Princeton, 1929, p. 246. Ils proviennent de la région de Khanaser et de Zébed.


30 - Inventaire Archéologique, pp. 98-99 et Pl. XVIII, I.


31 - Op. cit., pp. 121-122 et Pl. XXIII.


32 - Analecta Vollandiana, t. XXVIII, 1909, p. 27.


33 - HABIB ZAYAT, Histoire de Saïdnaya, p. 64, avec bibliographie.


34 - Op. cit., pp. 64-67.


35 - Op. cit., p. 67.


36 - AHMAD TIMOUR PACHA et ZAKI MOUHAMMAD HASAN, La Peinture chez les Arabes (en arabe).


37 - Théotokion du IIe ton de l’office grec des laudes.


38 - Dernier tropaire de l’office de la paraclisis.


39 - Masâlek al Absâr, I, pp. 356-357.


40 - Cf. liste de ces pèlerins in Histoire de Saïdnaya, pp. 70 sq. et JOSEPH NASRALLAH, Voyageurs et Pèlerins au Qalamoun, B E O, t. X., 1945-1946, pp. 13-16.


41 - P. GIROLAMO GOLUBOVICH, Peregrinationes Terrae Sanctae (Saec. XIII), extrait de Archivum Franciscanum Historicum, 1918, t. XI, fasc. IV, p. 6.


42 - RAYMOND LOIR, Saydenaya et son Couvent, 1944, pp. 43-44.


43 - R. ROHRICHT et H. MEISNER, Deutsche Pilgerreisen, Berlin, 1880, p. 106, in ZAYAT, pp. 20, 74.


44 - Cité in Zayat, op. cit., pp. 75-76.


45 - BERNARDIN SURIUS, Le Pieux Pèlerin Voyage de Jérusalem, Bruxelles, 1666, pp. 341-342 ; COTOVICUS, Itinerarium Hierosolymitanum et Syriacum, Anvers, 1619, p. 387 ; cf. à ce sujet ZAYAT, op. cit., pp. 96-97.


46 - MICHELANT et RAYNAUD, Itinéraires à Jérusalem, p. 173 ; Relation de Burchard de Strasbourg in Chronica Slavorum d’Arnold de Lubeck, Ed. Lappenberg M.G. Ser. t. XXI, p. 235 ; Epistola Magistri Thetmari, in Mémoires de l’Académie Royale de Belgique, t. XXVI, 1851, p. 28 ; cf. aussi ZAYAT, p. 76. Témoignages des musulmans eux-mêmes, comme Zeïn ed Dîn al Gaubari, cf. ZAYAT, op. cit., p. 105 et passim.


47 - Cf. Voyageurs et Pèlerins au Qalamoun, pp. 31-37.


48 - Art. cit., pp. 27-30.


49 - Zayat, Histoire de Saïdnaya, en publia quelques-unes, pp. 80-87.


50 - Cf. notre article, Un Poète melchite inconnu du XVIIIe siècle, (en arabe), in Al Maçarrat, XXXIV, 1948, pp. 273-281.


51 - Le mois de Marie fut célébré pour la première fois en Orient dans l’église de N. D. de Bikfaya (Liban) en 1836 par le R. P. Estève, s. j., († 1er déc. 1873) ; il se répandit dans la suite dans le Liban et dans toute la Syrie.


52 - CH. BAYET, Recherches pour servir à l’histoire de la peinture et de la sculpture chrétienne en Orient, Paris, 1879, p. 50.


53 - C. CHARON, Histoire des Patriarcats Melkites, t. III, p. 703.


54 - Op. cit., p. 704.


55 - La première congrégation mariale, fondée en Syrie, remonte à 1630. Elle fut établie dans l’église St Élie des maronites, à Alep, par le jésuite Aimé Chézaud († 14 sept. 1664). Il en érigea, bientôt après, deux autres, l’une pour les arméniens catholiques et l’autre pour les melchites ; tandis qu’un autre missionnaire, le P. Gilbert Rigault, en fondait une quatrième pour la colonie européenne si nombreuse à Alep. Le consul de France, Fr. de Picquet, en fut un membre assidu. Ces quatre congrégations étaient réservées aux hommes. Nous n’en connaissons pas pour les dames. Le P. Paul-Guillaume Godet établit dans la suite une congrégation mariale pour la jeunesse.
D’Alep les congrégations mariales se répandirent à Damas puis au Liban. C’est le P. Gérôme Queyrot († 8 septembre 1653) qui fonda la première congrégation de la Vierge dans la ville des Ommayades. Cf. L. CHEIKHO, Les Congrégations mariales en Orient, Al-Machriq, XV, 1927, pp. 321-330.


56 - R. THOUMIN, Le Culte de Sainte Thècle dans le Jebel Qalamûn, in Mélanges publiés par la section des Arabisants, t. I., p. 164.


57 - R. LOIR, Saydenaya et son Couvent, pp 23, 30-31.

58 - R. THOUMIN, op. cit., p. 167.



Source : "Le culte de Marie en Syrie" par le père Joseph Nasrallah

Sednaya et son monastère marial, abri de la Shaghoura

Marie la Mère de Dieu