Qui ne risque rien n'est rien… sur le chemin de Damas, alors que les opinions ont cédé face aux certitudes…
on ne le dit assez : un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi, ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances.

vendredi 2 janvier 2015

Thomas Piketty, un homme d'Honneur ?… tout comme Marcel Aymé ?…


L'Honneur, tout comme l'acceptation ou le refus d'un quelconque hochet, reste nécessairement et toujours frivolement ou malicieusement instrumentalisé en notre société de décadence…

« … je les prierais qu'ils voulussent bien, leur Légion d'honneur, se la carrer dans le train comme aussi leurs plaisirs élyséens. »

« … Je refuse cette nomination car je ne pense pas que ce soit le rôle d'un gouvernement de décider qui est honorable. »
Thomas Piketty

Thomas Piketty, un homme d'Honneur…


Thomas Piketty, l'économiste français dont l'ouvrage Le Capital au XXIème siècle connaît un immense retentissement international, a indiqué « refuser (sa) nomination » pour la Légion d'honneur, officialisée jeudi.

« Je viens d'apprendre que j'étais proposé pour la Légion d'honneur. Je refuse cette nomination car je ne pense pas que ce soit le rôle d'un gouvernement de décider qui est honorable », a déclaré Thomas Piketty, ajoutant: « Ils feraient bien de se consacrer à la relance de la croissance en France et en Europe. » En effet voilà un privilège totalement ubuesque que celui d'un gouvernement en situation d'échec généralisé que celui d'avoir la prétention de conserver cette faculté de distinguer qui mérite de la Nation…  Dans son refus, Thomas Piketty a toutefois choisi d'être bien plus policé quoique tout aussi explicite que Marcel Aymé qui répondit en 1949 par un article du Crapouillot à l'adresse de ceux qui prétendaient le distinguer qu'ils pouvaient « se la carrer dans le train ».

Thomas Piketty figure dans la « promotion du 1er janvier » de la Légion d'honneur, publiée au Journal Officiel, nommé au rang de chevalier, aux côtés d'un autre économiste, le Prix Nobel Jean Tirole, qui est lui fait officier. Le refus de Thomas Piketty intervient alors que son ouvrage, qui entend démontrer la tendance spontanée à une toujours plus grande concentration de la richesse entre quelques mains, s'est vendu à 1,5 million d'exemplaires.

Traduit en plusieurs langues, l'ouvrage est en particulier un phénomène d'édition aux États-Unis, où Thomas Piketty a été reçu par des conseillers du président Barack Obama. L'accueil réservé au livre a été plus tiède en France, notamment de la part du gouvernement, malgré de très fortes ventes.

Thomas Piketty, un temps proche du Parti socialiste, critique régulièrement la politique menée par Flanby et ses socialauds. Il regrette, entre autres, que Flanfy ait enterré sa promesse de campagne d'une profonde réforme fiscale, dans le sens d'une plus grande progressivité de l'impôt, un projet ardemment défendu par l'économiste.

Chacun n'a pas la même conception de l'honneur que Thomas Piketty… Les deux nobélisés français de 2014, l'écrivain Patrick Modiano et l'économiste Jean Tirole, l'infirmière de MSF qui avait contracté le virus Ébola et Mimie Mathy figurent dans la promotion de la Légion d'honneur du Nouvel An. Aucun d'eux n'a réagit… Bravo, Thomas Piketty pour cette gifle de plus au pouvoir en place et son valet général Georgelin



Lettre ouverte au "général" Georgelin, la honte… Honneur à Jean-François Collin…

Marcel Aymé, un homme libre, au-dessus des partis
… le Ministre de l’Éducation Nationale, sans doute mal informé sur la personnalité de Marcel Aymé, lui manifeste son désir de le décorer de la Légion d’Honneur, et celui du Président de la République de l’inviter à l’Élysée. Marcel Aymé y répond violemment dans Le Crapouillot : « … si c’était à refaire, je les prierais qu’ils voulussent bien, leur Légion d’Honneur, se la carrer dans le train, comme aussi leurs plaisirs élyséens ». C’est un beau scandale !
Marcel Aymé ou l'inconscience du courage :
… attablés au Pont-Royal, nous prenions l'apéritif. Nimier taquinait Marcel Aymé. « Il va y avoir de magnifiques promotions dans la Légion d'honneur : Lacretelle, Gaxotte, Montherlant et toi, à ton âge, n'as-tu pas honte de n'avoir encore rien à la boutonnière ? » Marcel Aymé riait et je lui rappelai le refus qu'il avait opposé à Vincent Auriol croyant opportun de le proposer pour le ruban de la Légion d'honneur. Après avoir énuméré les raisons qu'il avait de mépriser Auriol, Marcel Aymé concluait : « Quant à la Légion d'honneur, vous pouvez vous la carrer dans le train. » Se souvenant de cette insolence, il déclara avec une candeur de paysan jurassien : « Je ne me rendais pas compte que c'était-là une offense au chef de l'État qui aurait pu me valoir des poursuites judiciaires. » Il avait l'inconscience du courage comme d'autres celle de la pusillanimité. Willy de SPENS   (Écrits de Paris, janvier 1988)



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