Qui ne risque rien n'est rien… sur le chemin de Damas, alors que les opinions ont cédé face aux certitudes…
on ne le dit assez : un âge n'en chasse pas un autre, tous les âges qu'on a vécu coexistent à l’intérieur de soi, ils s'empilent, et l'un prend le dessus au hasard des circonstances.

dimanche 28 août 2011

Université d'été du parti socialiste à La Rochelle : Kaï Chon ou "la guerre des ego"…




L'université d'été de La Rochelle s'est conclue par une belle photo de famille des candidats à la primaire, qui ont mis en scène le rassemblement. Avant d'entrer dans le dur de la campagne… Souriez, cocoriquez, ça ne va pas durer !



« Kaï Chon Black a pris une longueur d'avance et au premier combat, il aura encore creusé l'écart et ce sera très difficile de le rattraper… Un Kaï Chon Black "bronzé", "détendu", "confiant"… »  :



de la basse-cour… au café du commerce… propos oiseux sans plus d'intérêt que leurs auteurs ou les personnages évoqués…


Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo


vendredi 26 août 2011

Le Falun Gong toujours sévèrement réprimé

L’emblème du Falun Gong  :
le Falun (roue de la Loi) réunit
le symbole taoïste du Taiji et le Svastika bouddhiste

Le Falun Dafa (法轮大法 en chinois simplifié, Fǎlún dàfǎ en pinyin) ou Falun Gong (法轮功 en chinois) est un mouvement spirituel chinois. Fondé par Li Hongzhi en 1992, ce qigong particulier comptait en 1999 environ 70 millions de pratiquants. Depuis 1999, concurrençant le Parti communiste chinois (PCC) comme organisation sociale, il fait l'objet d'une répression en République populaire de Chine qui procède à des arrestations et des emprisonnements accompagnés de torture.


Le 13 juillet dernier, le régime chinois a condamné l’avocat basé à Guangzhou, Zhu Yubiao, à deux ans d'emprisonnement pour avoir défendu des membres du Falun Gong, une pratique spirituelle persécutée par le régime depuis 1999. Il a été accusé de « saboter la mise en application de la loi ».

Zhu avait été arrêté en août 2010. Les autorités ont alors mis à sac son domicile où ils auraient trouvé des livres et des CD-ROM du Falun Gong. Il a été officiellement inculpé en septembre 2010 et secrètement passé en jugement en mai 2011.

Ce n'est pas la première fois que Zhu se trouve en opposition au régime chinois pour sa défense de pratiquants du Falun Gong.

Il a été le premier avocat à défendre ouvertement les pratiquants de Falun Gong dans la province du Guangdong. Il a représenté trois pratiquants du Falun Gong entre 2005 et 2006. En février 2007, il a été enlevé par les autorités, torturé et condamné à 18 mois de travaux forcés pour activités contre-révolutionnaire. Comme il refusait de signer un engagement à cesser de défendre le Falun Gong, sa licence de droit a été révoquée.

La mère de Zhu pense que le Bureau 610 contrôle l’affaire. Le Bureau 610 est un groupe de travail extra-légal du parti communiste chinois créé pour mener à bien la persécution du Falun Gong. 

Dès le verdict prononcé, Mme Zhu, 70 ans, mère de Zhu Yubiao  a sévèrement interpelé  le juge d’instance, Zou Shifa, lui disant qu'il était légal pour son fils de pratiquer le Falun Gong et de défendre les autres pratiquants de Falun Gong,  que ce son jugement était honteux. Zou Shifa et le procureur Chen Xinmin du district de Zhuhai sont restés sans voix et sont partis à la hâte.

Mme Zhu, mère de Zhu Yubiao :
« Quand j'ai parlé au Parquet, ils m'ont dit de demander à mon fils de signer un engagement et qu'il serait alors autorisé à rentrer chez lui. Cela signifie que le système judiciaire, contrôlé par le bureau 610, sait pertinemment que ce que Zhu Yubiao a fait ne constitue pas un crime. »

Avec Zhu Yubiao, de nombreux autres avocats sont visés pour s'élever contre la persécution du Falun Gong. Le cas de l'avocat Gao Zhisheng qui a été harcelé, torturé, actuellement porté disparu après avoir ouvertement appelé, en 2006, à la fin de la persécution du Falun Gong, n'en est qu'un exemple…

Souvenons-nous du nom de Sujiatun : l'existence du camp d'extermination secret de Sujiatun, dans la ville de Shenyang, province du Liaoning, a été révélée dès 2006… Plus de 6000 pratiquants de Falun Gong étaient alors détenus à Sujiatun. Il semble qu'une fois envoyés à Sujiatun il leur est impossible d'en ressortir. Il y aurait des chambres d'incinération et un grand nombre de médecins : « Pourquoi un four crématoire a-t-il été construit ? Pourquoi autant de médecins y sont-ils logés ? Certainement pas parce que le PCC veut bien traiter ses prisonniers. C'est quelque chose que vous ne pouvez tout simplement pas imaginer... »



Le 20 juillet 1999, l'ancien président de la Chine, Jiang Zemin, a décidé que quiconque pratiquait les exercices lents et harmonieux du Falun Dafa (aussi appelé Falun Gong : www.falundafa.org) et vivait selon les principes d'Authenticité, Compassion et Tolérance était un ennemi de l'État. Pourtant, ce même gouvernement avait approuvé cette pratique spirituelle paisible par le passé...

Jiang Zemin a d'abord créé le bureau 610, avec pour seul but « d'éradiquer le Falun Gong », et pour ordre : « Tous les moyens sont bons ». Pourquoi cette pratique a-t-elle été bannie ?

Le Parti Communiste Chinois (PCC) a eu peur de la popularité grandissante du Falun Dafa : en quelques années, le nombre de pratiquants a atteint près de 100 millions de personnes, approchant le nombre de membres du Parti Communiste lui-même.

Le gouvernement chinois n'autorise pas la liberté de culte et essaie de contrôler au maximum les pensées de son peuple. Une pratique vertueuse qui essaie d'améliorer la moralité des gens va à l'encontre des principes du PCC. Ce dernier a eu peur que ces citoyens n'en viennent à poser des questions concernant des sujets comme la corruption du gouvernement ou l'éthique.

Est-ce que la situation s'améliore ?

Nicolas Sarkozy encore à Pékin ce jeudi 25 août 2011 : 
«  Pékin a un rôle majeur à jouer
dans l'agenda du G20 que préside la France »…  …

Qu'attend donc Fantômette  BHL pour s'enflammer de la cause du Falun Gong ?

 Les pratiquants de Falun Dafa sont le plus grand groupe de prisonniers de conscience au monde. En Chine, deux tiers des cas de torture rapportés aux Nations Unies sont des pratiquants de Falun Gong. Un pratiquant meurt tous les trois jours à cause de la torture et des mauvais traitements infligés en prison -- et il ne s'agit que des cas documentés, ce qui ne représente probablement que la pointe de l'iceberg.

Ceux qui ne sont pas emprisonnés sont surveillés en permanence, congédiés de leur emploi pour le simple fait qu'ils n'acceptent pas de se laisser « transformer ». Les membres de leurs familles, les voisins et amis sont considérés comme « coupables par association », même s'ils ne pratiquent pas le Falun Dafa.


Aujourd'hui encore, les pratiquants en Chine subissent les pires tortures (une centaine de méthodes différentes, toutes plus inhumaines les unes que les autres) dans les prisons, les centres de lavage de cerveaux et les camps de travaux forcés. Les pratiquants de Falun Gong servent de banque d'organes « vivants » : le gouvernement vendant à prix fort les organes prélevés sur des sujets vivants, sans anesthésie. Cette pratique a lieu à grande échelle (plus d'informations à ce sujet : www.frinfofalungong.net).

• Site "Friends of Falun Gong" (en anglais : http://www.fofg.org/act/act_top.php )




jeudi 25 août 2011

Chine populaire : le mouvement "Tuidang"…

Le mouvement Tuidang (1ère partie) : Pourquoi 100 millions de Chinois quittent le PCC ? 


 
Un mouvement populaire est en train de bousculer le règne du Parti communiste chinois. Plus de 100 millions de Chinois se sont aujourd'hui joints à ce mouvement. Peu de gens ont entendu parler de ce mouvement en-dehors de Chine, mais il pourrait bien jouer un rôle clé dans le futur de la Chine. "NTD Télévision en français" présente ici la première des trois parties d'un document sur ce mouvement appelé "Tuidang".

Cette année, le Parti communiste chinois célèbre ses 90 ans alors que le parti est au pouvoir en Chine depuis bientôt 62 ans. Mais un mouvement populaire balaie le pays tout entier et pourrait changer la donne…

Ce mouvement s'appuie sur des millions de participants, toujours plus nombreux. Mais pour de nombreuses raisons, ce mouvement est passé inaperçu dans le reste du monde.

[NB : les versions suivantes, 2 & 3, de ce reportage sont dès à présent publiées en anglais…]



mercredi 24 août 2011

ONG Extrême Orient(é)

Drapeau du Xingzhonghui dessiné par Lu Haodong :
Le Soleil symbolise la liberté
Le Xingzhonghui 兴中会, parfois traduit Société pour le redressement de la Chine, fut fondé par Sun Yat-sen le 24 novembre 1894 comme plate-forme pour ses activités révolutionnaires futures, avec pour objectif de sortir la Chine du marasme.

La société fut créée à Honolulu (Hawaii, États-Unis) où Sun était alors en exil. Les membres devaient faire vœu de :

"Expulser les étrangers, ranimer la Chine et établir un gouvernement unifié."

(驅逐韃虜,恢復中華,建立合眾政府)

Le Xingzhonghui 兴中会 fut absorbé ultérieurement dans le Tongmenghui, qui à son tour devint le Kuomintang (KMT).

Le blason de la République de Chine (à Taiwan) est utilisé depuis 1928, d'abord par la première République de Chine fondée par Sun Yat-sen. C'était à l'origine l'emblème du Kuomintang, dessiné en 1885 par Lu Haodong, ami de Sun Yat-sen. Il est composé d'un disque d'azur, sur lequel apparait un Soleil d'argent.  Le Soleil émet douze rayons qui symbolisent les douze mois de l'année et les douze heures que comporte l'horloge traditionnelle chinoise. Ici chaque heure dure deux heures du système international. Ce système reste toujours officiellement conservé à Hong Kong à côté du système international. 




ONG Asie aime ce blason et son symbolisme, mais il  le préfère avec un ciel noir (黑天白日)…

ONG Asie…  ONG Extrême Orient(é)… un blog une touche pas très politiquement correcte… un blog d'un grand voyageur, ami de l'Asie… un blog que consulte régulièrement le  Chardon Ardent

ONG Extrême Orient(é) revient ce 25 août…









mardi 23 août 2011

La Chine et l'Asie du Sud-Est



Emmanuel Lincot, directeur de la Chaire des Études Chinoises Contemporaines (Institut Catholique de Paris), politiste, sémiologue et sinologue de formation, analyse les relations qu'entretien la République Populaire de Chine avec les pays d'Asie du Sud-Est. Cruciales, les relations entre la Chine et l'Asie du Sud-Est donnent en effet une nouvelle configuration à l'ordre du monde. Enjeux et tensions sont au cœur de ces relations. L'objectif de la Chine étant de sanctuariser son voisinage le plus proche. [Vidéo enregistrée le 14/04/2011, © realpolitik.tv]

lundi 22 août 2011

Bachar al-Assad dernier rempart du monde libre…



Le président syrien, Bachar al-Assad, réaffirme sa totale certitude de n’avoir de leçons de démocratie à recevoir ni des Américains, eux qui ont fait tant de mal en Irak et en Palestine - par Israéliens interposés -, ni des monarchies du Golfe :

"Dis-moi qui te combat, et sous quels prétextes, et je te dirai que tu n’es pas si mauvais qu’on le dit !"


Compte rendu en français de l'allocution sur InfoSyrie : « Bachar : le président syrien n’est pas fabriqué aux Etats-Unis ! »

Résumé en anglais de l'allocution télévisée du président Bachar al-Assad (agence SANA)

Al Jazeera : Le président syrien Bachar al-Assad réaffirme sa « fermeté contre le terrorisme » et annonce des élections législatives pour février 2012
 
Traduction anglaise du discours tenu par le président syrien Bachar al-Assad devant l'Assemblée du Peuple à Damas…



Alain Soral : Retour de Syrie, dernier rempart du monde libre…



Le gouvernement syrien a organisé à Hama, le lundi 22 août, un déplacement d’environ 200 personnalités et journalistes, à des fins de réinformation sur la situation prévalant dans la grande ville, longtemps point chaud et fort de la contestation la plus violente. On ne s’étonnera donc pas qu’une petite délégation d’Infosyrie.fr ait été présente en la circonstance, aux côtés de confrères – notamment du Figaro et de FR3 -, de politiques et de diplomates provenant de 18 pays arabes et étrangers. L’occasion, longtemps attendue, de prendre le pouls de la rue à Hama, de constater les dégâts et les traces laissées par l’insurrection, notamment de reconnaître le pont d’où les cadavres d’une quinzaine de policiers ont été jetées dans l’Oronte. Disons d’emblée que le calme semble revenu dans cette grande cité. Même si les opposants n’ont pas tous disparu : une trentaine d’entre eux, venus d’un quartier périphérique, nous ont même offert une brève mais bruyante démonstration. On était quand même loin des 500 000 « décomptés » naguère par Rami Abdel Rahmane et ses épigones.

Ce voyage aura permis, mieux que nombre d’articles, de voir où en est le mouvement de rébellion, dans un de ses épicentres. Et de rencontrer des personnalités intéressantes, dont Edward Peck, diplomate américain, en poste en Irak – de 1967 à 1980 -, en Tunisie, très critique quant à la politique arabe de son pays, et Boris Dolgov, membre de l’Académie russe des Sciences, qui ont bien voulu accorder un entretien à Info Syrie .

Lire l'article : Infosyrie et Alain Soral : ce que nous avons vu à Damas et Hama

On appréciera toute la malfaisance de ce journal propret, rampant, baveux "Le Figaro" et de ses journalistes aux ordres, tous… en lisant cet article de Georges Malbrunot qui était parmi les invités : Les opposants syriens saluent la chute de Kadhafi et le décryptage de cet article par Info Syrie : Georges Malbrunot : la voix de ses nombreux maîtres




dimanche 21 août 2011

Les Chrétiens de Gaza : ce que veut BHL pour les Chrétiens de Syrie…

La condition des Chrétiens de Gaza… Ce que veulent provoquer, avec l'effondrement du régime baasiste,  Bernard-Henri Lévy, ceux qu'il manipule, ses complices… pour les Chrétiens de Syrie…

Émission enregistrée le 10 février 2009, quelques semaines après l'agression israélienne sur Gaza de fin décembre 2008… 


La persécution des chrétiens aujourd'hui dans le monde

 Raphaël Delpart


Dans cinquante pays, y compris en Europe, qu'ils soient catholiques, protestants, coptes ou de tout autre communauté, les chrétiens sont pourchassés, privés de travail, emprisonnés, torturés, assassinés. Tous les moyens sont utilisés pour les contraindre à renier leur foi, y compris le viol rituel collectif, considéré dans certains États comme une sanction pénale. Posséder une bible est devenu un crime, la célébration des cultes est interdite, on est revenu au temps des messes dans les caves et des premiers martyrs. Sans a priori religieux - l'auteur est athée -, Raphaël Delpard a mené une enquête difficile sur les lieux de ces scandales occultés par le silence des nations.

vendredi 19 août 2011

Charles de Foucauld : l'aventurier de Dieu

« À 17 ans j'étais tout égoïsme, tout vanité, tout impiété, tout désir du mal, j'étais comme affolé… »
« Les Touaregs de mon voisinage me donnent les plus grandes douceurs et consolations ; j'ai parmi eux d'excellents amis. »
« Mon apostolat doit être l'apostolat de la bonté. Si l'on demande pourquoi je suis doux et bon, je dois dire : "Parce que je suis le serviteur d'un bien plus bon que moi". »
« Mon Dieu, faites que tous les humains aillent au ciel ! » …

Charles de Foucauld (Frère Charles de Jésus) est né à Strasbourg le 15 septembre 1858. Orphelin à six ans, il est élevé, avec sa sœur Marie, par son grand-père, dont il suit les déplacements liés à sa carrière militaire.

Adolescent, il s'éloigne de la foi. Connu pour son goût de la vie facile, il révèle cependant une volonté forte et constante dans les difficultés…

Charles de Foucauld intègre Saint-Cyr pour une carrière dans l’armée… Mais, à vingt-trois ans, il décide de démissionner de l'armée pour une périlleuse exploration du Maroc alors interdit aux Européens, en se faisant passer pour un Juif (1883-1884). La qualité de ses travaux lui vaut la médaille d'or de la Société de géographie, et une grande renommée suite à la publication de son livre Reconnaissance au Maroc (1888).

 Le témoignage de la foi des musulmans réveille en lui la question de Dieu : "Mon Dieu, si vous existez, faites que je vous connaisse"

De retour en France, touché par l'accueil affectueux et discret de sa famille profondément chrétienne, il se met en quête. Guidé par un prêtre, l'abbé Huvelin, il retrouve Dieu en octobre 1886. Il a 28 ans. "Aussitôt que je crus qu'il y avait un Dieu, je compris que je ne pouvais faire autrement que de ne vivre que pour lui".

Un pèlerinage en Terre Sainte lui révèle sa vocation : suivre Jésus dans sa vie de Nazareth. Il passe sept ans à la Trappe, d'abord à Notre-Dame des Neiges, puis à Akbès, en Syrie. Il vit ensuite seul dans la prière et l'adoration près des Clarisses de Nazareth.

Ordonné prêtre à 43 ans (1901), il part au Sahara, d'abord à Beni-Abbès, puis à Tamanrasset parmi les Touaregs du Hoggar. Il voulait rejoindre ceux qui étaient le plus loin, "les plus délaissés, les plus abandonnés". Il voulait que chacun de ceux qui l'approchaient le considère comme un frère, "le frère universel". Il voulait "crier l'Évangile par toute sa vie" dans un grand respect de la culture et de la foi de ceux au milieu desquels il vivait. "Je voudrais être assez bon pour qu'on dise : Si tel est le serviteur, comment donc est le Maître ?".

Le soir du 1er décembre 1916, Charles de Foucauld est tué à la porte de son ermitage par une bande qui l'avait encerclé. Très vite, il est  considéré comme un saint et une véritable dévotion s'instaure, confortée par le succès de l'œuvre biographique de René Bazin :  Charles de Foucauld, explorateur du Maroc, ermite au Sahara (1921).

Charles de Foucauld avait toujours rêvé de partager sa vocation avec d'autres : après avoir écrit plusieurs règles religieuses, il pensa que cette "vie de Nazareth" pouvait être vécue partout et par tous… De nouvelles congrégations religieuses, familles spirituelles et un renouveau de l'eremitisme s'inspirent des écrits et de la vie de Charles de Foucauld. Aujourd'hui, la "famille spirituelle de Charles de Foucauld" comprend plusieurs associations de fidèles, des communautés religieuses et des instituts séculiers de laïcs ou de prêtres. 

Le procès en béatification de Charles de Foucauld avait commencé dès 1927. Interrompu durant les événements d'Algérie, il reprend ultérieurement… Charles de Foucauld est déclaré Vénérable le 24 avril 2001 par le pape Jean-Paul II, puis bienheureux le 13 novembre 2005 par le pape Benoit XVI.


En 1907, Charles de Foucauld écrivait à René Bazin, de l'Académie française, président de la Corporation des publicistes chrétiens (lettre parue dans le Bulletin du Bureau catholique de presse, n° 5, octobre 1917)  :

Charles de Foucauld,
explorateur du Maroc, ermite au Sahara
« Ma pensée est que si, petit à petit, doucement, les musulmans de notre empire colonial du nord de l'Afrique ne se convertissent pas, il se produira un mouvement nationaliste analogue à celui de la Turquie : une élite intellectuelle se formera dans les grandes villes, instruite à la française, sans avoir l'esprit ni le cœur français, élite qui aura perdu toute foi islamique, mais qui en gardera l'étiquette pour pouvoir par elle influencer les masses ; d'autre part, la masse des nomades et des campagnards restera ignorante, éloignée de nous, fermement mahométane, portée à la haine et au mépris des Français par sa religion, par ses marabouts, par les contacts qu'elle a avec les Français (représentants de l'autorité, colons, commerçants), contacts qui trop souvent ne sont pas propres à nous faire aimer d'elle.
Le sentiment national ou barbaresque s'exaltera dans l'élite instruite : quand elle en trouvera l'occasion, par exemple lors de difficultés de la France au dedans ou au dehors, elle se servira de l'islam comme d'un levier pour soulever la masse ignorante, et cherchera à créer un empire africain musulman indépendant.

L'empire Nord-Ouest-Africain de la France, Algérie, Maroc, Tunisie, Afrique occidentale française, etc., a 30 millions d'habitants ; il en aura, grâce à la paix, le double dans cinquante ans. Il sera alors en plein progrès matériel, riche, sillonné de chemins de fer, peuplé d'habitants rompus au maniement de nos armes, dont l'élite aura reçu l'instruction dans nos écoles. Si nous n'avons pas su faire des Français de ces peuples, ils nous chasseront. Le seul moyen qu'ils deviennent Français est qu'ils deviennent chrétiens.

Il ne s'agit pas de les convertir en un jour ni par force mais tendrement, discrètement, par persuasion, bon exemple, bonne éducation, instruction, grâce à une prise de contact étroite et affectueuse, œuvre surtout de laïcs français qui peuvent être bien plus nombreux que les prêtres et prendre un contact plus intime.

Des musulmans peuvent-ils être vraiment français ? Exceptionnellement, oui.

D'une manière générale, non. Plusieurs dogmes fondamentaux musulmans s'y opposent ; avec certains il y a des accommodements ; avec l'un, celui du « Medhi », il n'y en a pas : tout musulman, (je ne parle pas des libre-penseurs qui ont perdu la foi), croit qu'à l'approche du jugement dernier le Medhi surviendra, déclarera la guerre sainte, et établira l'islam par toute la terre, après avoir exterminé ou subjugué tous les non musulmans. Dans cette foi, le musulman regarde l'islam comme sa vraie patrie et les peuples non musulmans comme destinés à être tôt ou tard subjugués par lui musulman ou ses descendants ; s'il est soumis à une nation non musulmane, c'est une épreuve passagère ; sa foi l'assure qu'il en sortira et triomphera à son tour de ceux auxquels il est maintenant assujetti ; la sagesse l'engage à subir avec calme son épreuve; "l'oiseau pris au piège qui se débat perd ses plumes et se casse les ailes ; s'il se tient tranquille, il se trouve intact le jour de la libération", disent-ils.

Ils peuvent préférer telle nation à une autre, aimer mieux être soumis aux Français qu'aux Allemands, parce qu'ils savent les premiers plus doux ; ils peuvent être attachés à tel ou tel Français, comme on est attaché à un ami étranger ; ils peuvent se battre avec un grand courage pour la France, par sentiment d'honneur, caractère guerrier, esprit de corps, fidélité à la parole, comme les militaires de fortune des XVIe et XVIIe siècles mais, d'une façon générale, sauf exception, tant qu'ils seront musulmans, ils ne seront pas Français, ils attendront plus ou moins patiemment le jour du Medhi, en lequel ils soumettront la France.
De là vient que nos Algériens musulmans sont si peu empressés à demander la nationalité française : comment demander à faire partie d'un peuple étranger qu'on sait devoir être infailliblement vaincu et subjugué par le peuple auquel on appartient soi-même ? 

Ce changement de nationalité implique vraiment une sorte d'apostasie, un renoncement à la foi du Medhi...  »

mercredi 17 août 2011

« Mon chemin de Damas » : journal d’un séjour en Syrie

InfoSyrie publie le récit d'un voyage de huit jours que vient de faire en Syrie, de Damas à Palmyre, en passant par le Golan, début août, Christian Bouchet.

Christian Bouchet est membre remarqué mais "sous surveillance" dans un Front national marinalisé : soutien de la Marine, Christian Bouchet n'en a pas moins été démis de ses fonctions de secrétaire départemental adjoint de Loire-Atlantique. Turbulences intestines et choix politiques bien étrangers aux options des rédacteurs d’InfoSyrie… Si InfoSyrie publie ce récit, c’est que les témoignages récents d’étrangers – et a fortiori de Français – sur la situation, et l’atmosphère qui prévalent en Syrie ne sont pas légion…

Bref, Christian Bouchet n’a pas vu toute la Syrie, mais il en a vu assez pour se faire une idée du climat prévalant dans une partie importante du pays : un climat de calme et de modernité, tempéré par l’inquiétude, présente notamment chez les chrétiens, face à une montée en puissance de l’extrémisme islamiste. De bonne foi, Christian Bouchet n’a pu que mesurer le décalage existant entre la réalité sur le terrain, sur cette partie du terrain en tout cas, et la représentation mélodramatique qu’en font les journalistes en Europe et aux États-Unis :

« Du 3 au 12 août dernier, j’ai séjourné en Syrie. Alors que les agences de presse occidentales présentaient le pays comme en proie à une répression féroce et à une guerre civile larvée, je n’y ai rien vu de tel. Les lignes qui suivent sont extraites de mon journal de voyage… »
Lire la suite sur InfoSyrie : « Mon chemin de Damas » par Christian Bouchet


dimanche 14 août 2011

De la Thaïlande à Madrid… de jeunes Karens se rendent aux JMJ



Un groupe de jeunes Karens, venant de Thaïlande et en route pour Madrid, font étape sur les hauts lieux spirituels de France… Reçus par l'archevêché de Rouen…  Rencontre avec d'autres jeunes catholiques, Français. Malgré toutes les différences culturelles, communion parfaite entre ces jeunes… Témoignage de l'universalité de l'Église…

Pour aller plus loin…

Voici un excellent article signé Joël Prache, et publié sur l'excellent blog "O.N.G. Extrême Orient(é)" :

Un pionnier chez les Karens du nord de Maesot : le père Joseph Quintard
par Joël Prache

http://www.ongasie.com/tag/Tha%C3%AFlande/p20-0.html
Parmi les Français qui ont vécu en Thaïlande à notre époque et qui se sont illustrés par une œuvre exemplaire, le nom du Père Quintard (1934-2003) des Missions Étrangères de Paris (MEP) mérite d’être retenu. 

Joseph Quintard est un des premiers prêtres catholiques à s’être rendu dans les montagnes du nord-ouest de la Thaïlande pour venir en aide aux Karens de la région de Maesot (province de Tak), groupe ethnique de quelques milliers de personnes vivant alors dans le plus grand dénuement, replié sur lui-même avec sa propre langue non écrite et ses coutumes ancestrales. Né en 1934 a Saint-Félix-de Lunel, en Aveyron, il entre au séminaire des Missions Étrangères a Paris. Il accomplit son service militaire dans les Zouaves à Tataouine (Tunisie), il est ordonné prêtre en 1960 puis, en 1961, il est envoyé en Thaïlande par les MEP. Très doué pour les langues il apprend rapidement le thaï à Bangkok où il exerce en paroisse. Homme de caractère, doté d’un esprit vif, il est vite remarqué par ses supérieurs qui décident en 1963 de le nommer dans la nouvelle paroisse de Maesot pour aider le père Verdiere, déjà sur place. Il se met avec enthousiasme à l’étude de la langue Karen qu’il parlera bientôt couramment. 

Bien que les Karens soient très fortement implantés en Birmanie, ceux de Thaïlande sont venus directement des montagnes du Yunnan, il y a environ 300 ans, sans doute en délicatesse avec les Hans et se sont installés sur des terres disponibles en hauteur dans les régions de Chiangmai et de Maesot.
Les MEP en fondant la mission de Maesot ne souhaitaient pas faire de prosélytisme, mais tout simplement parler de l’enseignement des Évangiles à ceux des Karens qui voulaient bien écouter, d’aller vers des pauvres en leur apportant un soutien moral, car cette population de croyance animiste était devenue très pessimiste quant à son avenir.

Le père Quintard réside d’abord à Maesot, d’où il organise de véritables expéditions à pied vers les villages karens disséminés dans les montagnes environnantes, que jouxte la frontière birmane, partant parfois plusieurs semaines. Cela lui permet de connaitre les habitants, de gagner leur confiance et d’évaluer leurs besoins. Il se rend vite compte que ceux-ci sont immenses, car ils sont délaissés par le pouvoir central.

Les Karens vivaient alors d’une économie de subsistance, consistant en une maigre culture du riz et du maïs, culture sur brulis, ainsi que dans l’élevage de porcs et de volaille. Ils avaient aussi en commun avec plusieurs villages voisins un petit nombre d’éléphants pour le transport et les travaux forestiers. Il n’y avait pas de routes, ce qui ne facilitait pas les échanges, ni eau courante, ni électricité, ni école, ni dispensaire.

Pendant plusieurs années à partir du centre de Maesot, le père Joseph parcourt sans relâche "sa région", longue de 200 km sur 50 de large, et avec ses faibles moyens il encourage les uns et les autres, des familles se convertissent, l’élan est donné…

Avec méthode, il commence sa véritable œuvre de missionnaire, il demande de l’aide à ses supérieurs tant en hommes qu’en moyens matériels. Il est rapidement convenu que le centre de Maesot sera confié à de jeunes prêtres Thaïs de sorte que les quelques missionnaires des MEP plus expérimentés pourront résider chacun dans un village karen.

Il va alors, lui-même, s’établir dans le village de Maewé (district de Tha Song Yang), premier village devenu chrétien, au nord de Maesot. Ce village est à 200 km de Maesot, dans une cuvette, à 13 km de la route nationale, par une piste construite par les Karens eux-mêmes. Ce centre sert de relai à la trentaine de villages situés sur les hauteurs, à plusieurs heures voire à plusieurs jours de marche.

Sa vie s’organise à Maewé, les rapports avec les Karens sont confiants, tout le monde le connaît et l’apprécie. Il va pouvoir donner le meilleur de lui-même. Sa devise est simple : "éduquer, former, construire".  Il continue de parcourir inlassablement les sentiers de montagne pour visiter les villages. Il sera toute sa vie un missionnaire itinérant.
L’éducation, comme facteur d’assimilation et de progrès social, a toujours été une des ses principales préoccupations. Il commença par trouver et former des instituteurs pour son école de Maewé. L’idée étant qu’une fois obtenu le certificat d’études primaires thaïlandais, les élèves Karens pourraient alors entrer dans une école thaïe de la vallée jusqu’à la fin de l’enseignement secondaire. L’économie des villages montagnards ne peut donner du travail à tout le monde et les jeunes iraient après en ville chercher un travail décent, certains pourraient même revenir dans les villages pour devenir instituteur.

Petit à petit, un réseau d’écoles primaires va s’établir dans les villages, organisé par d’anciens élèves Karens. Puis il ouvre un foyer au sous-district de Maetawo, dans la vallée le long de la rivière Moei, ou il rassemble les écoliers les plus doués des petites écoles de village, afin de leur permettre de pouvoir suivre des études secondaires à l’école publique de Maetawo même, puis après pour certains continuer vers l’enseignement supérieur .

Pour la santé de ses protégés, le père Quintard organise des équipes médicales volantes avec des médecins et des dentistes thaïs qui viennent bénévolement le week-end soigner ceux qui en ont besoin. Il n’hésite pas a aller avec eux le sac à dos rempli de médicaments. De même pour l’amélioration de l’hygiène quotidienne, le père Quintard installe l’eau courante dans son village de Maewé en la faisant descendre des sommets par gravité. Ce procédé simple a été repris dans d’autres villages.

Il se fit aussi constructeur de routes. En 1997 n’écrivait-il pas dans un bulletin des MEP : « Le percement de la piste-route de Poblaki est un peu ma dernier fierté. En 1996, une centaine de montagnards ont manié la pioche pendant trois mois pour percer une route carrossable (en 4×4) de 17 km. Cette route permet de désenclaver des dizaines de villages. » Par voie de conséquence, la construction de routes permit le raccordement d’un certain nombre de villages au réseau électrique et ce à la fin du vingtième siècle seulement !

Après 40 années de vie bien remplie chez les Karens, il décède en 2003 dans un accident de voiture prés de Maeramat, en route pour son apostolat. Dès l’annonce de la triste nouvelle, un millier de Karens descendent spontanément à Maewé pour rendre un vibrant hommage à leur bienfaiteur. Il est enterré en terre thaïlandaise au cimetière de Nakorn Sawan, siège de son diocèse.

Missionnaire-pionnier, administrateur- éclairé, le père Joseph était connu comme « le loup blanc » dans sa région. Comme lui a dit un jour un officiel de Maesot : « Vous êtes l’un des nôtres », signe de l’appréciation de son travail par les autorités locales. Il a vécu simplement pour « ses Karens », toujours en mouvement, sans recherche des honneurs, dans la foi et l’amour des autres.

Aujourd’hui, son œuvre est poursuivie par son successeur, le père Alain Bourdery (MEP), qui avec le même esprit et la même énergie fait resplendir la mission Karen du nord de Maesot. Cette mission catholique partie de peu est maintenant aidée par des associations caritatives et compte à l’heure actuelle en incluant les religieuses et les catéchistes une quarantaine de personnes dont plusieurs prêtres Karens.

Joël Prache

jeudi 11 août 2011

Elle est belle la rue… loin de Londres et des cités


Clément Bousquet chez lui à Privas, le 3 août 2011

Clément Bousquet, un petit ange ardéchois qui n'a pas fini de nous étonner… Il met en ligne, sur YouTube, 28  chansons françaises  interprétées en "concert" devant une centaine de privilégiés… Un coin de rue près chez lui à Privas, en ce début d'août 2011…  À écouter, toutes plus belles les unes que les autres…



mercredi 10 août 2011

Thịt chó : délice de la gastronomie vietnamienne…


La viande de chien (thịt chó) est très appréciée des Vietnamiens… Une viande qui atteint des prix relativement élevés. Cela ne peut que susciter un trafic qui s’étend aux pays voisins. Des prises sont régulièrement effectuées…

Ce jeudi 11 août, rapporte le quotidien  de Bangkok, The Nation, vers Nakhon Phanom à 600 km au nord-est de Bangkok, près de la frontière du Laos, la police thaïlandaise a intercepté des convois transportant 1 800 chiens et leurs cages réparties sur cinq camions… Ces chiens devaient être transférés sur des bateaux pour traverser le Mékong et être vendus au Vietnam où ils auraient été cuisinés…

C’est un groupe de protection des animaux qui aurait alerté la police. Responsables du gang, trois citoyens thaïlandais et un Vietnamien ont été arrêtés. Les cinq camions saisis. Un chien s'achèterait entre 500 et 1000 bahts sur le marché thaïlandais…

Bien que les chiens aient été délivrés du gang de trafiquants, personne ne peut garantir leur sécurité et leur survie… Certains d’entre eux ont été trouvés morts ou blessés. Les autres,  épuisés, ont été recueillis à la station de quarantaine animale de Nakhon Phanom. La station n'a toutefois pas le budget pour nourrir une telle foule de chiens. Aussi, le directeur de la station appelle à l’aide pour aider à nourrir ces chiens ou à les adopter



dimanche 7 août 2011

Bois-Fleuri : cité interdite

Élie et Dieudonné, galère de djeunes… Élie et Dieudonné, galère de flics… Une vie encore plus dure pour les "Portos"…


Pitreries à tous les étages d'une société… À chacun les siennes…

Un jeune voyou de 24 ans inculpé de violences mineures, Saïd Bahmed, lors de son transfert au tribunal de Besançon, s'est évadé  le 27 juin dernier, jour de son procès. Disparu avec ses menottes, son trophée ! "En bonne santé !" annonce-t-il. Dans une ambiance fumette, avec d'autres djeunes, il vient de mettre en ligne sur Internet une vidéo dans laquelle il provoque police et autorités. Un succès… Tellement con, tellement affligeant, tellement absurde… qu'on ne peut qu'en rigoler ! Un talent qui, soyons-en sûr, ne pourra bientôt que follement amuser ses futurs codétenus… Un document significatif  d'un contexte social… Pitreries à tous les étages d'une société… À chacun les siennes…





Saïd Bahmed a restitué les menottes chipées  et a bien retrouvé ses heureux codétenus, mercredi 10 août… Pour sans doute une fête à la prison de Besançon ! Si "la liberté n'a pas de prix", être une bête traquée c'est pas la joie…

Un sac de riz pour la Somalie… Encore ?

Les guignols de l'info…
 Bernard Kouchner reste pour l'éternité associé aux images de sa campagne du « sac de riz pour la Somalie », dans laquelle il s'est ostensiblement impliqué, débarquant à Mogadiscio, un sac de riz sur l'épaule… alors qu'une armée de journalistes avait été conviée à immortaliser ce geste aussi spontané que généreux…

C'était en décembre 1992, objectif atteint, personne n'a oublié cette image choc. Belle pitrerie. Belle réussite… Seulement pour l'image de Bernard Kouchner

Pour la Somalie c'est une autre histoire… Une histoire sans fond, de luttes intestines sanglantes et de famine endémique… Une histoire ancienne, connue, sur laquelle nos bonnes consciences ont déjà été alertées à maintes reprises…

 Bernard Lugan, sur son blog d'actualité africaine fait le point sur cette longue tragédie :

… … à l’exception du Somaliland et dans une mesure moindre du Puntland, les islamistes contrôlent  la majeure partie du pays. Or, pour eux, la famine est une véritable aubaine car :
- elle va leur permettre d’être reconnus par la « communauté  internationale » qui devra traiter avec eux pour l’acheminement de l’aide alimentaire ;
- elle va leur permettre d’achever la prise de contrôle du pays ;
- elle va leur permettre de tirer de juteux profits des détournements de cette aide, comme cela avait été le cas lors de la grande famine d’Éthiopie dans les années 1984-1985. 

La conclusion de cette mise au point est donc claire : nous n’avons rien à faire dans cette galère. À moins, naturellement, de vouloir verser dans le « tonneau des Danaïdes » somalien une aide qui serait pourtant tellement utile à nos SDF et à toutes ces familles françaises qui ne mangent plus à leur faim.
Enfin, mes pensées vont à cet officier français - et à sa famille -, prisonnier des milices somaliennes depuis deux longues années et dont le sort n’émeut pas particulièrement l’opinion. Mais il est vrai qu’il n’a pas la chance d’appartenir à la corporation journalistique...

Lire le communiqué complet de Bernard Lugan : Somalie : merci, mais nous avons déjà amplement donné…

Une nouvelle implication des médias français dans une propagande qui ne peut que favoriser les islamistes… Que les shebabs se soient apparemment retirés dans la nuit du 6 août de la capitale Mogadiscio ne change pas grand chose. Ils contrôlent toujours 80% du territoire somalien. Les discussions pour l'acheminement et la distribution de l'aide humanitaire avec les agences pourvoyeuses leur ont offert une ouverture vers la reconnaissance internationale attendue… La toute récente attaque revendiquée de Kampala, qui a fait au moins 74 morts, marque une première action d'envergure du groupe hors des frontières de la Somalie. Une action à inscrire dans un processus visant à acquérir la franchise al-Qaïda pour l'Afrique orientale… La faction dure du mouvement shebab semble désormais dominer. Cette faction se réclame de l'idéologie du jihad mondial prôné par al-Qaïda, et qui prétend que l'Afrique appartient à l'islam.

jeudi 4 août 2011

Syrie : réunion tribale à Deir Ez-Zor, pour une "révolution You Tube"


Vidéo significative et très intéressante d'une réunion tribale nocturne à Deir Ez-Zor. Une vidéo qui donne une indication précieuse sur la manière dont fonctionne le mouvement. Il n'est pas nécessaire de vraiment comprendre l'arabe pour saisir ce qui se dit et se trame… Plusieurs intervenants, certains munis de porte-voix, prêchent le soulèvement (djihad) contre l'armée syrienne, clament que le régime ne connaît ni le sens de la paix ni celui du dialogue. Depuis Deir Ez-Zor, ils demandent une coordination avec d'autres villes, invitent à collecter de l'argent dans villes et campagnes, à entrer entrer en lutte contre le régime. La proximité du mouvements avec les islamistes est évidente… À l'opposé du régime laïc de la Syrie du président Bachar al-Assad…

Afin de ne pas permettre une décapitation de l'insurrection par une arrestation de ses chefs, la stratégie du mouvement reste de ne pas être centralisé et de n'avoir aucun leader affirmé. Pourtant une certaine coordination est manifeste. Partout en Syrie les bannières et les slogans sont remarquablement similaires, de la ville de Dera'a dans le sud, à Hama dans la plaine centrale, jusqu'à cette ville du désert qu'est Deir ez-Zor. Même dans la capitale Damas, les chants et slogans sont les mêmes : « Le temps est venu pour le président Bachar al-Assad de partir. »… Notons que ces vidéos sont nombreuses… et largement diffusées et accessibles dans toute la Syrie. Ainsi certains parlent de "révolution You Tube". Nouvelle dimension de la guerre révolutionnaire…

Rappelons que le président Bachar al-Assad, dans sa récente ouverture au multipartisme, a exclu les partis à caractère confessionnel… Précisément ceux-là que cette vidéo met en action…

- La lettre ouverte du père Élias Zahlaoui - prêtre arabe, de rite melchite, du diocèse de Damas - au mal informé Alain Juppé, ministre français d'Affaires auxquelles il demeure obstinément étranger,  reste malheureusement toujours d'une actualité brûlante… Lire la lettre : Lettre ouverte d’un prêtre arabe de Syrie à Alain Juppé, ministre français des Affaires Étrangères…

Bachar al-Assad fait sa perestroïka

Le parlement de Damas : bientôt de nouveaux visages, mais pas de barbus...
C’est incontestablement une journée historique pour la Syrie que ce 4 août qui voit Bachar al-Assad promulguer officiellement le décret autorisant la création de nouveaux partis politiques indépendant du Baas et de la coalition dite du « Front national Progressiste » avec qui il co-dirige le pays depuis des décennies. Bien sûr, les contempteurs du régime ne manqueront pas de brocarder les restrictions encadrant la nouvelle législation : en effet, les nouvelles formations ne devront pas se créer sur des bases tribales ou religieuses, et ne devront pas procéder d’une organisation non syrienne. Ces restrictions visent évidemment la Confrérie des Frères musulmans syriens, calquée sur le modèle égyptien et recrutant exclusivement dans la communauté sunnite. Et ce sont encore les « Frères » qui sont visés par le décret quand il interdit aux nouveaux partis de disposer de formation paramilitaire : la plupart des activistes armés qui ont provoqué l’armée et la police – mais aussi menacé et parfois tué les civils suspectés de tiédeur révolutionnaire ou de sympathies bacharistes – dans plusieurs villes du pays sont à l’évidence dans la mouvance islamiste, essentiellement représentée en Syrie par la Confrérie.
On pourra toujours dire que par ces dispositions, le gouvernement Bachar condamne au silence – et à la violence – tout une partie de l’opinion syrienne : les Frères musulmans ont une implantation incontestable à Hama. Mais ce sera faire preuve de mauvaise foi – ou de naïveté irresponsable – dans la mesure où les Frères prônent un État islamique radicalement opposée à la laïcité qui demeure malgré tout le modus vivendi de la société syrienne, et appellent par ailleurs au renversement violent de l’actuel régime : la Confrérie s’est positionnée assez clairement comme un parti de guerre civile et religieuse, et aucun gouvernement syrien responsable – baasiste ou pas – ne pourrait prendre le risque de la légaliser, compte tenu du fragile équilibre et de la société syrienne et de la région.


En tout cas, la loi est immédiatement applicable : on verra très bientôt ce qu’il en sort concrètement, et si la frange modérée – et intérieure – de l’opposition accepte la « main tendue » du pouvoir. Une chose est sûre : Bachar al-Assad a symboliquement déclenché, ce jeudi 4 août, une sorte de « perestroïka à la syrienne ». Le chef de l’État entame là une route difficile, entre résistances au changement et provocations extrémistes, le tout dans un contexte international un rien « chargé ». Les observateurs et commentateurs extérieurs devraient, s’ils ont une once d’honnêteté et de connaissance de la Syrie, lui faire crédit de sa bonne volonté. Mais la plupart des commentateurs ont-ils envie d’être honnêtes sur le sujet ?

De l’improbabibilité d’une révolution syrienne

À propos de la situation en Syrie, "Le Temps d'y Penser", sous la signature de Corbulon, présente une analyse pertinente, à l'opposé de ce que débitent tant nos médias bien-pensants que BHL et nos politiques, le malheureux Alain Juppé à leur tête :

De l’improbabibilité d’une révolution syrienne

C’est à la superficialité des écrits journalistiques sur des sujets complexes que l’on mesure la qualité d’analyse de notre presse. Beaucoup de choses sont écrites sur le régime syrien et ce pays. Il serait heureux que pour l’avenir des peuples arabes, les dictatures s’écroulent. La réalité est différente. Le régime syrien est solide, et, qui a eu la possibilité de vivre sur place sait pourquoi. Ce papier ne vise pas à exposer ce qui serait souhaitable, mais à souligner ce qui est.

Premièrement, la Syrie n’est pas réductible à un affrontement religieux entre sunnites, minorités religieuses et chiites. C’est probablement le seul pays arabe dans lequel les minorités savent pouvoir compter sur la relative solidité du régime de concorde civile imposé par les autorités. Il y a une unité nationale dans ce pays tout à fait différente des pactes artificiels existant ailleurs, ce dont sa stabilité atteste. Dit autrement, ni les chrétiens – melkites, grecs orthodoxes, latins, etc… – ni les sectes islamiques, ou les Druzes, n’ont intérêt à voir le régime tomber. Qu’ils puissent le souhaiter, c’est autre chose…

Ensuite, l’opposition n’existe pas  en Syrie ; il ne suffit pas d’avoir des agitateurs, fussent ils démocrates, pour renverser un régime. Il n’y a ni factions politiques organisées, ni expérience concluante depuis un siècle : lorsque la France a mis en place le protectorat dans les années vingt, elle constata, à la manière libyenne, comme Lawrence – qui s’y cassa les dents- l’efficacité des factions à s’entredéchirer. Il faut être occidental pour oublier la valse des coups d’État jusqu’à l’arrivée d’Assad, fin des années 60. Aucun syrien n’en veut.

Il n’y a pas, troisième réalité, de minorité au pouvoir, aussi énorme que cette affirmation paraisse : dire que les Alaouites sont au pouvoir contre la majorité sunnite est un truisme, une non réflexion sur le pouvoir. C’est à peu près aussi idiot que de dire que les Junkers commandaient l’Allemagne jusqu’à la fin du premier conflit mondial. Les Alaouites ont organisé la bureaucratie, l’appareil militaire et de renseignement, le contrôle des idées et de la presse. Mais ils ne l’ont pas fait seuls (les idiots utiles démocratolâtres devraient se souvenir que Michel Aflak, père du baasisme, était chrétien…) mais en s’alliant. Si l’oligarchie est aussi corrompue et cruelle qu’ailleurs, il faut avoir vu les politiques syriens pour comprendre que rien ne bougera. Rifaat et Khaddam sont deux personnages, tel Janus, illustrant la réalité du système syrien. On est très loin de Khadafi, Moubarak, ou Ben Ali… Le qualificatif employé ad nauseam de « minoritaire » pour 20 % de la population est caricatural. Le Premier ministre syrien est sunnite. Qui connait la vraie opposition syrienne, celle de Joumblatt et des autorités religieuses qui, avant et après les Printemps syriens (en 2000, puis régulièrement depuis) essaient, en vain, de structurer une opposition crédible et unie ?

Reste la permanente comparaison entre Assad père et fils et le propos de boutiquiers faisant du second le jouet des clans au pouvoir, de la vieille garde des Tlass et consorts, aux nouveaux  hommes influents… Le jeu du pouvoir syrien existe et rend la donne plus complexe que les poncifs éculés. Bachar peut être moins influençable qu’on ne le dit, ne serait ce que parce qu’évoluer et conserver le pouvoir comme il le fait réclame une certaine dose d’adresse.

L’islamisme aura peu de prises dans ce pays, pour la simple et bonne raison que, passé au fil de l’épée durant les massacres qui culminèrent à Hama en 1982, la Syrie n’est pas une terre d’extrémisme. Les Chiites y sont très puissants, et personne n’a estimé que les émules de l’Iran tiraient les fils…

La Syrie résiste à des grilles de lectures simplistes. Le Liban est une de ses provinces, et son alliance avec l’Iran ou ses bonnes relations avec la Turquie suffisent à faire comprendre que toucher la Syrie, c’est enclencher le jeu des alliances locales selon la logique… de 1914 en Europe centrale.

Alors, la Syrie est elle invincible ? Évidemment pas. Mais surement pas selon les schémas libyen, égyptien ou même jordanien, lorsque ce pays était menacé.

Il est commode de haïr les états, mais le découpage issus des accords Sykes Picot a plaqué sur un agglomérat de tribus jamais unies le schéma étatique avec ses vertus : armée, religion d’État, renseignements. État, laïcité et cohésion « nationale » ne sont pas des mots creux dans ce pays.

Dernier point, et non le moindre : personne ne sait réellement ce qui se déroule en Syrie. L’information n’est pas fiable et seules les officines de renseignements doivent avoir une idée de cette réalité. La puissance des Moukhabarat se compare à celle de la Stasi, ses méthodes aussi. Lorsqu’une personne sur trois travaille à surveiller les deux autres, ce qu’aucun occidental ne peut comprendre, personne ne bouge. Et un demi million de personnes dans les rues, c’est toujours seize autre qui eux, sont d’un silence assourdissant, et pas uniquement par peur du régime, mais aussi par peur du chaos.

La menace du chaos est bien plus paralysante et conservatrice que l’invocation de la liberté… il n’y a aucune information fiable et crédible sur ce qui se passe dans ce pays, et la France se montre particulièrement influençable et manipulée dans ce dossier, via des médias totalement incompétents.

Où donc se nicherait l’intérêt de la France dans la déstabilisation de ce pays ? Il est à peu près inexistant. Sauf à estimer qu’après avoir investi dans des pays aussi solides que la Grèce ou l’Italie (…), le système bancaire français adopterait une stratégie à la chinoise, en ciblant les pays dans lesquels existe du potentiel de développement ; c’est cependant faire fi des analyses de risques.

Les intérêts économiques ? La Syrie est pauvre en matière premières, hormis quelques petits gisements de pétrole et de gaz à Deir Ez Zor.

Il reste… la Grande politique. Cet éternel vœu de consolation de la disparition de nos ambitions moyen orientales – par des atermoiements permanents et nos erreurs de représentation régulière - vaudrait résurrection d’une action française, par le truchement libanais, et, qui sait, sur le flanc turc avec lequel nous partageons au moins la laïcité (à prendre au second degré) : cela n’est pas sérieux.

L’expérience américaine, l’écoute de nos militaires – qui eux, ne se trompent pas sur les risques présentés par les opérations extérieures – militent en faveur d’une cessation de cette action intempestive de déstabilisation rappelant les meilleures heures de l’Union soviétique…