Qui ne risque rien n'est rien… sur le chemin de Damas, alors que les opinions ont cédé face aux certitudes…
on ne le dit assez : un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi, ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances.

jeudi 31 janvier 2013

Funérailles royales à Phnom Penh…


Avant les funérailles, du 1er au 4 février, du Roi-Père Norodom Sihanouk décédé le 15 octobre à Pékin à l’âge de 89 ans une répétition a eu lieu ce samedi 26 janvier à Phnom Penh…

Environ 3000 personnes, policiers, gendarmes, fonctionnaires, jeunesse du Parti du peuple cambodgien, personnel de la Croix-Rouge, représentants des minorités ethniques, ont participé ce samedi à cette répétition de la grande marche funéraire qui accompagnera le vendredi 1er février la dépouille de l’ancien roi du Cambodge du Palais royal de Phnom Penh au site de crémation situé sur l’esplanade du Musée national. Les participants ont accompli 1,5 km d'un trajet de 6 km qui le 1er février passera par le quai Sisowath, les boulevards Sihanouk, Norodom, Sothearos, les artères autour du Wat Phnom et du monument de l’Indépendance.

« La marche d’aujourd’hui était acceptable et j’espère que la parade (du 1er février) sera encore meilleure », a déclaré le ministre de la Défense Tea Banh lors d’une réunion après la répétition. Une salve de 101 coups de canon… puis, en fin de journée, quelque 20 000 bonzes ont accompagné le roi Norodom Sihamoni et la reine-mère Norodom Monineath pour la cérémonie marquant les 100 jours de la disparition du Roi-Père. Le Roi et la Reine-Mère sont allés durant une heure et demi à la rencontre des bonzes, dont certains venaient de pays étrangers, voire de France ou du Canada, lors de la cérémonie destinée à insuffler la « patience et la paix » à la population avant la marche du 1er février et la crémation du Roi défunt le 4 février. Près de deux millions de personnes sont attendues pour ces cérémonies…


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À l'aube de ce vendredi 1er février débuteront les funérailles royales par une longue procession à travers le centre de Phnom Penh… Le Roi-père quittera le Palais royal porté sur un charriot funéraire doré bordé de dragons pour revenir près du Palais, au Carré royal où il reposera dans le Preah Men jusqu’au lundi 4 février… Alors, sa dernière épouse la reine-mère Norodom Monineath, et son fils le roi Norodom Sihamoni, en faveur de qui le roi Norodom Sihanouk a abdiqué en 2004, allumeront le bûcher.

Les cendres du Roi Sihanouk reposeront dans une urne conservée dans un stupa (cénotaphe), au sein même du Palais royal, respectant ainsi les vœux du défunt.

Ce 26 janvier 2013, 100ème jour du deuil,  plusieurs centaines de moines bouddhistes en prière face au Palais royal
(on aperçoit, au fond à droite, le Men)

Portrait du Roi-Père, en ville

Cette photo permet de situer l'emplacement du Veal Men (Carré royal)
dont on aperçoit le sommet du Men (le crématorium symbolisant le Mont Méru) tout au fond à gauche du bâtiment d'entrée du Palais royal.
Emplacement vraiment exigu et encaissé entre le Palais royal, le Musée royal et deux blocs bâtis…
Il faut espérer que la foule attendue évaluée à 2 millions de personnes soit disciplinée et ne veuille pas s'en approcher coûte que coûte…




Contrairement à la tradition qui veut que les membres de la famille royale reposent en position fœtale dans une urne,
le roi-père Sihanouk a souhaité une position allongée dans un cercueil





Aspect du Veal Men (Carré royal) le 24 janvier… les funérailles débuteront le 1er février… la cérémonie de crémation sera  le 4 février

Le Men (crématorium) symbolisant le Mont Méru






Consulter l'article : เขมรยิงสลุตปืนใหญ่ 101 นัด งานพระศพกษัตริย์สีหนุ คาดขบวนแห่ยาว 6 กม. (cet article présente une série d'excellentes photos à différents instants de la cérémonie du 100ème jour, ce 26 janvier)


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Il y a un siècle, la crémation solennelle des restes du roi Norodom

En cette veille du lancement des cérémonies pour le roi-père Norodom Sihanouk, LePetitJournal.com met à l'honneur un événement qui eut en son temps un retentissement comparable : la crémation du roi Norodom, qui à l'époque s'était tenue près de deux ans après sa mort. Le texte qui suit est extrait du Petit Journal illustré du 14 janvier 1906, quotidien parisien fondé à la fin du 19e siècle – alors l'un des plus gros tirages de la presse française.



Le Petit Journal illustré du 14 janvier 1906

Norodom Ier, roi du Cambodge, décédé le 23 avril 1904, aura attendu plus de vingt mois son incinération solennelle. C'est la tradition, sur les rives du Mékong, de laisser passer une longue période avant de livrer les restes des souverains à l'anéantissement final.

Au Cambodge, les riches ont la coutume de garder leurs morts dans leur demeure pendant plusieurs mois, avant de les brûler ; il en est qui enterrent provisoirement les cadavres de leurs parents décédés, pour en brûler les ossements quelques années après ; quant aux pauvres, ils brûlent leurs morts tout de suite après le décès. Le temps de conservation des cadavres se mesure donc à la richesse des familles, et le bûcher sur lequel on les brûle est d'autant plus beau que la condition sociale de la famille du défunt est plus élevée.

On ne s'étonnera donc pas si, depuis si longtemps, le corps de Norodom attend son incinération.

On l'a placé, ce corps royal, accroupi dans une énorme urne de métal, ornée de ciselures d'or ; à l'intérieur de cette urne, le roi défunt macère dans un bain de mercure. L'urne, sans avoir été ouverte, a été portée en grande pompe dans le monument qui lui est destiné et que l'on vient de construire ; ce monument est constitué par de grandes pièces de bois ouvragées de bois d'espèces odoriférantes, que relient de solides nattes rehaussées d'ornements et de dessins dorés.

L'urne, une fois placée au milieu de ce palais, on met le feu à l'édifice, et le roi est incinéré en même temps que sa dernière demeure, tout s'envolant en fumées légères, son corps, l'urne et le palais. Car le bûcher d'un roi défunt doit être, selon les traditions kmères, un palais construit tout exprès pour le feu.

Ce palais porte le nom de "Men" ; il a été construit solidement, comme s'il devait être habité pendant de longues années. Les ossements que le feu n'aura pas consumés seront enfermés dans une nouvelle urne en or et déposés dans une tour construite tout exprès à quelque distance du palais. Les cérémonies qui suivront l'incinération de Norodom seront très brillantes ; à cette occasion, le roi Sisowath doit faire quantité de largesses à son peuple et accorder des grâces aux prisonniers.




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