Qui ne risque rien n'est rien… sur le chemin de Damas, alors que les opinions ont cédé face aux certitudes…
on ne le dit assez : un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi, ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances.

mercredi 13 mai 2015

« Régiment immortel » honore la mémoire des héros de la Grande Guerre patriotique








Marche du « Régiment immortel » ce 9 mai à Moscou


Le président Vladimir Poutine a défilé au premier rang de la marche commémorative « Régiment immortel » [Бессмертный полк], marche par laquelle les descendants des soldats qui ont participé à la Seconde Guerre mondiale rendent hommage à leurs parents…

"L'héroïsme immortel pour le salut de la Patrie ne sera jamais oublié… La Russie rend hommage à la fermeté et au courage de ses vétérans. Que les anciens combattants de la Grande Guerre patriotique, où qu'aujourd'hui ils se trouvent, le sachent. Le peuple multinational (de l'URSS) rassemblé a combattu pour la liberté et a réalisé cet exploit immortel pour le salut de la Patrie", a déclaré le président russe Vladimir Poutine devant les participants et invités à la Parade de la Victoire.
 
Même si chaque année, voire chaque mois et chaque jour leur nombre diminue, chacun garde le souvenir de son aïeul ayant participé à la Seconde guerre mondiale, un vétéran ridé au visage cuivré, au regard perçant et un peu triste, qui, comme des milliers d'autres survivants, n'aimait pas parler de la guerre. De l'époque, il leur reste quelques photos, peut-être des lettres, ainsi que des médailles noircies par le temps.


En Russie, l'action populaire « Régiment immortel » ressuscite le souvenir des vétérans de la Seconde guerre mondiale. Lancé à Tomsk en 2012, « Régiment immortel » se manifeste par une marche où chacun se fait un honneur de brandir de grandes photos de ses proches ayant participé à la Grande Guerre Patriotique, ainsi qu'on la nomme en Russie. Après à peine quatre ans, le « Régiment immortel », est présent dans plus de 1 100 villes de 15 pays et a pris de telles dimensions que le président russe Vladimir Poutine a autorisé les membres du mouvement à se joindre et participer à la grande parade de la Victoire ce 9 mai. Valérie Smakhtina, journaliste francophone à Sputnik y participe, accompagnée du portrait de son grand-père qui, lui, avait pris part au premier défilé militaire à l'occasion du 20ème anniversaire de la Victoire en 1965 sur la place Rouge.

« Cette histoire a réuni les gens », confie Sergueï Lapenkov, président du « Régiment immortel ». Une forme nouvelle pour incarner cette mémoire est apparue : c'est le site Internet du « Régiment immortel » [Официальный сайт акции «Бессмертный полк»] sur lequel chaque personne peut écrire tout ce qu'elle sait sur son aïeul ayant participé à la guerre. On peut découvrir sur ce site des histoires bouleversantes avec des photos, des copies de décorations et de documents. Mais il y a aussi des histoires laconiques qui font frémir. Un habitant de Moscou a noté : « J'écris en l'honneur de mon oncle. Appelé sous les drapeaux, il est arrivé en retard au centre de recrutement et a alors été envoyé dans une compagnie disciplinaire. Il a disparu sans qu'aucune nouvelle parvienne à la famille ». Brève histoire d'un des participant. Pour chacun de telles histoires sont très importantes, la guerre était certes une bataille d'armées, de divisions, de masses d'hommes immenses, mais chaque soldat, officier ou général menait sa propre guerre.
 
Le « Régiment immortel » ne peut se substituer pas au défilé des anciens combattants. Le défilé des anciens combattants est la mémoire vivante, ce sont les participants aux événements. Il y a 30 ans, le jour du 9 mai était animé par ces hommes, par leurs visages, leurs conversations, leurs émotions. C'était immensément émouvant. Rien ne peut remplacer les êtres vivants. On peut certes prolonger leur vie et leur existence à travers la mémoire. Mais ce ne sera jamais une substitution. Quand le dernier vétéran disparaîtra, et ce jour viendra tôt ou tard, c'est inévitable, l'histoire du jour de la Victoire ne doit pas perdre ses héros. Chacun en Russie se souvient de la guerre de 1812 et de la victoire sur l'armée de Napoléon, mais ce souvenir est devenu abstrait, s'inscrivant dans un passé lointain. « Régiment immortel » voudrait que la mémoire de la dernière guerre soit concrète. Parce que cette guerre était la plus terrible de toute l'histoire des peuples de Russie. L'essentiel était en jeu. Que l'on comprenne pourquoi les gens tombaient sur les champs de bataille : ils ont donné leur vie pour qu'il n'y ait plus de guerre. Dans plus d'un message sur trois on peut lire sur le site : "grand-père n'aimait pas parler de la guerre, il ne racontait rien sur la guerre. Pour les participants, c'était un enfer et même s'en souvenir faisait mal." Nombre d'entre eux n'ont plus jamais regardé de films de guerre. Que les gens comprennent que leurs parents ont donné leur vie ou ont survécu à cet enfer pour qu'il n'y ait plus de guerres.
 
Parmi ceux qui ont survécu aux massacres de la Grande Guerre Patriotique, le sergent Alexandre Loyko, grand-père paternel de Valérie Smakhtina. Né d'une famille paysanne du village de Vochkaty à 110 km au sud de Minsk, il aimait cultiver la terre. Pieds-nus, son enfance a été consacrée au travail, dans le kolkhoze de Rokosovski dont il est ensuite devenu le « patron ».
 
Au printemps 1939, étudiant au collège de Communication électrique à Minsk, il a été appelé sous les drapeaux de l'Armée Rouge. Lors de la guerre, Alexandre Loyko a été détaché auprès du 641ème bataillon de transmissions… C'est dans les rangs de ce bataillon que le vétéran a parcouru des centaines de kilomètres alors que des balles de mitrailleuses sifflaient de tout côtés, effleurant ou tuant des milliers de soldats de l'Armée Rouge, sur le front de Kalinine et du premier front balte.
 
De cette époque, il lui reste peu de souvenirs qu'il partage parcimonieusement avec ses proches. Une histoire l'a, semble-t-il, le plus marqué. Lors de la prise de Königsberg, il devait effectuer la liaison entre les troupes sur place et l'état-major à Moscou. Abruti par les scènes macabres de la campagne et les canons qui tiraient sans relâche, chacun se terrait dans son trou. Il a fallu un fier courage aux transmetteurs, dont le grand-père Alexandre Loyko, qui, debout, dans un champ de mines, face aux mitrailleuses, ont réussi à rétablir la liaison avec l'état-major dans les meilleurs délais. C'est à ce moment-là qu'Alexandre Loyko est remarqué par général Tcherniakhovski qui menait l'attaque. Le général a remercié chaque transmetteur en personne. Après l'opération, le sergent Alexandre Loyko a été récompensé d'une médaille pour la prise de Königsberg, une médaille qui s'ajoute à une quinzaine d'autres décorations.

Le 24 avril 1946, Alexandre Loyko est revenu dans son village natal où il a travaillé comme directeur adjoint de « Machinerie et équipement agricoles ». Son nom est inscrit dans le livre d'honneur. À l'occasion du 60ème anniversaire du vétéran, son camarade de combat Grigori Chvets, journaliste, a publié un article dans le journal local « Slava Pratsi » consacré à la vie.

Est-ce un héros de guerre ? Pas vraiment. Alexandre Loyko s'est toujours considéré comme un soldat ordinaire. Ses concitoyens le décrivent comme un homme brave, un gaillard qui joue de la mandoline, un professionnel qui a des doigts d'or et qui ne refuse jamais son aide.

« Je suis comme rien du tout », répétait le vétéran quand ses trois enfants lui demandaient de parler de la guerre. Mais c'est de ce « rien du tout » qu'on fait l'histoire. Son histoire, comme celle des millions de vétérans, n'est pas uniquement individuelle. Toute mémoire soigneusement gardée par les nouvelles générations, les descendants des héros « ordinaires » de la Seconde Guerre mondiale, se transforme en une histoire populaire, une histoire nationale. Et cette histoire, tant qu'elle reste vivante, ne peut être falsifiée ni réécrite… En dépit des manœuvres falsificatrices de la propagande occidentale et de l'« histoire » qui y est aujourd'hui pernicieusement enseignée.
 
(source : Valérie Smakhtina pour Sputnik France)



À Moscou, défilent des soldats… à Paris, des maîtresses…



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