Qui ne risque rien n'est rien… sur le chemin de Damas, alors que les opinions ont cédé face aux certitudes…
on ne le dit assez : un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi, ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances.

mardi 25 septembre 2012

Quand les souvenirs reviennent… Un chant berbère… Brahim… Un chant d’amour…



BRAHIM 


Jean-Pax Méfret : Quand les souvenirs reviennent…



Est venu déranger la ville,
Une prière
Chantée par trois jeunes kabyles.

Un chant berbère
Pour saluer l’ancien soldat,
Fils d’une guerre
Dont les blessures sont toujours là.

Pas de drapeau
Posé sur le corps de cet homme,
Juste une photo
De ses copains en uniforme,

Une vieille image
Qu’il a conservée toute sa vie
Comme un hommage
A ceux qui sont morts dans l’oubli

C’est une histoire qu’on ne raconte pas tous les jours
Elle fait partie des grands silences
Qui entâchent l’histoire de France.

C’est une histoire qu’on ne raconte pas tous les jours
Ce chant berbère c’est pas seulement un chant d’amour.

Souvent, la nuit,
Il retrouvait en mauvais rêve
Le sang, les cris,
Les plaintes des Harkis qu’on achève.

Face au calvaire,
Les soldats restaient l’arme au pied :
L’ordre était clair
Il ne fallait pas les sauver.

C’est une histoire qu’on ne raconte pas tous les jours 
Elle dénonce les grandes souffrances 
De ceux qui ont choisi la France

C’est une histoire qu’on ne raconte pas tous les jours
Ce chant berbère n’est pas seulement un chant d’amour.

Le cessez-le-feu du 19 mars 1962 n’a pas fait cesser le sang.
Dans les semaines qui ont suivi les accords d’Evian,
des dizaines de milliers d’Algériens
qui avaient fait confiance à la France
furent désarmés par les troupes et livrés à leurs bourreaux.
Victimes des pires tortures, trainés de douar en douar,
condamnés à la mort lente dans les djebels de la tourmente.
Sur les 200 000 hommes engagés aux côtés
des unités régulières de l’armée française,
seulement 40 000 d’entre eux purent rentrer en France
avec leur famille, souvent grâce à des initiatives personnelles
d’officiers français qui avaient enfreint les ordres.
Ces rescapés furent parqués avec femmes et enfants
dans des baraquements sordides,
des camps grillagés de barbelés.
Certains... certains y sont encore.

Et cette histoire qu’on ne raconte pas tous les jours,
Elle demande la reconnaissance
De ceux qui ont cru en la France,

Une façon de saluer cette bravoure...
Ce chant berbère, faut qu’il ne soit qu’un chant d’amour.

Un chant d’amour.

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