Qui ne risque rien n'est rien… sur le chemin de Damas, alors que les opinions ont cédé face aux certitudes…
on ne le dit assez : un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi, ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances.

samedi 30 janvier 2016

Avec Aide à l'Église en détresse : Veillée des Témoins à Notre-Dame de Paris ce 29 janvier



Ce 29 janvier 2016 : messe en la cathédrale Notre-Dame de Paris pour la 8ème Nuit des Témoin de l'Aide à l'Église en détresse :
Mgr Coutts archevêque de Karachi (Pakistan), Mgr Patrick Chauvet, Mgr Jeanbart archevêque d'Alep (Syrie)





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Il y avait du monde à la cathédrale Notre-Dame de Paris, ce 29 janvier, pour la 8ème édition de la Nuit des Témoins, veillée de prière organisée par L’Aide à l’Église en détresse. Accueillis par Mgr Patrick Jacquin, recteur-archiprêtre de la cathédrale Notre-Dame de Paris, et par Mgr Patrick Chauvet, doyen du chapitre, les veilleurs ont écouté les différents témoignages introduits par Marc Fromager, directeur national de l’AED France. Plusieurs milliers de personnes se sont ainsi retrouvées sous les voûtes de la cathédrale parisienne.

Ponctués par des chants et le rappel de ces prêtres, religieux et religieuses tués l’année dernière, quatre témoignages ont été présentés. Les participants ont pu ainsi entendre Mgr Joseph Coutts, archevêque de Karachi et Président de la Conférence des évêques du Pakistan, Mgr Jean-Clément Jeanbart, archevêque melkite d’Alep, Sœur Lika Marooki, religieuse dominicaine, et le père Antonio Aurélio Fernandez, religieux trinitaire.


Mgr Joseph Coutts, archevêque de Karachi (Pakistan), président de la Conférence des évêques du Pakistan

Mgr Joseph Coutts a donné le premier témoignage. Il a d’abord rappelé qu’au Pakistan 95 % de la population était musulmane et 2 % chrétienne. Les groupes islamiques mettent constamment le gouvernement pakistanais sous pression, comme le prouve l’adoption de la loi anti-blasphème. C’est au nom de cette loi qu’Asia Bibi est toujours en prison. Depuis deux décennies, les nouvelles formes d’islamisme (l’État islamique, les talibans et même Boko haram) ont toutes eu un impact au Pakistan. N’importe quelle question religieuse devient passionnelle pour les musulmans. « Au Pakistan, la persécution ne vient pas de l’État, mais en grande partie de la société, dont la mentalité est en train de devenir de plus en plus islamique, influencée par des forces extérieure comme les talibans ou Daesh », déclare Mgr Coutts, président de la conférence des évêques du Pakistan. Face aux lois de la Charia introduites sous Zia (dictateur de 1977 à 1988), dont le peuple demande de plus en plus l’application, le gouvernement craint d’agir à cause des problèmes politiques qui pourraient résulter. Dans un pays musulman à 95 %, il est par conséquent facile de s’en prendre aux minorités, dont les chrétiens font partis. « Comme chrétiens nous vivons en permanence en état de tension mentale. Nous passons notre temps à nous demander où sera la prochaine attaque. »
En 2014 et en 2015, des églises ont fait l’objet d’attentats-suicides. Pourtant, les chrétiens refusent de baisser les bras. Ainsi, ils ont même refusé, à Noël, l’annulation d’une messe de minuit. Le gouvernement pakistanais assurerait un peu plus la protection des chrétiens qu’avant. L’archevêque a rappelé que les écoles et les hôpitaux chrétiens étaient ouverts à tous, y compris aux musulmans.

Mgr Coutts termine par cette exhortation. « Priez pour nous, pour que nous soyons forts dans la foi, et que nous poussions continuer à témoigner de l’Amour et servir ceux qui nous entourent. Quand je rentrerai au Pakistan je raconterai à nos catholiques ce que j’ai expérimenté ici, comment vous et les chrétiens du monde entier, vous priez pour nous. Votre prière et solidarité nous donne de la force. »

Mgr Jean-Clément Jeanbart, archevêque de l'église Melkite d'Alep (Syrie)

La Syrie était évidemment au devant de la scène. Il est inutile de revenir sur ce qui s'y passe depuis 5 ans. Mgr Jeanbart a rappelé que si les chrétiens représentaient environ 8 % de chrétiens de la société syrienne, ils ne seraient actuellement plus que la moitié (d’après certaines estimations, encore plus pessimistes, ils ne seraient plus que 1 % de la population syrienne). Il a rappelé les chrétiens persécutés, qu’ils soient tués ou enlevés, mais aussi les lieux de culte dévastés. Il a dénoncé l’éradication de toute une civilisation « qui allait au delà des particularismes mesquins ». Il a insisté sur l’exode qui est en train d’engloutir les fidèles « dans un Occident insouciant ». Mgr Jeanbart, évêque d’Alep, ne mâche pas ses mots. « La liste des dégâts serait bien longue si je devais relater tout ce qui arrive depuis cinq ans dans cette malheureuse Syrie. On peut parler d’une éradication systématique de toute une civilisation, de tout un patrimoine. On peut penser aussi à un plan de destruction systématique prémédité, visant à éliminer tout ce qui constitue la richesse de ce pays. C’est une grande catastrophe qui nous frappe impitoyablement. Nous nous trouvons confrontés à de grands périls, peut-être même à une fatidique disparition. » C’est le cri poignant d’un homme qui voit mourir son pays, d’un évêque qui voit périr ou fuir ses brebis.

L’archevêque a aussi replacé les persécutions dans une continuité historique : la Syrie est une terre de martyrs. Il y aurait eu 20 millions de martyrs en Syrie en 2000 ans. L’archevêque melkite a conclu son intervention par un appel très poignant : « Aidez nous, aidez-nos notre Église de Syrie à survivre ! » « Aidez-nous à rester chez nous en Syrie, terre des premiers chrétiens ! » L’archevêque a été très longuement applaudi par l’assistance, preuve qu’un témoignage franc et libre est toujours écouté.



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Cette veillée de prière et de témoignages rend hommage à ceux qui ont été tués parce qu'ils étaient des disciples du Christ. Elle permet aussi de porter dans la prière ceux qui souffrent toujours et d'écouter leur témoignage. L'Aide à l'Église en détresse invite des grands témoins pour honorer les martyrs de la foi, prêtres, religieuses, religieux et laïcs engagés ayant perdu la vie ces derniers mois par fidélité au Christ. Au cours de la Nuit des témoins, ils apportent leur témoignage sur la réalité de la situation des chrétiens dans leur pays respectif : Mgr Jeanbart, archevêque de l'église Melkite d'Alep (Syrie), Mgr Coutts, archevêque de Karachi (Pakistan), président de la Conférence des évêques du Pakistan, Sœur Lika Marooki, religieuse dominicaine à Erbil (Irak), Père Antonio Aurélio Fernandez, prêtre trinitaire (Soudan). - (Direct à Notre-Dame de Paris du 29/01/2016).


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Sœur Lika Marooki, religieuse dominicaine réfugiée à Erbil (Irak)

Témoignage de Sœur Lika Marooki, dominicaine irakienne originaire de Qaraqoche (plaine de Ninive) et en présence d'une délégation chaldéenne. Sœur Lika vivait à 20 km de Mossoul. Elle a rappelé le départ des religieuses lorsque les troupes de l’État islamique sont arrivées, en 2014. À contrecœur, les chrétiens ont dû quitter leurs terres ancestrales. Elle a témoigné des conditions éprouvantes de vie des réfugiés chrétiens à Erbil. Le spectacle est terrible. Les réfugiés sont à l’étroit dans les installations provisoires. Vivant les uns sur les autres, les familles n’en peuvent plus. « On a mis sur place une école, trois jardins d’enfants, un centre médical mais ce n’est pas assez. Pour que tous les enfants aient au moins trois ou quatre heures de cours par semaine, il faut faire un roulement. Les moyens manquent. » Sœur Lika a clairement évoqué le risque d’une génération sacrifiée. « Cette génération ne sera pas instruite pour affronter l’avenir ». Elle a aussi monté une chorale et enseigne la catéchèse, mais pour aller d’un endroit à l’autre les transports coûtent chers. En 10 ans, 90 % des chrétiens d’Irak ont quitté le pays, passant de 1,5 million à 150 000, la situation est donc catastrophique. Les chrétiens ont même perdu confiance en leurs voisins musulmans. Il faut cependant aider les familles à rester malgré les circonstances difficiles. Elle a rappelé les exemples de ces humbles chrétiens pour qui l’amour est plus fort que la mort. Un témoignage poignant et très fort. Conclusion de ce témoignage par le "Je vous salue Marie" en soureth (araméen moderne) dialecte de Baghdédé-Qaraqoche. Merci Sœur pour ce témoignage !

Père Antonio Aurélio Fernandez, prêtre trinitaire (Soudan)
Le Père Antonio Aurélio Fernandez est prêtre trinitaire au Soudan, président de Solidarité internationale trinitaire, organisme fondé par les pères trinitaires pour soutenir les chrétiens persécutés dans le monde et notamment les enfants soudanais chrétiens vendus sur les marchés aux esclaves islamiques. À ceux qui pensaient l’époque de l’esclavage depuis longtemps révolue, le Père Antonio Aurelio Fernandez vient témoigner du contraire. Dans le Sud-Soudan, majoritairement chrétien ou animiste, lorsque les hommes sont tués au combat en défendant leurs villages, leurs femmes et leurs enfants sont enlevés puis vendus à des marchands. Une manière pour les militaires de percevoir leur salaire. Les mercenaires conduiront ensuite les captifs sur des marchés où ils pourront être revendus au plus offrant. Un commerce qui se fait impunément entre le Soudan, le Tchad, l’Égypte, la Libye, l’Arabie saoudite et d’autres encore.


Entretien avec Père Antonio Aurélio Fernandez :
« Pour les musulmans, au Soudan, l’esclavage, c’est normal ! »


« Les femmes sont utilisées pour les travaux ménagers, les jeunes filles pour répondre aux besoins du seigneur et les garçons pour travailler dans les camps ou avec les animaux. Nous avons déjà racheté 800 enfants mais ce n’est rien, car il y en a des milliers. Les plus jeunes, quand on les récupère, ne sourient jamais, ni ne regardent dans les yeux car ils ont grandi en tant qu’esclaves. C’est alors un long travail pour leur faire comprendre qu’ils sont libres et que l’on prend soin d’eux. »

Mais le Père Antonio Aurelio Fernandez est confiant pour l’avenir des chrétiens malgré les difficultés actuelles. « Nous sommes au Soudan avec le désir de semer l’avenir. Le christianisme est l’avenir. »


Tous les participants sont ensuite invités à déposer une bougie à côté du visage des disparus, au pied du Saint Sacrement exposé. L’affluence était telle que cette procession de dépôt d'une veilleuse au pied de l’autel a duré plus de vingt minutes. Incontestablement, cette édition parisienne 2016 a eu un grand succès. La veillée de l’AED est devenu un événement qui rassemble de nombreux catholiques parisiens.

« On ressort de là étrangement heureux, le cœur plus ouvert, ébranlé par ce que l’on a entendu et touché de voir que tant de monde s’est déplacé. »

Souhaitons le même succès aux prochaines veillées qui auront lieu à Nancy, à Orléans, à Rennes et à Toulon !

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