Qui ne risque rien n'est rien… sur le chemin de Damas, alors que les opinions ont cédé face aux certitudes…
on ne le dit assez : un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi, ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances.

vendredi 21 mars 2014

Après l'Irak, l'Afghanistan, la Libye, la Syrie… l'Europe, le coup de trop ? La crise ultime…


Quand les États-Unis détruisent notre Europe… restons solidaires
Que nos dirigeants à la botte de l'ennemi soient inculpés de haute trahison…

Ukraine, la crise (d’hystérie) de trop ?




Le Bloc atlantiste nous a habitués depuis longtemps à camoufler ses petites et grosses boucheries stratégiques sous des océans de vertu outragée. Dressé sur ses ergots, il a ainsi torturé l’Irak pour sauver les Irakiens ; saccagé l’Afghanistan pour sauver les Afghans ; dévasté la Libye pour sauver les Libyens ; ruiné la Syrie pour sauver les Syriens etc… Sauf qu’à force de prétendre œuvrer pour éclairer le monde de sa lumière forcément divine, il s’est enfermé peu à peu dans un messianisme politique radical dont il ne contrôle plus la dynamique. Prisonnier de ses « grands principes » supposés; encagé dans son illumination permanente, il se retrouve aujourd’hui incapable de freiner la surenchère que lui impose sa posture dans une crise Ukrainienne qui pourrait bien être la crise de trop.

Le coup d’État mené à Kiev par le Bloc atlantiste pourrait donc bien avoir été le coup de trop. Alors que, off record, les derniers politiciens européens éclairés paniquent déjà à l’idée du saccage et du danger formidables que représenterait une détérioration trop forte des relations avec la Russie, personne ne semble en mesure de bloquer une mécanique qui a échappé à tout contrôle.

Pour l’heure, les sanctions prises sont bien sûr ridicules dans leur portée réelle pour la Russie. Et tout le monde le sait. Mais après tant de vociférations, de cris d’orfraie, tant de menaces, tant de vertu outragée, comment le Bloc pourrait-il faire marche arrière désormais, inverser la vapeur, calmer le jeu ?

Les États-Unis, véritable ennemi de l’UE

De leur côté, les États-Unis ne partagent pas tout à fait les mêmes angoisses que leurs laquais européens. Et pour cause : ce sont les Européens qu’ils envoient à la casse.

C’est que cette crise sert l’un des objectifs principaux de la stratégie de domination US, dont l’un des piliers a toujours été d’empêcher tout rapprochement significatif entre l’Europe et la Russie. Car les États-Unis savent que si un tel rapprochement, pourtant logique et naturel, devait s’opérer un jour, ils auraient définitivement perdu le contrôle du continent eurasien, et s’en serait fini de leur hégémonie. Voilà pourquoi les États-Unis mettent tant d’énergie à semer la discorde entre Bruxelles et Moscou ; voilà pourquoi ils ont mis tant d’énergie à diaboliser Poutine, à construire de toutes pièces une nouvelle guerre froide, notamment avec leur projet de bouclier anti-missile.

Drogués par la propagande hollywoodienne; prisonniers de leur fascination imbécile pour un « grand frère étasunien » qui n’a jamais existé que sur les écrans du soft power, les Européens sont tout simplement incapables de prendre conscience de ce double-jeu. Pourtant, comme dit le philosophe, les États étant, à l’état de nature, des monstres froids, les États-Unis n’hésiteraient pas deux secondes à plonger l’Europe dans la guerre et la désolation si cela pouvait servir leurs intérêts.

Aujourd’hui, le lien transatlantique représente ainsi pour l’Europe la pire des escroqueries, le plus terrible des malentendus que cautionne une élite européenne de technocrates totalement coupée des réalités du monde. D’où cet apparence d’union sacrée du Bloc atlantiste dans sa surenchère messianique.

Une crise pour les gouverner toutes

Cela dit, les États-Unis se font des illusions s’ils croient pouvoir sortir indemnes de la passe d’armes à laquelle ils poussent les Européens face à la Russie.

Car si des sanctions économiques réelles devaient être finalement prises contre la Russie, les conséquences seraient immédiatement catastrophiques en cas de riposte de Moscou. L’Allemagne plongerait la première dans la crise du fait de sa dépendance au gaz russe ; suivie de près du Royaume-Uni après l’éclatement d’une City qui ne pourrait, elle, survivre au retrait brutal des capitaux des oligarques russes. Sans parler de la possibilité que la Russie a de renoncer au dollar le cas échéant. La Russie n’a que l’embarras du choix pour riposter si elle le désire.

À terme, cette montée aux extrêmes ne manquerait pas de provoquer un séisme économique d’une amplitude inégalée à ce jour à l’échelle planétaire.

Et puis après, quoi ?

On en vient aux mains ? Aux ogives ? Pour savoir qui a la plus grosse ?
Pour l’heure, les jeux sont faits en Ukraine.
La Crimée est revenue dans le giron russe mais, sous l’impulsion étasunienne, le Bloc atlantiste reste prisonnier de sa narrative, de son illumination, de sa vertu outragée.
Et l’on peut bien sûr compter sur la presse-Système et tous ses pisse-copies embedded en mal de « Guerre d’Espagne » pour jeter de l’huile sur le feu, pour critiquer la mollesse de l’Europe le cas échéant et, à coup d’éditos dégoulinants de vertu, appeler in fine à la guerre.
Désormais, le seul qui pourrait désamorcer la bombe, c’est encore Vladimir Poutine qui, en bon joueur d’échecs, pourrait chercher à offrir une porte de sortie aux Occidentaux, comme il l’avait déjà fait en septembre 2013 pour Obama dans la crise syrienne.
Et c’est, semble-t-il, ce qu’il est en train de faire.
Reste à savoir si le Bloc saisira la balle au bond.
Sans quoi, la montée aux extrêmes qui s’annonce pourrait bien faire de la crise ukrainienne la crise de trop, la crise ultime pour le Système.

Source : Entrefilets le mardi 18 mars 2014


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